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Fire. 186. — Carte des nécropoles du Tâälyche.
ou des passes de Derbend (portes Caspiennes). Malheureusement les tribus Chahsevend, qui habitent cette région, étaient en révolte contre l’autorité royale, les troupes russes avaient occupé le pays et l'on se battait partout dans ces montagnes. Il ne m’a done pas été possible de mettre mes projets à exécution.
(1) Henri DE MorGAN, Mém. Déleg. en Perse, 1905, t. VIII, p. 251 à 942. Rech. archéol. dans le Tülyche persan.
C’est en raison de la richesse des gisements de cuivre dans ces régions que j'ai choisi le Petit Caucase et le Tälyche (russe et persan) comme tévrain de recherches ; et je me proposais d'avancer graduellement vers l'Orient en suivant la chaine de l’Elbourz pour me rapprocher le plus que faire se pourrait du Khoraçan et de l'Hindou Kouch. Les circonstances et le temps ne m'ont pas permis de mettre à exécution ce vaste projet de recherches.
En Arménie russe, au Gara Baph, au Gara Dagh et dans les monts du Tâlyche sont de nombreux et puissants gîtes de cuivre. Le minerai s’y présente en profondeur sous forme de pyrite et fréquemment est accompagné de galène argentifère et de blende (zine). Mais aux affleurements ces mine-
Fic. 187. — Distribution des dolmens dans l’ancien monde.
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rais se sont oxydés au contact de l'air. Ils offraient ainsi jadis des produits d’un traitement métallurgique aisé et les immenses forêts qui couvraient ces montagnes fournissaient en abondance le combustible. Jai reconnu la présence d’un grand nombre de ces gites ; mais je dois ajouter que nulle part je n’ai rencontré d'importantes accumulations de scories, témoignant d’une métallurgie industriellement très développée. Dans les mêmes parages on rencontre également des filons de plomb argentifère et certains cours d’eau, le Kizil-Ouzen (Séfid Roud), entre autres, roulent de l'or dans leurs sables.
Ces pays étaient extrêmement favorables au développement de la métallurgie, parce que non seulement ils contiennent des gisements de minerai, mais le combustible y abonde : fait qui n’a pas lieu sur le plateau persan, bien au contraire, car jamais il n’y eut de forêts dans la grande cuvette iranienne, les alluvions post-pleistocènes, en effet, ne renferment
que des espèces de Mollusques vivant sur des terrains arides, secs, dépourvus de grande végétation.
Dans toute cette immense région iranienne seules les chaines bordières du plateau sont boisées de nos jours, et seules elles l’étaient autrefois ; il ne peut donc exister de traces’ de centres métallurgiques, en Perse, que dans les pays forestiers, c’est-à-dire, d’une part au Tâlyche, au Ghilan, au Mazanderan, et d'autre part au Kurdistan et au Louristan, depuis l’Ararat, ou peu s’en faut, jusqu’au voisinage du golfe Persique. Cette zone s’étend suivant une bande étroite au milieu de laquelle, suivant les pentes vers le Tigre ou vers l’Iran, serpente la frontière politique.
Bien ne soit, sur certains points, fort étroit, ce ruban de montagnes boisées n’en a pas moins certainement joué un rôle très important par rapport aux États du Tigre et de la Chaldée : car il renferme également des gites de minerais (1) et n’est pas éloigné de Ninive, de Kalach, de Suse et d’une multitude de villes antiques de moindre importance. Les divers trançons de la chaine kurde, la Transcaucasie et les montagnes caspiennes étaient, avec les pays du Pont, les districts les mieux dotés pour le développement de la métallurgie.
Au point de vue archéologique, nous ne connaissons absolument rien de toute la contrée comprise à l’ouest du 42° degré de longitude, jusqu’au centre de l'Asie Mineure, c’est-à-dire en ce qui regarde les districts d’Akhalkalaki, Akhaltzikh, Kars, Artvin, Erzeroum, Erzindjan, Karahissar, de la chaîne pontique du Lazistan ; ces montagnes sont très riches en mines de: cuivre (2), de fer, de plomb et d'argent et offraient jadis les conditions les plus favorables pour la création de centres importants de production des métaux. C’est là qu'était le pays des Chalybes, peuple réputé pour ses connaissances métallurgistes ; malheureusement la barbarie des Turcs, maitres de ces provinces, n’a pas permis aux archéologues de les explorer. Là, bien certainement se feront, dans l'avenir, des découvertes du plus haut intérêt. Les massifs plus méridionaux, jusqu’à la plaine mésopotamienne, sont encore, eux aussi, totalement inexplorés.
Dans de telles conditions il peut sembler bien téméraire de chercher à élucider la question des origines de la métallurgie chez les peuples de l’Asie antérieure; cependant mes découvertes dans le Nord de la Perse ouvrent des horizons nouveaux et nous pouvons aujourd’hui porter nos regards beaucoup plus loin vers l'Orient qu’au temps, proche encore, où l’existence d’une industrie du bronze, dans le Nord de l’Asie antérieure, était seulement pressentie.
(4) J'ai, en 1890, reconnu une ancienne mine de (2) Mines de Gümich- SE au sud de Trébicuivre près d'Ouchnouw, dans le Kurdistan de zonde. Moukri
Monuments funéraires. — Les industries du cuivre et du bronze dans” le Tälyche comprennent trôis classes distinctes qui, certainement, sont des phases successives, car les tombes de ces trois groupes divers se rencontrent dans des nécropoles très voisines l’une de l’autre, souvent aussi dans le méme site. Ces trois groupes sont fort homogènes, quant aux monuments et quant à la nature des mobiliers que renferment les tombeaux : les derniers en date montrant une foule de survivances des plus anciennes en même temps que de notables progrès. Ps |
I. — La première phase du métal, au Tâlyche, est caractérisée par de
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F16. 188. — Dolmen du type le plus ancien. 1" phase. Chirchir (province d'Ardébil).
grands dolmens bâtis à l’aide de matériaux de forte taille, gros blocs dressés sur les côtés et larges dalles formant plafond.
Le dolmen, jadis recouvert d’un tumulus, est entouré d’un cercle de grosses pierres levées, non jointives, destinées à retenir les terres du tertre. Souvent le tumulus et le cercle de pierres ont disparu et les dalles de couverture du tombeau paraissent. Ces dolmens sont en tout semblables à ceux qu’on rencontre dans les autres parties du monde (1).
De la même époque sont des sépultures de moindres dimensions,
(1) Miss, IV, 2, fig, 21, 23-27. Kravéladi, fig. 3€. Hôvil, fig. 45, Djonii. Mém. D. S. P.,t. VII, fig. 598-599. Chirchir.
parfois de construction très irrégulière (1), mais renfermant le même mobilier funéraire que les grands monuments.
IT. — Dans la seconde phase, le dolmen est moins grand que dans la première (2). 1l est également composé de gros matériaux. Les dalles de couverture reposent sur de grandes pierres plates levées; mais l'ajustement des diverses parties du monument est plus soigné. Les pierres du
F1e. 189. — Dolmen de Kravéladi (Lenkorân).
cercle sont plus petites et jointives. J’ai rencontré à Djoniü un exemple de dolmen à deux chambres, avec cloison percée (3).
III. — Dans la troisième phase se rangent des tombes monumentales dont les parois verticales sont bâties en matériaux de petites dimensions et soigneusement muraillées (4). On rencontre aussi des sépultures irré-
(1) Miss., IV, 2, p. 21, fig. 22, Kravéladi. (4) Mém. D S. P, fig. 349. Nâmin. Mission (2) Miss., IV, 2, fig. 51, 54, Tülü, t. IV, 1°° partie, fig: 55 Mistaïl. (3) Miss., IV, 2, fig. 48, Djonii.
gulières, mais de moindres dimensions, construites comme celles de la Ë \ . A . 0 4 - ; , .
classe précédente, c’est-à-dire à parois verticales formées d’une suite de
pierres plates debout.
Au type des parois muraillées se rattachent en général des sépultures
F16. 190. — Petit dolmen (Tôüvôl, Lenkorân).
à deux chambres (1) et des galeries couvertes, monuments dont les dimensions sont très variables.
Ce type de monuments, très abondant dans certaines localités, comme à Nämin, près d’Ardébil, est des plus remarquables par le soin avec lequel
(1) Mém. D.S. P., VU, fig, 564. Hassan-Zamini. Miss., t. IV, 1°° partie, fig. 55. Mistail
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les dolmens ont été construits, et par les difficultés qu'ont dù vaincre les hommes de ces temps pour apporter, souvent de fort loin, les énormes
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Fi@. 191. — Tumulus elliptique recouvrant trois dolmens. Tach-Keuprü, près Astara.
dalles qui recouvrent les tombeaux. En général, la partie muraillée de la chambre est dans une fosse, de telle sorte que pour fermer la sépulture, il suffisait de faire glisser les dalles du plafond sur le sol.
Fic. 192. — Tombeau, Kravéladi. Fié. 193. — Dolmen à murailles bâties de Nämin, province d'Ardébil (Perse).
Relevés de J. ne MorGan.
Ces grandes tombes étaient probablement fort riches ; malheureusement pour la plupart, elles ont été visitées par les spoliateurs. Parmi les monuments mégalithiques, je dois encore signaler les pierres
levées qui, bien que fort rares, existent cependant au Tälyche: elles sont, en général, voisines des nécropoles.
A Nämin et à Chirchir on voit encore, près du champ de dolmens, les restes dela bourgade dans laquelle vivaient les bâtisseurs de ces monuments méga-
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