HISTORIQUE SOMMAIRE DES RECHERCHES ARCHÉOLOGIQUES XXXHII
C’est à l’abbé Moréran que revient le mérite d’avoir réuni la première collection palestinienne. Ce zélé missionnaire français, attaché au Patriarcat latin de Jérusalem, avait rassemblé dans sa cure de Beit-Sahou, près de Bethléem, une assez considérable variété de pièces de silex, de tessons archaïques et d'objets en os ou en pierre, recueillis sur les pentes et dans les grottes ouvertes au flanc de la colline où s’adosse le village. Quelques silex, couteaux et grattoirs étaient passés de cette collection au Louvre, par l'intermédiaire de M. pe Saurcy et de M. pe Voaur. Leur âge suscita la controverse après que MM. pe LuYnes et Lanrer, ayant visité la collection cet le site des trouvailles, se furent prononcés contre l’authenticité des gisements qu’ils estimaient bouleversés à date récente. M. Arce- LIN, autre spécialiste dont j'ai parlé au sujet de l'Égypte, crut pouvoir au contraire classer nettement ces pièces à la période néolithique, en y discernant les deux catégories établies déjà pour l’Europe : objets provenant des éboulis des pentes et des abris sous roches. Avec une aussi étroite base d'observation que les trouvailles de Beit-Sahour, le problème demeurait évidemment insoluble.
CazaLis DE FONDOUGE recueillit encore quelques silex taillés près de la source d’Aïn-el-Emir, à Nazareth (1). Puis vint l'abbé RicnarD qui, ayant fait quelques découvertes à Gilgal et à Tibneh, s'efforça de rapporter tous les faits à la tradition biblique, échafaudant la théorie la plus invraisemblable qui se puisse voir. Estimant avoir retrouvé les magasins des Israélites, il attribuait aux couteaux une origine divino-hébraïque et leur donnait pour date celle très douteuse d’ailleurs du problématique exode.
Épouarp Larrer erut de son devoir de réfuter ces théories non moins caduques par leur archéologie que par leur exégèse; il démontra qu'il avait existé en Palestine un âge de pierre antérieur à nos données historiques.
La Société biblique entreprit ensuite les célèbres fouilles; mais au point de vue palethnographique, elles ne fournirent au début que bien peu de renseignements.
En 1896, au moment où moi-même je fixais pour l'Égypte les grandes lignes de l’évolution préhistorique, le P. Germer-Duranp, fondateur du Musée palestinien de N.-D.-de-France à Jérusalem, faisait une importante conférence qu’il publiait dans la Aevue biblique (1897, p. 339 à 349) en un articke dans lequel il faisait part de ses découvertes durant bon nombre d'années et, quelques mois après, il faisait au Congrès des Orientalistes (session de Paris, 1897) une communication ne laissant subsister aucun doute sur les diverses phases de l’industrie syrienne de la pierre.
Bien des archéologues visitèrent ensuite la Palestine et la Syrie, 1l fut
(1) Er. Lanrter, Voyage d'exploration.…., p. 227.