‹ La Prehistoire orientaleChapitre 217 sur 308 · RES · texte numérisé non relu

RES

=... Limile du Massif glaciaire —.—.— {imite des bassins sans écoulement

Fic. 171. — Les massifs glaciaires de l'Asie.

22 mètres. M. Toll voit dans cette couche un vestige d’un zrlandsis quaternaire et M. Nathort (1) un amas de neige et de névé qui n’aurait pas été transformé en glace de glacier. Cette masse glacée est recouverte d’un dépôt d’eau douce de 7 m. 50 d'épaisseur maxima renfermant des coquilles, Pisidium, Valvata, des débris de végétaux (Bouleau nain, Alnus fruticosa

quelques poches de glace fossile, et renferment dans la grande Liakhov, et dans l'ile de Koavec des troncs d'arbres (Aulne, Bouleau) des os- telny ( Volossovitch).

sements d'Elephas, de Bison, de Bos, d'Ovibos, (1) De Nysibiriska oarne, in Ymer, 1896, 2, p.99 etc. Ces mêmes couches miocènes se retrouvent Stockholm.

et, en abondance extraordinaire, des ossements de Mammifères pléistocènes, Mammouth, Rhinocéros, Cheval sauvage, Antilope saïga, Tigre, ete. De semblables dépôts pléistocènes se rencontrent sur les autres terres de l'archipel, comme sur les côtes de la Sibérie, depuis le cap Sacré, jusqu’à l'embouchure de la Léna, fournissant la preuve que les archipels ne se sont séparés que très tardivement du continent, après le Pléistocène, bien certainement. Même observation peut être faite au nord de l'Alaska. Certains géologues ont attribué ces modifications à des phénomènes astronomiques, les expliquant par un déplacement du pôle ; d’autres par une trans-

| formation du relief du sol, qui aurait amené graduellement le pôle du froid à passer de la Scandinavie à la Sibérie orientale, Ces phénomènes sont encore peu étudiés ; mais il résulte des observations qu’ils onteu une influence considérable sur la nature de la faune sibérienne et, par conséquent, sur l’habitation de ces

régions par l’homme (1).

Bien que la Sibérie soit encore

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inexplorée méthodiquement, nous

pouvons cependant enregistrer quelques découvertes intéréssantes dues aux archéologues russes etje citerai,

entre autres, celle d’Aphontova, près de Krasnoïarsk dans les contreforts septentrionaux de l’Altaï. À 15 ou 18 mètres au-dessus du niveau de

Fic. 172. — Racloir en quartzite d’Aphon- er ANNEE - . tova-Gore (Sibérie), d'après pr Bavr et | Iénisséi, les graviers d’une terrasse

Vorxow. alluviale sont surmontés par une

” couche de limons et, dans ces limons, ‘avec de nombreux os de Mammouth, de Rhinoceros tichorrinus et de Renne, on trouve, à la base de cette couche, en contact avec les graviers, une grande quantité d'instruments taillés de quartzite, retouchés sur une seule face ou des deux côtés, du type chelléo-moustiérien. .Ces objets sont accompagnés d'outils façonnés en os, en bois de Renne ou en ivoire de Mammouth. I est difficile d’assigner un âge relatif à cette industrie qui, certainement, est antérieure au Néolithique qu’on rencontre dans la région et qui par son aspect appartient à la phase archéolithique (2).

(1) CF. Baron E. Toi, Mém Acad. imp. Se. de compte rendu ds. /a Géo i a L, . AE k graphie, IX, 1904, p. 73.

Saint-Pétersbourg. Sér. VIII, vol. IX, 1, et le (2) SAVENKROv, Sur les restes de l'époque paléot- s

Cette découverte isolée permet d'en attendre de beaucoup plus importantes dans la région de l’Altaï, quand on entreprendra une exploration méthodique de cette contrée; car il est certain que les hommes d’industrie archéolithique ont été précédés par d’autres de culture paléolithique, de forme particulière, différente de celle de l’Europe occidentale.

D'ailleurs, n’aurait-on pas encore rencontré de restes quaternaires dans le centre de l’Asie que, nous l'avons vu, les données fournies par l’histoire permettraient d'affirmer que ces régions ont été de grands réservoirs d'hommes. Depuis les invasions des Scythes en Asie antérieure, jusqu’à la prise de Constantinople par les Tures, c'est-à-dire pendant 2.000 ans, l'Asie centrale a été le foyer d’où sont parties, par vagues successives, toutes les hordes qui se sont abattues sur le vieux monde. Il fallait donc qu'il y eût; quelque part dans le nord de l'Asie, tout d’abord un centre d'hommes paléolithiques, ensuite un foyer archéolithique de repeuplement. Voici, d’ailleurs, comment s’exprime M. M. Boule dans son bel ouvrage sur Zes Hommes fossiles : « L'Homo alpinus ne saurait être que d’origine asiatique. Il se rattache à l'immense stock de brachycéphales de l’Asie Centrale, lequel comprend à la fois les blancs et les jaunes (Mongols). C’est probablement des régions ouralo-altaiques que sont partis les brachycéphales en marche vers l’Europe occidentale. . Is avaient alors quelques caractères mongoloïdes qu’ils semblent perdre peu à peu en avançant vers l’ouest. Leur migration a dû commencer dès la fin de la période glaciaire, en même temps que la faune des steppes de leur pays d’origine. Au début, cette migration s’est faite lentement, plutôt par infiltration que par véritable invasion. Plus tard, vers la fin du néolithique elle semble avoir été plus massive. »

Nous venons de voir qu’au cours des temps glaciaires, aueune communication ne pouvait exister entre la Sibérie et l'Europe, par conséquent les hommes n’ayant pu venir d'Occident doivent être considérés comme étant autochtones du centre asiatique. Pour la même raison, les Paléolithiques de l'Europe ne peuvent pas être apparentés à ceux de la Sibérie. Ceci explique l’arrivée dans nos pays, après la fonte des dernières glaces, d’un élé-

. ment brachycéphale très différent des hommes qui PROPRES alors nos régions occidentales.

En dehors de ces restes qui paraissent être quaternaires, on trouve, dans toute la Sibérie, un grand nombre d’objets néolithiques aux environs de Tomsk, sur les bords du lac Baïkal, près d’Olékminsk; sur les bords de la Léna, on trouve des pointes de flèche en pierre et des instruments d'ivoire de Mammouth. Mais ne savons-nous pas qu’au siècle dernier, bien

thique dans les environs de Krasnoïarsk (Congrès B°o pe Baye et Vorkow, le Gisement paléolithique intern.d'Anthrop.etd’ Arcréol.de Moscou,1892, t.1). d'Atphontova-Gora (ds. l'Anthropologie, 1899, X).

des peuplades du Nord sibérien et du Kamtchatka en étaient encore à l’industrie de la pierre ?

En Mandchourie, en Corée, au Japon, en Chine, en Mongolie, au Tibet, le Paléolithique semble faire complètement défaut mais la pierre polie est abondante et parfoïs de très basse époque. .

Le peu que nous connaissons de l’industrie sibérienne antérieure à la culture néolithique fait prévoir que nous nous trouverons là en présence d’une série de formes très différentes de ce que nous connaissons en. Ocecident et en Afrique pour la période pléistocène et qu’il faut renoncer aux identifications morphologiques, si chères à certains préhistoriens.

Il semble être bien difficile de déraciner cette vieille conception de l’universalité des industries suivant la chronologie relative établie par G. de MortiHlet pour la France. Quelques préhistoriens veulent absolument voir du Chelléen et de l’Acheuléen partout où l’en rencontre des pierres taillées dans les graviers, et ne se préoccupent aucunement si des milliers et des milliers de kilomètres séparent les gisements envisagés. Voici un exemple de ce que pensent et disent ceux qui s’obstinent dans les vieux errements.

« Il est des plus intéressants de constater que ce niveau {1) n’est pas seulement observable dans nos contrées. Près de Xrasnoïarsk (latitude 56°) sur la terrasse de l’Zénisséi à 15 ou 18 mètres au-dessus du fleuve, des graviers sont surmontés de læss à Ælephas primigenius, Renne, RAtnoceros tichorrhinus, toujours à la base du læss au contact de graviers où se trouvent des quartzites taillés sur une ou deux faces {« chelléens ou acheuléens ») et des objets en bois de renne. DE Baye a figuré des pierres -taillées sur une face de formes moustériennes absolument typiques. La seule présence du Renne ne prouverait pas grand’chose pour un parallélisme à aussi grande distance, à 900 de longitude à l’est de Paris, mais il y a ici identité de conditions stratigraphiques, paléontologiques et archéologiques (2).°» (Bull. Soc. préhist. de France; 1920, p. 229.)

C’est dans un article tendant à sauver la théorie séparant en trois époques les industries paléolithiques que se trouvent ces lignes, alors que tout le - monde sait aujourd’hui que, dans les gisements des industries chelléennes les plus anciennes, on rencontre des instruments retouchés sur une seule face, et que les stations moustiériennes ne se font remarquer que par la prédominance des éclats retaillés de la sorte.

La Sibérie, par ses conditions géographiques, constitue un monde spécial, il faut s'attendre à ÿ rencontrer des cultures paléolithique et archéolithique spéciales.

(1) Moustiérien ancien.

(2) De Baye et Vorxov, Antlrop., 1899, p. 172. VeLxov, Anthrop., 1503, p. 59.

L'INDUSTRIE DE LA PIERRE EN EXTRÊÈME-ORIENT 445 V. — L'Océanie. — Par sa faune et sa flore, l'Australie semble être

d’un autre âge. Émergée dès les temps primaires et secondaires elle faisait alors partie du grand continent de Gondwana qui était relié au sud de l’Asie, à Madagascar et à l'Afrique Orientale. C’est au début du Tertiaire que l'Australie s’est séparée des continents actuels. Sa faune et sa Îlore, emprisonnées par les eaux, ont conservé jusqu’à nos jours leurs caractères archaïques. C’est là un exemple frappant de cette persistance de la vie que J. de Barrande a, pour la faune silurienne, défini sous le nom de colonies.

Les Australiens et les Tasmaniens (ces derniers ont été anéantis) peuvent passer, avec les Kamtchadales, pour les peuplades aux mœurs les plus archaïques des temps modernes. « Ils rappellent nos hommes fossiles et vivent dans un état analogue, sinon semblable à celui où devaient vivre

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Fire. 178. — Disques de pierre éclatée (Tasmanie et Australie),

nos populations paléolithiques. Leurs armes de pierre ressemblent souvent à nos silex taillés de Saint-Acheul (1) et du Moustier, leurs armes de jet rappellent celles de nos chasseurs de l’âge du renne (propulseurs); ils ont des objets religieux ou magiques que l’on peut comparer aux cailloux peints du Mas-d’Azil (2). »

L'outillage des Australiens comprend toutes les formes de la pierre éclatée, depuis les éolithes et les types chelléens et moustiériens jusqu’au Néolithique ; ses silex pygmées et ses haches polies, et toutes ces variétés d'instruments étaient encore en usage quand les premiers Européens ont abordé sur les côtes de l'ile. Il est donc impossible d’établir une classifi-

(1) Le professeur Wazrer HowceuiN(Ontheoccur- ayant été taillés par des tribus aujourd'hui dis-

rence of Aboriginal Stone Implements of unusual type in the Tableland regions of Central Australia, in Trans. and Proc. of the Royal Soc. of South Australia, vol. XLV, p. 206-230, pl. XI-XXI. Adelaïde, 192, a signalé l'existence en Australie non seulement d'instruments en forme de coup de poing, mais de types très grossiers, voisins des éolithes. Il considère ces quartzites comme

parues, mais qui pourraient êlre apparentées aux Tasmaniens, et suppose qu’alors la grande île élait soudée à l'Australie. Cette industrie est d'une barbarie extrême.

(2) M. BouLe, les Hommes fossiles, 1921, p. 367. Cf. W. J. Sorzas, Ancient huntiters and their modern representatives (2° édit., Londres, 1915).

cation chronologique d’après les formes. Il se peut qu’il y en ait de fort anciennes ; Mails nous ne le pourrions savoir que si les alluvions nous renseignaient; or, les immenses travaux effectués dans ces alluvions, pour l'exploitation des placères, n’a pas livré de restes de l'industrie humaine : nous devons donc considérer le peuplement de l'Australie comme postérieur à ces alluvions et de date relativement récente.

Dans la province de Victoria (dune de Tarwin), on rencôntre de véri-

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