III. LANGUE MALAYO-AFRICANE. — Malgache
« Par contre, plus je vais au fond des choses concernant les langues nègres du Soudan et l’ancienne histoire du Soudan (le mot Soudan étant pris ici sensu lato) et plus je trouve des traces évidentes, profondes et très anciennes (de bien des siècles antérieures à l’Islam) d’une influence extérieure géographiquement et immédiatement venue de l'Afrique du Nord, mais dont je suis obligé de faire remonter le point de départ à l’Asie antérieure. » |
Consulté sur le même sujet, M. C. Aurran (1), tout en ne partageant : pas l’avis des partisans de l’origine sémitique de l’égyptien, considère que sur le fond africain (2) de la langue sont venus se greffer, dès les temps les plus anciens, des « contaminations » nombreuses, sémitiques et asianiques.
« Touchant l’origine absolue de la langue égytienne, dit-il, j'entends par là des cadres linguistiques dans lesquels l'Égypte, au cours des siècles, a déversé les acquisitions qu’elle devait à ses nombreux visiteurs, en colonisateurs ou conquérants, 1l ne saurait, à mon avis, y avoir aucun doute.
« Cet organisme, dans sa masse, est un organisme africain. Ceci, bien entendu, n'exclut nullement les contaminations sémitisantes que l’on peut admettre aussi sérieuses que l’on voudra ; mais ces contaminations, en aucune manière, ne doivent, à mon sens, être considérées comme SYnOnymes d'origine commune du sémitique et de l’égyptien.
« Une parenté grammaticale avec le sumérien, langue d’existence certaine, mais que les sumérologues lisent mieux qu'ils ne connaissent linguistiquement, comme avec l’indo-européen, est tout à fait exclue. »
« Il n’en va pas de même de l’asianique et j'ai montré dans le Ile fascicule de Tarkondemos ce qui m'est apparu de contaminations égyptolyciennes. Ici, toutefois, c’est toujours de contaminations qu'il s’agit; car, outre que le système linguistique asianique diffère totalement de l’égyptien, dans son principe, l’inertie linguistique de l'Égypte m'apparaît comme chronique et fonctionnelle de ce pays.
« Ainsi, de parenté linguistique de l’égyptien avec les langues précitées, il ne saurait être question ; mais, par contre, les contaminations allogènes et par suite les contacts extérieurs ont été très riches dès l’origine. Tout au plus, touchant les parentés, doit-on croire que les indices africains autorisent à en inférer d’anciennes origines communes avec les pré-Dinga, les pré-Niam-Niams, les pré-Éthiopiens, les pré-Soudanais, etc. [ei, toutefois, nous nous heurtons à une difficulté terrible : la modernité de la forme sous laquelle les langues africaines nous sont connues et accessibles (3). »
(1) Zn lite. 9 février et 21 mars 1923 (3) D'après M. Marcec COHEN, on peut réunir (2) In litt., 21 novembre 1922. en un seul groupe linguistique : 1° les langues