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Fic, 336.
N° 1 et 2, Tombe à Réqaquah ; — n° 3, Négadah ; — n°4. Tello ; — n° 3, Sarcophage d'Ousertesen III,
certains mastabas (1), dans les stèles funéraires et les peintures murales qui en tiennent lieu (2).
* La survivance la plus saisissante de cette architecture se rencontre dans les sarcophages de pierre de l’époque pharaonique. Je citerai comme exemple la superbe cuve de granit qui jadis a contenu la momie du roi Ousertesen III (3) et se trouve encore dans les appartements funéraires de la pyramide de ce prince à Dahchour.
(1) Mastaba de Hesy, IIl° dynastie (J. E. Qui- 111: dyn., 1908, p. 405, note1.]
BELL) à Saqqarah, — de Nezlet Batram, près (2) Entre autres les peintures des murailles inde Ghizeh (époque de Zet), — petites tombes térieures de la pyramide d'Ounas à Saqgqarah de Naga-ed-Der (époque de Noutir-Kha-Zozir), (3) Cf. J. pe MorGan, Fouilles à Dahchour,
de Meidoum, etc... [Cf. R. A. Wei, Il° et 1894-1895 (publié en 1903), p. 88, fig. 131.
Ce sarcophage figure un monument dans le genre de celui de Négadah, orné de groupes de piliers saillants, séparés entre eux par des espaces plus larges ligurant des portes (?) (fig. 336, n° 5). Comme à Négadah,-ces murailles à faces compliquées reposent sur une base plus large, à faces planes; mais, à Négadah, toute la crête du monument est détruite et
nous ne pouvons pas nous rendre compte de ce qu'était le faite des murailles; le sarcophage d’Ousertesen III supplée à cette lacune. C’est
d’ailleurs une dispositiou analogue à celle que
il l’on rencontre dans les stèles de l'Ancien Em- A MU PR (1). Le sarcophage de Mycerinus (2) offre en granit (XII dynastie), une variante qui, bien que beaucoup plus an- Dahchour. Cette caisse représente une construction
du type du tombeau de Né égyptien que le monument d’Ousertesen ITT. Il gadah.
cienne, est cependant plus imprégnée du goût
figure une maison complète, avec trois portes en façade et une sur chacune des petites faces ; entre les portes, les murailles montrent trois ressauts, et le tout est surmonté par la corniche égyptienne formant le couvercle (3).
Non seulement à la XIIe dynastie la plupart des sarcophages de pierre rappellent la maison, le palais, la forteresse, mais il en est de même pour les caisses à canopes dont beaucoup offrent le même modèle (fig. 337).
Mais d’autres survivances encore méritent d’être notées.
Dès l’époque de la construction des monuments- de Négaduh et d’Abydos, nous voyons paraitre, dans les textes hiéroglyphiques, un signe emprunté au plan de ces RMS TE. ee pe édifices (fig. 338), plan dans lequel les Abydos, t. I, J900, " XXII, redans sont marqués avec grand soin ; puis, nes dans la suite des âges, cette notation demeuré dans des expressions telles qu'édification, construction M ou les murailles TT (Anb-ou). Peut-être même doit-on chercher dans le même ordre d'idées l’origine du cartouche des noms de contrées, qu’on rencontre fréquemment dans les textes de tous âges et dont le plus ancien exemple recueilli jusqu'ici est sur une plaque de schiste datant des débuts de la période pharaonique (fig. 339) (4). S'il en est ainsi, le pays aurait été,
(1) Voir entre autres la stèle de Sitou (IV: dy : Se 2 : Ye (3) Cf. G. MasPero, Hist. a. peu Pa LSE nastie) au Musée du Caire. Cf. G. MasPpero, Hist., -p. 371. # À MS +
t. I, p. 346 , Es ee. (4) CF. G. JÉQUIER, ap. J. ne MORGAN, Recherches, #) UL. PRISSE D'AVESNE, Hist. de l'art égyptien. 1897, pl. III, p. 264 (Musée du Caire).
dans les débuts, assimilé à sa ville forte, dont l’enceinte serait devenue le déterminatif du nom géographique. 11 se peut aussi que ces cartouches contiennent des noms de personnages et que l’ensemble signifie « province gouvernée par X » ou « principauté de Y ».
Cet usage du signe 4 «mur », déjà établi dans ses diverses formes dès le temps de Ménès, montre que l’on n’en était plus, à cette époque, aux tâtonnements qui ont précédé la fixation de l’écriture hiéroglyphique, et que, par conséquent, c’est longtemps auparavant, et dans une région qui nous est inconnue, que les premiers efforts ont eu lieu.
En Chaldée, comme en Assyrie, les saillants des murailles, bien qu’ils soient beaucoup trop rapprochés les uns des autres, pourraient avoir simplement rempli le rôle de contreforts, tandis qu’en Égypte ils jouent celui d’ornements (1). C’est là un fait œui appuie singulièrement l’hypothèse de l’origine asiatique de ce mode de construction; et l’on remarquera que le fait
An T7 HT | IAE | J\é n2 2 Lo, 15
Fc. 339. — Cartouches sur une plaque de schiste archaïque (Musée du Caire).
qu’à Négadah ce mode d’ornementation a été masqué par l’application d’une muraille extérieure, montre qu'on lui attribuait non seulement une valeur ornementale, mais plus encore une signification mystique traditionnelle.
Un autre trait commun entre les coutumes architecturales de l'Asie et celles de l'Égypte, est l’usage des dépôts de fondation placés soit aux angles des monuments, soit sous le seuil de l'entrée (2) principale. Tous les monuments chaldéens, tous ceux de l’Élam (3) ont leurs dépôts, il en est de même pour tous les temples égyptiens, et cette coutume dont l’origine semble être plutôt en Asie que dans la vallée du Nil s’est, par la suite, répandue dans le monde entier, elle est encore en vigueur de nos jours, lors de la pose de la première pierre d’un monument.
De l’usage de la brique crue. — La Chaldée et l’Élam sont par excellence les pays de la brique. On la trouve cuite ou crue. Crue dans les temps
(1) Remarque de M. G. JÉQUIER (in lit).
(2) I1 est à croire qu'aux angles du tombeau de Négadah, en dessous des constructions, sont des dépôts de fondation. Je n'ai pas voulu faire de fouilles sur ces points afin de ne pas dégrader ce monument unique en son genre.
(3) Cf. entre autres, Mém. D. S. P., 1965, t. VIL, p. 614-430. R. De Mecouenem Offrandes de fondation du temple de Chouchinak, même volume, p.131. Trouvaille de la statuette d'or. FL. PE- TRIE, AHiérakonpolis.
les plus anciens, cuite aux périodes moins éloignées et quand elles portent des inscriptions. Le rempart de la première ville de suse, cometpersi des vases peints archaïques, était construit de mottes d'argile crue à peine façonnées à la main. Plus tard à Suse la brique est faite au moule; elle est crue pour l'épaisseur des murailles, cuite pour les revêtements. Les dimensions des matériaux se modifient suivant les époques; mais l’usage de la brique persiste en Chaldée comme en Perse jusqu'aux temps modernes. Les murs des palais achéménides de Suse et de Persépolis étaient en briques crues, et il en était de même pour les constructions militaires de Suse. D'ailleurs la qualité de l’argile de la Chaldée permettait de faire usage de ces sortes de matériaux, même alors que les murailles étaient exposées à la pluie.
En Égypte, la qualité de la terre n'était pas moins favorable qu’en Babylonie et en Élam à la fabrication de la brique, bien que l’argile fût moins grasse; mais les Égyptiens disposaient d’admirables pierres à bâtir très abondantes dans leurs pays, granit (Assouan), grès (Silsileh, Thèbes), caleaire (Abydos, Memphis). Aussi l’usage de la brique n’était-1l pas, comme en Asie, une nécessité absolue.
L'emploi de la brique crue paraît, dans la vallée du Nil, vers les débuts de la première dynastie, un peu avant même, et il se poursuit jusqu’au Nouvel Empire (1). Les tombeaux royaux et privés de Ménès et de ses successeurs sont en briques crues, à peine y voit-on parfois quelques stèles de calcaire ou de roche plus dure. Les mastabas de l’époque du roi Snefrou, à Dahchour, sont en briques crues (2) et’ portent sur les murailles des fresques souvent très belles et fort importantes. Puis la brique crue ne joua plus qu’un rôle secondaire, sauf dans l'architecture militaire et civile ; elle devint le noyau des constructions funéraires qui, dès la IV* dynastie, se revêtent de pierre. Toutefois il est à remarquer que si les pyramides de la XII* dynastie ont un noyau de briques, le plus généralement ces grands monuments funéraires sont faits d’un noyau de pierres assez grossières revêtu de fin calcaire de Tourah: ce fait est constant pour les pyramides de l'Ancien Empire (Meidoum, Sagqarah, Dahchour, Abou- Sir, -Ghizeh; ete...)
Quant à la brique cuite, elle ne fait son apparition, en Égypte, qu'avec la domination romaine, et encore n’est-elle employée que pour des besoins privés. Le palais que Kouen-Aten, à Tell-el-Amarna, était fait de briques crues, et il est à croire que les autres demeures royales étaient également construites avec des matériaux périssables.
En Chaldée toute l'architecture reposait sur la brique; la pierre qu’on devait apporter de fort loin, ne joua jamais dans ce pays qu’un rôle très
(1) On peut voir dans la Bible que les Hébreux construils les remparts de Pithom et de Ramsès. ont fabriqué les briques avec lesquelles furent (2) Cf. Fouilles à Dahchour (1894-1893), 1908.
Pa
secondaire; on l’employait pour la sculpture, pour la rédaction et la publication des lois, des grands contrats, des actes de propriété (obélisque de Mélisikou, Koudourrous, ete.), pour faire connaître au peuple les exploits guerriers de leurs princes, pour glorifier les dieux. Les murailles des palais achémenides de Persépolis et de Suse étaient construites en briques crues.
Dans un pays riche en pierres de taille, comme l'Égypte, on est surpris de voir quelle importance prend, dès les débuts de l’époque pharaonique, l’usage de la brique crue; et il est à remarquer que nous ne possédons aucun monument bâti antérieur aux tombeaux de Négadah et d’Abydos; par conséquent que l'usage de la brique apparaît soudain dans la vallée du Nil, sans qu’il eût été précédé par des essais architecturaux du même genre que ceux dont nous constatons l’existence à Suse, dans la construction du rempart de la première ville.
Quant à la disposition si lente de l’usage de la brique et son remplacement par la pierre, ils sont dus à la grande facilité avec laquelle les limons du Nil pouvaient être rapidement et économiquement transformés en matériaux de construction. Après le Moyen Empire, nous ne voyons plus la brique crue employée dans les constructions religieuses ou officielles et, cependant, son usage est resté jusqu'à nos jours pour les habitations des fellahs. Tous les couvents coptes du moyen âge sont bâtis en briques crues.
La seule question importante dans l’usage de la brique crue en Égypte, est celle de son apparition; car, on ne peut nier que son emploi était inconnu longtemps avant l'avènement des premiers rois. C’est en étudiant les tombeaux qu’on se rend le mieux compte de la soudaineté de cette innovation; nous verrons d’ailleurs, à propos des sépullures, que la coutume d’enterrer à même le sol est restée longtemps encore après que furent bâties les premières cases sépulcrales de briques, précurseurs de mastabas.
Mesures de longueur. — Depuis longtemps déjà l'attention des archéologues avait été attirée sur l’usage que faisaient les anciens Égyptiens du système babylonien des poids et mesures. C. Mauss, entre autres, en 1894, dans son Étude sur l’église Saint-Jérémie, à Abou-Gosch, avait fait des comparaisons fort intéressantes entre les mesures égyptiennes et celles des piliers de Tello ; et en 1909, E. DecournemanonEe s’étendant lon- ‘guement sur les relations des mesures dans les deux pays et l’origine très ancienne du système babylonien (1), terminait son mémoire en disant :
« Les égyptologues peuvent, ce me semble, en conelure que le système babylonien pondéral, mesures de longueur, de capacité et de poids, était usité, sinon dominant en Égypte, lors de la construction de la grande pyramide, c’est-à-dire sous la IVe dynastie. »
(1) Traité pratique des poids et mesures des peuples anciens et des Arabes. Paris, 1909.
Quand parut ce remarquable ouvrage de métrologie, je me suis empressé
de demander à son auteur son avis en ce qui regarde les dimensions du tomà . id 3 { beau de Négadah qui, on le sait, est Le plus ancien monument connu d'époque |
araonique, car il remonte aux premiers temps de la première dynastie. Voici les parties essentielles de la réponse qu’a bien voulu me faire alors notre regretté ami M. E. DECOURDEMANCHE :
« Le tombeau de Négadah est un rectangle dont le grand côté mesure 54 m. 30 et le petit côté 27 mètres. Ce sont là des mesures qui appartiennent, le premier examen suffit à le mettre en lumière, au système babylonien dit noër. Ce système, en effet, est constitué par : «1° Un pied de 0 m. 339,95 (16 doigts); « 2e Une coudée moyenne de Om.539,921/2 (24doigts)—un pied et demi; « 3° Une coudée longue de 0 m. 719,9 (32 doigts) — deux pieds. « Si, pour la facilité du calcul, on arrondit à 54 centimètres la dimension
ph
de la coudée moyenne, l’on trouve que :
« 1° La longueur du petit côté du tombeau, 27 mètres, correspond exac-
tement à 50 coudées noires moyennes, soit à 100 des mêmes coudées de constructeur, puisque, toujours, la mesure de constructeur est de moitié de celle ordinaire ;
« 2° La longueur du grand côté, 54m. 30, correspond à 200 coudées noires de constructeur, à cela près d’un écart de 0 m. 30 sur 54 mètres, soit de moins de 6 p.1.000, ce qui est insignifiant.
« Il apparait donc que la mesure ouvrière du tombeau de Négadah est la coudée noire moyenne. Ce tombeau aurait ainsi été construit sur la base d’une mesure qui, comme celle qui a servi à donner les dimensions de la grande pyramide, est directement issue du talent pondéral babylonien. Cela situerait l’époque du tombeau de Négadah, si des considérations archéologiques ne nous avaient instruits à son égard. Il est, d’ailleurs, absolument logique que ce monument et les grandes pyramides aient été bâtis sur des mesures apparentées, sur des mesures de même origine, c’est ce même talent babylonien qui a fourni la règle de Gudea, la coudée de Sargon, la mesure ouvrière du cireuit de Khorsabad, et nous retrouvons la coudée noire dans presque tous les tombeaux bâtis d’Abydos et des autres localités où se rencontrent les vestiges des premières dynasties. »
Que le même système de mesures ait existé, dès les temps historiques les plus reculés, dans la vallée du Nil et en Chaldée, ceci est un fait indéniable ; mais le problème se pose de savoir dans lequel des deux pays ce système est le plus ancien. « Rien ne dit, me faisait remarquer Decour- DEMANCHE, que l’on ne trouvera pas, dans des monuments égyptiens antérieurs au tombeau de Négadah, des emplois de mesures précédant celles utilisées pour ce tombeau; et que les plus anciens monuments de l'Égypte,
découverts ou à découvrir, ne donneront pas des mesures plus primitives que celles utilisées pour les plus anciens ouvrages de la Babylonie. »
Toute judicieuse qu’elle soit, cette remarque ne saurait arrêter dans la voie des conclusions, je dirai même plus : la découverte en Égypte d’un système indigène plus ancien que la coudée noire, prouverait sans conteste que cette coudée noire est d’origine étrangère. Il est même à penser que les populations antédynastiques, avant tout contact avec les Sémites, possédaient des poids et des mesures et les mesures pharaoniques connues sous les noms de :
Système thébain :
Pied —0m.351.746 ; — coudée moyenne —0m.527.619. coudée longue — 0 m.703.942.
Système égyptien :
Pied—0 m. 349 ; — coudée moyenne—0 m. 523.5.
= coudée longue — 0 m.698.
et peut-être d’autres encore dont le souvenir ne nous est pas parvenu,
appartiennent peut-être aux
connaissances d’origine afriine {
caine (1).
Le métal. — Les instruments les plus anciens qu'on rencontre tant en Égypte et en Chaldée qu’en Élam sont faits de cuivre sans alliage. On les trouve dans les sépultures et les kjækkenmæddingers de la vallée du Nil et dans les
tombes de la première ville
de Suse. Ils imitent d’une
façon plus ou moins complète les instruments de
pierre; mais par leur épais-
l : Fic. 340. — Haches de cuiyre. Nécropole de la pre- PepFementsent HAN URr mière ville de Suse (Mémoires Délégation Perse, t. XIII, a tenu compte de la supé- 1922, pl. XXIIL, fig. 7, 9 et 10).
riorité de résistance du métal : . : , es PA ) 2 sur le silex, et, par suite, qu’il avait déjà lPexpérience de l'emploi des
(1) Cf. NV. M. FLINDERS P£TRIE, Prehistorie Egypt, Londres, 1920, p. 27. Weights and Measures LE.
298 à PRÉHISTOIRE ORIENTALE
métaux. Les formes ne sont pas absolument semblables en Égypte et à Suse; mais elles résultent des mêmes principes. Toutefois, je ferai remarquer que certaines haches de la Haute-Égypte (fig. 341) Se par
leur renflement médian d’une hésitation de l'ouvrier qui paraît n’avoir pas encore osé renoncer à la forme
de la hache de pierre. Chez d’autres celts plats (fig. 341, à droite), ce renflementest presque complètement disparu, alors qu’à Suse (fig. 340) il n’en reste plus trace.
On peut déduire de ce caractère, soit que la hache à renflement est plus ancienne que le celt entièrement plat,
soit que la connaissance du métal était parvenue en Égypte avec des peuples très voisins encore de la dernière phase de l’industrie de la pierre.
Quoi qu'il en soit, de la
F16.34..— Haches de cuivre prédynastiques trou- comparaison des instruments
JéeeR Pepe e de métal prédynastiques avec
ceux des protosusiens, on ne
peut tirer aucun argument, car ces formes primitives, signalant le pas-
sage de la pierre au métal, se rencontrent partout en Europe (1) comme
aux Indes. Dans cette dernière région toutefois, les formes sont différentes et se rapprochent de certains celts de pierre spéciaux au pays (2).
L'agriculture. — « Le blé et l’orge passent pour être indigènes aux plaines de l’Euphrate. C’est là qu'ils auraient été cultivés pour la première fois dans l'Asie occidentale, c’est de là qu’ils se seraient répandus en Syrie, en Égypte et sur l’Europe entière. » (G. Maspero, Hist. anc. des peuples de l’'Or. class., &. [‘, p. 555). La tradition indigène recueillie par Bérose l’attestait (Frag. L. ap. Fr. LeNormanr, Essais de commentaire sur les fragments cosmogoniques de Bérose, p. 6) et l’on cite ordinairement le témoignage d’Orivier, comme confirmant celui de l’auteur chaldéen. OLivier passe, en effet, pour avoir découvert des céréales sauvages en
(1) Celt de la sépulture énéolithique de Fon- p. 135, fig. 37, n° 8.
taine-le-Puits (Savoie). [H. MüLLer, A. F. À. S. (2) Cf. I. Coc ! ÿ 2 Louis GIN BROWN, Catal. of the Mus.
Lille, 1909; J. DÉGHELETTE, Manuel, L. IT, 1910, Calcutta, pl. X. He
L'ORIGINE CHALDÉENNE DE LA CULTURE PHARAONIQUE EN ÉGYPTE 29y
Mésopotamie. Il dit seulement (Voyage dans l'Empire Ottoman, t. I, p. 460) avoir rencontré sur les bords de l’Euphrate, en aval d’Anah, « dans une sorte de ravin, le froment, l’orge et l'épeautre ». Du contexte de son récit il résulte que ses observations n’ont porté que sur des plantes redevenues sauvages, ce qu'il avait déjà observé plusieurs fois en Mésopota-
Fic. 342, , N°1, Faucille de bois armée de silex ; — n° 2, Signe hiéroglyphique de la faucille ; n° 3 à 15, Armatures en silex de la-faux (n°5 1 à 10, Egypte ; — n° 11 à 15, Susiane).
mie. Moi-même j'ai fréquemment rencontré dans les vallons des contreforts chaldéens du Poucht-é-Kouh, l’Orge et l'Avoine à l’état naturel ; mais, dans un pays habité depuis tant de siècles, il est impossible de dire si ces Graminées sont réellement d’origine naturelle ou si elles ont, à la longue, repris leurs caractères de plante libre. L'origine mésopotamienne des diverses-espèces de Froment et d'Orge est admise par A. DE CANDOLLE (Ori-
NES ÿ Î
gine des plantes cultivées, p. 354-301. Cf. Babylonian and Orrental Records, t. IL, p. 266), et par G. SonweinFurra (Wéss. Verüff. der deutschen Orient. Gesellschaft, NII, p. 153).
Parmi les plantes les plus anciennement cultivées en Egypte, G. Maspero cite : le Froment, l'Orge, Le Sorgho, la Vesce, le Lupin, le Pois chiche, la Lentille, la Vigne. ; Le Froment, originaire de Mésopotamie, aurait peut-être gagné l'Égypte par la Syrie, en remontant la vallée de l'Euphrate, de proche 5 en proche, jusqu'aux régions fertiles d'Alep etd’Antioche, pour redescendre ensuite par l’Oronte et le Jourdain jusqu'à la Palestine et les plaines alors en formation du delta nilotique, et il en serait de même pour l’Orge.
Quoi qu’il en soit de l’origine des céréales, elles ont été cultivées en Élam, en Chaldée (Yokha) et en Égypte au temps où les habitants de ces pays en étaient à l’industrie énéolithique, peut-être même avant. Les innombrables lames-scies, armatures de faucilles, qu’on rencontre à la base de tous les tells d'Élam et de Chaldée, dans les kjoekkenmoeddingers d'Égypte, en sont la preuve. Si donc les céréales
sont vraiment indigènes en Chaldée, elles ont été apportées dans la vallée
du Nil en même temps que les procé- Fi. 343. — Hache en silex jaune. Akh- x à - Es P mim (Musée du Caire). 1/2 grandeur dés de leur culture, et non de proche
naturelle. en proche au cours des siècles.
Supposer que l’usage de la faucille armée de silex-est passé d'Afrique en Asie, serait marcher contre toutes les indications que nous fournissent la tradition, les anciens auteurs, les données archéologiques, contre les grandes probabilités du foyer asiatique des céréales. Cette hypothèse parait être inacceptable. Re
Quant à l'antiquité à laquelle remonte l’usage de la faucille (fig. 342) en Chaldée et dans l’Élam, elle est extrémement reculée, car cet instrument se montre dès le temps des premières eolonies humaines dans ces pays, époque où le cuivre était alors connu. En Égypte jai toujours rencontré les éléments de faucille (quand ils étaient in situ) accompagnés d'instruments métalliques, et il est à penser que cet outil n’était pas en
L'ORIGINE CHALDÉENNE DE LA CULTURE PHARAONIQUE EN ÉGYPTE 301 \ usage avant l’apparition du cuivre dans la vallée du Nil; il est à noter qu'on ne rencontre pas au Fayoum d’armatures de faucilles. En Syrie ces sortes de silex taillés sont fréquents (1).
La survivance de cette faucille de bois, en Égypte, se trouve dans la forme de la faucille de métal des temps historiques, et dans l’hiéroglyphe (fig. 342, n° 2) qui s’est maintenu jusqu’à la fin du paganisme. En Asie antérieure nous ne con-
naissons encore de la S faucille que les silex dont
elle était armée. Il est à remarquer que dans le
Nord de l'Asie (Sibérie, F1G. 344. — Représentation d'animaux. À partir de gauche : Caucase, ete...) tan Gazella dorcas L., Gazella isabella Gray, Ovis longipes : ; : it palaeo-aegÿptiacus Durst et Gaillard, Ovis platyura var. cille armée de silex fait aegyptiaca Fitz.
défaut, et que cet instru-
ment ne parait que sous forme métallique; mais, nous le verrons, il n’a pas existé de relations très anciennes entre le nord et le sud de l’Asie antérieure et l’agriculture ne se serait introduite dans les pays du nord qu’alors que le métal était connu. En Europe ce serait à la fin de ce que nous sommes convenus de nommer le néolithique, phase qui, nous l’avons vu, appartient à l’énéolithique, mais dans laquelle le métal est encore d’une extrême rareté.
Quel est le pays d’origine de la faucille armée de silex ? Il est naturel de penser que si les céréales sont originaires de Chaldée, comme l’affirment les botanistes, c’est également de Chaldée qu'est venue en Égypte leur culture et, par suite, les outils agricoles. Nous trouvons une confirmation de cette hypothèse dans l’usage en Égypte du hoyau, instrument connu depuis les temps pré-
Free 85 Hi Lharaoniques, qu'on armait aussi de silex et qui, certificat cus mambricus Fan < 2 ' Linné. de son origine, porte le même nom en Egypte et en Chaldée.
Nous reparlerons de ce mot à la fin du présent chapitre. L'élevage et les animaux domestiques et sauvages. — En 1896 et
1897 jai, dans mes Recherche sur les origines de l'Égypte, sommairement parlé de l’état naturel dans lequel se trouvait l'Égypte au début des temps pharaoniques. En cette occasion, le concours du docteur Lorrer et de M. C. Gaïcrarp m'avait été fort précieux. Depuis cette époque ces Messieurs ont publié sur la Faune momifiée de l’ancienne Égypte (Lyon, H. Georg, éditeur, 1905), un ouvrage magistral, dans lequel ils ont ana-
(1) Cf. Nropuvrus, La préhistoire en Syrie- Phénicie avant les Phéniciens,1900, pl. IX, fig. 3; Palestine L'Anthropologie, t. XXVIII, n° 4-5, XI, fig. 10 ; XII, fig. 8. 1917, p. 341, fig. 2; p. 349, fig. 3; G. ZuMorrEen, La
lysé, avec une science profonde, tous les documents fournis à cet égard par l'antiquité: animaux momifiés, ossements provenant des kjoekkenmoeddingers, représentations diverses telles que bas-reliefs des masta- . bas, statues, peintures murales, papyrus, ete...
Je ne dirai que quelques mots des animaux qui ont vécu en Égypte postérieurement aux temps quaternaires, et parlerai plutôt de quelques espèces seulement, de celles qui notoirement ne sont pas d’origine égyptienne, ou qui ont été l’objet de discussions intéressant la question de leur provenance.
Les mastabas de l'Ancien Empire, sur leurs bas-
reliefs, figurent plusieurs espèces de Chiens : (Canis
familiaris Linné) le Lévrier, le Chien dit Égyptien, F1:. 346, — Bubalis bo- er 4 /
ble qui vit encore dans la vallée du Nil, et le Chien
errant, voisin du Chacal (Canis aureus Linné) et
du Loup. Ces animaux paraissent être tous indigènes du pays.
Les Chats sont nombreux et variés: on a reconnu Felis maniculata [Cretz.|, F. caligata | Temm.], F. chaus | Blainville].
Nous ne savons rien des origines du Chat. Il vit à l’état sauvage aussi bien en Égypte et en Nubie, que dans la Chaldée et l’Élam.
Les Bovidés ont, de tous temps, joué un grand rôle en Égypte et l’on
sait quel était le culte rendu aux Apis.
« Les bœuls dessinés sur les monuments de l’ancienne Égypte, disent le docteur Lonrer et M. C. Garzrarp (op. cit., p. 51), temples outombeaux,
montrent deux races bien différentes l'une de l’autre. La première, la plus commune, est figurée par de grands animaux à cornes très développées, dirigées suivant le plan du front, en demi-circonférence ou aussi en forme de lyre (Sakkarah, Abou Sir) (fig. 349).
La seconde race paraît renfermer des Fic. 347. — Oryx domestiqué, d'après animaux également grands, mais pour- DS DE Ep RE NC vente
vus, sur les côtés de la tête, de cornes
plus courtes, dirigées en dehors et en haut. Ces animaux sont presque toujours représentés porteurs d’une bosse plus ou moins prononcée au niveau du garrot.
Le premier de ces Bœuls, Bos africanus [Brehm}|, présente des analogies avec le Bos brachyceros et le Bos primigenius: c’est l'Apis ; quant au Bos brachyceros lui-même dont l’origine est indienne, tout au moins nier À est arrivé en Egypte, par la Syrie, que très tardivement, peut-être à l’époque des pasteurs, en même temps que le Cheval.
Aux temps préhistoriques, et au cours des premières dynasties, les troupeaux égyptiens se composaient en majeure partie d’Antilopes, Bubalis boselaphus |Pallas] (fig. 346) et de Gazelles, Gazella dorcas [Linné]|, (Hg. 344), G. isabella [Gray], (fig. 344).
Mais à côté de ces espèces communes à l'Afrique et à l'Asie, on rencontre, soit dans les kjoekkenmoeddingers, soit sur les bas-reliefs des mastabas, deux formes différentes de Moutons :
chez l’une, le Bélier de Mendès (fig. 344), Ovis longipes | Fitzinger], var. palaeo-aegyptiacus, les cornes sont spirales transversalement ; chez l'autre, Bélier d’Ammon (fig. 344) Ovis platyura tWagner|, elles sont recourbées en demi-cercle,
les pointes tournées en avant. On voit aussi 4 348. — Bos brachyceros. Ammotragus tragelaphus [Cuvier| et Hircus Bœuf et Lion. Suse. mambricus!|Linné| (Hg. 345), dont J'ai retrouvé
de nombreux ossements à Toukh. Ce dernier animal est asiatique, on le trouve actuellement encore en grand nombre aux environs d’Alep et de Damas. |
Hircus thebaicus | Desmaret] n’a pas encore été trouvé momifié ; mais on rencontre ses os dans les kjoekkenmoeddingers de Kozam et de Toukh. Cette espèce vit encore dans la Haute-Égypte, contrée dont elle semble être originaire.
Le Mouton préhistorique de l'Égypte, affirme Lonrer, n’est pas un Mouton indigène ; probablement a-t-il été importé d'Asie en même temps que le Bos brachyceros ; et la présence des os deces deux animaux dans les kjoekkenmoeddingers de Toukh donne à leur introduction en Égypte une limite d'âge extrêmement ancienne.
Cette introduction n’a pas dù s’opérer de proche en proche, sans le concours de homme,
car la distance à parcourir est très considé- Fac. 349. — Bos africanus rable. Entre le foyer asiatique de ces animaux Fitzinger. et la vallée du Nil, il existe de vastes espaces aujourd’hui désertiques absolument impropres
à la vie des herbivores mais qui, à ces époques, étaient encore arrosés et fertiles, tout au moins dans les vallons. Si ces animaux asiatiques sont venus en Égypte, c’est plutôt parce qu’ils y ont été conduits que parce qu’ils se sont répandus spontanément. Le même fait eut lieu, d’ailleurs, à des époques beaucoup moins anciennes, pour le Cheval, le Chameau et le Buffle qui ne paraissent qu'au cours des temps historiques.
On a pensé que les troupeaux égyptiens des premiers temps ne renfermaient que des animaux apprivoisés, mais aucun domestiqué. Cette opinion est forcément erronée ; car le bétail d’origine asiatique était assurément domestiqué quand il fut introduit dans le pays : et, dans les pares où se réunissaient les troupeaux pour la nuit, ainsi que dans les restes d’habitations, on rencontre en même temps les ossements des Moutons, des Gazelles, des Bœufs et des Antilopes.
Les dieux. — Les religions de l’Asie antérieure nous sont encore bien incomplètement connues alors que celle de l'Égypte nous apparait beaucoup plus clairement. Cependant dans tout le berceau des civilisations le culte des astres à pris une importance prépondérante, après avoir subi des modifications suivant les milieux et d’après les époques, mais le culte astral n’est pas demeuré seul, celui des phénomènes météorologiques et celui des animaux étant venus s’y joindre. |
A l'origine des temps, le ciel nocturne paraît avoir joué un rôle prépondérant dans la formation des dieux ; mais partout, dans le Monde, le ciel diurne l’a emporté sur celui de la nuit. C’est alors que parait la figuration du disque solaire, le swastika, qu’on retrouve dans tout l’ancien monde, dans la première ville de Suse comme chez les peuples sortis de la Sibérie. Les rois d'Égypte s’intitulent fils du Soleil (1).
En Chaldée, comme dans la vallée du Nil le culte lunaire cependant s’est continué parallèlement à celui de l’astre du jour.
Thot, chez les Égyptiens, est le dieu des sciences ; c’est lui qui avait enseigné aux ancêtres l’arithmétique, la géométrie, l’arpentage, le dessin, la musique ; c’est lui qui donna les principes de l'écriture, fért probablement sous la forme figurative qui a précédé l’hiéroglyphe.
La Chaldée avait Oannès, le dieu-poisson, qui sortant chaque jour de la mer, vint mettre de l’ordre dans l’existence des hommes qui, jusquelà, vivaient sans règle, à la manière des bêtes. 11 fut, suivant BEROSE (fragm. IX), le Thot de l'Asie, enseigna la pratique des lettres, des sciences et des arts, les règles de la fondation des villes et de la construction des temples, les principes des lois et de la géométrie ; il montra les semailles et les moissons, en un mot fit connaître tout ce qui contribue aux douceurs de la vie. j
Mais il n'y a pas lieu d’accorder de l'importance à la similitude des fonctions divines de Thot et d'Oannès ; car, chez tous les peuples, les premiers grands progrès des temps préhistoriques sont attribués
(1) Ce n’est pas seulement dans le vieux monde L'héritier ne pouvait être qu'un fils issu de l’Inca que les rois se réclament du Soleil. Les Incas et de sa sœur aînée (GARCILASSO DE LA VEGA,
étaient fils du Soleil, comme les Pharaons et Commentarios reales, part. I, libr. IV, cap. 1x). comme les Ptolëmées. Ils épousaient leur sœur.
à quelque personnage légendaire, dieu ou demi-dieu. Le seul fait à noter est que, dans les deux régions, la tradition veut que la civilisation soit venue de pays étrangers, assertions auxquelles l’archéologie donne raison.
L'Égyptien ne pouvait admettre qu’une découverte utile püt être faite par un homme et, dans le vulgaire comme chez les plus instruits, on était convaincu que les ancêtres, s’ils avaient été abandonnés à leurs propres forces, n'auraient jamais réussi à s'élever beaucoup au-dessus du niveau des bêtes. Tout pour lui provenait du dehors, par conséquent des dieux, et le souvenir des premiers hommes s’était effacé. Ce sont les dieux qui avaient écrit le livre des morts, ceux de médecine, les lois. Ces dieux avaient donc exercé sur les hommes, jusqu’à ce qu'ils fussent complètement policés, un pouvoir direct et, après avoir longtemps régné dans Ja vallée du Nil, ils avaient été remplacés sur le trône par des êtres mythiques qui précédèrent les premiers rois humains (1).
C’est la période des serviteurs d'Horus, alors que les populations, partagées en tribus, jouissaient chacune de leur autonomie sous ces chefs. Chaque tribu avait ses
dieux et son dieu principal, ses emblèmes,
Fic. 350, — La lance du dieu Mardouk.
sa personnalité.
Il est à remarquer que dans la vallée du
N°: 1 à 3, Sur les vases peints de Suse; — n°4, Emblème du dieu sur un koudourrou (Mémoires Délégation Perse, t. I, p. 168); — n° 5, Intaille de la collection DE CLERCQ. :
Nil, comme au pays des deux fleuves, les divinités si nombreuses, ont chacune leur symbole, leurs attributs (2) ; et ces divinités, nous le savons, ne sont, pour la plupart, que la personnification d’événements légendaires, d'événements, bons ou mauvais, remontant au berceau de la nation. Or, on rencontre des analogies frappantes dans la conception originelle de ces attributs en . Égypte comme en Chaldée.
Pour la Chaldée, nous sommes assez bien renseignés par les figura-
tions que portent les koudourrous (3). Voici les dieux dont on rencontre
(1) Il est à remarquer que le dieu Set présente cerlains caractères du Baal syrien. G. JÉQUIER, in litt.
(2) En Amérique, les Caraques, et bien d'autres peuplades, adoraient la mer, les Poissons, les Tigres, les Lions, les Serpents, etc. Cette zoolatrie permet de penser qu'ils étaient totémistes ; mais c'est surtout chez les Indiens de l'Amérique du
Nord que lé totem étaient en honneur. En Egypte et en Chaldée, les emblèmes animaux ne prouvent pas l'existence du totémisme, quoi qu'en aient pensé certains auteurs.
(83) Cf. Mém. Délég en Perse, À. I, p. 181. Les koudourrous sont des titres de propriété gravés sur pierre, placés sous la protection des dieux.
306 PR ÉHISTOIRE ORIENTALE
les emblèmes sur cette classe de monuments et, parfois aussi, les noms
écrits en toutes lettres :
Divinité : Mardouk ; emblème : la lance (1) (lg. 350). femme assise les mains levées.
— Goula ; —
— Samas ; — le soleil.
— Sin ; — la lune.
— Istar ; — étoile.
— Ea ; — Antilope à corps de Poisson ; maison ; massue à tête de Bélier.
— Tsirou ; — Serpent.
— Nouzkou; —— lampe allumée.
Mais ces emblèmes sont certainement bien plus nombreux ; malheureusement les documents dont nous disposons jusqu'à ce jour ne permettent pas encore de les identifier tous. Ce sont, entre autres, le Scorpion, le Faucon perché, une massue à tête de Lion, le Chien ou le Chacal, le sphinx ailé, divers monstres, une maison carrée, etc.
Chez les Égyptiens, la divinité quittait souvent sa forme humaine pour prendre celle de l’animal qui lui tenait lieu d’emblème ; et cette substitution entraîna le culte des animaux.
à Thot correspond l’Ibis ou le Cynocéphale ;
à Hor — l’Épervier ;
à Sovkou ., — le Crocodile ;
à Harmakhis — le Sphinx à corps de Lion et à tête humaine; à Amon — POie ;
à Anubis — le Chacal ;
à Phtah = le Bœuf, le Scarabée, etc.
Cette similitude dans les conceptions religieuses n’a pas manqué d’exciter la curiosité des linguistes, et Fritz Homme (Ancient Orient, 1895) croit pouvoir affirmer qu’il existe une identité parfaite dans la généalogie des divinités égyptiennes et babyloniennes, identité qu’il retrouve jusque dans les noms eux-mêmes.
Quoi qu'il en soit, que les pantbéons de la Chaldée et de l'Égypte soient ou non apparentés, il n’en est pas moins vrai que dans ces deux pays on avait conservé le souvenir d'êtres supérieurs par le développement intellectuel qui, venus du dehors, auraient pendant une longue suite
(1} Peut-être devons-nous voir, dans ce symbole, t. 1, 1900, p. 168.] Ce signe se retrouve dans l’épieu la ee avec laquelle le vainqueur de Tiamat d'Horus, mais aux belles. époques seulement [cf. perça le monstre dont le cadavre fut l'origine du SCHAEFER, AZ XLI,p.93 ] (Observation de G. JÉmonde malériel. [J. be MorGaN, Mem, D S P. QUIER, n làl.). | :
d'années, gouverné les hommes. Ces deux traditions sont certainement in-
dépendantes l’une de l’autre, bien qu’elles soient liées entre elles: car si, comme tout porte à le croire, l'Égypte prédynastique a reçu de l'Asie le souffle civilisateur, l'Asie s’est forcément développée avant l'Égypte, et ses origines, tout en ayant le même aspect légendaire, ne sont pas les mêmes. Oannès, qui personnifie les origines chaldéennes serait, en ce cas, le précurseur, l’ancêtre, pour ainsi dire,
de Thot des Égyptiens.
En Chaldée, les Sémites, venus au milieu d’aborigènes déjà très cultivés ont donné un nouvel essor à leur développement, et il en est résulté la civilisation suméro-akkadienne pré-sargonique; c’est,
F1c. 351. — Sépulture de la première ville de Suse.
semble-t-il, cette culture qui aurait agi sur
les populations autochtones de l'Égypte. Dès lors, il ne pourrait exister
d’assimilation entre les deux systèmes divins ; car pour les Chaldéens,
les héros étaient soit des Sémites, soit des Sumériens, les deux mêmes,
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PNA NRee PRR CES DEL SE) 3 o
S ÿ JT es; Ge So 2x - — ee H 2. à Ces de SR sets, 202
Fi. 352. — Sépulture prédynastique.
EI-Amrah (Haute-Égypte).
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alors que pour les Égyptiens, aux personnages locaux sont venus se joindre les éducateurs suméroakkadiens. F
Mais, sur ces cultes de l’Asie et de l'Égypte, qui suivant les époques se sont faits de réciproques emprunts qui paraissent en Égypte avoir été largement dotés par des conceptions allogènes, plane encore un profond mystère que ce n’est pas ici le lieu de chercher à éclaircir. Ce sont les dieux Horus et Hathor qui sont venus de lointains pays, du Pount; c’est le culte du Faucon et bien d'autres croyances encore, communes à la vallée du Nil, à la Mésopotamie, à l'Asie
Mineure, à l’Iran, aux Indes, et remontant aux temps les plus reculés. Quelle est leur origine, d’où sont-ils venus ? Quel est le peuple qui les
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a enfantés ? En Égypte comme en Chaldée, chez les pré-pharaoniques comme chez les Asianites, comme chez les gens de parler sémitique, même
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à l’aurore de la préhistoire, nous ne sommes encore qu’à un stade secon
daire ; il y a derrière tout un passé
Les sépultures. — Il n’est pas surprenant de trouver au début de la civi-
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lisation en Elam comme au commencement de celle de l'Egypte, la cou tume d’enterrer les morts repliés sur