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F1G. 1. — Coup de poing acheuléen dont une face (à gauche) est éclatée sous l'influence des agents atmosphériques. Environs de Southna, désert syro-arabique.
phases les transformations qu’a subies le sol palestinien aux temps pliocènes et pleistocènes et, dans les grandes lignes, cet exposé convient à toutes les montagnes bordières de la cuvette arabo-mésopotanienne. Voici ce qu’en dit le savant archéologue :
« I. L'époque des grandes pluies postérieures à la dislocation du continent éocène et à la formation de la mer intérieure [palestinienne) non salée. À l’occident de la chaine palestinienne, la Méditerranée couvrait
(ANEZ ED PAF. CKIX 1896; "p'31/8q,
encore, sur une hauteur considérable, tout ce qui est dit aujourd’hui plaines de Chéphélah et de Saron et, dans le sud, une grande partie du Négeb. A lorient du lac [palestinien] les hauts plateaux du Belqà et du Haurân avaient déjà leur physionomie presque définitive.
«II. Une phase sèche ayant succédé aux premiers âges pluvio-glaciaires, le niveau de la mer [intérieure] baissa notablement. Blanckenhorn estime à 300 mètres cet abaissement. La concentration des eaux produit l'énorme gite de sel et de gypse du Djébel Ousdoum. Sur les parties continentales, un climat moins rigoureux favorise le développement de la vie organique, surtout dans la région orientale qui deviendra la Moabitide..
« III. Une recrudescence des pluies, accompagnée de grosses modifications climatériques et de nouveaux mouvements du sol, vient transformer la contrée. Le niveau de la mer intérieure remonte d’une centaine de mètres. Dans la chaine occidentale se produisent quelques fractures d'importance secondaire ; mais sous l’action violente des eaux pluviales se creusent des torrents nombreux, qui coopèrent dès lors, pour leur part, à la structure transformée du continent. A l'orient, les mêmes phénomènes d’érosion créent des ravins profonds qui viennent se précipiter au lac [mer Morte], charriant dans leurs eaux furibondes les débris arrachés au plateau et les témoins caractéristiques de la faune fluviale contemporaine... il se construit alors une haute terrasse sur les bords du lac, on estime le relèvement à 80 ou 100 mètres.
« IV. C’est ensuite une seconde période d’accalmie, après cette période tourmentée.
« V. La dernière phase pluvio-glaciaire abaisse de nouveau la température générale, entrainant ainsi les modifications à peu près finales de la faune et de la flore, achevant surtout d'achever le relief continental par érosions et alluvions. La plus importante formation alluviale de cette époque est la terrasse inférieure, si remarquable par son importance et son étendue, près de Masada et de la Lisän et dans toute la vallée du Jourdain. »
Ge ravinement intense, ces alluvions en couches épaisses, j'en ai déjà parlé, pour les montagnes bordières de l’Iran et pour l'Egypte et je les ai placés à la fin des phénomènes glaciaires ; nous les retrouvons en Europe occidentale et nous les rencontrons encore dans le nord de l'Afrique. Il serait imprudent de chercher à faire coïncider dans leurs détails les diverses phases de la glaciation scandinave et celles de l’Asie antérieure; tout ce que nous pouvons dire avec. certitude, c’est que dans le désert arabique, comme dans le nord de la France, l’homme paléolithique a été détruit ou chassé par de grandes inondations, probablement
L'INDUSTRIE PALÉOLITHIQUE EN SYRIE ET EN MÉSOPOTAMIE h)
contemporaines, à peu de chose près, les unes des autres en Orient et
en Occident (1).
De même que l’homme n’est pas complètement disparu de nos régions
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Fic. 2. — Carte de la Syrie.
occidentales, beaucoup s’en faut, de même il a peut-être survécu au cata-
(1) Le récit chaldéen du Déluge est écrit sur la XI° tablette du poème de Gilgamès [Cf. Suiru, The eleventh tablet of the Isdubar legend, ds. les Transactions of. Bibl. Arch., t. III p.534 à 567;
Hauwrr, Das Babylonische Nimro depos., p. 95-139, etc.] Il se présente sous la même forme que Îa tradition biblique [Genèse, chap. vi, vir et vur] qui certainement s’est inspirée des récits chaldéens:
clysme dans quelques parties de l'Asie antérieure sur la cites phénicienne entre autres pays où nous voyons que des tribus paléolithiques ont habité les cavernes et y développent leur industrie, alors que 1es immenses régions qui les avoisinaient n'étaient pas encore désertes.
Les cavernes sont assez nombreuses dans les calcaires de la Syrie, et presque toutes ont été habitées à des époques diverses ; quelques-unes contiennent des restes d'industrie paléolithique et archéolithique, on rencontre aussi, de l’époque quaternaire, des ateliers et des stations en plein air, de telle sorte qu'aujourd'hui nous sommes passablement renseignés sur la vie des pré-Phéniciens quaternaires (1).
La station d'Adloun, située à mi-chemin entre Saïda et Sour, à 150 mètres de hauteur dans la montagne, se compose de plusieurs cavernes
et de restes d'établissements
en plein air; on y rencontre
des brèches osseuses à silex
17 ANR LR Ÿ renfermant, avec une multi- ; N\ \ À 2 RAS
ASS NIESSES VOS tude d’éclats sans retouches,
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des coups de poing de type acheuléen, plus ou moins ar-
rondis, et des racloirs de
forme moustiérienne (fig. 3),
AN des pointes du même type, et des os brisés en quantité énorme mais en tel état de conservation qu’on ne peut pas en faire usage pour dé-
Fie. 3. — Racloirs en silex. Adloun (Syrie). terminer la faune contempo-
raine des gisements.
Les restes de l’homme se rencontrent, dans cette localité, dans une brèche dont on trouve des lambeaux hors des cavernes et dans les abris euxmêmes et « dans une couche uniforme de terre calcaire un peu rougeâtre avec des cailloux à angles vifs et peu volumineux, provenant des rochers. Elle contenait un assez grand nombre d’os fendus et brisés, des débris de dents de bœuf, de daim et de bouquetin, du charbon et une assez grande
quantité de silex taillés et des éclats bruts (2) ».
Assurément cette couche de terre ferrugineuse est postérieure aux brèches ; mais aucun relevé stratigraphique rigoureux ne permet d'établir
(1) Cf. G. ZumorrEN, la Phénicie avant les Phé- t. XXVIIT, 1917; Cu. PEaBony, Notes on prehisniciens. Beyrouth. 1900; le F. Nropuyrus et Lorie Palestine and Syria, in American Anthrop., P- PALLARY, la Phénicie préhistor que. ds. l'An- t. XVII, 1915. thropologie, t XFV, 1914; le F. Neopuvius, la (2) ZuMoOFFEN, op. cit., 1909, p. 7 Préhistoire en Syrie-Palestine. ds. l'Antropologie
des divisions de ces deux sortes de couches et leur succession d’après les (
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