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CONNAISSANCES INDUSTRIELLES ET ARTISTIQUES

Les gens du bronze, au Tâlyche, connaissaient l'or, le cuivre et Pétain : ils tissaient des étoffes car, dans l’oxyde des armes de bronze, j’ai, à plusieurs reprises, constaté des traces de tissus, de laine, je crois. Ils étaient potiers, ne possédaient pas l'émail céramique, ne connaissaient pas la soudure des métaux qu’ils forgeaient en lames minces et travaillaient ensuite au repoussé. Parmi les instruments et les bijoux qui font défaut au Tâlyche pendant la période du bronze, il faut citer là hache plate et la fibule, objets fort importants pour qui veut suivre les migrations des peuples. Les pré-Tälyches construisaient des maisons et des villages, bourgades qu'ils plaçaient sur les hauteurs ; creusaient le sol pour amener l’eau dans leurs villes, les protégeant à l’aide de remparts très sommairement construits.

Quant au côté artistique de leur développement, il était très primitif. On ne rencontre jamais chez eux ni la figuration de l’homme, ni celle des animaux, ni même de motifs géométriques quelque peu compliqués. La gravure sur les métaux leur était presque inconnue. C’est au repoussé et par points que les pré-Tälyches procédaient pour orner leurs gobelets de métal. Le peu d'épaisseur des lames favorisait ce mode de travail. Tout leur art se résume en grossières lignes brisées ou ondulées.

RAPPORTSET DIFFÉRENCES ENTRE LA CIVILISATION DU BRONZE AU TALYCHE ET DANS LES AUTRES RÉGIONS DE L'ANCIEN MONDE

Les découvertes que je viens de résumer éclairent d'un jour nouveau la question des débuts de la métallurgie dans l’occident de l’Asie. Elles lt 15

fournissent les seuls témoignages scientifiques que, jusqu’à ce jour, nous possédons quant aux industries du cuivre dans la Transcaucasie et le nord de l'Iran. Ces témoignages sont, comme on le voit, fort instructifs ; ils reposent sur l'ouverture de très nombreuses sépultures et sur des séries d'objets assez importantes pour qu’on en puisse déduire les grandes lignes de la culture chez les constructeurs de dolmens de ces régions.

Plus au nord, dans les districts situés au sud immédiat et au nord de la grande chaîne du Caucase on n’a pas, jusqu’à ce jour, sauf dans les steppes de la Russie, découvert de nécropoles appartenant d’une manière - indiscutable. aux industries du cuivre et du bronze et les objets trouvés isolément (1) doivent être, pour la plupart, reportés à la culture du fer, bien qu’ils soient en bronze. Le doute ne peut exister que pour les haches, marteau de pierre dure, qui dans les autres pays sont contemporains des débuts du métal, c’est-à-dire énéolithiques, pour les plus anciennes du moins. D'ailleurs ces pièces ont toutes été trouvées au nord de la grande chaine et, par suite, appartiennent à une province archéologique autre que celle de la Transcaucasie.

Il est amplement démontré que tous les dolmens du Tälÿche ont été construits par des hommes en possession du métal, or et cuivre, puis bronze. D’ailleurs, dans l’Europe centrale, occidentale et nordique, il en est vraisemblablement de même. On sait, en effet, que les dolmens du sud de la France contiennent presque tous des instruments métalliques (2), alors que le cuivre est rare dans les monuments mégalithiques du nord et de la Bretagne, mais que, dans ces derniers, on a rencontré d’admirables haches de jadéite et autres substances rares (3) qui, dans nos pays, ne se montrent qu'avec le métal. Les perles d’or découvertes dans les dolmens bretons viennent nous confirmer dans cette opinion que les constructeurs de nos monuments mégalithiques, tout comme les premiers habitants du Tälyche, n’en étaient plus à la phase néolithique de la civilisation, mais possédaient, à un degré plus ou moins avancé, l’usage du métal (4). La différence que l’on constate entre les mobhiliers dolméniques du nord et ceux du sud de la France parait être due à l'abondance des gisements naturels de cuivre dans la région pyrénéenne et à leur rareté en Armorique et dans le nord de notre pays. Pour les mêmes causes, les dolmens du Tâlyche sont riches en objets métalliques et les nécropoles de l’Osséthie, bien qu’étant du temps de l'industrie du fer, abondent en armes, instruments et bijoux de bronze. Le fer, en Osséthie, joue le rôle de métal précieux.

(ONCE E. CHANTRE, Rech. anthrop. ds. le Cau- (4) Cf. E. CARTAILHAC, France préhist., p. 206. case, 1885, L I, p. 90, et pl. I. fig 8 à 12. DÉCHELETTE, Manuel, t. I, p. 393. Certains au- (2 CE Hd CHAUvET, les Mélaux dans les dol- teurs sont d'avis que, dans nos pays, le début de mens, ds. Matériau, t. XX, 1886, p.151. l'industrie du bronze est contemporain des dol-

(3) CF. Le Rouzic, Mon. mégalith. de Carnac, mens à parois muraillées, Je ne parlage pas celle Pr27 | opinion.

Dans le Tälyche, pas plus que dans la Transcaucasie, on ne rencontre de jadéite et d’ambre. Il n’existait donc pas de relations commerciales entre ces pays et ceux du nord européen. Il en est de même pour la Chaldée, l’Elam et l’Assyrie qui semblent n'avoir jamais connu ces substances si précieuses pour les peuples nordiques. Ces matières n’existent pas, non plus, en Égypte bien que les prédynastiques fussent grands amateurs de substances minérales rares. Les perles d’ambre de la XII° dynastie sont d'une matière brune n’ayant rien de commun avec l’ambre de la Baltique (1), qui est jaune d’or.

Nous avons vu que, dans le Tâlyche, il n'existe aucune trace de l’industrie néolithique, sauf quelques survivances déjà très lointaines (2), et que tous les dolmens, sans exception; appartiennent aux civilisations du cuivre et du bronze; on verra plus tard que, dès l'apparition du fer dans ces pays, la construction des monuments mégalithiques a cessé, qu’à Redkine Lager, en Arménie russe et dans certaines nécropoles du Tâlyche, les dolmens du bronze ont été repris par les gens du fer, pour servir à nouveau de sépulture. Il est à croire que les monuments de l’Afkhasie et du Kouban, ne sont pas non plus néolithiques, comme l’a pensé E. Chantre (3), mais qu'ils appartiennent aux temps de l’industrie du euivre ou du bronze. Ces dolmens du nord caucasien sont, malheureusement, pour la plupart, ruinés et, tous ceux que l’on connait aujourd’hui ont été entièrement vidés, par les spoliateurs, du mobilier qu’ils contenaient. Il n’est donc pas possible de les dater autrement que par comparaison avec les monuments du même genre. Leur date ne sera fournie que par l’exploration méthodique des sépultures secondaires qui leur sont contemporaines et voisines, mais demeurent encore inexplorées.

Les dolmens du nord caucasien se partagent en deux groupes : celui du Kouban, au sud de Maïkop, dans la vallée haute de la rivière Bélaya et celui de l’Afkhasie, au sud-est et à l’est de Novorossisk (4). Ces monuments se relient peut-être, fort probablement même, à ceux de la Crimée. Ils sont l’œuvre d’un peuple qui n’a habité que quelques-uns des districts du sud de la Russie ; car au long du pied septentrional de la grande chaine caucasienne, partout les conditions étaient favorables pour la construction des monuments mégalithiques, et nous voyons que les dolmens sont cantonnés dans quelques districts seulement (5).

p.47sq.

(4) E. CITANTRE, 09. cit., p. 54 sq,

(1) On rencontre cette variété de succin à la montagne de Sibicio, district de Bonzeo (Rouma-

nie). Cf. Matériaux, 1867, p. 350), mais assurément ce n'est pas de la basse. vallée du Danube que * cette substance a été importée dans la vallée du Nils (2) Les pointes de flèches en silex et en obsidienne.

(3) Rech. anthrop. dans le Caucase, 1885, t. T,

(5) Le principe des monuments mégalithiques s'est conservé en Russie méridionale dans les Kourgans, mais dans ces tumuli, à défaut de grosses pierres, c'est en poutres de Chène que les chambres ont été construites, fait conforme au récit d'Hérodote relatif à la sépulture des rois scythes.

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Dans le nord du Caucase, comme dans l’Inde (1), en Syrie (2), au Tälÿche et dans l'Occident européen (3), on rencontre parfois des chambres sépulcrales dont les parois sont perforées, soit dans les murailles extérieures, soit dans les cloisons séparant les chambres d’un même monument.

J'ai déjà fait observer qu’au Tâlyche, tout comme en Europe, le type des constructions mégalithiques diffère selon les époques auxquelles elles ont été faites, les plus anciens dolmens étant, dans leurs parties verticales, bâtis en gros matériaux et les plus récents se faisant remarquer par leurs parois en petites pierres soigneusement muraillées sans mortier. De même qu’en Europe, c’est à la dernière phase du bronze du Tälyche qu’il faut attribuer les allées couvertes à parois muraillées.

Nous avons la certitude que les constructeurs de dolmens du nord-ouest de la Pérsé, tout au moins ceux des deuxième et troisième phases du bronze,

Fic. 217. — Faucilles de bronze. N° 1 : Palafitte de Moringen (Suisse); n° 2 : Corcelette ; n° 3: Guévaux; n° 4 : Athlone (Wessmeath}; n° 5 : Jura; n° 6 : Hongrie; n° 7 : Caucase.

vivaient à l’état sédentaire; car, à Nâmin (4), à Chirchir (5), et sur bien d’autres points encore, j'ai retrouvé les ruines de leurs bourgades. Étant sédentaires, ils devaient être cultivateurs ; cependant, on ne trouve que très rarement de faucilles métalliques dans leurs sépultures et l’on ne rencontre pas, sur le sol, au voisinage de leurs villages, et dans les ruines mêmes de leurs habitations, ces lames de silex taillées en scies dont les faucilles de bois étaient armées en Chaldée, en Élam, en Syrie, en Égypte et (1) Radjun Kolbory (Dekkan). (3) Entre autres Trye-le-Chäteau (Oise).

nu ir Cf. Monreuus, Der Orient und Eu- (4) Cf. Mém. D.S. P.,t. VIII, pl. XVII (plan). pa, p.156. (5) 1d., p. 300, fig. 565 (plan).

dans d’autres pays méditerranéens. Pour expliquer cette absence presque complète d'outils de moissonneurs on est conduit à supposer chez les pré- Tâälyches des usages agricoles différents de ceux des peuples méridionaux de l'Asie, et on doit admettre qu’au lieu de couper les céréales ils les arrachaient la plupart du temps, tout comme on fait pour le riz dans bien des contrées, comme on le pratique encore en France pour l’œillette.

La faucille de bronze se rencontre dans toute l’Europe occidentale et orientale, en Gaule, en Italie, en Suisse, en Scandinavie, en Allemagne, en Hongrie, au nord du Caucase [Kabarda (1), Novorossisk (2)] jusque sur les côtes persanes de la mer Caspienne, en Turkomanie et la faucille armée de silex dans tout le sud de l'Asie antérieure et, sur le plateau persan, dans les tells du Louristan, des Bakthyaris et entre [Ispahan et Hamadan, c’est-à-dire dans les parties de la Perse voisines de l’Elam et de la Chaldée qui, par leur position géographique, ont été à même de recevoir

Frc. 218. — Mode de monture des faucilles armées de silex, d'après Fr. Perrre (/{la hun Kahun and Gurob, pl, VI, fig. 27),et signe hiéroglyphique représentant une faucille armée de silex, d’après une fresque de Meïdoum (III: dynastie).

des colonies d’Asianiques. Il existe donc deux zones bien distinctes, l’une au nord, dans laquelle la faucille métallique était en usage, l’autre au sud, où l’on utilisait la faucille armée de silex. Cette dernière zone couvrirait une grande partie de la Perse et ses autres frontières vers l'Orient nous sont encore inconnues.

Mes recherches dans les montagnes du nord de la Perse se sont arrétées vers la frontière entre le Tâlyche persan et le Ghilan. A l’époque où j'ai visité la province d’Astérâbad, le Mazandérân et le Ghilân, le roi Nassred-Din n’autorisait plus à faire des fouilles depuis celles de Suse par la mission Dieulafoy;. nous ignorons donc tout de ces régions et il en est de

(1) DÉCHELETTE, Manuel, II, 1, p. 269, fig. 97, (2) €. CHanNTRE, op. cit., pl. V, fig. 2, n°2. E. CHANTRE, 0p. cût., t. 1, pl. VI, fig. 1.

PE

même du Khoraçän et de l'Afghanistan; nous savons seulement que le Khoraçän est extrêmement riche en mines de cuivre et que ses gisements de turquoises sont très réputés. Ainsi nous sommes amenés à conclure que dans le voisinage de ces gites miniers on trouvera certainement, un Jour,

des nécropoles fort instructives.

Turkestan. — En ce qui concerne l’Asie centrale, nous sommes bien mal renseignés au sujet des civilisations dont elle a été le théâtre. Les seules recherches scientifiques dans cette région que nous puissions enre- -gistrer sont celles que M. Raphaël Pumpelly (1) a effectuées au voisinage

de Merw, en Turkomanie. Ces fouilles, bien que n’ayant fourni que des données très secondaires, n’en sont pas moins intéressantes par les rapprochements et les hypothèses qu’autorisent leurs résultats.

. M. R. Pumpelly (2), en se basant principalement sur les découvertes

Fi. 219, — Vases peints, Kourgan des environs de Merw (d'après R. Pumpeztx).

récentes dans la Chaldée et l’'Elam (3), propose une chronologie dans laquelle il place au ix° millénaire avant notre ère la civilisation la plus ancienne d’Arrau (Néolithique), vers l’an 8000 la domestication des animaux, et vers 6000 les débuts du métal, c’est-à-dire plus de mille ans avant la fondation de la première cité de Suse.

Dans les trois premières cultures de M. R. Pumpelly on rencontre une céramique rustique grossière soit sans ornements, soit portant des dessins géométriques très simples faits à la pointe, telle qu'on en trouve dans tout l’Orient (4) et à toutes les époques. En même temps paraissent des vases

(1) RaPnaËL Pompezcy, Exæplor. in Turkestan. et cette technique se retrouvent en Perse, jus-

Exped. of 1904. Washinglon, 1908, 2 vol. in-4°. qu'aux époques modernes, dans les vases gros- (2) Op. cit., t. I, p 57. siers d'usage courant. PI. 15, motifs contemporains (8) Op: cit, L. I, p. 72. de l'industrie du fer dans la Transcaucasie.

(4) Pumrezzy, op. cit., t. I, pl. 14. Ces motifs

peints (1) qu'il est intéressant de comparer aux vases colorés de Djonii (2) (Lenkorân), contemporains de l’usage du fer, et provenant d’une sépulture dans laquelle se trouvaient également un vase de terre émaillée, et un oudjah sinon de fabrication indigène, du moins copié sur un modèle égyptien. |

Quant aux autres vases portant des peintures que M. R. Pumpelly rapproche de celles de la Susiane (3), je ferai observer, tout d’abord, que ces peintures, par leur technique comme par leurs motifs, n’ont rien de commun avec le type céramique susien le plus ancien, c "est- -à-dire avec celui de la nécropole de la première ville ; mais qu’elles ressemblent queique peu à la seconde céramique peinte susienne, poterie dont l’usag'e s’est prolongé fort longtemps en Elam, qui s’est répandue dans les montagnes du Louristan et des Bakthyaris et dans les districts situés entre Hamadan et Ispahan, c’est-à-dire dans toute la zone où l’on rencontre les restes de faucilles armées de silex. Cette céramique, d’ailleurs n’est pas disparue de nos jours, car On la fabrique encore à Kouratchi pour les besoins

des indigènes.

Les motifs de dessin d’Anau se rapprochent, il est vrai, de ceux de Suse et de Tépèh-Moussian (seconde céramique) $ mais ce sont F1G.220.— Principaux motifs des vases peints. toujours des sujets très simples, Environs de Merw (d’après R. Puwpezrx). motifs géométriques de tous les temps et de tous les pays, parfois monochromes, noirs ou rouges, parfois aussi des deux couleurs. Cette céramique, suivant M. R. Pumpelly, aurait débuté avec sa première culture pour s’arrêter à la quatrième.

De deux choses l’une : ou bien cette céramique et cet art grossier sont nés et se sont développés au Turkestan, demeurant toujours très barbares, ou bien ils sont venus de la Susiane par le plateau persan, de proche en proche, à une époque qui certainement ne remonte pas aux débuts de la ville de Suse, beaucoup s’en faut ; car non seulement la technique des vases

(1) Pumrezey, pl, 20 et 21. (3) PumPELLY, 0p. cit., pl. 25 à pl. 35. (2) Mission en Perse, t, IV, 1, pl. V.

est postérieure à cette époque, mais M. R. Pumpelly a trouvé une figurine de terre cuite représentant grossièrement la déesse Astarté (?), ce qui nous reporte bien loin des temps de la première nécropole susienne. Cet ensemble de faits, même en supposant des relations entre la Susiane et la Turkomanie, ce qui est loin d’être prouvé, reporterait vers le milieu du 1ve millenaire, au plus tôt, la civilisation susienne à laquelle M. R. Pumpelly compare celle d’Anau. ;

Pour la plupart, les objets métalliques qui accompagnent cette céramique sont faits de cuivre sans alliage d’étain, et les formes des lames sont

très archaïques (1). Dans les couches les plus profondes, on trouve, avec

Fi. 221. — Instruments et armes de pierre et de cuivre, Kourgans des environs de Merw (d'après R. Pumrezrx). N° 1 et 2; silex ; n° 3 à 6 : cuivre.

quelque peu de métal, des nucléi, des lames de silex et des pointes de flèches; mais aussi des fusaïoles qui ne se voient que bien plus tard au Tälyche et dans toute l'Asie antérieure nordique. 5

Une lame retouchée en forme de scie (2), provenant des parties hautes de la fouille pourrait avoir servi d'élément de faucille: mais elle est unique et, dans le cas où la faucille chaldéenne aurait été en usage, ces sortes de lames se rencontreraient en abondance ; de plus, la faucille de bronze était connue, car elle existe à Anau dans les couches répondant à la troisième culture (3).

(1) PümPELLY, op. cit., pl. 38 (Culture n° 3.) (3) Zd., pl. 39, fig. 8. (2) 14, pl. 44, fig. 40.

Parmi les objets décrits par M. R. Pumpelly, figurent à la culture n° 1, des perles spirales de plomb (1), métal de basse époque, des coquilles marines de la mer des Indes et du golfe Persique (2) qui, au Caucase, se montrent seulement au temps de l’industrie du fer. Enfin une intaille (culture n° 2) représentant un Lion, un Griffon et un homme, objet qui sans aucun doute est d'époque relativement très basse.

Quant aux figurines de terre cuite (culture n° 3, de M. R. Pumpelly), elles sortent de ce que nous connaissons des civilisations nordiaues du bronze. Les statuettes de femme (3) (fig. 222) rappellent celles de la Susiane, et celles figurant des animaux (4) (fig: 222) nous reportent à l’industrie du fer dans le Tâlyche et la Transcaucasie. Il en est de même pour les fusaioles décorées d’incisions.

En résumé, si les fouilles dans les environs de Merw n’ont pas donné à

l’expédition américaine dans la Trans- spi | ; : : AS: Fi. 222. — Figurines de terre cuite des caspienne les résultats qu’on était en Kourghans des environs de Merw droit d’en attendre, c’est que le site at- (d’après R. Puwrezry). taqué ne correspondait probablement qu’à une bourgade sans importance, habité par une population très pauvre et fort isolée. Cette plaine de Merw ne renferme aucun autre élément de richesse que les pâturages, loin des montagnes du Khoraçan, de l’'Hindou-Kouch, de la grande vallée de l’'Amou-Daria. Elle est, il est vrai, située sur l’une des grandes routes naturelles de l’Asie, mais les nomades la traversaient, pour entrer dans l’Iran par le Khoraçan, et ne s’y arré. taient que lorsque les besoins de leurs troupeaux les y contraignaient. Merw ne pouvait, en aucun cas, être un centre industriel; c'est dans les régions montagneuses voisines des gisements miniers qu'il fallait, tout en restant en Turkomanie, porter les pas, vers le pied du Pamir, ou de l’'Hindou Kouch, vers les frontières montagneuses de la Perse, au nord de Méched.

Malgré la précision scientifique avec laquelle les fouilles ont été conduites, aucun objet documentaire d'importance n’a été rencontré au cours de ces travaux, et les déductions qui peuvent être tirées de leurs résultats sont peu de chose. Il ressort cependant des découvertes de M. R. Pumpelly que la base des Kourgans remonte aux premiers temps des métaux et que, par conséquent, l’industrie néolithique pure parait n’avoir pas existé

(1) PuMPELLY, 0p. cit., pl. 40, fig. 3, (3) Zd., pl. 46, fig. 10 à 17. (2) 1d., pl. 40, fig. 7. (4) d., pl. 47, fig. 1 à 4.

dans la Transcaspienne. Il en découle également que les indigènes ont reçu, de proche en proche, diverses notions au travers de l’Iran, soit de la Chaldée, soit du Haut-Tigre et que leur sont parvenues par le commerce des coquilles des mers du sud, mais aussi que ces populations ne possédaient pas d’étain. On peut conelure, de ce dernier point, qu’il n'existait pas de gisement naturel de ce métal dans leur voisinage et qu’ils se trouvaient en dehors de la route par laquelle les produits de l’'Extrême-Orient arrivaient dans les pays classiques.

À Anau, tout comme au Tâälyche, la hache plate primitive fait défaut, de même on ne voit pas paraître les types nordiques de bronze tels que la

“hache à douille, la hache à bords relevés, la hache spatule, etc. ; l'armement est donc demeuré très primitif et les connaissances métallurgiques étaient encore dans l'enfance. Cependant la présence de la faucille métallique montre qu’il existait quelque affinité entre les gens d’Anau et les autres peuples du nord.

Quant à la date, elle ne saurait être aussi reculée que l'estime M. R. Pumpelly ; la présence du plomb dans les couches de la première culture, celle des fusaioles incisées, celle des figurines humaines et animales, l’existence d’une intaille et la nature de la céramique, elle-même, ne permettent pas de faire remonter au delà du milieu du quatrième millénaire, au plus tôt, les débuts des métaux dans cette région. |

Il est possible, toutefois, de tirer de ces découvertes une déduction de la plus haute importance. Les conditions plus que médiocres dans lesquelles se faisait, à Merw, le travail des métaux, sont un argument de grand poids contre l'hypothèse suivant laquelle le Pamir ou lHindou-Kouch auraient été le berceau de la métallurgie du cuivre, puis du bronze. S'il en avait été ainsi, les environs de Merw eussent fourni des mobiliers funéraires pour le moins aussi riches et d’une technique aussi développée que les dolmens du Tâlyche.

En résumé, le point à explorer a été très mal choisi par la mission américaine ; il fallait reconnaitre tout d'abord avec soin les divers districts transcaspiens et choisir un site voisin de ces nécropoles qui, en Sibérie occidentale, sont devenues pour les indigènes de véritables mines de métal; et iout en attaquant le site d’une ville, il importait d'ouvrir un grand nombre de sépultures, afin d'établir une chronologie relative de l’évolution des industries dans ce pays.

Les buttes antiques sontinnombrables dans les steppes turkomanes, on ne pouvait avoir que l'embarras du choix (Le

(D) CE: J. DE MorGan, Mission scientifique en sont abondants les Tépèhs (bultes artificielles) Perse. Carte des rives méridionales de la mer Cas- dans la Turcomanie. Dienne (1895). Partie orientale. On verra combien

Inde et Indochine. — Si la découverte des métaux s'était faite quelque part dans l’Inde ou dans l’ Indochine, riche non seulement en étain, mais en cuivre, il serait aisé de suivre le chemin que la métallurgie aurait par-

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