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CHAPITRE V

Les phénomènés glaciaires.

La grande glaciation quaternaire, par elle-même, par les immenses surfaces qu’elle a couvertes en Asie, par ses conséquences géologiques, par ses liens intimes avec les phénomènes occidentaux, a joué un rôle prépondérant dans la préhistoire des peuples orientaux; elle a été la cause de la distribution des populations, de leurs mouvements, de leur disparition de certaines régions, du repeuplement des pays dévastés. Bref, son rôle est capital dans l’ensemble comme dans les détails de ce grand effort d’où la civilisation est sortie.

Malheureusement les phénomènes glaciaires asiatiques sont fort peu connus, le mystère plane encore sur la conduite des neiges dans ces immenses plateaux de l’Asie Centrale, sur les érosions formidables qui ont été la conséquence de la fusion de ces masses ; nous ne savons rien des modifications subies par les continents, par les côtes, rien ou presque rien des alluvions, des vallées sous-marines et c’est par analogies avec ce qui s’est passé dans l’Occident que nous pouvons seulement juger de ce qu'ont été les cataclysmes orientaux. Il était done de toute utilité de reprendre dans son ensemble la question glaciaire, de la traiter dans toute son étendue, pour que des considérations générales, le lecteur fût à même de déduire les enseignements indispensables à l’étude de l'Orient. Peut-être pensera-t-on que nous aurions pu négliger bien des détails particuliers à l’Europe; si nous ne l’avons pas fait, c’est que, pour la plupart, ces phénomènes locaux ont eu leurs équivalents sur les autres points du Globe, et que, sans en connaître la réalisation, nous en constatons fréquemment les effets.

Mais les phénomènes glaciaires occidentaux ne sont pas toujours demeurés étrangers à l'Orient, certains se sont étendus jusqu’en Asie, et leurs conséquences ont été de la plus haute importance; telle est la fermeture des portes sibériennes par les fleuves de glace qui, partis de la

Scandinavie, ont couvert la Russie jusqu’à l’Oural, jusqu’au lac Aralo- Caspien, tel est le déplacement du pôle du froid, cause de l’émigration d2s peuples Sibériens. Il n’était pas possible de parler de l’Asie sans avoir auparavant rappelé l’histoire glaciaire du monde entier. |

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F16. 6. — La grande glaciation pliocéno-pléistocène. Le pôle Nord.

Les oscillations des pôles. — Longtemps on a cherché les causes des phénomènes glaciaires, et les géologues ont émis à leur sujet de nombreuses théories; beaucoup de ces hypothèses doivent être prises en considération, parce qu'elles s’appuient sur des causes réelles; mais ces causes sont multiples, souvent en dépendance les unes des autres; c’est un ensemble de faits qui, aux diverses époques, ont amené les périodes de glaciation. Cependant, la plus importante des causes est probablement

le déplacement des pôles terrestres qui, dans leur mouvement, ont entraîné des oscillations du cercle polaire tout entier.

L’un des pôles se déplaçant, l’autre s’est forcément trouvé entrainé dans un mouvement inverse ; mais les oscillations du pôle austral nous

sont complètement inconnues, soit qu’il fut toujours resté dans la mer, soit que les continents antarctiques aient disparu ; c’est donc au pôle Arctique que nous devons nous adresser pour retrouver les traces de ces mouve-

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F1G. 7. — La porte ouralo-caspienne et les limites probables de la seconue glaciation

ments, et aux indices que fournissent certains faits observés dans notre hémisphère.

L'orientation rituelle des monuments antiques n’a plus besoin d’êtr prouvée, de grands travaux ont été faits sur cette question : les temples de l'Égypte et de la Grèce, les monuments mégalithiques ont été l’objet d'observations méticuleuses à cet égard et, par suite des divergences qui existent entre la position de ces monuments au temps de leur construction, et celle qu’on relève aujourd’hui, il est certain qu'au cours des âges les pôles ont changé de place dans de très notables proportions. C’est ainsi que la grande pyramide de Ghizeh a été orientée sur la méri-

dienne qui passait alors par l’étoile alpha du Dragon, tandis qu’à l’heure actuelle cette même méridienne passe par l'étoile polaire et, par suite, s’écarte d'environ 24 degrés de la position qu’elle occupait du temps de Chéops.

Ce déplacement du méridien affecte la direction des axes de tous les monuments antiques, et les Anciens se rendaient parlaitement compte de

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