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Fis. 874, — Écriture cypriote des temps historiques.
constate sont bien peu nombreuses. Cependant il est logique d’accepter cette origine de l'écriture cypriote.
Si l’on compare les signes linéaires de Chypre à l'écrituré usitée dans la même île aux temps historiques (fig. 374), on parvient aisément à fixer approximativement la valeur de bon nombre d’entre eux, par exemple :
DR Si Pa 4 — S1(7), 5 =Xa (7 18 Ta (F), 14 + DO (UL19 40 Ka, 18 Na 10 Pi (PL SI NIAE Ta, tt.
La forme des lettres dans l'écriture historique étant d’ailleurs très variable, les comparaisons avec les signes archaïques peuvent donner lieu à bien des erreurs; cependant il est indéniable que le système le plus ri récent est un dérivé du plus ancien.
Si nous comparons les signes linéaires cypriotes avec ceux trouvés par
Fig. 375, — Carte des régions de l'Ancien Monde où les hiéroglyphes ont été en usage.
Schliemann à Hissarlik, nous voyons que pour beaucoup il y a presque identité. Quant aux signes crétois, ils présentent également des affinités avec ceux de l'ile de Chypre, cependant les analogies sont moins nombreuses et plus lointaines, et ilen est de même avec les signes linéaires égyptiens. Mais la diversité des formes dans ces diverses régions ne doit pas surprendre : car dans chaque. pays les signes ont évolué suivant les goûts locaux, suivant les exigences de la langue parlée. Tous ces signes, crétois, cypriotes, troyens, élamites, cunéiformes, descendent sans doute possible d’hiéroglyphes primitifs. Donc, dans toute l’Asie antérieure,
Fic. 376. — Carte des principaux foyers mondiaux de l'invention de l'écriture
dans les îles et en Égypte, on a connu la forme biéroglyphique de lécriture. Cette forme a, dans la vallée du Nil, survécu jusqu'aux premiers siècles de notre ère, chez les Hittites ét en Crète elle existait encore au cours du second millénaire avant le Christ, puis elle a disparu, alors qu’en Chaldée et en Elam, pour des raisons purement matérielles, ce système a fait place au cunéiforme plus de quatre ou cinq mille ans avant notre ère.
Les foyers de l'écriture hiéroglyphique sont peu nombreux dans le monde, en dehors de celui du proche Orient il n’en exista jamais que deux : celui de la Chine, dans lequel le principe hiéroglyphique s’est maintenu jusqu’à nos jours, et celui de l'Amérique centrale (Mexique) auquel a mis fin la conquête espagnole (fig. 375 et 376).
En Chine, le véritable hiéroglyphe (fig: 377), paraît s’être atrophié
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FiG. 377. — Hiéroglyphes chinois.
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au cours du premier millénaire avant le Christ et cette transformation, tout comme en Chaldée, a ‘été imposée par le mode d'écrire, le pinceau tenant lieu du stylet des scribes élamites et babyloniens. Cependant, dans l’Occident de la Chine, en Indochine septentrionale, le mode hiéroglyphique est demeuré en usage pendant bien des siècles encore, comme le prouvent les belles études de M. J. Bacot sur l’écriture des Mo-so (1) (fig. 378).
Fc. 378. — Fragment d’un manuscrit hiéroglyphique Mo-So (Tibet), légende de Tumbashera (d’après J. Bacor, Mo-So, 1913, pl. XIX).
En Amérique, les peuples les plus avancés (2) possédaient des systèmes très compliqués et très complets d'écriture hiéroglyphique, alors que les tribus demeurées barbares, habitant les immenses territoires des
(4) J. Bacor, les Mo-so, Leyde, 1913. Mexique et qui tous appartenaient à la grande
(2) Tottèques, Chichimèques, Aztèques, elc..,qui famille des Nuhuas successivement ont, venant du Nord, envahi Je
360 PRÉHISTOI RE ORIENTALE
Êtats-Unis, sont, jusqu’à nos jours, restées à la phase pictographique de la figuration de la pensée, qu'au Pérou, en même temps qu'on faisait usage de l’hiéroglyphe on employait les procédés mnémoniques (Quipos) et que dans les forêts du Brésil et de la Guyane, les naturels igñoräient l'écriture. à :
L'écriture mexicaine était composée de trois éléments distincts : l’élés ment purement figuratif, l’élément idéographique, occupant tous deux la place la plus importante dans l'écriture; puis l'élément phonétique débutant timidement et dans leqtel l’objet conservait la valeur du son de son nom, mais perdait sa valeur comme objet.
L'écriture yucatèque est semi-phonétique, semi-figurative, alors que celle des Mayas parait avoir été purement figurative et que chez les Incas l’écriture n’était en usage sous aucune forme. On sait que, parmi les tribus indiennes de l’Amérique du Nord, la pictographie est demeurée jusqu’à nos jours.
Ainsi, dans le Nouveau Monde se trouve un foyer de l’écriture d’autant plus développé qu’on descend du Nord au Sud vers le Yucatan, puis au delà de l’isthme de Panama l'écriture n’avait pas encore pénétré quand sont arrivés lés Européens. Le progrès extrême s’arrête au phonétisme, mais le caractère alphabétique n’a été atteint nulle part. Ajoutons que dans les écritures les plus développées, on voit figurer les déterminants comme en égyptien et en babylonien. L'évolution de Pécriture a donc suivi, dans le Nouveau Monde, le même processus que dans l’ancien sans
DCS
Fic. 379. — Inscription hiéroglyphique d'Ani (Arménie). [Cf. J. ne Morean, Histoire du peuple arménien, Paris, 1919, p. 52.]
qu'il y eût contact. Les Indiens cependant ne paraissent pas avoir connu les simplifications cursives de leurs écritures, comme le fait a eu lieu en Égypte pour l’ hiératique à des époques très reculées.
Je ne parlerai ni des inscriptions mi-figuratives, mi-hiéroglyphiques qu'on a rencontrées à l’ile de Pâques, ce foyer ayant toujours été très restreint (1), ni de quelques tentatives sans lendemain chez divers peuples. sans histoire (fig. 379), ces essais sont d’ailleurs peu nombreux.
Quant aux procédés figuratifs, on peut dire qu’ils ont été en usage en
(1) Voir à ce sujel : A. B. Meyer Bilderschrif 1881. Leipzi l , = : >ipzig. Ib. Journ. of Anthrogcl. Inst, ten des Ostindischen Archipels und der Sudsee, L. TEL, p. 370-383 d F
tous temps et en tous lieux, mais ce n’est pas ici la place d’entrer dans des détails à leur sujet, retenons seulement qu’ils viennent naturellement à l'esprit de l’homme et que, par suite, on doit les rencontrer à la base de tous les systèmes graphiques.
Dans un mémoire fort important, M. Ed. Naville (1) étudiant la langue égyptienne dès ses débuts, montre clairement que l’hiéroglyphe égyptien descend de la pictographie, « Ce dessin, dit-il, a d’abord été la gravure, à laquelle, plus tard, on a ajouté la couleur, mais c’étaient des figures, des images de quelque ‘chose de réel, il n’y avait là rien de conventionnel, rien qui eût un sens par lui-même, c’était la langue des yeux », et le savant égyptologue indique à grands traits comment s’est établi le mécanisme phonétique et idéographique.
Les mêmes observations peuvent être faites pour toutes les écritures hiéroglyphiques, lors de leur passage de la pictographie au système qui, suivant le génie du peuple, en devait découler : il s’ensuit que les idées simples ont été, dans les divers groupes hiéroglyphiques, exprimées par des représentations semblables ou tout au moins analogues et que ces similitudes n’impliquent pas forcément un lien de parenté entre les différents procédés graphiques. Cependant certaines conceptions ne peuvent être mises sur le compte du bon sens général, telle, semble-t-il, celle des déterminants qu’on rencontre aussi bien dans l’égyptien que dans l’écriture cunéiforme.
« On appelle déterminatifs (ou déterminants) des signes d’idée placés après l'expression phonétique de chaque mot, de manière à figurer aux yeux et par l’image, l’objet ou l’idée dont les signes précédents nous donnent la valeur littérale (2). » L’oreille, par exemple, en égyptien, est un déterminatif spécial, qui ne s’emploie que dans les mots exprimant l'audition. Un personnage assis, portant sa main à sa bouche, est le déterminatif de toute action dans laquelle la bouche joue un rôle (manger, boire, parler, méditer, juger, ete...) et le nombre de ces déterminatifs est considérable. É
En cunéiforme, le nombre des déterminants est beaucoup plus restreint, cependant ces signes existent et sont très usités. Un clou vertical se met devant tous les noms d'hommes, trois petits clous placés obliquement indiquent qu’il va être question d'un nom de lieu.
Remarquons en outre qu’en Égypte, comme en Chaldée, les signes sont polyphones, idéographiques ou phonétiques, ce qui est un trait commun fort important.
Nous ne savons pas de quels hiéroglyphes descendent les signes dé- LA) ÉpouarD NaAViLLe, l'Évolution de la langue (2) G. MasPERo, Hist. anc. peup. or.,in-8°,5° édit., égyptienne, Paris, 1920. 1893, p. 738,