XXVIIL HISTORIQUE SOMMAIRE DES RECHERCHES ARCHÉOLOGIQUES
les plus anciens sont ceux qui portent le cachet de la civilisation la plus avancée. Les Égyptiens sont done venus s'établir dans la vallée du Nil à une époque à la vérité très reculée, mais lorsqu'ils avaient déjà atteint l’apogée de leur civilisation. Les instruments de pierre taillée ne peuvent donc leur être attribués ; ont-ils trouvé la vallée du Nil occupée par des tribus sauvages, comme celles qui habitaient les cavernes en Europe? Telle est la question posée. » v-
Lors du Congrès archéologique de France (41° session; Toulouse et Agen), dans la séance du 15 août 1874, le savant géologue allemand Zrr- TEL, ayant examiné les silex travaillés découverts en Égypte, au cours des années précédentes, exprima l'opinion qu’à la fin de la période diluvienne le climat de l’Europe était plus humide qu'aujourd'hui. Aussi le désert (égyptien) alors pourvu de sources et de bois, devait être habitable. Mais cette affirmation d’un spécialiste d’une compétence indiscutable n'ébranla pas l'opinion des linguistes et, en 1875, dans son Dictionnaire d’archéologie égyptienne (p. 439, article Pierre), PauL PierRer résumait l’opinion de la grande majorité des égyptologues en écrivant :
« On a trouvé à Biban el Molouk de nombreux silex de forme lancéolée, évidemment travaillés par la main de l’homme. Ils appartiennent à l’âge historique de l'Égypte. On s’y est servi, jusque sous les Ptolémées, de silex pour faire des pointes de flèches (nous en avons au Louvre, salle civile, armoire H.), des pointes de lances, des lames de couteau emmanchées dans du bois ; c’est avec des instruments en silex que l’on pratiquait l’incision nécessaire pour l’éviscération des momies et pour leur enlever la peau de la plante des pieds.
« La constitution du sol de l'Égypte ne permet guère d'espérer qu’on y trouve jamais de traces de l’homme préhistorique (Voy. Bulletin de l’Institut égyptien,n° 11, p. 57, 74.— Lepsius, Zeitsch. für Aegypt. Spracke, 1870, p. 89, 113. — CuaBas, l’Antiquité historique, p. 389). »
Il était vraiment difficile d’accumuler en si peu de lignes autant d’assertions fausses, et de faire plus amplement montre d'esprit antiscientifique. Cependant cette opinion prévalut chez ceux des égyptologues qui n'avaient aucune notion d'histoire naturelle, de géologie ou d’ethnographie, ce qui était la grande majorité.
Les savants se divisaient donc toujours en deux camps bien séparés dans lesquels régnaient des opinions absolument opposées.
Pour les égyptologues tous les silex travaillés, même ceux présentant les formes les plus caractéristiques des industries quaternaires, devaient être reportés aux temps historiques. C'était la théorie de MarieTTe, de Lepsius, de CHaggas, de PrerRer, etc.
Pour les archéologues, préhistoriens et géologues, l'existence de l’âge