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FiG. 183. — Les invasions celtiques dans l’Europe centrale et occidentale.
États de la Chaldée, de l’Assyrie et de l'Égypte, ainsi que dans les régions qui, plus tard, seront grecques. Cette apparition du fer en Orient serait, en ce cas, de quatre à cinq cents ans antérieure à celle de Par rivée en Gaule de l’industrie hallstattienne, délai qui n’a rien que de très naturel, étant données les distances qui séparent le monde oriental de notre Occident.
Telles sont, d’une manière générale, les principales données fournies par les traditions et par l’histoire, quant aux courants qui, successivement, ont apporté dans nos pays l’usage des métaux ; nous reprendrons l’une après l’autre les diverses civilisations, recherchant les liens communs qu’elles
peuvent avoir entre elles ; nous insisterons sur les différences qui les séparent, afin de préciser, autant que faire se peut, la nature de chacune des vagues et d’être mieux à même de présenter leur origine. Une semblable étude oblige à entrer dans une foule de détails se reliant au problème des origines métallurgiques. Certains côtés de la question ont été l’objet d’études approfondies (1), nous nous contenterons de rappeler Les principaux résultats de ces travaux ; pour d’autres régions moins connues, il Sera nécessaire de donner de véritables monographies et, pour certains pays, 1l faudra reprendre les événements à partir des temps où les métaux étaient encore inconnus.
Nous avons vu que, d'après les traditions, c’est vers les contrées situées au sud du Grand Caucase et dans l’Asie mineure orientale que nous devons tourner nos regards; c’est donc ce que nous savons de ces pays que je prendrai pour base de cette étude, sans qu’il entre le moins du monde dans ma pensée de préjuger de la solution du problème; mais nous serons amenés, insensiblement, à circonscrire l’aire dans laquelle a pu se produire la découverte de la métallurgie et si des preuves positives, absolues, nous font défaut, du moins la concordance des faits permettra-t-elle d’entrevoir la solution du problème.
J’ai cherché dans toutes les langues asiatiques et européennes aujourd’hui connues qui se parlaient jadis, dans les vocabulaires de celles que l’on entend encore de notre temps, s’il n’existerait pas des groupements naturels de formes semblables permettant de remonter jusqu’à leur source les courants de propagation de la métallurgie du cuivre et du fer : les résultats de ces recherches amènent à partager l’ancien monde en quatre provinces principales.
Lo La région occidentale comprenant tous les pays européens de langue indo-européenne, dans laquelle les noms des métaux sont certainement issus d’une commune origine ; |
20 La région indo-iranienne qui paraît être quelque peu parente de la province occidentale ;
3° La région du centre et de l’Extrême-Orient asiatique où règne un grand désordre ;
4° La région asiatique antérieure.
Les métaux n'étant pas encore connus chez les peuples en étant encore à l’industrie précédente, n’ont pu recevoir leur nom qu’au moment de leur découverte ou bien quand leur connaissance est parvenue dans les tribus, ceci ne peut faire aucun doute ; or pour beaucoup de ces noms il est aisé de reconnaitre que ce sont des qualificatifs et non des substantifs qui ont
(1) Consulter entre autres la très intéressante tives à l'Age du bronze (l'Anthropologie, t. XXVIII, étude de M. Maurice PiROUTET, Questions rela=. janv.-avril 1917, p. 54-91).
été employés, ce genre de dénomination d’ailleurs s’imposait. Dès lors, quand un métal a fait son apparition chez un peuple, ce n’est donc pas une forme phonétique qui l’a accompagné, mais bien la traduction, dans la langue de ce peuple, du qualificatif en usage chez le propagateur. IL s’ensuit que seules des langues apparentées peuvent renfermer des termes de même racine, tandis que dans des groupes linguistiques dissemblables, la | morphologie des noms est forcément très variée.
Cette solution de la question me paraissait indiscutable ; cependant, ne possédant pas l'autorité nécessaire pour résoudre cette importante question, j'ai prié un spécialiste éminent de linguistique comparée, M. C. Aurran, de me donner son avis, en ce qui concerne les langues de l'Asie antérieure (région n° 4).
Dans les langues actuelles du Caucase et du reste de l’Asie antérieure antique, m'a répondu le savant linguiste (1) une portion considérable du vocabulaire métallurgique est d’origine allogène, et le reste témoigne d’une unité des plus relatives.
« Geci s’explique par l'écart considérable de siècles qui sépare les noms des métaux en Grèce-Égée ancienne des noms des mêmes métaux dans le plus ancien caucasien moderne.
Mieux connus, par des documents plus étendus au point de vue lexicographique, sont les restes de Mitannien, d'Hlamite, de Vannique, Lydien, Lycien, Étrusque. Ils fourniront, sans le moindre doute, des données importantes, car les noms du bronze (yæAxoc), de l’étain (xacoirepoc), du cuivre (xurosc), de l’or (/pusoc) sont allogènes en grec, et je ne suis même qu’à demi sûr de l’authentique et totale grécité d'asyupoc.
Il n’y a du reste aucune coïncidence à cet égard entre l’égyptien, les langues classiques et celles du groupe sémitique.
Tout au plus, peut-on noter que le ba-n-pet (métal du ciel), de l’'égyptien, correspond exactement pour le sens au s5npos du grec (cf. Sidus-eris); mails ceci est tout autre que le Parzillu hébréo-assyrien, dont la sémiticité n’est pas convaincante.
Il en va de même pour apyuwoc, argens, qui parait ne pouvoir guère signifier que le blanc, et qui, dès lors, pourrait bien, au même rapport équivaloir à Késéf (22) qui implique également une idée de blancheur, de pâleur. [1 faut noter, cependant, que certains suggèrent que 92 serait le C(a)sp(ien), x[#]or{roç]. Nous entrons ici sur un domaine où ingéniosité et fantaisie côtoient la pénétration proprement dite, c’est indiquer la réserve extrême qu’il y a lieu d'observer (2).
Xovscc seul est attesté à la fois dans As-bas, hurasu, dans l’hébreu
(1) C. AuTran, in litt., 14 févr. 1923.
(2) On voit quelle serait l'importance de cette étymologie si elle se vérifiait.
La
PT — Aôrun, le mitannien hiaruhha et c’est iei la source asianique qui me parait devoir être considérée comme la souche commune.
Quant à xasoirecoc, que l'on peut, si l’on y tient, interpréter par le Cassite (le Cosséen), il reste isolé.
Mohv650c, plumbum est des plus anormaux sous Le rapport des correspondances phonétiques et l’origine en est sûrement asiano-méditerranéenne. Mais d’où vient-il ? Question à laquelle, pas plus que xasow:00ç, je ne me charge de répondre. |
Quant aux langues caucasiennes, jugez vous-même par les quelques exemples qui suivent, comparés au grec. Mais ces termes désignent en réalité le laiton, le nom du bronze ne m’est pas connu.
4#hx0ç — (hebr.) NŸTMI — n‘ho$et. — (Avare) /Ashila-pak — jaune. — (Andi). êak hu-hir: — (Karata) obiti-paku. — (Laki) Dukhni (Kubaëi) MmoSga]. — (Arèhin) Msks-tut. — (Hinalougue) Kuëkula-zir. — (Chapsougha) guaplegoë. — (Géorgien) thithferi. — (Mingrélien) thithemert. — (Laze) tundz.
Il n’y a là que l’Andi, èakhu, auquel on puisse penser; mais d’où vient-il? Et y«xoc? Ne vient-il pas du grec byzantin ou du grec plus récent encore.
Kasoireooc n’est pas connu en caucasien. Le thalmudique donne svro: et NTnop Kastira qui paraît n'être que le mot grec, le sanscrit donne Kastira (HussinG, Memnon, 1, p. 216) a suggéré l’élamite Kassi-ti-ra dans Kassilandische (Erz) qui n’est qu’ingénieux sans être sûr.
Pour xrosc cuprum, Hussin@& (loc cit., p. 215 et sq.) suggère un archétype élamite Cupar, forme plus moderne au Sud, süpar (assyrien), siparru ; c’est possible. — Langues caucasiennes : (avare) ez [ — «es latin ?|. — (Andi) Air (Dido), Liroc [e=ts]. — (Yarkun) divs. — (Laki) dursi ou duvsi. — (Onde) piliudz. — (Kurinien) cur | =tsur]. — (Rutule) sûr. — (Agoul) 4f. — (Arcine) korbit, etc.
Outre les raisons d’ordre chronologique, l’on peut invoquer l’internationalisme ancien de ces régions, leur réceptivité sous tous les rapports, le rôle de adjectif dans le métamorphisme des noms (l’argent sera blanc, L'or jaune) ; dès lors, on traduit, l’on n’emprunte plus.
Il faut enfin mentionner les noms d’origine magique ou religieuse (ef. le mana de l’or en Annam [Indo-Chine| notion semi-mystique).
C’est tout un monde au milieu duquel il faudrait chercher ».
Ces observations de M. C. Aurran, bien que sommaires, n’en sont pas moins d’un intérêt majeur. Elles confirment pleinement et d’une manière fort savante, l’opinion que j'avais pu me faire et, vraiment sont peu encourageantes quant aux services que peut rendre l’étymologie dans la région
asiatique occidentale.
Il en est de même pour l’Asie centrale (Sibérie transcaspienne, Altaï, Tibet, Mongolie, Chine, etc.), par suite du grand nombre de langues qui se sont parlées et se parlent encore dans cette immense région.
Cependant, de l’étude d'ensemble du vieux monde, on peut tirer des conclusions fort intéressantes :
Les quatre provinces paraissent être très indépendantes les unes des autres, celle de l’Europe seule présente une grande homogénéité, elle s’arrête vers l’Oural ; c’est donc que chez elle la propagation des noms n’a rien à voir avec celle de l'Asie centrale, et fort peu avec celle de l’Inde ; qu’elle est entrée en contact avec celle de l’Asie antérieure par l’intermédiaire des Gréco-Egéens. Ceci concorde avec Pidée qu’on peut se faire de
Ja direction suivie par les migrations de la famille linguistique aryenne et amènerait à considérer le nœud entre les quatre provinces comme étant le point de départ de la diffusion des noms des métaux. Conclusion qui concorde avec celles fournies par les autres sources.
II. — Absence des industries de la pierre en Perse et dans la Transcaucasie.
Avant d'entrer dans le détail des industries métallurgiques des peuplades ayant vécu dans le Nord de l'Asie antérieure, il est nécessaire de reprendre en quelques lignes l’exposé des phénomènes qui se sont passés dans ces pays depuis l’époque à laquelle l’existence de l’homme sur laterre est certaine; car nous nous trouvons là en face de conditions spéciales dont l'influence a été grande sur les destinées de ces régions.
Au cours des temps quaternaires, nous l'avons vu, les plateaux de l'Arménie et de l’Iran étaient couverts de glace (1), et les champs de neige se rejoignaient au nord avec ceux du Grand Caucase, à l’ouest avec les montagnes de l’Asie mineure, à lorient par l'Hindou-Kouch, à l’Altai, à l'Himalaya et aux hauts plateaux du Tibet et de la Mongolie.
Au nord de cet immense massif de glaces s’étendait le lac Aralo-Caspien qui débordait largement sur les plaines de la Russie méridionale et de la Turcomanie, et baignait presque le front de ces immenses glaciers qui, partant de la Scandinavie, venaient mourir au milieu de la Russie. En sorte que, pendant la grande extension des glaces, dans l'hémisphère septentrional, il n'existait aucune communication entre l'Asie centrale et l'Europe.
Quand fondirent les glaciers, les plaines de la Russie s’ouvrirent et le
(1) J. ne MorGan, Le plateau iranien pendant l'époque pleistocène. (Rev. de l'École d'Anthropologie t. XVII, 1907, p. 213 sq.). LIFE
plateau iranien se couvrit de vastes lacs dont leseaux, peu à peu, se chargèrent de sel qui, en s’asséchant, au cours des siècles, laissèrent d’immenses surfaces stériles, couvertes d'une croûte d’elflorescences blanches. Les lacs d’Ourmiah et de Chirâz sont les derniers vestiges de ces grands réservoirs d'eau, de même que la mer Caspienne et le lac d’Aral sont les restes du grand lac quaternaire Aralo-Caspien, et le désert salé qui s'étend entre le Kirmân et le Khoraçän n’est autre que la cuvette, très peu profonde d’ailleurs, du plus important des lacs persans.
En même temps qu’elles se réunissaient dans des réservoirs sans issue, les eaux, en d’autres parties du massif, creusaient de profondes vallées, coupaient les chaînes les plus élevées, et c’est ainsi que se sont formés les lits du Käroun, de l’Ab-è-Diz, du Sein Mérrè (Kerkha), du Zab, du Séfidroud, de l’Araxe, de la Kourah, etc.
Si l’homme n'avait pas pu vivre dans toute cette région, aux temps quaternaires, les conditions de la vie ne lui sourirent guère quand le sol reparut. L’Iran, très froid à cause de son altitude, inculte, couvert de déserts et de lac salés, de montagnes arides, n’offrait que bien peu de possibilités pour la vie. Ces considérations expliquent pourquoi dans toute la Perse, en Transcaucasie et en Arménie, on ne rencontre pas de trace d'hommes pleistocènes. À cette époque l’Elam et la Chaldée n’émergeaient pas encore des eaux du golfe Persique (1), de telle sorte que la majeure partie de l’Asie antérieure était inhabitée parce qu’elle était inhabitable.
En 1889, j'ai rencontré, dans les alluvions de l’Ab-é-Pardômä, dans la
vallée du Lar (massif du Démavend) des pierres présentant des éclats qui me semblèrent alors être des retouches intentionnelles (2) ; mais, depuis cette époque, les discussions survenues au sujet des éolithes ont fait naître, dans mon esprit, des doutes au sujet de ces instruments primitifs et je suis aujourd’hui porté à croire que j'ai été induit en erreur par des « jeux de la nature ». Le fait de l'Ab-é-Pardômä demeure complètement isolé et, malgré de très attentives recherches dans la même région, je n'ai jamais rencontré d’autres gisements de ces sortes de pierres ; je suis donc aujourd’hui d'avis qu’il ne faut pas faire état de cette découverte.
De même, l’absence complète de stations néolithiques et archéolithiques, d'âge certain, aussi bien dans la Transcaucasie que sur le plateau iranien, m'ont amené à penser que les ateliers d’obsidienne dont j'ai reconnu la présence au pied du mont Alagheuz (3), appartiennent plutôt aux temps de l’industrie du cuivre ou du bronze, qu’à ceux de la pierre pure. Ces ateliers ne présentent pas l’importance qui eût été accordée à ces vastes gise-
(4) J. De MorGan, Étude sur la géographie de (3) Les stations préhistoriques de l'Alagheuz la Susiane (Mém. délég. en Perse, t. I, p. 33-49). (Arménie russe). Rev. École d'Anthrop., XIX:° an.,
(2) Mission en Perse, t. IV, 1" partie, p. 1 sq, t. VI, p. 189-203. fig 2-4.
ments de verre de volcan, si l’industrie de la pierre taillée avait été seule en usage. D'autre part, dans Îles tombeaux du bronze et du fer de Gr 2 région, on rencontre fréquemment des pointes de flèche en obsidienne et à Akthala, dans le massif du Lelwar, j’ai découvert une sépulture de l’industrie du cuivre (?) (1) où un fort beau nucleus et de longues lames d’obsidienne accompagnaient un poignard métallique et des vases d’une technique relativement avancée. Il y a donc lieu, semble-t-il, de réserver la question de l'antiquité des ateliers de l’Alagheuz jusqu’à ce que de nouvelles recherches méthodiques aient été faites aux environs des gisements naturels d’obsidienne de la Transcaucasie.
Je dois ajouter cependant que j'ai découvert au Kurdistan de Moukri un grand polissoir de granit en tout semblable à ceux que, dans nos pays, nous attribuons aux temps néolithiques. Mais la présence de ce polissoir n'implique pas forcément l'existence d’une industrie de la pierre seule, on a taillé et poli des haches de pierre longtemps encore après la décou-
verte du métal. A Suse l’usage de la hache Fic. 184. — Polissoir de Khalil-Deblil en pierre polie s’est continué pendant bien
MCRCCE RE CR GNAUS des siècles, les récentes découvertes de M. R. de Mecquenem en font foi.
Dans toute la région caucasienne, pas plus qu’en Perse, on ne rencontre de preuves certaines de l'existence du néolithique pur, on ne voit aucun atelier de taille et, sauf au pied de l’Alagheuz, les rares silex et obsidienne taillés se trouvent épars dans les ruines des villages et des villes antiques. Quant aux trouvailles isolées faites au Caucase, elles n’ont donné que des haches-marteaux assurément énéolithiques voire même, peutêtre, beaucoup moins anciennes et votives (2), et des haches à rainures employées dans toute la haute antiquité comme instruments de mineurs, dans les gisements de sel de Koulpi, sur l’Araxe, entre autres (3).
Quant aux grottes naturelles et artificielles qui sont nombreuses au Caucase (4) et qu'on rencontre communément en Perse, elles ne fournissent aucune preuve de l’existence de l’industrie de la pierre taillée. Les grandes cavernes de Kouna-Kôter et de Kouna-Malan, au Kurdistan de Moukri,
(4) J. DE MorGan, Recherches sur les origines (3) CF. E. CHANTRE, 0p. cit., p. 50, fig. 6.. des peuples du Caucase, 1889, t I,p. 38. (4) Cf. E. CHanNTRE, Rech. anthrop. Caucase, (2) Ces lrouvailles ont Loutes été faites au nord t. I, p. 66. BAvERN, Contribution à l’archéologie de la grande chaine, dans le Kouban et la vallée du Caucase. Lyon, 1883. du Térek Cf. E: CHaANTRE, op. cit., t. I, p. 48 sq.
n'ont été occupées que temporairement par des gens en possession du fer (4).
Quelques archéologues (2) ont pensé, s'appuyant sur un fragment d’'Hippocrate (3), que les palalittes sont d’origine colchidienne ; iln’y a pas à faire état de cette hypothèse, pas plus que celle qui fait venir du Caucase la plupart de nos espèces animales domestiques dont on rencontre .les ossements dans les sites néolithiques de l'Occident.
On s’est également basé sur la présence des dolmens dans le nordouest des pays caucasiens (4) pour affirmer l'existence de l’industrie de la pierre dans cette région. Mais mes découvertes dans le nord de la Perse ont nettement démontré que les monuments mégalithiques du Tälyche ont tous été construits par des hommes en possession du métal, et les caractères architecturaux des dolmens du Kouban et de l’Akhasie ne permettent pas d'attribuer à ces constructions une antiquité plus reculée; tout au contraire, elles semblent être plus récentes que celles des groupes méridionaux (5).
Il résulte de ce qui vient d’être exposé que les pays iraniens paraissent être demeurés inhabités pendant une très longue période après la fonte des glaciers pleistocènes ; que les premiers hommes qui sont venus s’y fixer étaient, semble-t-il, en possession du métal, du cuivre, et que lindustrie du bronze s’est développée sur place. Il en a été de même, nous le savons, pour la Chaldée et l’Elam (6) et nous verrons qu'il n’en fut pas autrement pour là Turkomanie (7). Mais ces observations ne touchent en rien à ce qui s’est passé dans les montagnes de l’Anatolie et de l'Arménie, encore inexplorées au point de vue archéologique.
III. — Les industries du cuivre et du bronze dans le nord-ouest de la Perse et la Transcaucasie.
Les recherches, jusqu’à ce jour, n’ont porté que sur quelques points du Petit Caucase et sur les pays montagneux qui avoisinent la mer Caspienne, dans la province persane d’Ardébil et le Tâlyche russe ou Lenkorän. C’est dire que la documentation dont nous sommes à même de disposer est encore fort incomplète, la méfiance et le mauvais vouloir des autorités
.(4) CE. J. DE MorGaw, Mission en Perse, &. II, lée du Terek et au Kouban, c'est-à-dire dans la
Études ÿ géographiques, p.12.
(2) Entre autres ALEXANDRE BERTRAND, /4 Gaule avant les Gaulois, p. 128.
(3) Porocxi, Fragments, p.40.
(4) E. CuanTRE, 0p. cit, t, I, p. 51. Époque néolithique. Monuments mégalithiques
(5) Les rares objets de bronze et les moules pour les fondre ont tous été trouvés dans la val-
région des dolmens. Cf. E. CHANTRE, 0p. cit., t. I, pl. VI, objets de bronze; pl. III, IV et V, moules de fondeurs.
(6) J. pe MorGaN, Mém. de la D. S. P., t. I, 1900. Étude géogr. sur la Susiane, t. XIII, 1912. Observations sur les couches profondes dù tell de Suse.
(7) R. PumreLLy, Explor. in Turkeslan, exped. of 1904. Washinglon, 1908,2 vol. in-4°,
ottomanes, comme de l’administration impériale russe, ayant, jusqu’à ce jour, entravé ou même interdit les travaux scientifiques dans les régions soumises à leur autorité. Des recherches méthodiques dans les montagnes de l'Arménie, du Lagistan et de l’Anatolie amèneront, à coup sür, des découvertes de la plus haute importance au point de vue des origines de la métallurgie; car ces pays sont d’une extrême richesse en gisements de cuivre et de fer, et ce que nous en savons permet de faire remonter à des temps très anciens leur exploitation.
En 1887-88 (1), j'ai pratiqué des fouilles dans le massif montagneux de Lelwar, à 100 kilomètres au sud de Tiflis ; mes travaux ont été arrêtés par
les autorités russes.
En 1890 (2) j'ai fouillé pendant plusieurs mois dans le district russe
Gi à RGIE
ail E Samrlhavre.
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3 ÉRIVAN (e A Dotmers En £ ee : ) nf F1G. 185. — Dolmens et nécropoles du Caucase et de l'Arménie russe.
du Lenkorân (Tälyche), mais là encore mes travaux ont été considérés comme étant illicites, et j'ai dû les suspendre. Bien que je fusse alors chargé d’une mission officielle par le Gouvernement français, les autorités impériales russes se sont toujours montrées très hostiles à mes recherches.
Fort heureusement il n’en a pas été de même dans l'empire du Chah, grâce à la grande bienveillance avec laquelle l'administration royale a favorisé mes recherches, en sorte que dans une campagne d'été, en 1901, la Délégation en Perse a pu explorer une grande partie des montagnes de la province d’Ardebil, faisant suite au Tâlvehe russe que j'avais visité
(1) Mission se ientifique au Caucase,t. I. 18859. Les (2) Mission scientifique en Perse, t. IV, 1897. premiers âges des mélaux dans l'Arménie russe. Recherches archéologiques, 1° partie, p. 13 à 123.
en 1890. M. Henri de Morgan qui faisait partie de l’expédition a rendu compte de ces travaux (1).
Dans une quatrième expédition, en 1912, j'ai visité la vallée de l’Araxe, depuis Djoulfa jusqu'à Khoudâférin, et je comptais explorer celle du Gara Sou, affluent de droite de l’Araxe, rivière dont la vallée offre la meilleure voie pour atteindre le plateau persan en venant de la plaine de Moughän