‹ La Prehistoire orientaleChapitre 141 sur 308 · RE NS RES FN · texte numérisé non relu

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eux-mêmes (1), couchés sur le côté, et RQ NE NN : 7 , LD DD D,

entourés des objets familiers à leur vie (ig. 351 et 352). Cette pratique est très

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Fic. 353. — Sépulture de Tépèh-Moussian : Fire. 354. — Sépuiture de la nécropole de (Susiane). Mohammérièh (Haute-Égypte). Fouilles de Hewrr pe Morcan.

répandue chez les peuples préhistoriques et la rencontrer dans les deux pays n'implique pas qu'il y eut eu, à cet égard, influence de l’un des peuples sur l’autre ; peut-être en doit-on peaser autant de la coutume constatée à Tépèh-Moussian (Susiane) (2) et dans la Haute-Égypte, de décharner les cadavres avant de les confier à la sépulture.

(1) A Suse, dans la nécropole primitive,les morts est beaucoup dont la position est quelconque. ne Sont pas toujours repliés sur eux-mêmes; il en (2) Mém. D. S,. P.,t. VIIL, 1905, p. 76, fig. 104.

En ce qui concerne l'Égypte, A. WiepEmanx explique d’une manière très satisfaisante la coutume d’enterrer les corps repliés sur eux-mêmes :

« On donnait en général au corps, dit-il, la position embryonnaire plus où moins correcte, en croyant probablement que, de même que cette position est celle du fœtus humain qui va naïitre, c'était aussi la meilleure pour le corps qui allait renaître à la vie, c’est pourquoi cette posture a persisté (par exemple comme vignette dans le livre des morts, ch. cxxv) jusqu'à une assez basse époque, pour symboliser la résurrection. » [ A. WV1e- DEMANN, ap. J. de MorGan, Rech. Orig., 1897, p. 211.]

Quant à l’usage de décharner les corps, le même auteur le rapproche du mythe d’Osiris. Cependant l’existence de cette coutume em Élam, aux mêmes époques, porte à penser qu’elle n’a rien de commun avec les croyances égyptiennes, à moins que ces croyances elles-mêmes ne fussent venues d’Asie.

Le décharnement des cadavres, soit direct, soit par ensevelissement préalable, avant la sépulture définitive, est si commun chez les divers peuples, aux temps préhistoriques, qu’il est bien hasardeux d’émettre des hypothèses quant

à son origine.

À ces deux modes d’en- Fi6. 855. — Sépulture de la nécropole d’El-Garah terrement vient s’en join- (Haute-Égypte). Fouilles de Henrr pe MorGan. dre un autre qui, à priori, semble être fort opposé aux croyances égyptiennes : celui de l’incinération qui a été pratiquée pour les rois seulement à Négadah et à Abydos. Cependant, on trouve dans les textes, Jusqu’aux basses époques, des preuves que cette coutume n’était pas contraire aux croyances égyptiennes ; l’incinération des offrandes, celle des corps des esclaves mis à mort pour accompagner leur maître dans l’autre monde, prouvent que dans l’esprit des habitants de la: vallée du Nil, la flamme entrainait le double dans la seconde vie. Ces deux croyances existaient donc simultanément, probablement par suite d’une différence qu’on pensait exister entre le lieu où se rendaient les âmes des rois, et celui où se transportaient celles de leurs sujets.

A Surgul et à El Hibba [Kornewey, Zectsch f. Assyr., IT, 403-430],

en Chaldée, les Allemands ont trouvé dans les nécropoles non seulement des fosses, mais des maisons complètes dans lesquelles le mort avait été brûlé, tout comme le fait a lieu à Négadah et à Abydos.

Comme on le voit les analogies entre les rites funéraires de la Chaldée

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et de l'Egypte sont frappantes, soit dans le mode d’ensevelissement, soit dans le décharnement du corps, soit dans l’incinération. Quant à la forme des tombeaux, elle est aussi la même dans les deux pays : inhumation à même le sol dans une fosse, enterrement dans une jarre, puis tombeaux construits en briques crues, tant à Téphèh-Moussian (Susiane) (fig. 353) qu'en Haute-Égypte (fig. 354 et 355). Ces dernières tombes, dans la vallée du Nil, sont contemporaines de la [re dynastie; en Susiane elles appartiennent à la seconde période de la céramique peinte.

Les langues. — « L'Égyptien, dit Maspero(l), dont la grande autorité linguistique ne peut être contestée, paraît tenir aux idiomes sémitiques par beaucoup de ses racines, c’est l'opinion la plus accréditée chez les égyptologues. Cette langue construit comme eux les pronoms des personnes, suffixes ou absolus ; l’un des temps de la conjugaison, le plus simple et le plus archaïque, est composé avec des affixes identiques de part et d'autre. Sans insister sur ces rapprochements qui laissent prise au doute, on peut affirmer que la plupart des procédés grammaticaux en usage dans les langues sémitiques se retrouvent dans l’'égyptien à l’état rudimentaire. On dirait que le parler des habitants de l'Égypte et ceux des peuples sémites, après avoir appartenu à un même groupe, se sont séparés de très bonne heure, dans un temps où leur vocabulaire et leur système grammaticalflottaient encore. Soumises à des influences différentes, les deux familles auraient traité de façon diverse les éléments qu’elles possédaient en commun. Tandis que l’égyptien cultivé plutôt, s’arrétait dans sa croissance, les dialectes sémitiques continuaient à évoluer pendant des siècles. » — « S’il y a un rapport de souche évident entre la langue de l'Égypte’et celle de l'Asie, dit E. ne Roucé (Rec. sur Les. monuments qu'on peut attribuer aux six premières dynasties, p. 3) ce rapport est cependant assez éloigné pour laisser au peuple égyptien une physionomie distincte (2). »

Toutefois, comme on devait s’y attendre, on trouve, au dire de certains spécialistes des langues africaines, des analogies de vocabulaire entre l’ancienne langue pharaonique et le berbère, voire même avec les parlers des nègres de l'Afrique cis-équatoriale et ces mélanges dateraient de temps très reculés.

(1) ist. ane. peup. or. class., L. I, 1905, p. 46. Egypt in the Neolithic and Archaic periods. (2, Cf. Sur le même sujel: E, A. Wazris Bupes, Londres, 1902, p. 38.

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Quoi qu'il en soit, il est difficile d'affirmer plus positivement que Maspero l'influence de l'Asie sur le parler pharaonique et cette influence asiatique est sémitique et non sumérienne. Elle date donc de l’époque où, maitres de la Chaldée, les Akkadiens y préparaient l’empire. Ceci nous reporte à bien des siècles après les premières colonies humaines en Chaldée, certainement même, nous le verrons plus loin, pour des raisons étrangères à la linguistique, après la première ville de Suse ([).

Traitant de la même question, comme égyptologue, M. Jean Crépar, dans un remarquable mémoire (Rev. de l'École d’Anthropologie, IX° année, 1899, p. 201 à 226), parvient au même résultat et montre que les débuts de la culture égyptienne ont été guidés par des étrangers venus d'Asie. :

Telle était l'opinion de la plupart des égyptologues il y a peu de temps encore et c’est aujourd'hui l'avis de beaucoup d’entre eux ; mais ii parait qu'il se produit un revirement et que l'on considère « la théorie allemande de l’égyptien langue sémitique comme de moins en moins fondée (2) ». Pour les mots usuels qui forment le fond du langage il n’y a pas une seule racine commune, affirme-t-on, et il.en est de même pour les premiers nombres. La seule analogie consiste dans la similitude de certains pronoms d’où l’on a voulu conclure à tout un système de conjugaisons qui ne sont, probablement, qu'un apport très postérieur au stade primitif de la langue; ce sont là, d’ailleurs, comme nous l’allons voir, des conclusions beaucoup trop absolues.

On peut voir, par là, combien sont flottantes encore dans les esprits les idées, quant aux parentés de la langue égyptienne: Me sentant’ incompétent en pareille matière, je me suis adressé aux linguistes. Je ne puis mieux faire que de soumettre au lecteur les diverses opinions que j’ai pu recueillir tant par lettres que dans les récents ouvrages.

« Dès les temps les plus anciens, dit M. Cages F. JEan (3) on constate-d’étonnantes analogies linguistiques entre la langue égyptienne et les - langues sémitiques : les racines appartiennent au groupe araméo-cananéen. Certains aflixes sont identiques aux affixes sémitiques. On constate, en outre, que divers usages relatifs aux arts, à la sépulture, aux idées religieuses, sont semblables à ceux des Sémites. Pour expliquer ces faits, certains auteurs estiment qu'aux temps préhistoriques, au moment où fondaient les glaciers, Sémites et Chamites sortirent de l'Afrique centrale. D’autres admettent une lente immigration de gens demi-sémitisés venus d'Orient, »

(4) E LxréBure (Matériaux, t. XVII, 1882-83] la civilisation pharaonique. a écrit un fort intéressan mémoire sur Les (2) G. JÉQUIER, ên lit.

Races connues des Égyptiens, étude dans la- (3) Le Milieu biblique, 1922 p. 87, note 2. quelle l'auteur affirme l'origine asiatique de

Écoutons M. A. Morer(l), l’un des défenseurs les plus convaincus de l’ofigine africaine de la civilisation pharaonique.

«Au point de vue grammatical, la langue offre une She, d’éléments composites. On a signalé des analogies fondamentales avec les langues sémitiques : pronoms personnels, systèmes de conjugaisons verbales désinence du féminin en # ou en out (pluriel), duel en #, prépondérance des consonnes pour la formation de racines bilitères et trilitères. D'autre part, Maxence De Rocnemonreix et REINIScH ÿ ont découvert des éléments empruntés aux dialectes berbères et nègres (2). La langue égyptienne tiendrait donc de l’africain du Nord, de l’africain du Sud, et surtout du sémitique. »

J'ai interrogé mon ami M. Derarosse, l’éminent professeur de langues africaines Voici ce qu’il a bien voulu me répondre (3).

« Ce qui me paraît sûr, c’est que la langue des anciens Égyptiens, comme celle des Libyens actuels (Berbères) a de frappantes analogies grammaticales avec les langues sémitiques, tandis que le vocabulaire, au moins autant qu'on puisse se prononcer en ce qui concerne l’égyptien, s'éloigne fort souvent du vocabulaire sémitique. D'où l'on pourrait conclure à un fond africain assimilé par une forme sémitique, ou bien à une provenance commune sémito-chamitique. De toute manière, on est obligé de constater que linfuence sémitique à été très forte; car il faut une influence puissante pour imposer à une langue des principes grammaticaux étrangers. Et puis, il faut attendre, avant de se prononcer, que nous ayons des données plus précises sur les langues de civilisation asia-

nique. Peut-être, alors, d’africain dans l’ancienne Egypte.

(1) Des clans aux Empires, 1923, p. 183.

(2) Cf. AD. ErMan, Aegyptische Grammatik, 5° édit., S 1-4.

(3) Les langues actuellement parlées en Afrique se répartissent suivant les classes que voici (Mav- RICE DELAroSSE, les Langues del’ Afrique, dans l'Anthropologie, t. XXX, p. 546 sq.). -

I. LANGUES NÉGRO-AFRICAINES. — 1° Langues isolantes avec tendance vers l'agglulinisme (Côte d'Ivoire, véléré, abouré, ébrié, aladian, avikam. abidji, abé, attié, accra, Togo, Dahomé); 2° /angues mi-isolantes, mi-agglutinantes, sans classes de noms (Côte d'Ivoire et Côte d'Or, banda, banziri, sarrojo, mandjia, baya, zandé) ; 3° langues mi-isolantes, mi-agglutinantes, avec différentes classes de noms par désinences vocaliques disüactes (Krou), ou par préfixes (Benin, Niger), et caractérisées, d'autre part, par l'emploi de tons musicaux (Libéria et Côte d'Ivoire, Lagos el bas Niger,yorouba, edo,ibo,éfik,izoubou, noupé, etc.); 4° longues franchement agglutinantes avec suffixes (sérèré-peul) ou préfixes (guinéen côtier et bantou) (diola, balante, tenda,baga, timéné, kissi, gola,adioukrou,bantou); 5° langues agglutinantes avec noms par suffixes (ouolof, sénoufo, voltaïque), ou par préfixes (nubien), mais perdant les pro-

découvrira-t-on qu’il n’y avait pas grand’chose

noms de classes (senoufo et ses nombreux dialectes, langues voltaïques |tombo, mossi, gourounsi, bobo, lobi, koulango, berba], groupe nubien [talodi, éliri, kanderma, etc., du Sud du Kordofan]; 6° langues agglutinantes par suffixes sans classes de noms (groupe mandé [soninké, poso, mandé propre ou mandingue, vaï, soussou, toma, guerzé, dan, lo, sia, samo, etc...]; groupe songoï, groupe tchadien [kanouri, boudouma, téda|; groupe nilo-tchadien (bongo, lissi, kouka, baguirmien, sara, etc...|. Groupe ouadaïen [rougna,màba, etc |. Groupe nilotique (Nouba(?)}, chillouk, dinka, kreïch, mombouttou, etc ..];17° tanques agglutinantes par préfixes et suffixes distinguant les genres masculin et féminin. (Groupe nigéro logonais [haoussa, bolantchi, mousgou, etc.|; 8° langues non classées (Hotltentots, Bushmen).

IT. LANGUES AFRO-ASIATIQUES, souvent difficiles à distinguer des langues négro-africaines. — Groupe sémitique (arabe, amharique, tigraï, etc.). Groupe hamito-berbère (kabyle, chaouïa, rifain, chleubh, tamazirt, tamacheq, etc.) Groupe hamitohouchitique (bedja, saho, bilin, afar, somali, galla, massaï, etc.).

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