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HISTORIQUE SOMMAIRE DES RECHERCHES ARCHÉOLOGIQUES XXXI

préhistoriques que Mariette supposait, gratuitement d’ailleurs, devoir s’y trouver et je visitais en détail Le Sinaï.

A cette époque, j'avais autorisé une société française à opérer des fouilles dans la nécropole d’Abydos, et M. AMÉLINEAU avait été choisi pour conduire les travaux au cours de mes recherches sur le préhistorique. Passant près d’Abydos, je rendis visite aux chantiers et trouvai M. AMÉLINEAU fouillant une tombe, fort belle d’ailleurs, de l’époque saïte, mais spoliée depuis beau temps. En même temps, cet égyptologue relevait au moyen de photographies les textes du grand temple, laissant ses ouvriers sans surveillance dans les chantiers.

Une pareille manière d'exécuter des recherches ne pouvait produire aucun résultat; c'était l'application de la vieille méthode, consistant à attendre tranquillement que les fellah apportassent des textes nouveaux et quelques objets refusés par les marchands d’antiquités.

Sur mes instances, M. AMÉLINEAU modifia l'orientation de ses travaux et attaqua la butte dite Kom-es-Sulthan, que je considérais comme renfermant des restes de la plus haute importance. Je traçai sur le terrain, par des lignes de galets, les tranchées à ouvrir et les travaux commencèrent ; on en connait les résultats,

Si je suis entré dans ces détails au sujet des fouilles d’Abydos par M. AMÉLINEAU, c’est parce que cet égyptologue, malgré mes conseils a, par son manque d’esprit scientifique, gâché l’un des sites les plus importants de l'Égypte. Il eût dû ne jamais quitter ses chantiers, noter jusqu'aux moindres indices, relever tous les plans, accorder une note à chaque objet.

Plus tard, M. Fiinpers PETRIE a repris cette nécropole et publié plusieurs volumes du plus haut intérêt, mais il n’avait plus affaire qu'aux restes laissés par les fellahs de la première expédition (1).

Les fouilles d’Abydos avaient déjà donné de très heureux résultats quand, mon exploration soramaire de Ja Haute Égypte étant terminée, je redescendis sur le Caire.

Pendant cette campagne, M. Frinpers Pere fouillant à Négadah, ou mieux à Toukh, avait découvert une immense nécropole pré-dynastique, une foule de silex travaillés, de vases ornés de peintures, d'objets extrêmement archaïques, en tout semblables à ce que mes propres recherches avaient révélé.

M. Fuinners Perrig avait en main tous les éléments nécessaires pour établir d’une manière indiscutable l'existence du préhistorique égyptien, et son assistant, M. J.-E. Quizz, avait fait tous ses efforts pour lui ouvrir les yeux sur l'importance de ses découvertes ; mais, imbu des idées

(4) W,. M. Fuinoers PeTrte, Mem. of the Egypt Exploration Fund, t. XXII — Part I, 1902; Part II, 1903; Part III, 1904.

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d:s grands égyptologues, il n'osa pas porter un aussi grand coup aux théories des maîtres, et publia son livre Vagada and Ballas (Londres,1899), cherchant à faire rentrer ses découvertes dans les limites des choses admises par la science officielle.

C’est ainsi qu’au lieu d’attribuer la civilisation qu’il venait de reconnaître aux peuplades antérieures aux temps pharaoniques, M. FLINDERS Perrie supposa l'existence d’une New race ayant envahi l'Égypte postérieurement à la IVe dynastie.

Mais M. Fuwpers Perrie se montra savant consciencieux. Dès l’apparition de mon livre, il se rendit à mes raisons, renonça à la Vew race, et est aujourd’hui l’un des archéologues connaissant le mieux les questions préhistoriques égyptiennes.

L'année suivante, je complétais mes études de 1876 et découvrais le tombeau royal à Négadah (1) (Recherches sur les origines de l'Égypte, ethnographie préhistorique et tombeau royal de Négadah. Paris, 1897).

Depuis ce temps, les archéologues en foule ont visité l'Égypte au point de vue préhistorique. Toutes les collections de l’Europe se sont enrichies d’incomparables séries et, comme il en devait advenir, les sites archaïques ont été pillés par les fellahs pour approvisionner le marché.

M. Franpers PerRie, M. Quisezz, M. Henri DE MorGan et moi-même nous avions avec le plus grand soin relevé et publié toutes les informations relatives aux temps préhistoriques et archaïques ; mais, en dehors de nos travaux et de ceux de quelques autres archéologues, tout s’est perdu pour le plus grand bénéfice des mercanti, mais pour le plus grand dommage de la science (2).

J'arrêterai là l'historique des études sur le préhistorique égyptien; de nombreux mémoires ont été publiés soit par des chercheurs de cailloux taillés, soit par des compilateurs, on les trouvera cités dans le corps de cet ouvrage quand l’occasion s’en présentera.

La Palestine et la Syrie ont à peu de chose près suivi le mouvement scientifique de l'Égypte. On rencontre dans son histoire les mêmes hésitations, les mêmes oppositions au progrès.

« Aux indications (3) fournies d’abord pour la Syrie et le Liban par des explorateurs tels que HepexBorG et Borra, s’ajoutèrent, en 1864, les travaux plus développés de la mission pe LuYNES, puis ceux de TRISTRAM, vers la même époque.

(4) Les Égyptologues qui m'accompagnaient lors de cette découverte: MM. A. WIEDEMANN (professeur à Bonn), G. JéÉQuiER (attaché à l'Ecole française du Caire) et G. LEGRAIN (inspecteur du service des antiquités) reconnurent dans ce monument le tombeau de Ménès; plus tard, d'autres spécialistes allemands déclarèrent, sans raison valable, que celte sépulture était celle de Nei-

thetep, femme du roi Ménès. Ceci ne modifie en rien les déductions qu'on doit tirer de la connaissance de ce monument.

(2) Depuis 1897, date de sa découverte, ce monument a élé entièrement détruit par les fellahs qui en ont exploité les briques.

(3) J'emprunte cet historique à H, VINCENT, Canaan, 1907 E

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