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CHAPITRE VII

Je n’ai nila prétention ni le désir de faire ici la préhistoire de l’Afrique du Nord, mon but est seulement de montrer quel était l’état de civilisation d’un pays africain, voisin de l'Égypte, aux temps préhistoriques, et de rechercher les liens qui peuvent exister entre la vallée du Nil et la Libye. C’est d’ailleurs dans ce seul but, qu’en 1910, je me suis rendu en Tunisie. Il eût certainement été préférable d'étudier de ce point de vue la Cyrénaïque ; mais d’une part à cette époque les circonstances n'étaient pas favorables à l’exploration méthodique de cette colonie, et d'autre part, je ne voudrais, empiéter en rien sur le domaine de mes confrères italiens.

L'industrie paléolithique en Tunisie. — En 1910 MM. le docteur Ca- PITAN, P. Boupy, inspecteur des forêts, et moi-même, nous avons publié, dans la Revue de l’École d'anthropologie (1) un long mémoire sur Les stations préhistoriques dans le Sud Tunisien. Depuis douze ans cette étude a vieilli par suite des nombreuses explorations dont ce pays a été l’objet, et de fort intéressantes découvertes faites dans la province de Constantine.et dans d’autres parties de l'Algérie. Beaucoup d’objets, dont nous ne pouvions juger qu’en les ayant rencontrés à la surface, ont été depuis

. découverts soit dans les alluvions, soit dans les foyers, accompagnant in

situ des industries bien définies et, par suite, il y a lieu de reprendre la question ; mais au lieu de décrire successivement tous les gisements dont nous parlons dans notre mémoire, je m'en tiendrai à celui d'El Mekta, près de Gafsa et, à propos de ce vaste atelier, je parlerai des autres, quand il sera nécessaire, pour montrer dans tous leurs détails l'outillage dont faisaient usage aux temps quaternaires les habitants de cette partie de l'Afrique.

(1) 20° année, 1V, avril 1910

340 PRÉHISTOIRE ORIENTALE Géologie. — Le Sud de la Tunisie est sillonné par un certain sn de chaines principales sensiblement parallèles, entre autres celles de Fériana. de Gafsa, de Tseldjen, du Cherb, du Tébaga, etc., dirigées à peu ‘ chose près de l'Est à l'Ouest, et dont l'attitude varie entre 600 et 1.300 metres. Ces chaines délimitent une série de plateaux désertiques hauts de 250) à 400 mètres, traversés par de nombreux ravins sans eau, des oueds, dontla pente est dirigée soit vers des cuvettes sans écoulement, ou sebkhas, soit vers les grands chotts Rharsa et Djérid.

Au point de vue géologique, ces massifs montagneux appartiennent au terrain Crétacé (fig. 360) et aux formations Eocènes.

Le Crétacé inférieur est peu développé dans cette région; par contre, le Crétacé moyen y prend une grande extension : il se présente sous forme

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Fic. 360. — Affleurément des terrains crétacés supérieurs à silex dans la région de Gafsa (Tunisie).

de puissantes assises dolomitiques correspondant au Cénomanien, couches entre lesquelles s’intercalent des formations marneuses et gréso-gypseuses. L’étage Turonien est aussi très largement représenté, sous Îorme de bancs calcaires séparés entre eux par des bandes de marnes parfois fossilifères.

Les assises sénoniennes couvrent des surfaces considérables et forment l’ossature des chaînes du Seldja, du Cherb, du Tébaga, etc. Ce sont des bancs épais de calcaire dur à Inocérames, contenant des rognons de silex brun. L’Eocène, qui les recouvre en stratilication concordante, renferme de puissants gites de phosphate de chaux. Quant au Miocène et au Pliocène marins, ils ne sont pas représentés dans la zone pré-saharienne.

Sur les plateaux et dans les cuvettes synclinales entre ces chaînes, on voit d’épais dépôts de sables pliocènes, ou d’alluvions quaternaires plus

où moins anciennes ; dans les vallons sont des dépôts eaillouteux plus récents et des sédiments plus fins dus aux pluies et au ruissellement.

La distribution des assises crétacées à rognons de silex présente un grand intérêt au point de vue préhistorique ; car tous les ateliers quaternaires et ceux mêmes plus récents étant installés sur les affleurements de silex, on peut, & priori, d'après le seul examen de la carte géologique, déterminer quels sont les districts qui méritent d’être examinés. Seuls les silex sénoniens se prêtent à la taille, ceux qu’on rencontre dans les couches cénomaniennes et turoniennes sont trop cassants pour qu’on eût pu les employer.

Ces couches sénoniennes se rencontrent très bien caractérisées dans la colline d'El Mekta, près de Gafsa, puis elles sont fort développées encore dans la chaîne du Seldja (Djébel Blji, Negueb, Krangfous. Zimra, Alima, Stah, Tcefel) et se retrouvent dans la chaine du Cherb (Dj. Rosfa et Chib), sur la frontière algéro-tunisienne, au Dj. Nouazi, M’Sila, Kef Fedj-Zébeul, Mrata, Rokba, Ienen-Krouf, Zréga, etc., ainsi que dans toutes les montagnes voisines de la province de Constantine.

L’extrême Sud tunisien se partage en deux zones naturelles bien distinctes : la région orientale, qui suit la frontière de la Tripolitaine et appartient à un vaste plateau désertique dont les hauteurs sont séparées de la mer par une étroite bande littorale formée d'éléments détritiques, et de grès d’âge indécis ; la région occidentale qui dépend du Grand Erg.

La première de ces régions est un vaste plateau rocheux stérile et presque inhabité, limité au nord par une falaise de Crétacé moyen, et composé de bancs épais de calcaire alternant avec des marnes et des assises de gypse. Ce plateau, très entamé par les érosions anciennes, est parsemé de collines isolées et de mamelons coniques, où des troglodytes ont creusé jadis leurs habitations. Il repose au nord sur un socle du Jurassique supérieur (à Tatahouine) et au sud sur le Paléozoïque du massif touareg d'Azdjer. Les terrains crétacés se montrent, dans cette région, d’une remarquable homogénéité ; quant à leur constitution géologique, ils sont composé d'assises cénomaniennes et turoniennes. Au sud se dresse une falaise bordière de calcaires sénoniens riches en silex, haute de 500 à 600 mètres et qui s'étend de Timassinin (Algérie) à Ohanet-el-Hassi (Tripolitaine) et est sur toute son étendue jalonnée par des ateliers préhistoriques.

A l’ouest du méridien de Ghadamès, commence la zone des grandes dunes de l’Erg oriental, zone qui se prolonge au nord jusqu’à Dous (Nefzaoua) et progresse peu à peu vers l’ouest, car l’on constate à partir de Jénèyen la formation de grandes dunes, alors que cette localité est encore située dans le Hamada.

Le Sud Tunisien est la terre d'élection du préhistorique dans le Nord

de l'Afrique. De tous côtés, en effet, en plaine comme en Rontaphel on rencontre des stations paléolithiques, archéolithiques ou néolithiques. L'examen d'une carte permet cependant de constater qu’il existe de véritables provinces préhistoriques dont l’une s’étend sur une centaine de kilomètres autour de Gafsa ; c’est là, dans la zone des principaux affleu-

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Kilomètres

Fic. 361. — Carte des gisements préhistoriques dans le Sud Tunisien.

rements de silex, qu’on rencontre les gisements d'El-Mekta, de Gafsa, du Rédéyef, de Tamerza, Foum-m-Rata, Oum ‘Ali, Moularès, Sidi-Aïch, etc. Le même fait a été constaté par M. Maurice Reycasse (1) dans la province algérienne de Constantine.

Les gisements paléolithiques sont originellement de deux sortes : lés

(1) Nouvelles études de Palethnologie maghrébine. Constantine, 1921.

ds es ton. :

ateliers, tous situés sur les affleurements de silex, et les campements dont on retrouve les traces à la surface, un peu partout sur les plateaux de Gaïsa, de Sidi-Aïch, du Rédéyef, ete. On y voit des outils façonnés et des pierres calcinées ; les déchets de taille et les nuclei y sont rares. Quant aux ossements et aux coquilles, ils font complètement défaut. C’est là, du

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Fig. 862. — Carte des gisements préhistoriques observés par P. Bouny aux environs de Gafsa.

moins, l'opinion de M. P. Boupy (1), manière de voir que je ne partage pas. Me basant sur mes observations en Egypte et en Mésopotamie, je pense que ces stations ont été bouleversées par les eaux et que les instruments qu'on rencontre sur les plateaux ne sont plus #n situ. Quoi qu’il en soit,

(1) Op. cit., p. 110.

\ \ 344 S PRÉHISTOIRE ORIENTALE , + , 3 , 4 , ateliers et stations ont fourni aux alluvions les objets tr availlés qu’on rencontre aujourd’hui dans les graviers.

Durant les temps de l’industrie archéolithique, les conditions climatériques étant changées, nous voyons l'homme se réfugier dans les abris

sous roches de la montagne.

Le climat. — Nous ne savons pas quel était l'aspect de la Tunisie au moment où l’homme paléolithique y vivait; cependant tout porte à croire que ce pays était alors fertile et couvert de forèts et de prairies, grâce aux pluies abondantes qui tombaient à cette époque.

Après les grandes inondations qui ont donné naissance”aux alluvions, le pays s’est trouvé complètement transformé quant à sa fertilité et à ses productions naturelles et les survivants du cataclysme ont dû adopter une nouvelle manière de vivre, ainsi que le prouvent les restes de leur existence qu’on rencontre dans les abris. C’est pour cette culture que j'ai, en 1909, proposé le nom de Capsien.

Les hommes de l'industrie dont j'ai pris pour type celle de l’abri d’El-Mekta, près de Gafsa, ont encore connu, sinon les forêts et les prairies d'antan et lès grandes rivières, du moins des sources et des ruisseaux coulant dans bon nombre de vallons aujourd’hui asséchés. Mais cette humidité relative devait peu à peu diminuer, aussi bien dans le Nord de l'Afrique (Algérie, Tunisie, Maroc) qu’en Égypte, au Somal, en Haute- Mésopotamie et, nous l’avons vu, probablement aussi en Arabie.

Quand on jette les yeux sur la carte archéologique de la Tunisie où l’on n’a porté d’ailleurs que les ruines puniques et romaines, on est frappé de voir en cent, en mille endroits, les restes d’établissements de l’époque impériale, voire même byzantine, situés dans des pays aujourd'hui complètement dépourvus d’eau ; de constater que, pour ne pas être contraint à l’abandon de beaucoup d’entre eux, on a construit dans leur voisinage de vastes citernes, destinées à recevoir les eaux fluviales de l’hiver. Certes, pour la plupart, ces établissements n'ont pas été fondés en dehors des points d’eau. C’est donc que depuis l’époque romaine le pays s’est asséché : même Cbservation peut être faite au sujet des citernes d’Aden, au sud de l'Arabie; car la ville d’Aden, qui est fort ancienne, n’a certainement pas été fondée dans un site absolument désertique, alors que sur la côte arabe d’autres points comme Cheikh-Saïd ont encore aujourd’hui de l’eau douce.

Dans le Sud Tunisien, tous les oueds sont aujourd’hui asséchés; hors de la saison d'hiver, il ne coule plus de nos jours une seule goutte d’eau dans ces vallées. L’un des exemples de cet asséchement les plus concluants

Es , , , . . . Fa « est celui de l’Oued-Ouni, que j’ai remonté jusqu’à sa source, en me rendant à Jénéyen.

Dans la partie basse de ce vallon se trouvait autrefois une véritable ville, avec ses maisons, ses jardins et sa rivière encaissée de murailles en pierres sèches. Toutes les constructions qu’on y peut voir sont bâties de la même manière, en quartiers de roches choisis dans les éboulis de la montagne et assemblés sans mortier.

À quelle époque la vallée de lPOued-Ouni était-elle couverte de maisons et de Dattiers ? Il est bien difficile de le dire; car l’architecture grossière de ces maisons ne fournit aucun indice. Ce sont là, probablement, les demeures de quelque tribu numide contemporaine de la domination romaine, peut-être même de celle des Khalifes; car la marche même de l’asséchement ne permet pas d’attribuer à l'abandon de ce site par ses habitants, un âge bien reculé.

Sur l’emplacement de l’ancienne source, près du col séparant les deux versants de la montagne, vivent encore quatre ou cinq gros Oliviers, vieux d’au plus un siècle et demi. Ces arbres sont les derniers survivants de ceux qui ombrageaient les vergers d'antan; ils ont été plantés alors que le haut de la vallée était encore habité. C’est donc au plus tard à cent cinquante ans environ que nous pouvons faire remonter l'abandon définitif de l’'Oued-Ouni (1).

L’Erg, qui s’étend au sud, ne présente rien du terrible aspect qu'offre le désert libyque de l'Égypte; malgré ses sables et son extrême monotonie, il est riant par la verdure des innombrables touffes épineuses qui le couvrent. Les Gazelles, les Lièvres, les Oiseaux semblent s’y plaire ; et, fréquemment, à l’approche d’une caravane, on les voit s’enfuir apeurés par l’apparition insolite des hommes et des Chameaux.

Lorsqu'il a plu, il se forme, dans les désert égyptien et syrien, de vastes lacs qu'aucune végétation ne vient ombrager. Dans l’Erg, ce ne sont que de petites flaques d’eau, mais tout de suite elles s’entourent de verdure, les plantes croissent, fleurissent et portent graine en quelques semaines, puis se dessèchent et leurs fruits, épars sur le sol, servent de nourriture aux Oiseaux et aux Rongeurs, ou attendent pour germer la saison suivante.

« En Algérie, le phénomène d’asséchement a frappé tous les géologues et les archéologues qui ont mis le pied sur cette terre.

M. AuGusriN BERNARD écrit dans la Géographie (2), à propos des gravures rupestres dans le Nord de Afrique, qu’en 1900 il visitait la station

(1) Sur le climat du nord de l'Afrique, consuller : Général DE LAMOTHE, le Climat de L'Afrique du Nord, pendant le Pliocène supérieur et le Pleistocène, ds. C. R. du Congrès géolog. internat. de Mexico, 1906, et H. Leirer, Die Fräge der Klimaanderung Während Geschlichticher Zeit in Nordafrika, ds. Abh.d. K. K. Geogr. Gesell. in

Wien, VII, 1909, p. 1-143. Ces auteurs sont d'avis que les précipitations atmosphériques dans l'Afrique du Nord ne se sont pas modifiées. Ils s'appuient principalement sur l'habilat des animaux et sur les cultures, sans lenir assez compte des innombrables données archéologiques.

(2) T. XXXVII, n° 3, 1922, p. 256

d'Er-Richa, dans le Djebel-Amour, une des plus belles qu’on connaisse. « Sur une falaise rouge, presque verticale, à une assez grande hauteur, dit-il, se développe, sur plusieurs centaines de mètres, une suite ininterrompue de Buffles et d'Éléphants. Il n’y a qu'à se baisser pour ramasser des silex taillés et des pointes de flèches. En haut de la falaise s’étend la Gada, à peu près dépouillée aujourd’hui de toute végétation forestière; en bas se trouve un oued dans lequel il n’y a plus de Poissons et rarement de l’eau. On échappe difficilement à l’idée que, lorsque les hommes qui ont tracé les gravures rupestres vivaient de la chasse et de la pêche au bord de cette rivière, le climat désertique, qui s’est installé vers la fin du Pleistocène, n'avait pas encore pris possession de ces régions. » « Quel contraste, écrit PomEL (1), entre le climat indispensable à l’existence de ces grands animaux et celui de la région où l’on trouve maintenant leurs débris ! Le rôle du Bubalus antiquus sur les tableaux rupestres du Sud de l'Atlas indique qu’il en jouait un considérable dans la faune de son époque et avait vis-à-vis de l’homme autant d'importance, si ce n’est plus, que l'Éléphant son contemporain (2). »

Station d’'El-Mekta, près de Gafsa. — Le groupe de collines dit El: Mekta (El-Maïla des cartes) se trouve situé au nord de l’oasis de Gafsa, dans l’angle compris entre les routes qui permettent d’aller de cette ville à Tébessa d’une part et à Kairouan d'autre part.

La principale crête, située immédiatement au nord de la ville, Djebel- Guétar, se compose de calcaires appartenant aux terrains crétacés inférieur et moyen inclinés à 45 degrés environ vers le nord; puis, au delà de l'Oued Séfioun, dépression remplie par des alluvions quaternaires et récentes, vient la chaîne de collines d'El-Mekta composée entièrement de bancs de calcaire sénonien, reposant en stratification concordante sur des assises turoniennes inclinées de 15 degrés à 20 degrés vers le nord. Les couches sénoniennes contiennent des bancs de silex et des lits de rognons de la même matière, |

Au delà, vers le nord-est, s'étend une immense plaine d’alluvions, aujourd’hui privée eau, mais où de loin en loin on rencontre quelques ruines romaines.

La crête de Djebel Ben-Younès (Djebel-Guétar), dirigée du sud-est au nord-est, formait jadis une muraille entre la plaine du nord et le bas pays où se trouve aujourd’hui le Chott-el-Djérid. Cette digue a été rompue : c’est ainsi que s’est formé l’Oued Baïèch qui, aujourd’hui, est la voie

(1) A. Pomet, Paléontologie. Monographies. Bu- et qui n'est plus cultivable aujourd'hui que sur un batus antiquus (Publ, de la carte géol. de l'Al- vingtième environ de son territoire, consulter gérie, 1893), p. 90. M. DE Maruuisieux, Exploration en Tripolitaine

(2) Sur l’asséchement de la Tripolitaine, pays ds. {a Géographie, 1901, t. IV, p. 97. encore si riche jadis aux temps grecs et romains

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d'écoulement de toutes les eaux fluviales d'hiver provenant de la plaine supérieure. Cette plaine est sillonnée par une infinité d’oueds de toutes dimensions.

Le silex, de qualité parfaite, affleure au sommet des collines d’El- Mekta; sur certains points il se montre en bancs épais de O0 m. 35 à 0 m. 50, sur d’autres il paraît en lits de gros rognons. Le versant méridional de ces collines est abrupt, taillé en falaise, normalement aux stratifications; l’autre, en pente douce, est coupé de petits ravins creusés au milieu des couches à silex. Ge silex est compact, homogène, rend un son métallique, se taille aisément, sans être trop fragile et se débite facilement en longues lames : sa couleur varie entre le noir ou le brun foncé et le blanc laiteux,

Station préhistorique de /a Colline d'El Mekta pres. de Gafsa

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Fire. 363. — La colline d'El-Mekta.

en passant par le jaune. Le silex blanc n’est autre que de la craie fortement imprégnée de silice, il est léger, s’éclate aisément, mais est très fragile. C’est une variété légère de pétro-silex; mais il en est une autre qui forme la gangue des rognons de silex pur, ou se trouve en rognons. C’est ane matière grossière, résistant au choc et ne supportant que la taille à grands éclats. Ces diverses variétés de roche qui se classent suivant leur position dans les couches géologiques ont toutes été employées à El- Mekta pour la fabrication des types divers de l’industrie paléolithique, sans qu’on puisse attribuer à une forme une priorité sur une autre.

Le groupe des collines d’El-Mekta où affleurent les silex (fig. 363), offre une surface de 5 à 6 kilomètres carrés, les couches de silex sont nombreuses et, par suite de l'existence de ravins sur le versant septentrional, la quantité de silex mise à nu est énorme; on rencontre une masse de blocs tombés

en bas des falaises ou gisant dans les ravins. L’homme n'avait que l’em-

barras du choix. ' Les ateliers sont nombreux, 1ls se nehon et l’on peut dire qu’El- Mekta est une immense fabrique longue de 4 à 5 kilomètres, large de 1.000

et quelquefois de 1.509 mètres. Toute cette surface est couverte de blocs

Dj. Guetar 9007 Serraquia à Se sup?

Colline d'El Mekta Oued Séfioun

S SAïn Guetar

PE, cretacé moyen || Terrain crétacé supérieur (Senonien)

; nan ane Pda Fire. 364. — Coupe des montagnes Dj. Guétar et des collines El-Mekta au nord de Gafsa (Tunisie) (Relevés de M. P. Boupy).

Q, Alluvions quaternaires anciennes ; — R, Alluvions quaternaires récentes ; — x, ateliers paléolithiques et archéolithiques ; — 8, Stations paléolithiques ; — à, Abris sous roche (archéolithique) (altitudes triplées). C

bruts, d’éclats sans nombre, de morceaux portant quelques retouches, abandonnés comme impropres à la fabrication, de pierres demi-calcinées qui jadis garnissaient les foyers, enfin d’instruments gisant sur le sol, appartenant à tous les types de l’industrie paléolithique : coups de poing chelléens et acheuléens, pointes moustiériennes, grattoirs, disques, lames plus ou moins retouchées, etc..., sans qu’il soit possible d’assigner une

Ateliers

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Fic. 365. — Région d’El-Mekta. Coupe relevée dans la région A.

Ateliers avec instruments paléolithiques; — b, Alluvions avec instruments paléolithiques ; — e, Instruments paléolithiques à la surface ; — a, Affleurement des lits de silex: — 4, Instruments archéolithiques à la surface.

succession aux divers types. Toutefois, dans ces ateliers, bien qu'il y eût au milieu même de ces collines un abri capsien, on ne rencontre pas sur le sol d'instruments caractéristiques de cette industrie.

Parlois, dans la région À du plan par exemple, tous les types sont mélangés alors que dans les collines B et C il peut être établi des distinctions, certains points n'offrant que des instruments chelléens et acheu-

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