‹ La Prehistoire orientaleChapitre 230 sur 308 · EL · texte numérisé non relu

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TLEITS à

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F1G. 198.— Poignards ce la III: phase du bronze ; n°* 1 et 3 à 5 : Véri : n° 2 : Djonii.

crustations. Parfois aussi le pommeau se développe en are de cercle très disproportionné par rapport à la longueur de l’arme. | Les dimensions de ces armes sont fort variables ; mais leur er ne dépasse pas 45 à 50 centimètres. Leur poignée ne laisse à la main qu’un espace de 6 à 7 centimètres, particularité que présentent d’ailleurs toutes les armes de bronze de l’Europe, qui a fait l'objet de nombreuses études, et

sur laquelle on s’est appuyé en faveur de l’origine extréme-orientale de la

métallurgie (1).

Les épées. — L’épée longue ne se montre qu’à la seconde phase du bronzg.et est surtout abondante dans les sépultures de la troisième période.

Ce sont des lames droites, à deux tranchants, munies d’une nervure ou d’un renflement d'épaisseur médian ; toutes ces lames sont, à la base, munies d’une soie destinée à recevoir la poignée qui, étant en une matière organique, bois ou corne, a disparu. Parfois, mais rarement, . cette poiguée se terminait par un pommeau métallique (2), ne faisant pas corps avec la soie de l’arme ; et, le plus souvent, la poignée était maintenue sur la lame à l’aide de rivets de bronze (3) dont quelquefois la tête figurait des étoiles à quatre branches (4).

La longueur des lames est en général de 0 m. 80 à 0 m. 85 la soie comptant pour 7 à 8 centimètres au plus.

qu’une seule épée.

Les têtes de lances. — Nous avons vu plus haut que, dans les débuts, les têtes de lances étaient de simples lames triangulaires de bronze plus ou moins effilées qui pouvaient aussi bien jouer le rôle de poignard court que de pointe de lance ou de jae

velots. Mais à partir de la se-

Chaque mort ne possédait :

Fic.199.— Épées de bronze. Véri (Lenkorân).

Fic. 260. — Tètes de lancesetde conde phase, peut-être même à la fin de la

javelots. 1° phase du bronze.

N° let 2 : Djonii; n°“ 3 et 4:

première, ces pointes sont munies d’une douille

Chirchir (Lenkorän). d’emmanchement, et prennent la forme en feuille de saule qu’elles conserveront jusqu'aux

temps modernes, quel que soit le métal dont elles sont faites. Ce type est

universellement répandu.

Ces têtes de lances sont soit munies d’une nervure médiane, prolonge-

(1) Cf. GaBriEL DE MORTISLET, Orig, du bronze, (3) Id, p. 64, fig. 53. Véri.

ds. Rev. d'Anthropologie, 1875, n° 4. (4) Id, p.64, fig. 59. Tülü, Djonii.

(2) Mission, p. 64, fig. 57. Hivéri.

206 PRÉIHSTOIRE, ORIENTALE

ment du ‘cône de la douille, soit épaissies en leur milieu. On en rencontre également, mais plus rarement (1), dans lesquelles la douille d’'emmanche-

ment est cylindrique.

Les dimensions de ces armes sont très variables. Communément, ne

longueur se tient entre 10 et 35 centimètres, mais nous possédons des têtes

de lances longues de 0 m. 60.

Fre. 20. — Têtes de lances : IF et Fic. 202. — Têtes de flèches. N°1: Tülü, silex IIT: phases du bronze. N° 1 et 2: brun ; n° 2: Djonii, obsidienne noire ; n° 3 : Djenii; n° 3 : Amarat ; n°* 4 et5, Véri, obsidienne enfumée ; n° 4 : Tülü, obsi- Véri ; n° 6. Tach-Keupri (Tà- dienne transparente; n° 5 : Djonii, jaspe lyche). € brun rouge ; n° 6 : à 13 : Véri, bronze.

Les pointes de flèches. — Les pointes de flèches sont très nombreuses

dans les sépultures des trois phases du bronze au Tàlyche; elles sont soit en pierre, soit en métal et plus rarement en os. Jamais je n’ai rencontré, dans cette région, de pointes munies d’une douille, perfectionnement qui, dans les pays de l’Ararat, du Caucase et du nord-est de la Perse ne paraït qu'avec le fer.

Les pointes de pierre, tout comme celles qu’on rencontre dans les dolmens de l’Europe, sont taillées avec une habileté achevée. On en voit en

(1) Mission, p. 70, fig. 71, n°" 1 et 6. Djonii.

quartz, en silex, en Jaspe et en obsidienne, de deux types différents l’un à pédoncule, l’autre à cran.

Les pointes métalliques, au début, ne sont que de simples feuilles de cuivre, soit triangulaires, soït découpées suivant le profit des pointes de pierre à pédoneule : puis, àla deuxième et à la troisième phases, elles portent une soie très effilée destinée à pénétrer dans la tige de bois ou de roseau du projectile.

Il en est de même pour les têtes de flèches en os. Il est à remarquer que les pointes de flèches en pierre du Fâlyche et du Cau- Li. 263. Têtes de flèches. Namin, Bronze II. case diffèrent notablement de ‘ . N*1et2:bronze; n* 3 et4:0s.

celles qu'on trouve en Elam, en Chaldée, en Syrie et en Rosé et que c’est vers l’Europe qu'il faut se porter pour retrouver les formes transcaucasiennes et caspiennes.

Les haches — Bien que les montagnes tälyches, sur leur versant

Fire. 204. — Haches de bronze. Hovil, Agha F1G.205.— Herminettesetciseau à douille. Evlar. (Tâlyche). Bronze III. N'1et 2: Khadja Daoud Küprü; n°3: Amarat (Tàälyche).

oriental, et la chaîne du Gara-dagh aient toujours été couvertes d'épaisses forêts (1), de même que le Petit Caucase tout entier, les instruments des- (1) A l'époque des Sassanides et des gouverneurs Caspienne, aujourd’hui le Mazandérân, portaient

arabes, probablement même longtemps ‘aupara- le nom de Faberistän ou Tapouristän, pays des vant, les montagnes boisées du sud de la mer haches.

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tinés à couper le bois sont-très rares dans toute cette région. Je ne: connais que trois ou quatre haches (1) et quelques herminettes (2) apparte- - nant à l’industrie du bronze. | Les haches sont d’un seul type, modèle d’apparition relativement récente dans l’ensemble des mobiliers funéraires du bronze de l’ancien monde. Ces haches garnies d’un seul tranchant sont munies d’un œil d’emmanchement très large; l’une d’entre elles porte des ornements en relief : toutes appartiennent à la troisième phase de bronze. Il est à remarquer qu’on n’a pas encore rencontré, dans la Transcaucasie et les pays voisins, de ces haches plates primitives, directement inspi- rées de l'instrument de pierre, telles qu’on les trouve dans les couches profondes du tell de Suse, dans les tombes prédynastiques de l'Égypte et dans les sépultures du cuivre de l'Occident; que tous les types européens, haches à bords relevés, haches à douilles, font également défaut dans les dolmens tälyches.

Rares également sont les herminettes, ciseaux plats, au taillant élargi, et munis d’une queue pour l’'emmanchement. On sait que ces sortes d'outils peuvent à la fois servir comme hache et comme herminette, suivant qu'on place le taillant dans le plan du manche ou normalement à ce plan (3).

Instruments divers. — Parmi les autres instruments de bronze qui se rencontrent dans les sépultures de la troisième phase du bronze tâlyche, je

F16. 206. — N° 1 : pince à épiler, Mistan ; n°° 2 et 3 : rasoirs de bronze, Véri ; n° 4: pierre à aiguiser. Véri (Tâlyche).

citerai les rasoirs (4), les couteaux, les faucilles, les miroirs métalliques (5), les pinces à épiler (6), les pierres à aiguiser, les marteaux (7), ete.

(1) Alission, p. 76. Mém. D. S. P , VIH, p.258, (4) Mission, p.78, fig. 81. Véri.

(2) Mission, p.76. Mém. D. S. P., ‘VII, p. 258. (5) Mission, p. 78. Véri. Mém. D. S. P., VIII, (3) Ce type est fréquent en Extré ime- Ofiont et p. 278, Tchila-Khané. Ed É dans le sud de l'Asie, J'ai vu les Malais faire en- (6) Mission, p. 78, fig. 80. Véri. core usage de hacbes de fer de ce ty, e Il existe (7) Mission, p. 17, fig. 19. Raaz-Gocur

en pierre en Indo-Chine.

LA PARURE

Les gens de ces époques, au Tâlyche, aussi bien hommes que femmes, avaient.coutume de se couvrir de bijoux ; malheureusement, par suite de la spoliation des grands tombeaux, nous ne connaissons pas la joaillerie des classes riches de cette société primitive, et nous en sommes réduits, pour nous faire une idée des goûts de ces populations, à nous en rapporter à ce que renferment les sépultures du commun. Une étude plus approfondie des nécropoles de cette région fournira, fort probablement, dans quelque tombe riche, oubliée par les spoliateurs, des bijoux plus importants.

La coutume de se parer est d’ailleurs demeurée pendant bien des siècles encore, dans le monde entier. En Perse, hommes et femmes, aux temps achéménides, parthes et sassanides, se couvraient de bijoux (1). Un basrelief persépolitain nous montre un Iranien paré d’un torque et de pendants d'oreilles (2). Plusieurs passages de Xénophon sont très explicites à ce sujet : « Cyrus lui (Syennesis) fait les présents d'honneur qu’offrent les rois de Perse : un cheval ayant un frein d’or, un collier, des bracelets de même métal, un cimetère à poignée d’or et une robe perse (3) » et plus loin : « Quelques-uns (des Perses) avaient des colliers au cou, des anneaux aux doigts (4) », et ailleurs : « Artapatès, voyant Cyrus à terre, saute de son cheval et se jette sur le corps de son maitre : le roi, assure-t-on, l’y fait égorger; d’autres disent qu’il s’égorgea lui-même, après avoir tiré son cimeterre ; car il en avait un à poignée d’or et portait un collier, des bracelets et autres ornements, ainsi que les premiers des Perses (5). » D’autres auteurs ne sont pas

moins clairs à cet égard (6).

F1&. 207. — Perles d’élec- ; ; trum, de cuivre et de Les colliers. — Les colliers sont de deux sortes, cornaline. l= phase du

- les torques et les chapelets de perles, ces derniers bronze. Chirchir. étant de beaucoup les plus abondants : on les ren-

contre dès les débuts de la première phase du bronze, alors que les torques font encore défaut. Ils se composent, aux origines, de perles de pierres

D Her Anabase, I, 2.

\Tar

DR Anab., I, 8.

) Cf. Quinr. CuRT., Ill, 3, S13. JusTin, XI, 9,

(4) CF. J. ne MorGan, Découverte d'une tombe (3 achéménide à Suse, ds. Mém. D. S. P.,1905,t. VIIT, (4 p 30 à 58, pl. Il, IV, V et VI. (5

(2) G. RawLiNsoON, The fine Great monarch, t. IT, (6 D: 917 etc.

dures diverses, cornaline, agate, quartz, etc., et de petites spirales d’or ou d’electrum (1) et de cuivre (2). Les pierres sont alors grossièrement taillées et polies. Plus tard, à la troisième phase, elles prennent des formes régulières ; on voit alors paraître des perles de pâte d’émail, sorte de verre coloré le plus souvent en bleu, dont on dut faire la découverte au cours des opérations métallurgiques du cuivre (3).

Les torques (4), dont l’usage parait être moins ancien que celui des colliers de perles, se composent d’une tige de métal à section carrée ou plate régulièrement tordue en spirale. Les extrémités sont soit aplaties en palettes et recourbées, soit munies de crochets. Je n’ai jamais rencontré que dès torques de bronze : mais, certainement, au Tâlyche, il existait de ces bijoux en or massif.

Le torque est une parure nordique, il n’existe pas dans la bijouterie en Chaldée, en Elam, en Syrie et en Égypte; on ne le voit à Suse qu’à partir de l’époque des Achéménides (5), bien qu’il se rencontré dans les dolmens du Tälyche ‘dès la troisième phase du bronze. Ce genre de bijoux est très fréquent dans l’Europe centrale et occidentale.

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