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FiG. 170. — Instruments des Kjoekkenmæddingers de Tokio (Japon).
Australie, ces amas, pour beaucoup, ne sont vieux que de quelques siècles. Au Japon, ils paraissent être plus anciens : on les attribue généralement aux Aïnos, et le Néolithique de l’intérieur du pays pourrait bien être contemporain, ou presque, de ces restes. Il est à remarquer que, dans ces dépôts Httoraux, on ne trouve que des instruments en une pierre relativement tendre. Les roches dures et l’obsidienne ne s’y montrent pas, alors que ces matières sont fréquentes dans les stations néolithiques de intérieur des iles.
Ainsi donc, ce n’est que très tardivement que les pays malais et l’Indo- Chine ont été colonisés par l’homme, et il en est de même de la Chine (1)
(1) La Mandchourie méridionale élait habitée jadis par une population de chasseurs et de pécheurs qui paraissent être passés très lentement de l'industrie de la pierre à l'usage du fer, sans avoir. connu le cuivre ou le bronze. Les inslruments de pierre sont extrêmement nombreux. La poterie est curieuse, avec ses incrustations de
nodules d'argile; elle est souvent peinte en rouge. (M. Boure, d'après Toru, ds. l’Anthropotogie, t. XX VII, 1916, p. 504) Cf HerBErt MuEL- LER, Reisen und Studien in China, 1912, ds.
Zeitschr f. Ethnolog., Berlin, 1913, p. 405, sq., figure quelques haches de pierre polie de Tsingchou-Fou (prov. de Chantoung):
et du Japon, Dans toute cette partie du monde l’homme n’a pas vécu aux temps quaternaires, et cette constatation vient à l'appui de l’opinion de M. M. Bouts, en ce qui regarde le Pythéchanthrope de Java. Si cet être, en effet, avait été un précurseur de l’homme, il aurait fait souche, et l’on trouverait dans les pays où il a vécu et aux environs, des traces de sa descendance ; or il n’en est rien, et, tout au contraire, la patrie de ce Simien parait n'avoir connu les véritables humains qu’en des temps très voisins
de notre époque.
IV. — La Sibérie. — Il suffit de jeter les yeux sur la carte (fig. 171) pour se rendre compte que la Sibérie, isolée du reste du monde durant les temps glaciaires, bordée au- sud par d'immenses hauteurs, entourée à l’occident comme à lorient par d'énormes barrières de glace, occupée en partie par des bassins intérieurs sans débouchés, comprenant de grandes plaines dont l’écoulement se faisait et se fait encore vers l’océan Glacial, était prédestinée pour jouer dans le monde un rôle essentiellement personnel. Fermée depuis les temps pliocènes, bien longtemps avant que l’homme eût atteint le degré de civilisation le plus ancien que nous lui connaissons, cette immense plaine, jouissant d’un climat beaucoup plus favorable que celui d'alors dans nos régions, était forcément appelée à voir sa population se développer sur elle-même, créer des industries spéciales, enfanter des langues n’ayant rien de commun avec les idiomes du reste du monde. Là, pendant toute la durée des temps pléistocènes, ce fut un isolement absolu, dont aucune terre de notre globe ne peut fournir pareil exemple. L'Amérique, l’Australie, elles-mêmes bien isolées, avaient cependant la ressource des voies maritimes, peut-être même est-ce par mer qu’elles se sont peuplées.
Pour la Sibérie, rien de semblable : car s’il s’était produit des migrations, c’eût été avant la période glaciaire, peut-être même avant la période pliocène. Et cette constatation n’est pas de médiocre importance; ear le fait que la Sibérie était peuplée, lors de la fonte des grands glaciers euro-' péens, met en évidence l’existence d’un groupe humain au cours du Tertiaire et c’est ce groupe qui, se développant sur lui-même, a été la souche des peuples de langue aryenne, mongole, djagathaï, ete., les ancêtres de ces hommes ne pouvant pas être des colons venus du dehors à l’époque paléolithique. Cet argument est de premier ordre, quant à l'existence d’hominiens au cours du Pliocène, peut-être même du Miocène, époque dont on retrouve les sédiments lacustres dans tout le nord de la Sibérie et dans les iles (1).
(1)} Sur les bords’ du lac Tastakb, à l'est de la couches lacustres du Miocène : elles sont recou- Khroma, au nord de la Sibérie, existent des vertes par des sédiments qualernaires, avec
Parmi les divers districts de la Sibérie, il en est un qui présente au point de vue de la faune pléistocène un intérêt de premier ordre. Ce district est celui des iles de l'océan Glacial.
L'ile Liachov, qui jadis était reliée au continent, est formée de massifs granitiques contre lesquels s’appuient, dans le sud, de très curieuses formations pléistocènes. La plus profonde est une nappe de glace, puissante de
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