‹ La Prehistoire orientaleChapitre 20 sur 308 · XVIII .__ AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XVIII .__ AVANT-PROPOS

de ces tells et en particulier de celui de Suse dévoilerait des secrets historiques d’une inappréciable valeur. L'avenir devait me donner raison.

Quand on fouille une nécropole, on sait généralement à l’avance ce qu'on trouvera, non dans le détail, mais dans l’ensemble. Armes, outils, bijoux, céramique ou vases de métal, objets de toilette, amulettes ou figurines divines; mais si l’on attaque les ruines d'une ville, les trouvailles sont beaucoup plus imprévues. S'il existe un monument apparent ses ruines doivent tout d'abord être déblayées, mais si, comme le fait avait lieu à Suse, aucune ruine n’est apparente, dès lors il faut se guider uniquement sur l’économie du travail et commencer par une grande tranchée coupant le tertre en son milieu, afin de rencontrer les monuments les plus importants de la ville. Quelquelois un relief du sol, de forme plus ou moins régulière marque la place des restes d’un édifice, comme le fait a lieu à Ser-i-Poul (Zohab). A Suse rien de tout cela n'existait, et j’ai quitté le tell en 1891 convaincu de sa richesse, mais considérant qu'il fallait lui appliquer la méthode industrielle. J'ai d’ailleurs en six ans, pendant que j'étais en Égypte, pu réfléchir à la méthode d'attaque des ruines de Suse.

Ces ruines se composaient de trois parties bien distinctes : 1° l’acropole ; 2° la ville dite royale, et 3 la cité dite des artisans. Il tombait sous le sens que l’acropole devait être la partie la plus intéressante, parce qu'elle était la plus ancienne, que la ville royale avait été très bouleversée sous les Achéménides et sous les successeurs d'Alexandre, enfin que la ville des artisans n’offrirait que des découvertes d'intérêt secondaire, parce qu'on ne rencontrait à sa surface que des tessons de vases de très basse époque. C'était done l’acropole qu'il fallait attaquer tout d’abord. J'avais fait venir en Égypte l’ouvage de Dieulafoy : mais je dois à la vérité de dire qu’il ne m'a rendu de services que par le plan de Babin qu'il renferme.

Telles étaient mes idées, quant aux futures fouilles de Suse, quand, en 1897 j'ai été nommé délégué général en Perse. J’ajouterai à ce je viens de dire que le grand prestige dont avait joui dans l’antiquité la capitale de l'Elam, et ce qu’en avaient dit les anciens auteurs, que les textes assyriens relatant les expéditions de Ninive contre Suse venant à l’appui de mes observations sur le terrain, je me faisais une très haute idée des résultats que devaient donner des fouilles conduites méthodiquement. La base du tell que je considérais, à juste titre d’ailleurs, comme préhistorique, me permettait d'espérer des découvertes sur les origines analogues à celles que je venais de faire en Égypte.

Ces souvenirs de mes propres travaux montrent combien est importante la méthode choisie pour l'attaque d’un site antique, combien il est imprudent de confier des fouilles importantes à des archéologues inaccou-

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