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We niement. Ne sont £n situ que les couches
qu'on rencontre dans les cavernes et sous
les abris, tout autre gisement n’est pas,
scientifiquement, rigoureusement probant,
pour les raisons au sujet desquelles j'ai déjà
insisté (p. 354 et suiv.).
re, Quoi qu'il en soit, d’une manière géné-
rale, nous voyons que les alluvions caillou-
e. ne nn ee teuses de la Tunisie et de l'Algérie comme
Collection Bourx. Oum’ Ali. Celles de l'Égypte, de la Mésopotamie et de
9/10 de la grandeur naturelle. l’Europe occidentale, ne renferment que des
vestiges de l’industrie paléolithique. C’est
donc, partout, au cours et surtout à la fin de cette phase industrielle que
se sont produites les grandes inondations auxquelles sont dues la disparition partielle de la faune et des habitants des divers pays.
Nous avons vu que certaines régions ont été complètement dévastées et dépeuplées, et qu'entre l’époque de ce dépeuplement et celle de l’arrivée de nouveaux habitants, il existe un long intervalle de temps, alors que dans d’autres pays, des survivants aux cataclysmes, adaptant leurs usages au nouvel état des choses, ont développé des industries nouvelles, celles dési.
(1) La Ferrassie, Combe-Capéelle, Grotte de (3) Oued Djebbana. Cf. M. Rrvcasse, op. cit,
Fond Robert, etc. 1921 38 s l'Ain ) (2) Solutré (H. BreuiL), ei DR nie ee
gnées sous Le nom d’archéolithiques, cultures diverses suivant les contrées, variant avec le temps et, par suite, avec les modifications subies par le climat, la flore et la faune.
Dans le Nord de l’Afrique, le dépeuplement ne semble pas avoir été aussi grand que dans les régions orientales ; on rencontre, en effet, à chaque pas les traces de la culture archéolithique sous diverses formes, et la vie semble s'être prolongée sans hiatus jusqu'aux temps modernes. C'est là un fait très important, car il permet de localiser l’un des centres du repeuplement du globe, entre autres, peut-être, celui de la vallée du Nil.
Mais, dans l'Afrique du Nord, les modifications de climat ont certaine-
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Fic. 411. — Pointes pédonculées en silex gris. Abris sous roche d’El-Rédéyef, Collection Capirax. 4/5 de la grandeur naturelle.
ment été beaucoup moins brusques et beaucoup moins intenses que dans les pays d'Éurope voisins des glaciers en fusion. Le climat était tempéré et humide en Algérie alors qu'il faisait, sinon froid, du moins très frais dans nos régions, et il en est forcément résulté que la faune ancienne s’est maintenue plus longtemps au sud qu’au nord de la Méditerranée. La faune et l’ambiance se maintenant, l’industrie paléolithique n’avait aucune raison pour disparaitre, aussi semble-t-il qu’elle se soit prolongée beaucoup plus tard en Afrique qu’en Europe, se modifiant peu à peu. C’est ainsi que seraient nés les instruments de silhouette solutréenne et les pointes à pédoneule, dont la facture ne s’éloigne pas des procédés paléolithiques (sensu striclo).
Les industries archéolithiques en Tunisie. — Pour la plupart, les préhistoriens s’obstinent à vouloir trouver hors de France les industries de la pierre caractéristiques de nos pays, parce qu'ils rencontrent dans les formes des instruments étrangers des similitudes indéniables, mais. qui ne prouvent d'aucune manière qu'il ait jamais existé des relations entre les divers peuples, à ces différentes époques si reculées ; c’est ainsi, nous l’avons déjà vu souvent, qu’on entend parler, pour lAlgérie, l'Égypte, la Syrie, d'Aurignacien, de Solutréen, de Magdalénien, ete. termes auxquels on attache, sans y être le moins du monde autorisé, une valeur chronologique. À maintes reprises, je me suis élevé contre ces conceptions antiscientifiques des phases diverses de l’évolution humaine, idées qui faussent l’esprit et l’éloignent de la vérité (1).
Les cultures diverses sont des faits locaux, d’une étendue limitée, qu'il ne faut pas généraliser, voire même trop étendre sans bonnes raisons ; et la présence dans deux cultures d'instruments de même forme, ou de formes analogues, n'autorise en aucune manière à des assimilations. Le silex est une matière dont la souplesse n’est pas indéfinie et ceux qui le taillaient, pour en faire leurs armes ou leurs outils, cherchaient toujours, quel que soit leur pays, à satisfaire aux besoins que leur imposait la nature. Ces besoins étaient d’autre part fort limités et il est naturel que, pour remplir le même but, deux hommes fort éloignés géographiquement l’un de l’autre eussent conçu les mêmes formes, suivant les ressources de la matière qu’ils avaient à leur disposition.
Si le Solutréen, par exemple, correspond en Bourgogne à une culture déterminée et à une époque précise, il n’en est pas de même pour tous les pays dans lesquels on rencontre des instruments de type solutréen. Les récentes découvertes de M. M. Reycasse en Algérie, en font foi. Il s’ensuit que, dans son acception générale, le terme « Solutréen » n’a qu’une valeur déterminative d’une forme ou d’un ensemble de formes, basées sur le même mode de taille. Je n’insisterai jamais trop sur ces considérations.
Si je n’ai pas adopté le terme « Gétulien » (2) proposé par M. PALLARY pour la plus ancienne industrie archéolithique de l'Afrique du Nord, c’est que d’une manière générale j'estime qu’il est très dangereux de donner à une industrie le nom d’une région entière et que, comme G. ne MoRTILLET, je préfère le nom d’une localité précise, restreinte comme étendue, pour caractériser un type industriel. Les termes Chelléen, Acheuléen, Moustiérien, Aurignacien, Solutréen, Magdalénien, Agilien, Tardenoisien, Cam-
(1) Le docteur E. GoBerr [Recherches sur le et aurignacienne) tunisienne et française, mal- Capsien, 1" sér., ds. Bull. Soc. préhist, de gré leur parenté technique, ne peuvent être as- France, 24 nov. 1910] partage cet avis : « Mais il similées et placées chronologiquement de nireste entendu, dit-il, et personne ne s'y est veau, » trompé (?) que les deux industries (capsienne (2) Cf. Bull. École d'Anthrop., 1921.
pignyen, etc, précisent des formes, quelles que soient les industries dans lesquelles se rencontrent les objets, alors que ceux d’Eburnéen, Glyptique, Gétulien, Tellien sont beaucoup trop vagues ; le travail de l’ivoire, pas plus que la présence de goûts artistiques ne peuvent, employés tels qu’ils le sont, fixer une culture industrielle, de même que les mots Gétulien, Tellien, etc..., ne peuvent être pris comme déterminants parce qu’ils ne sont pas exclusifs de toute autre industrie pouvant se rencontrer sur le territoire des Gétules de l’Antiquité, ou dans le Tell africain, et il en est de même pour les appellations de Saharien, Libyque, Mauritanien, Berbère, Maghrebien.
On objectera que dans une même localité se trouvent parfois, souvent même, plusieurs industries superposées ou voisines l’une de l’autre. Mais je ferai observer que ces industries ayant leur type ailleurs et possédant un nom, on ne saurait les confondre avec celle à laquelle est attachée l’appellation de la localité prise pour type. Personne ne confondra les couches turoniennes avec celles du Sénonien, bien que ces deux formations se rencontrent largement représentées sur le moyen cours de la Loire.
De plus, adopter pour définir une industrie préhistorique un terme répondant à une région tout entière, c’est accepter à l’avance de grouper toutes les variantes de cette industrie existant dans cet espace et par suite retirer toute précision à la définition.
La culture capsienne (1). — De même que j'ai pris pour type des industries paléolithiques de la Tunisie le site de Gafsa-El-Mekta, parce que cet atelier et les gisements alluviaux qui en dérivent présentent un ensemble très complet, de même je ne décrirai qu’une seule station capsienne, celle d’El-Mekta, parce que je la considère comme type d’une culture spéciale, répandue dans toute l'Afrique du Nord avec ses variantes, mais dont on trouve dans cet abri l’outillage très complet et nettement déterminé.
Cette station se trouve située dans les collines mêmes d’El-Mekta sur leur versant méridional, faisant face à l’Oued-Séfioun. Jadis un encorbellement des calcaires crétacés supérieurs constituait un abri long de 40 à ‘50 mètres (fig. 412), et dont la profondeur n'excédait pas 4 mètres ; sa hauteur était, en moyenne, à peu près de 2 m. 50. On s’y pouvait tenir très aisément à l’abri des ardeurs du soleil et des pluies hivernales.
Les foyers avaient été établis sous cette roche, et les débris de cuisine,
(1) Une étude plus approfondie du nord de et à des ambiances différentes; la lecture du mé-
l'Afrique montrera certainement que dans la ré- moire de M. L. JOLEAUD, Considérations géol. et gion qui s'étend du Maroc à la Tripolitaine, il a géogr. sur la station préhistorique de Mechta-Chàexisté jadis un certain nombre de districts in- leaudun (Algérie) (a) laisse celle impression très dustriels (archéolithiques, néolithiques et énéoli- nette.
thiques) correspondant à des variétés ethniques (a) Bull. Soc. préhist. fr., 1914.
386 PRÉHISTOIRE ORIENTALE cendres, ossements, coquilles d'Escargots, éclats de silex et instruments rebutés, rejetés en dehors quand ils devenaient encombrants, ont roulé sur
Etat actuel
et £.