AVANT-PROPOS XIX
tumés à l’observation du terrain et à la conduite des chantiers d'ouvriers. C’est en procédant méthodiquement dans toutes mes entreprises que je n'ai jamais manqué une seule fouille. Je suis parvenu à grouper les renseignements qui me permettent aujourd’hui de prendre la plume.
Quant au sujet que je vais aborder dans les pages qui suivent, en estil de plus passionnant, certes non.
Alors que le monde entier était encore plongé dans la plus affreuse des barbaries, que lentement il se repeuplait après les désastres des temps quaternaires, une lueur surgit en Orient, lumière bien pâle encore, dont les rayons ne dépassaient guère l’horizon borné de la région des deux fleuves, de cette Chaldée qui, dans l’esprit des peuples, devait demeurer le paradis, le lieu d’où était sorti l’homme, non pas l'être inconscient, mais l’homme pensant, l’homme désireux de progresser, cet Adam qui devait être la souche de l'humanité raisonnable; et cette lueur, peu à peu, au cours des millénaires, prit de la forcé, vainquit les ténèbres, se propagea, bienfaisante, dans tous l’occident de l’Asie, dans la vallée du Nil. Pendant des siècles et des siècles elle demeura hésitante, semblant ne point oser sortir du domaine qui l’avait vu naître. Mais d’autres pays sont venus de nouveaux rayons bienfaiteurs, quelques peuples, se développant sur euxmêmes, avaient trouvé leur voie et bientôt ces cultures diverses se groupant en faisceau, conscientes de la puissance que leur donnait leur fusion, transformaient la face de notre globe.
Que le monde d’alors était petit, encore quatre ou cinq mille ans avant notre ère! Combien pénible et lente a été la propagation du progrès, que d'étapes il dut faire pour arriver jusqu’à notre Occident! car, c’est bien des milliers d'années après l’aurore de la Chaldée et de l'Égypte, que la civilisation est sortie de son foyer, s’est répandue autour d’elle, est venue jusqu’à nous.
Peut-il être plus admirable phénomène que cette évolution de l'esprit humain, que cette succession de progrès d’où sont sorties successivement les civilisations, élamite, suméro-akkadienne, égyptienne, égéenne, grecque, romaine, enfin moderne. C’est un roman grandiose qui se déroule devant les yeux de celui qui sait voir. C’est une incomparable pièce de théâtre, dont l’univers est la scène et dont l’humanité fournit les acteurs.
Mais ce n’est pas sur la seule initiative de l’homme que se sont passés ces grands événements : les forces de la nature y ont prit une large part en guidant l'humanité, en l’obligeant à suivre des voies indépendantes de sa volonté. Un tressaillement de l'écorce du globe a suffi pour ébranler les masses humaines, pour les lancer dans l’inconnu. Là est l’origine de tous les mouvements des peuples, des mélanges de races et de langues. Il