‹ La Prehistoire orientaleChapitre 18 sur 308 · XVI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XVI AVANT-PROPOS

Je me suis jadis, dans une étude spéciale (1), étendu sur ce sujet. Je n'y reviendrai pas ici, me contentant de citer quelques faits qui me sont personnels.

En ce qui concerne les ruines de villes, chaque site doit faire l’objet d’une étude préalable très méticuleuse, car c’est de cet examen que dépend la méthode qui devra être employée au cours de tous les travaux, dans les amoncellements de débris de même nature, et cette méthode ne doit être modifiée que dans le cas de la découverte de monuments méritant d’être conservés, et présentant les qualités de construction requises pour qu’en quelques années il ne soit pas détruit par les agents atmosphériques. Dans le cas où ce monument n'offrirait pas ces sécurités, il faut le relever dans tous ses détails, puis le faire disparaitre, afin de ne pas interrompre la méthode générale de fouille, et de ne pas abandonner les couches sur lesquelles il a été élevé jadis,

Dans mes divers travaux, j'ai eu l’occasion d'employer toutes les méthodes, celle du déblaiement aux tombeaux de Méra qu’en été 1893 j'ai découverts dans la nécropole memphite (2) et au temple d'Ombos (3), celle des sondages et des galeries de mines, dans la nécropole memphite de Dahchour (4). Ailleurs j'ai fouillé des sépultures isolées ouen groupe (5), des dolmens.

Ces genres de travaux m'ont donc été familiers de très bonne heure.

Quand en 1891 j'ai, pour la première fois, visité le site de Suse, n'étant pas autorisé par le gouvernement persan à pratiquer des fouilles, même des sondages, J'ai dû me contenter d’étudier les pentes des buttes d’après les débris qu’on pouvait ramasser à la surface. Ces buttes à l’acropole présentaient une hauteur d'environ 30 mètres ; au sommet on rencontrait des fragments de poterie de basse époque, arabes et sassanides, et la céramique non pas émaillée, mais enduite de verre en usage à cette époque. Elles se continuaient en profondeur jusqu'aux environs de la moitié de la hauteur du tell; puis paraissait une poterie étrange portant des peintures assez grossières noires, brunes ou rouges. Plus bas, se montrait une autre céramique, beaucoup plus fine, d’une ornementation spéciale noire, de qualité très supérieure et, avec cette poterie peinte, les silex taillés, les simples éclats et les nucleus, les fragments d’obsidienne se trouvaient en grande abondance.

(1) Les recherches archéologiques, leurs buts et leurs procédés, dans la Revue des Idées de 1906 (84 pages).

(2) Découverte du Mastaba de Ptah Chepsés (et de celui de Méra) dans la nécropole memphite. Ds Rev. Archeol. 1893.

(3) Catalogue des inscriptions- et monuments de l'Egypte antique. 1'° série, Haute Egypte, L. I: De la frontière de Nubie à Kom Cmbos.

(4) Rapport à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres sur les fouilles exécutées à Dahchour, 26 avril 1895. — Fouilles à Dahchour (mars-juin 1894), 1 vol in-4° Jèsus; 165 pp. 39 pl. (imp. Holzhausen, Vienne, Autriche).

(5) H. de Morgan. Mém. D. S. P., t. VIII. Les dolmens du nord de la Perse (1905). Carte de la région des dolmens (par J, de Morgan), échelle au 1/300.000.

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