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A7 A CAP

F1G. 174. — Pointes en silex d'Australie,

tables coups de poing en quartzite et autres roches comparables à ceux de la région de Toulouse (1) et d’autres outils allongés destinés à servir comme des haches, mais qui ne sont pas polis. Leur état de conservation témoigne d’une certaine antiquité. Sur les hauts plateaux de l'Australie centrale on signale une industrie de même genre dont les pièces très patinées sont peut-être très anciennes; mais aucune donnée ne permetd'apprécier leur âge, même approximativement.

L'Australie (2) a ses cavernes, ses kjoekkenmoeddingers, dont l’âge

(1) H. Breuiz, Inst. fr. d'Anthrop., 17 mai 1922. figures diverses, éclats, instruments grossiers; (2) Cf. Hermann Kraarsen, Die Steinartefakle fig. 7, lames sans retouches (Tasmanie); fig. 8, der Australie und Tasmanien, Verglichen mit de- instrument très grossier, taillé par grands éclats nen der Urzeit Europas, ds. Zeitsch. f. Ethnol. (Universalinsirument). Les figures 4, 5, 6, 19, 20 de

(Berlin), 1908, p. 407. sq. (Australie). Fig. 4, type la planche I1I[ montrent de véritables éolithes acheuléen, pl. IL, fig. 1-3 ; fig. 3 et 5, pl. HL, (Australie) fig. 10, type solutréen ; fig. 6, pointes emmanchées,

nous est inconnu, ses peintures et gravures rupestres ; mais bien qu’on se soit efforcé d'établir des périodes en s'appuyant sur les productions artistiques et sur la patine du silex, toutes ces tentatives ont échoué (1).

Les Australiens ne connaissaient pas la poterie et ne faisaient pas usage de pointes de flèches quand les premiers Européens sont venus dans leur ile.

Bien certainement le régime des industries de la pierre sous lequel ont vécu et vivent encore les autochtones de l’Australie n’est pas spécial à cette grande ile, il s’est produit ailleurs, sinon d’une manière aussi come plète, du moins partiellement et nous devons admettre que dans certains

FiG. 175. — Silex d’Oldea (South Australia), d’après H. Breurz.

cas, dans certaines régions, des industries de types divers se sont trouvées mélangées et contemporaines. Cette remarque engage à s’entourer de toutes les précautions lorsqu'on entreprend l’analyse d’une industrie.

L’Australasie n’est pas demeurée en dehors des phénomènes glaciaires pléistocènes ; on en rencontre d’incontestables traces dans les montagnes de l'Australie, en Nouvelle-Zélande, en Tasmanie. La tête de ces fleuves de glace s’est tenue à des altitudes différentes, suivant les régions ; elles étaient en dépendance de la latitude des points considérés et aussi de l’état hygrométrique de l’air variable suivant la forme et la nature des terres émergées dans le voisinage (2).

(4) Cf. R. ETHERIDGE, Has Man a geological history in Australia ? 1890. E. H, Giciori, Le Eta della pietra nell Australia, 1894, KEANE, Ethnology, Cambridge, 1896, p.95. MATHEwW, Rock paintings and Carvings of the Australian Aborigenus Journ. of Anthrop. Inst. XXIV, 1895 ; XXVII,

1898. H. BasEepow, Aboriginal rock carvings of great antiquity in South Australia (Journ. Anthrop. Inst.,XL1V, 1914).

(2) Consulter à ce sujet A. PENGK, ds. Zeitschrift der Gesellschaft fur Erdhunde zu Berlin, L. XXXV, 1900, p. 239 sq.

De même qu'en Afrique et en Asie, un asséchement graduel se produit en Australie depuis des temps fort anciens et, lors de la réunion e l'Association australienne pour l'avancement des sciences (1922), le président sir Baldwin Spencer a émis l'hypothèse que la multiplicité considérable des dialectes, parlés dans la grande île, pouvait avoir été due à une dessiccation progressive de la contrée, obligeant les divers groupes humains à s’isoler les uns des autres et à se retirer dans les districts les moins exposés à la sécheresse. Il pense que les immigrants ont probablement pénétré en Australie par le nord-est, à l’époque pliocène ou au début du Pléistocène et admet que la civilisation récente eut pour prin-

Fic. 176. — Pointes en silex d'Oldea (South Australia), d'après-H. Breurir.

cipe initial une infiltration graduelle de populations maritimes (1). Je ne ferai de réserves, au sujet de cette hypothèse, qu’en ce qui concerne la date attribuée par sir Baldwin Spencer à la première colonisation de l’Australie. Cette grande terre, ouverte aux voies maritimes, ne présente pas les mêmes conditions que la Sibérie, en ce qui regarde son peuplement, I} n'y à aucune raison pour la séparer de la Polynésie et des îles Malaises qui, on le sait, n’ont été habitées que fort tard.

En Tasmanie, tout comme en Australie, on trouve des types d’instruments extrêmement grossiers, bien que n'appartenant certainement pas à

(1) La Géographie, t. XXXVII, 1922, p. 472,

des époques très reculées. « Les galets étaient brisés en deux, puis chaque morceau était taillé avec le même art que chez nos Moustiériens. Certains rappellent les éclats de Levallois. Les percuteurs tasmaniens sont des blocs de diabase qui ont gardé trace des chocs multipliés en certains points (1). » On trouve aussi, dans la même ile, une industrie du type moustiérien très évoluée (2). Mais ces formes diverses, analogues à celles du - Quaternaire de nos régions, ne peuvent être comparées à nos types qu’au point de vue morphologique et, on le conçoit aisément, n’autorisent aucun rapprochement, soit ethnique soit chronologique.

(4) Maurice EXxTEENS, l'Industrie des Tasma- (2) Id., Bull. Soc. Anthrop. de Bruxelles, t. XXX, niens éteints, ds.l'Anthropologie, 1912, p.458 et 611. 1911.

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