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NÉCROPOLE DE KOBAN (OSSÉTHIE

C'est en 1869 que fut découverte cette nécropole, dont aucun monu-

ment extérieur n’annonçait la présence. Une inondation ayant raviné les

alluvions avait mis à nu quelques tombeaux et le chef ossèthe Kanoukoff

crut avoir trouvé un trésor. Ce Kanoukoff, propriétaire du terrain, bien

que revenu de ses illusions, continua les fouilles, explora plus de 500 tom-

beaux et vendit ses collections à divers établissements scientifiques et à

F16.319.— Sépulture de Koban (d’après E. Cxavrrs).

des collectionneurs. C’est ainsi que sont venues en France les séries du musée de Saint-Germainen-Laye et de Lyon, acquises par E. Chantre.

Il est inutile de dire que cette exploitation se fit sans aucune méthode, sans qu'il soit pris de notes. Seul le but mercantile intéressait Kanoukoff.

Cependant le professeur Virchow (1) d’abord, en 1881, et E. Chantre en 1881 et 1883 (2) ensuite, ont pu fouiller quelques tombeaux et par suite rendre à ces collections informes une partie de leur intérêt.

La localité de Koban se trouve située au sudest de Vladikavkaz, à 35 kilomètres environ de cette ville, qui forme la tête de la fameuse route stratégique du Dariall. Elle est donc située sur le versant septentrional du Caucase, fait qu'il est important de noter parce que, géographiquement, cette nécropole appartient à la région des steppes.

Les tombes sont, en général, bâties en cailloux eb présentent 2 m. 20 environ de longueur sur 0 m.70 de largeur. Elles ne renferment qu’un seul corps couché sur le côté droit, les jambes repliées et les bras ramenés sur la poitrine. Mais Bayern, qui a opéré des fouilles à Koban, fait observer que

toutes les tombes ne sont pas de même époque, par suite il ne faut pas

accorder aux collections Kanoukoff une homogénéité chronologique absolue. Filimonoff, Antonowitch, Virchow et Chantre n’ont pas exploré un

(1) Ruvocr Vircnow, Das Grülurfeld von Koban im Landeder Osseten, Kauhasus. Berlin, 1883, in-4°

et Atlas de 11 planches.

(2) E. CHANTRE, Rech. Anthrop. au Caucase, t. II, 1885, p. 13 à 100. Atlas, pl: I à XL,

assez grand nombre de sépultures pour qu'il soit possible d'établir parmi ces tombeaux des divisions correspondant aux diverses périodes. Il convient done d'apporter de grandes réserves dans les conclusions qu’on peut tirer de la présence de certains objets dans les séries de Koban.

Le pillage des nécropoles du Caucase central n’est d’ailleurs pas terminé : car j'ai vu à Paris de magnifiques plaques de bronze fondu représentant des animaux appartenant, à coup sûr, au milieu du Grand-Caucase dont l'intérêt serait grand si l’on connaissait les localités dont elles proviennent etsi l’on possédait des indications sur les mobiliers funéraires qu’elles accompagnaient, mais qui, telles qu’elles nous parviennent, sont sans aucune valeur scientifique.

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