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MR R LUS

Les bracelets. — La coutume de s’orner les bras et les chevilles était très répandue, dans les pays transcaucasiens, au temps de l'industrie du bronze.

Quelques bracelets sont faits, comme les colliers, de perles enfilées, mais le plus souvent on portait des anneaux de bronze composés d’une tige cylindrique plus ou moins grosse, courbée en cercle de telle sorte que les deux extrémités soient Jjointives ou à peu de chose près (6). Ces anneaux sont souvent ornés de grossiers dessins géométriques obtenus à la lime, à la scie, voire même au burin (7) dans les derniers temps.

F1G. 208. — Bracelets de bronze. Véri (Tâlyche).

gée de sels de cuivre, l'invention s'en est pu produire en tirant parti des lailiers de la métallurgie

(4) Mém. D.S, P., t. VII, p. 320, fig. 660 à 664. Agha-evlar.

(2) Id., p. 805, fig. 582. Chirchir.

(3) On serait tenté de penser que la présence de ja pâte émaillée dans les sépultures de la 3° phase implique des relations commerciales avec les peuples du Midi (Chaldée, Élam, Assyrie) où l'émail était connu depuis des temps fort an- Ciens, mais rien ne prouve que cetle pâte n'ait pas été découverte dans le Nord aussi bien que dans le Midi. D'ailleurs la nature de la compositon n'est pas la même à Suse et dans le Tâlyche. Dans le Nord, cette pâte est toujours bleue, char-

du cuivre.

(4) Mission, sépulture de Véri, p. 5, fig. 38.

(5) Une sépulture achéménide de Suse (Cf.

Mem. de la D. S. P, t. VIII, 1905, p. 43, pl. IV), renfermant un squelette de femme, contenait un magnifique torque d'or, incrusté de pierreries, et terminé aux deux extrémités par des têtes de Lion.

(6) Mém. D. S. P., t. VIKE, p. 278, 298.

(7) Mission, IV, 1,p. 85 sq. Mém. D. S. P., VIII, p. 285, 322.

Puis vient la série des bracelets plats de travail plus soigné, ornés au burin, et recourbés aux deux extrémités, comme les torques.

Enfin, plus rarement, se rencontrent des bracelets à eerele fermé, fondus, figurant sur leur pourtour une série de perles. Ce dernier type appartient à la fin de la troi-

sième phase du bron- (LSSSSSÉÉS SSSR

ze (1), peut-être même a D

aux débuts de l’indus- É sr rs ESS a nr S LEE RL

trie du fer. $. Pa > Tout comme le tor- eZ. - A re TA

que, le bracelet semble avoirété, au début,une Fic. 209. — Bronze. Tälyche.

conception plutôt nor-

dique que méridionale. Il n’existe pas sous forme d’anneau dans la Susiane primitive et, en Égypte, ne parait plus après la période pré-dynastique (2), les bracelets égyptiens des temps historiques étant d’une tout autre nature. Dans le nord de la Perse, au Caucase et dans toute l’Europe, il est très fréquent. |

Les bagues. — Les bagues abondent dans tous les dolmens tälyches surtout dans ceux de la fin de l’industrie du bronze; elles se présentent

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Fic. 210. — Bronze III. Bagues et bijoux divers. Véri (Lenkorân).

sous forme de simples anneaux à section ronde (3), de spirales à tours plus ou moins nombreux (4) et de larges lames plates eourbées en cercle (5).

(4 Mém.D. S. P., p. ?22. 693, 695, ele. pe (2) Bracelets de nacre, d’albâtre et de silex de (4) Mém. D. S. P., VIIL, fig. 88, n° 6 et 12, l'industrie énéolithique. Cf. J. De MorGan, Rech, fig. 692, 694, 704, 718, 721.

sur les orig. de rÉgypte. (5) Mission, IV, 1, p. 85, fig. 88, n° 7, 8, 10, 11, 13

(3) Missiog, p. 85. Mém D.S. P., VIIE fig. 688, à #5.

242 | PRÉHISTOIRE ORIENTALE Ces dernières portent en général quelques dessins géométriques gravés au burin.

En Susiane, la bague ne se montre qu'au cours des temps historiques, elle ne semble pas avoir existé à l’époque de la première ville. En Egypte elle existe dès les temps prédynastiques et son usage se poursuit aux époques pharaoniques.

Les boucles d'oreilles. — Ce genre de bijoux est au Tàlyche d’une simplicité rudimentaire : il se compose toujours d’un simple anneau ouvert, aux extrémités effilées.

Aux périodes IT et III du bronze les boucles d'oreilles sont soit en bronze, soit en or. Toutefois une sépulture de Véri, de la dernière période du bronze, renfermait une boucle d'argent; fait qui porte à penser qu'à

CE

Fic. 211. — Boucles d'oreilles. N°° 1 à 4: or (Agha Evlar); n° 5 : bronze (Véri) ; n° 6 : argent (Véri) ; n° 7 : bronze (Nämin).

l’époque de cette tombe les gens du bronze, dans le Tälyche, étaient déja en relations avec les tribus du fer. Ce bijou d’argent est le seul qu’aient fournis les nombreux dolmens du bronze sur lesquels se sont portées mes recherches.

La boucle d’oreilles est un bijou de tous les pays et de tous les temps.

Les épingles. — Très nombreuses dans tous les pays du Nord au temps des industries du bronze, les épingles se rencontrent au Tâlyche dans tous les tombeaux principalement dans ceux des deuxième et troisième phases ; elles diffèrent assez notablement de celles de l'Occident par l’ornementation de leur tête.

Les aiguilles sont semblables à celles qu'on trouve dans tous les pays.

Dans les pays méridionaux, tels que l'Elam, la Chaldée et l'Égypte, Les épingles, très peu nombreuses d’ailleurs, n’ont certainement pas joué dans l'habillement le même rôle que celles des pays du Nord.

Bijoux divers. — En plus des bijoux dont il vient d’être parlé, on rencontre, près des squelettes, dans les dolmens, bon nombre de petits orne-

ments dont l’usage demeure douteux de ce fait que les corps ayant été

placés le plus souvent accroupis, les os ne forment plus aujourd’hui qu’un

F16. 212. — Épingles. Bronze IL. Véri (Lenkorân).

amas au milieu duquel se trouvent ces objets sans que leur position sur le corps puisse être précisée.

Outre les perles des colliers, il se trouve des grains de pere dure répandus dans toute la tombe, ce qui amène à penser que les vêtements en étaient ornés. On rencontre aussi des anneaux de bronze portant quatre tubercules extérieurs, pièces qui, assurément, étaient destinées à la fermeture du manteau peut être au moyen de lacets; puis ce sont de petites spirales d’or (fig. 213, n° 9) ou de bronze d'emploi inconnu.

J’ai signalé plus haut, à propos des boucles d'oreilles, des doubles pyramides de petites sphères (fig. 213, n° 11) d’or trouvées dans une sépul-

Gsm

ET

Fra. 213. — Bijoux d’or. III: phase du bronze. Véri (Lenkorân).

ture de Véri et. j'ai fait observer que ces deux bijoux pouvaient tout aussi bien orner les oreilles que les extrémités de nattes de cheveux. L'emploi d’une perle de même métal (fig. 213, nos 12 & et 12 b), provenant de la même tombe, demeure également inexpliqué.

Les ornements d’or les plus abondants sont de petits disques plus ou moins ornés bombés en leur milieu (fig. 213, nes 4 à 8), qui, semble-t-il, ornaient la chevelure, peut-être étaient-ils fixés sur une bande de cuir ou d’étoffe, peut-être étaient-ils cousus sur le vêtement ; pour la plupart, ces disques sont percés de deux trous opposés sur un même diamètre, ce qui ferait croire qu’ils étaient cousus. On rencontre en Europe de ces sortes de

cabochons (4) dès les temps de l’industrie du bronze : mais, en Occident, ils sont surtout en usage après l'apparition du fer.

Intailles. — Dans la nécropole de Kravéladi, parmi les objets que contenait une tombe de la troisième phase du bronze, j’ai rencontré, comme pendentif de collier, une grosse perle d’agate, ovale, offrant une face plane et cette face portait gravée la figuration d'un Bœuf indien.

Les cachets de ce genre sont nombreux en Iran; on en trouve portant des inscriptions pehlvies et par suite montrant que ces sceaux ont été en usage jusqu’au vire siècle de notre ère. Mais il existe une très nombreuse série de ces cachets anépigraphes et la plupart d’entre ces pierres remontent à une très haute antiquité, sans que nous soyons à même de préciser leur époque. Toutes représentent des animaux, plus spécialement le Bœuf indien et le Lion.

Les cachets plats étaient usités en Susiane dés les plus Fic 214. — Iné x taille. Bronze par le cylindre; mais les cachets susiens ne peuvent être III. Kraveladi.

anciens temps, et de bonne heure ils ont été remplacés

confondus avec ceux de la Perse, dont le type est très

spécial. Il se peut que les cachets iraniens aient été, dans les débuts, inspirés par ceux de J’Elam; toutefois il n’est pas admissible qu’ils soient leurs contemporains. On remarquera que les représentations d'animaux qu'ils portent sont complètement étrangères aux goûts des hommes de l’industrie du bronze. Peut-être doit-on voir dans leur présence une influence des tribus d’une industrie du fer, qui commençaient à se montrer dans les pays transcaucasiens à la fin de la troisième phase du bronze. Dans tous les cas, la représentation du Bœuf Zébu montre qu’à cette époque il existait des relations entre le nord de la Perse de l’Inde. Depuis ce temps. cette race de Bovidés est demeurée dans le Mazanderan, le Ghilan et le Tâlyche, à l'exclusion de toute autre ; mais on ne la rencontre ni sur le plateau persan, ni dans la Transcaucasie.

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