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HISTORIQUE SOMMAIRE DES RECHERCHES ARCHÉOLOGIQUES XXIX

de pierre en Égypte ne faisait aucun doute. Ainsi pensaient ARCELIN, Hauy, LeNorManT, pE MonriLzer, GaiLLarpor, Zirrez, ete. Mais sur des assertions qu'ils n'étaient point à même de contrôler, ces savants admettaient la prolongation de l'usage du silex taillé jusqu'aux temps de l’occupation grecque tout au moins (1).

D'une part les savants spécialistes affirmaient, d'autre part leslinguistes niaient, opposant aux déductions scientifiques les mieux établies, des affirmations où la fantaisie jouait le plus grand rôle.

Il serait fastidieux de reprendre l’'énumération de toutes les discussions qui eurent encore lieu après 1875. Les adversaires restèrent sur leurs positions et aucune recherche consciencieuse et scientifique n’ayant été effectuée spécialement dans ce sens la question demeura toujours ouverte.

Cependant les découvertes marchaient leur train (2). Dans presque tous les sites des villes antiques on rencontrait, aux niveaux profonds, des silex travaillés mélangés à des objets archaïques. Mais chez les explorateurs, presque tous égyptologues, la tradition et les vieilles idées étaient à tel point ancrées dans les esprits, que pour aucun d’eux il ne faisait de doute que les instruments de silex appartenaient tous à l’ère historique. Mariette, Lepsius, CHaBas, etc:, l'avaient dit. Et sans s’inquiéter de la valeur des assertions des maîtres, on les suivait comme moutons de Panurge.

Revenant de Perse en 1891, je m’arrêtai quelque temps au Caire et constatai dans les vitrines du musée de Ghizeh la présence d’un certain nombre de haches de pierre polie et de couteaux de silex. E. Brucscn Bey me les présenta comme historiques, tandis que G. Daressy, plus réservé, m'offrit un coup de poing du type chelléen, lui appartenant personnellement, et qu'il avait ramassé sur les alluvions de la vallée des Reines à Thèbes. Il ne formulait aucune opinion bien arrêtée sur l’antiquité des silex taillés égyptiens ; mais sa réserve me fit comprendre qu'il ne partageait pas à leur égard l'opinion des grands maîtres de l’égyptologie. D’ailleurs il n’était pas besoin que je sois plus amplement renseigné. J'avais manié les instruments rapportés d'Égypte par Fr.Lenormanr et le docteur Hamy et je voyais à Ghizeh les témoins indéniables d’une industrie paléolithique. et d'une autre de la pierre polie (3).

Les premières années que je passai en Égypte furent consacrées aux

(1) R. Vincaow était indécis (Zeitsch. fur Ethnologie Verh. Ber. Ges., 1888, pp. 344 à 393).

(2) En 1872, le docteur REIL découvrait la station d'Hélouan. En 1877-78, le professeur H. Haynes découvrail des coups de poing chelléens dans les environs du Caire et à Thèbes. (Cf. Prof. Henry W. Haynes, Discovery of palaeolithic flint implements in upper Egypt, ds.

Men. of the American Acad. of Art and Sciences, tx)

(3) En 1892, E. CarrTaizmAc donnait dans l'Anthropologie (juillet-août 1899, n° 4, pp. 405-425) une étude d'après les découvertes de F1. Petrie et d'autres explorateurs dans laquelle il prouvait l'existence en Egypte des industries de la pierre.

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