‹ La Prehistoire orientaleChapitre 17 sur 308 · AVANT-PROPOS AV · texte numérisé non relu

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se tenir au courant des découvertes mondiales dans chacune des branches scientifiques que je viens d’énumérer et, pour ce faire, il doit pouvoir lire bon nombre de langues étrangères à la sienne. En effet, si l’on parcourt dans une revue ethnographique, anthropologique ou préhistorique le chapitre du « mouvement scientifique », on voit des comptes rendus d'ouvrages écrits en /rançais, anglais, allemand, italien, espagnol, portugais, hollandais, polonais, grec, roumain, russe, finlandais, norvégien, suédois, serbe, bulgare, tchèque, ete.

Nous sommes loin des études n’exigeant que la connaissance du français, de l’anglais et de l’allemand !... Aucune science, en dehors de l’histoire naturelle et de la géographie, n’exige la connaissance d’une bibliographie aussi étendue et aucune, même en comprenant les diverses spécialités de l’histoire naturelle, n’exige des notions scientifiques aussi variées. Certes, aucun préhistorien ne possède dans son cerveau un pareil ensemble; mais qu’on ne vienne pas dire qu’il est un ignorant, même ne connaitrait-il qu’une faible partie des sciences dont il est nécessaire qu'il puisse faire usage. Il surpasse en connaissances accessoires tout ce qu’un savant doit posséder, hormis le naturaliste.

Ce n’est pas seulement parce que certains peuples ne possédaient qu’une industrie sommaire que nous manquons de renseignements sur leur culture. Il faut aussi accuser les inégalités climatériques des régions diverses d’avoir mal traité les restes de certaines civilisations, alors qu’elles en favorisaient d’autres ; c’est ainsi que grâce à sa sécheresse, le sol de l'Égypte nous a conservé jusqu'aux matières les plus corruptibles, alors que partout ailleurs l'humidité du sol a tout détruit, sauf les monuments de pierre, de terre cuite et de métal, comme c’est le cas en Chaldée, en Elam, dans nos pays occidentaux. Il résulte de cette différence que notre documentation étant bien plus complète pour la préhistoire et l’histoire de l'Égypte, nous sommes tentés d'accorder le premier rang à la culture pharaonique, et à rejeter au second plan les civilisations dont la plupart des témoins ont disparu. Ces considérations ainsi que celles dont il à été parlé précédemment, doivent au plus haut point préoccuper l’archéologue travaillant sur le terrain. Il y a aussi, pour une bonne part, l’entétement aveugle du spécialiste qui fait tourner le monde autour de sa spécialité.

Il ne faut pas croire que les fouilles archéologiques soient à la portée de tout le monde. Bien certainement il est toujours aisé de prendre des ouvriers et de leur faire creuser des trous dans la terre, ou de déblayer les ruines d’un-monument construit en matériaux solides; mais s'attaquer à de grandes nécropoles, aux ruines de villes antiques, surtout en Orient, exige une étude préalable du sol et des connaissances très approfondies et multiples.

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