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FiG. 8. — Climats divers actuels de l'Asie et de ses plateaux. La région chaude moyenne

à température très variable est caractérisée par des écarts très considérables à moyenne plutôt chaude.

ce mouvement, quand, comme à Louksor et à Dendérah, ils orientaient leurs nouvelles constructions, obliquement par rapport aux anciennes (1). Il en est de même pour la position des tropiques, nous avons la preuve qu'il y a 2.200 ans, au temps d’Eratosthène, le tropique du Cancer passait à Syène, alors qu'aujourd'hui ce même tropique est à 68 kilomètres d’Assouan.

Nous savons aussi que pour les Chinois, comme pour les Égyptiens,

(1) Certains auteurs attribuent à des change-

tées par les Egyptiens dans la posilion de l'axe ments du cours du Nil les modifications appor- de leurs monuments.

l’Alpha du Dragon a, dans l’antiquité, joué le rôle que remplit la polaire de nos jours.

Ces modifications dans la position de l’axe de rotation de la terre, ou bien ont affecté la position du centre de gravité du globe, ou, ce qui est plus rationnel, sont le résultat de modifications de ce centre, dues à des influences internes de la terre. Il est certain que de grandes surrexions, ou de grands effondrements venant à se produire sur un point quelconque de l’écorce terrestre, le centre de gravité du globe en a été affecté, et que, par suite, la position de l’axe de rotation s’est modifiée. Dès lors, le nouvel axe de rotation ne correspondant plus à celui de l’ellipsoïde terrestre, il a fallu d'importantes modifications de la croûte, pour que l'équilibre se rétablisse. Certainement la disparition de continents entiers, soit dans l’Atlantique, soit dans le Pacifique ou dans les mers des Indes, n’ont pas été sans affecter la position de l’axe de rotation de la terre, et le retour à l'équilibre a forcément entrainé des mouvements de l'écorce, brusques ou lents, d’où transgressions marines, probablément combattues où amplifiées par des influences extérieures à la terre. Ces mouvements ont également modifié l’état magnétique du globe, ainsi que, pour une part, les conditions climatériques et les forces sismiques sont certainement aussi entrées en ligne.

Prenant leur part de ces mouvements, les pôles du froid se sont, eux aussi, déplacés ; c’est ainsi que celui qui, aux temps quaternaires se trouvait situé au nord-ouest de la Norvège, et qui a été Le foyer des grandes glaciations européennes du Pliocène et du Pléistocène, se trouve aujourd’hui situé au nord-est de la Sibérie, vers Verkhoïarsk, c’est-à-dire à 115° à l’est de sa première position, et que celui de l'Amérique du Nord semble aussi s'être reporté vers l’orient, si nous en À ae par le refroidissement du Groenland.

Ces oscillations du pôle ont entraîné des mouvements du cerele polaire ; il en est résulté la glaciation de DE Laure entières et, par contre, le réchauffement d’autres pays. Nous savons qu'aux îles Liakow vivaient des animaux de pays pour le moins tempérés, le mammouth, l'ours brun, l’antilope saïga, le cerf, le bison, alors que tout le nord de notre continent était sous la glace, que le Groenland, aux temps des expéditions normandes, était encore, sur ses côtes, couvert de prairies et de forêts. L’axe des pôlès en se déplaçant, a non seulement entrainé de grandes perturbations de l’écorce terrestre, mais descendant d’un côté, le cercle polaire s’est relevé d’un autre (1), en sorte que ces oscillations ont, d’une part, couvert de glaces des régions jadis habitables et, d’autre part, rendu à la vie d’autres districts jusqu'alors glacés.

(4) H. Rouzreaux-Oucace, la Précession des de la terre, ds. la Géographie, t. XXXVI, 1921 équinoses et le déplacement de l'axe de rotation n° 4, p. 445 sq.

Mais ces causes, bien qu'ayant joué un rôle très important, ne sont pas l'unique raison de la glaciation, la disposition géographique des continents, leur influence sur l’état de l’atmosphère sont venues favoriser parfois la glaciation, parfois aussi lutter contre elle, et encore ne connaissons-nous certainement pas tous les éléments de ce problème si compliqué.

« Les forces intérieures, dit A. de Lapparent (1), ne sont d’ailleurs pas les seules qu’il y ait à considérer en pareil cas. En effet, tout laccroissement de forces vives que les radiations solaires apportent aux éléments du globe terrestre finit par se dépenser en travail mécanique, travail de combinaison pour les minéraux, travail de croissance ou de destruction pour les organismes, travail de déplacement pour les uns et les autres, de telle sorte que la répartition différente des matériaux terrestres peut provoquer un déplacement de l’axé principal d’inertie et, par cela même, de l’axe de rotation qui, en dehors même de ses petites variations périodiques, ne saurait avoir la fixité qu’on lui attribue généralement. »

À ce déplacement du pôle devait correspondre une modification dans la position de l’équateur, l’observation d’Erathostène à Syène montre que ce mouvement a réellement existé.

Soulèvements et effondrements des continents (2). — Les grands mouvements pliocènes de l'écorce terrestre, nous venons de le voir, ont considérablement modifié le relief des continents et, par suite, leur climat, et la formation de grandes nappes d’eau marine, saumâtre ou douce, tant en Europe qu’en Amérique et en Asie, n’ont certainement pas été sans influencer l’état hygrométrique de l'atmosphère. L’effondrement de continents entiers dans l'Atlantique est venu renforcer cet état nouveau de l'air, et l'humidité devint intense dès la fin de la période pliocène, ouvrant ainsi à la météorologie, et par suite à la vie, une ère nouvelle.

Les géologues séparent le pleistocène du pliocène, en raison de l’apparition de l’homme : cette division (3), arbitraire, nous l’avons déjà vu, n'est justifiée ni par de grandes innovations zoologiques ou botaniques, ni même par la présence de notre espèce, car au pleistocène l’homme nous apparait déjà comme étant très développé physiquement et au point de vue mental, et certainement à cette époque il n’en est pas à son stade primitif d'évolution. Les temps modernes et le pleistocène n’ont donc aucune raison

(1) Traité de Géologie, t, I, p 31. drements de continents et des vallées sous-ma- (2) Cf. En. Suess, Das Antlitz der Erde (La rines. face de la terre), trad. fr. par E. de Margerie, (3) Pour la délimitation et les subdivisions de

JON à 1897; L. II, 1900, ouvrage précieux pour la la période Quaternaire, cf. E. Hauc, Trailé de connaissance des mouvements du sol, des effon- Géot., II, 1920, p. 1766, sq.

vraiment plausible pour être séparés du pliocène. Si termes, c’est uniquement par suite de la commodité non pas à cause de leur valeur scientifique.

nous conservons ces qu'ils présentent, et

Les mouvements de l’écorce terrestre n’ont certes pas cessé avec l'époque tertiaire ; ils se sont poursuivis au cours du pleistocène et se continuent encore de nos Jours.

On en rencontre à chaque instant des témoignages soit dans nos pays occidentaux, soit en Orient. La côte méditerranéenne de l'Égypte et le delta du Nil s’affaissent lentement. Les preuves de ce mouvement sont nombreuses. Je citerai seulement celles qu’il m’a été donné de constater par moi-même : dans le lac Menzaleh, les ruines romaines des ilots sont, aujourd'hui, en grande partie sous les eaux, et à Alexandrie, les hypogées, considérés jadis par DoLomieu (1798) et autres voyageurs anciens comme étant des bains sont, de nos jours, au-dessous du niveau de la mer et remplis d’eau marine d'infiltration.

Dans nos pays, la disposition de la « plage soulevée » de Sangatte implique lexistence du détroit à l’époque de la transgression marine pléistocène du niveau de 5 mètres (transgression de Menchecourt, démontrée par la présence de dépôts marins près d’Abbeville). Cette transgression aurait réalisé la jonction de la mer du Nord et de la Manche, déjà existantes, en les faisant refluer dans les vallées et sur les parties basses de l «isthme de Calais » qui les séparait. Probablement asséché lors de l’abaissement du niveau de la mer à la fin du pléistocène, le Pas de Calais fut de nouveau submergé à une époque récente. Ainsi s'explique l'identité de la faune quaternaire de part et d’autre du détroit (1).

Ces oscillations, dues à la plasticité de l'écorce terrestre, se manifestent sous forme d'immersions sur certains points, d'émersions sur d’autres, et fréquemment, en vertu des lois de compensations dictées par l’invariabilité relative du volume terrestre, il y a mouvement de bascule ou de glissement affectant de vastes régions. « Au moment, dit DE Lappa- RENT (2), où une grande ligne de relief se constitue sur le globe, elle forme le rivage d’une dépression océanique ou lacustre sous laquelle elle s’enfonce par son flanc le plus abrupt, et en général, l’importance de la chaine à laquelle elle donne naissance est en rapport avec celle de la dépression qu’elle côtoie. »

C’est suivant cette loi que s’est formé le relief de l’Asie. Au soulèvement du plateau persan et de ses chaînes bordières ont répondu les dépressions dans lesquelles, au nord s’est étendu le lac ponto-caspien, et au sud la fosse du Golfe Persique et de Ja cuvette mésopotamienne qui lui fait

(1) M. A. Briquer, Sur l'origine du Pas-de-Calais (2) Traité de Géologie, 5° édit., 1906, p. 67. (Ann. delaSoc.géol.du Nord, XCLVI, 1921, p.141).

suite. De même à la surrexion de l’Altaï et des hauts plateaux de l'Asie centrale correspond la dépression sibérienne.

Des déformations de cette nature se sont produites à toutes les époques géologiques, et nous en retrouvons les traces dès les temps les plus reculés. De nos jours le mouvement est généralement peu sensible; aussi, par suite de leur lenteur même, avaient-elles, jusqu’à ces derniers temps, échappé à l’observation.

De l’intensilé des phénomènes qui se produisent sous nos yeux, nous ne pouvons cependant pas déduire importance de ceux des temps écoulés ; il y a certainement eu des périodes d’activité maxima et des époques de minima, Tout ce que nous pouvons faire, est d'étudier les faits en eux-mêmes, leurs causes et leurs conséquences.

Aux surrections et aux effondrements des continents, soit en partie, soit en totalité, il convient d'ajouter les modifications survenues dans le niveau des mers, de telle sorte que, sans qu’il y eut mouvement de l'écorce directement appliqué à la région considérée, ces terres peuvent avoir été inondées ou quittées par les eaux.

Le volume des eaux de toute planète n’est certainement pas constant ; une foule de causes venant l’accroître ou le réduire : cependant, dans son ensemble, il peut être considéré comme étant invariable, lorsqu'il s’agit de phénomènes de grande envergure.

Dans ces conditions, toute modification importante, dans la forme des cuvettes océaniques, se répercute dans la position des masses aqueuses, et le niveau des mers se modifie suivant que les fosses perdent ou acquièrent de l’étendue ou de la profondeur, et les effets qui en résultent affectent l’ensemble du globe, grâce à la fluidité et à l’incompressibilité des eaux. J1 n’est donc pas nécessaire, dans bien des cas, que la partie du sol envisagée ait bougé, pour que la mer soit venue la recouvrir ou la faire émerger. Ces phénomènes qui parfois se confondent avec ceux des affaissements et des surrections, rendent souvent le problème très obscur, car on se trouve en présence de causes différentes ayant agi dans le même sens.

L’'Egéide et les pays grecs, si bien étudiés par M. Tu. Nécris, montrent des mouvements considérables des eaux qui ne peuvent être expliqués autrement que par des changements de niveau de la mer. « Nous avons montré, dans nos précédents travaux, qu’aussi bien les anciens rivages relevés que les phénomènes de submersion qui se rencontrent tout autour de la Grèce, s'observent dans un nombre considérable de régions, et, là où ils n’existent pas, on peut toujours admettre qu’ils ont disparu par démantellement. On est donc conduit à accepter qu’il s’agit, en effet, de mouvements eustatiques. Cependant nombre de savants veulent que ces phénomènes soient locaux, et dus uniquement à des mouvements de l'écorce.

On ne peut cependant accepter que ces mouvements de l’écorce, qui sont incontestables, puissent se produire sans déformer les dépressions océaniques qui doivent aussi changer de volume et provoquer les mouvements eustatiques. Force est donc d'admettre que les mouvements de l'écorce terrestre sont concomittants avec des mouvements eustatiques de la mer (1). »

Phénomènes volcaniques. — Les phénomènes dus à la plasticité de la croûte terrestre sont de trois natures : les éruptions volcaniques, les se- <ousses sismiques, et les déformations plus ou moins lentes de la surface (2).

Les temps pléistocènes ont vu, comme les nôtres, de nombreuses éruptions volcaniques : je citerai entre autres celles du Massif central de la France, les dernières de ce groupe, celle du nord de la Perse, de l'Arabie, des iles grecques, etc... Depuis, les éruptions se sont continuées sur de nombreux points de la surface du globe, et l’on ne compte pas moins de 323 volcans qui, depuis trois siècles au plus, ont donné des preuves de leur activité. D’autres semblent éteints, mais ne sont qu’endormis, tels le Démavend, le Savalan, en Perse. Tels furent pendantlongtemps le Krakatoa, certains volcans des Antilles et du Japon.

Les foyers sismiques. — Grâce aux nouvelles méthodes d'observation il a été possible de reconnaitre l’existence d’un certain nombre de foyers sismiques principaux, et d'établir approximativement l’aire de leur action. J’en citerai quelques-uns :

I. — Dans le nouveau Monde sont deux groupes, celui des Açores dont l’influence s’étend de 20° à 60° de latitude septentrionale, et celui des Rocheuses et des Andes, comprenant toutes les côtes occidentales de l’Amérique, et se reliant par l’Alaska au groupe asiatique.

II. — Le groupe central américain, dont les limites comprennent les Antilles, la Floride et les Guyanes, et qui se relie vers l'Est à celui des Açores.

III. — Dans la mer du Nord, le foyer islandais fait sentir ses effets : depuis les côtes de Norwège jusqu’au Groenland, et jusqu’à 70° de latitude Nord environ.

IV. — Plus au sud est le groupe indo-européen qui affecte les régions comprises d’une part entre Bombay et Lisbonne, d’autre part entre Zanzibar et le Caucase.

(4) Pu. Necris, Roches eristallophylhiennes et tectoniques de l4 Grèce (Athènes, 1915.), p. 487. L'Egéis pendant l'époque chelléenne, p 188. Dernier effondrement de l'Egéis, p. 189. Arrét du recul de la mer et transgression actuelle et plus spécialement id., 2° appendice (Athènes, 1919), p.273, chap. xxx, Quaternaire, Généralités ; Régres-

sions quaternaires ; Transgression actuelle, p.290.

(2) Lors du tremblement de terredu milieu de novembre 1922 au Chili, le fond de la mer se serait par 27°32 lat. S. et 71°30’ long W. soulevé de plus de cing mille mètres. Les sondages ont, dit-on, signalé 86 brasses là où 2.800 étaient indiquées sur les cartes.

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V. — Le foyer japonais qui affecte tout l’Extrême-Orient. VI. — Enfin, un autre foyer sismique comprend Maurice et Madagascar.

Il serait aisé de citer un plus grand nombre de régions affectées par ces phénomènes ; mais les exemples que je viens de donner présentent un intérêt spécial parce qu'ils concernent des portions de l’écorce terrestre qui, nous le savons, ont {ravaillé pendant l’époque tertiaire, et dont l’activité s’est continnée au cours du Pléistocène et jusqu’à nos jours. Dans la région soumise à l'influence du groupe islandais se trouvait jadis une grande terre, aujourd’hui abimée sous les eaux, et le groupe central américain fait songer à l’Atlantide.

Il existe certainement des relations entre les diverses manifestations des forces centrales de la terre, qu’elles se traduisent sous forme d’éruptions volcaniques, de secousses sismiques, ou d’oscillations lentes de l'écorce ; mais, jusqu'ici, nous né possédons pas les données nécessaires pour relier entre eux ces phénomènes. En passant en revue sommairement les principaux centres sismiques, j'ai simplement voulu montrer combien est mobile cette croûte sur laquelle l’homme s’est développé, et combien, par suite, il doit être fait de réserves dans l’étude des causes de son évolution.

En effet, si nous étudions les oscillations de l'écorce terrestre, nous nous trouvons en présence de faits dont les conséquences ont été grandes sur l’histoire de l'humanité, ces mouvements ayant profondément affecté l'habitat de notre espèce, ils se continuent de nos jours encore sur une

foule de points du globe.

Oscillations de l'écorce terrestre. — Au nord de l’Europe, la péninsule scandinave tout entière subit actuellement un mouvement de bascule, le fond du golfe de Bothnie s’enfonçant de 1 m. 60 par siècle, tandis que la pointe méridionale de la Scanie se relève.

Jadis, au cours cependant de la période actuelle, un bras de mer Joignait la Baltique à la mer du Nord par la dépression des lacs Mälaren, Hjelmaren et Wénern, et le niveau de ces lacs est aujourd’hui bien audessus de celui des mers. Aïlleurs, sur d’autres points de la Scandinavie, des plages marines d'époque glaciaire se trouvent maintenant surélevées de 200 mètres.

Le nord du Danemark, suivant le mouvement de la Suède méridionale, émerge lentement ; de telle sorte que les Kj‘ekkenmoeddingers, laissés jadis près de la plage, en sont aujourd’hui parfois distants de 10 kilomètres.

Le sud et la partie centrale du Jutland, au contraire, s’enfoncent ; de telle façon que si ce mouvement continue, le jour viendra, dans quelques

siècles, où le nord de la Scandinavie se séparera de la Finlande, et où le détroit danois au lieu de se trouver entre Gôteborg et le cap Skagen, sera reporté plus au sud vers le Schleswig.

Les fjords (1) de la Norwège. — En examinant la carte des côtes norvégiennes, nous voyons la péninsule découpée par de longues échancrures, les fiords, profonds et étendus ; or les fjords ne sont autres que des vallées

F1G. 9. — Le plateau sous-marin des côtés norvégiennes.

d’érosion qui n’ont pu se former qu’à l’air libre, au cours du Pliocène ou du Pléistocène, sous l’action des rivières ; ils contiennent aujourd’hui, par places, plusieurs centaines de mètres d'épaisseur d’eau. Une seule conclusion demeure admissible, celle que ces déchirures du sol, si exactement prolongés sous la mer, existaient à l’état continental lorsqu'un changement de niveau a déterminé leur submersion partielle sous la nappe océanique. Ce changement semble avoir été très brusque, sans quoi les fjords n’au-

(1) Ce n'est pas qu'en Norvège qu'il existe des velle-Zélande, cf. E. C. Anprews, The ice-flood vallées sous-marines: on en voit sur toute la hypothesis of the New-Zealand Sound-basins, surface du globe. Au sujet de ceux de la Nou- ds. Journal of Geol., vol. XIV, 1906, p. 22-54

68 - PRÉHISTOIRE ORIENTALE raient pas conservé leur aspect de vallées, comme le fait a lieu dans Ja plupart des Rias de la côte de Galicie, de la Bretagne, de l'Irlande et du Pays de Galles. Mais le niveau actuel de la mer dans les fjords n’est pas celui qui a toujours été depuis leur enfoncement, les terrasses glaciaires en sont la preuve. Les deux terrasses du fjord de Christiania sont lune à 75 mètres, l’autre à 163 mètres au-dessus du niveau de la mer, et ces terrasses sont d'anciennes plages marines.

Le fond des flords a lui-même aussi subi parfois des déformations aux abords de la limite du massif montagneux. Ainsi le Hardanger-fjord, profond de 800 mètres, dans sa partie moyenne, a été relevé à son entrée de 450 mètres, tandis que d’autres fjords présentent une pente continue. Ces dépressions ne sont d’ailleurs pas entièrement dues au creusement à l’air libre par les rivières ou les glaciers, dont l’action est plus énergique encore que celle des eaux courantes : en bien des cas des brisements de l'écorce terrestre se sont produits, venant accentuer les dépressions (1).

Les sondages exécutés dans les fjords norvégiens donnent, comme on devait s’y attendre, des profondeurs variables : Baker-fjord (en Patagonie) 1.261 m.; Sogne-fjord, 1.242 m., Ofotenten-fjord, 550 m.; Folden-fjord, 725 m.; Oxsund-fjord, 630 m.; Skjerstad-fjord, 518 m., etc... On voit d’après ces chiffres que l’affaissement de la côte norvégienne, après la période d’érosion des vallées, ne s’est pas fait régulièrement (2).

Mais ces données ne sont pas complètes : pour qu’on puisse se rendre compte de l’amplitude maxima du mouvement, il convient d’ajouter la hauteur de la terrasse la plus élevée au-dessus de la mer, puis de tenir compte de la partie de la vallée aujourd’hui complètement sous-marine. Ces calculs montrent que certaines parties de la côte norvégienne ont dû être à 2.000 mètres environ au-dessus de leur niveau actuel.

Des constatations analogues peuvent être faites pour l'Écosse, l'Islande et le Groenland, dont les vallées se prolongent au loin sous la mer.

Cette remarque est d’une importance capitale en ce qui concerne la formation des grands glaciers du Nord, car elle prouve que les Alpes norvégiennes ont été beaucoup plus élevées qu’elles ne sont actuellement et, par suite, qu'elles ont offert jadis plus qu'aujourd'hui des conditions particulièrement favorables à l’accumulation des névés (3).

Mais si l'Islande montre par ses vallées sous-marines des preuves d’un alfaissement considérable, elle témoigne aussi de surélévations postérieures à son mouvement descendant. On rencontre en effet dans la grande ile,

(1) Cf. Orro NoRDENSKIOLD, T'opographisch-Geo- vaux de W. C. BroGGEr (Norges Geol. Undersülogische Studien in Fjordgebieten ds. Bull. of the geise, 1900 et 1901). Geol. Institution, vol. IV, part.2, n° 8, Upsala,1900: (3; Ce fait a été signalé pour la première fo's

(2) Cf. NorpGaarp, Naturen Bergen, n° 12, par FRaANKLAND (On the Physical cawse of the gla= déc. 1904, p. 382; Cf. C. Ragor, Analyse des tra- cial epoch,in Phüiosoph. mag., 4864).

vers 200 mètres d’altitude, une zone dans laquelle Les trones d'arbres apportés par la mer sont très abondants. Ces bois sont d’essences appartenant à la flore des côtes du Golfe du Mexique, ils ont donc été apportés par des courants marins tels que le gulf-stream. Deux solutions se présentent pour résoudre cette question : ow bien, en un temps, par suite de transformations du fond des cuvettes océaniques, le niveau de la mer s’est accru de 200 mètres, ou bien l’affaissement de l'ile a-t-il été suivi

Fi. 10. — L'Islande et ses vallées sous-marines.

d’une surrection d'environ 200 mètres. Les vallées sous-marines, nombreuses ét parfaitement accusées, prouvent l'effondrement, tandis que les traces d’un mouvement ascendant sont loin d’être claires. On peut donc admettre pour l'Islande aussi bien un relèvement des eaux marines, qu’un mouvement de l’écorce terrestre, pour expliquer la présence de ce littoral à 200 mètres au-dessus du niveau actuel des mers.

Formation de la mer du Nord (1). — Après une surrection considérable survenue certainement au cours d’oscillations nombreuses, l’affaissement final s’est produit, entraînant la submersion des pays compris entre les

(1) Au sujet du continent qui faisait jadis com- American Naturalist, 4909, vol. XLILEI; id. On the muniquer par le nord FEurope.et l'Amérique ainsi evidence of a former land-bridge between Northern que sur la communication des deux Amériques, Europe and North America ds. Proceed. of theroya

voir : R. F. Scnarrr, On an Early tertiary lamd- Irish Acad., 1909, vol. XV VIII (Dublin), appréciaconnection between North and South America ds. tions basées:sur la Géographie Zoologique:

côtes d'Angleterre et d'Écosse, et celles de la Norvège, de cette partie du continent que recouvre aujourd’hui la mer du Nord, et dont les iles Orkney et Shetland ne sont que des sommets montagneux.

Des dragages exécutés sur le Dogger Bank, par une profondeur variant de 13 à 40 mètres, ont amené un grand nombre d’ossements de Mammouth, de rhinocéros, de renne, montrant que ce plateau était jadis émergé. Plus au nord, sur le Long Forties Bank, parmi les coquilles roulées du fond, se rencontrent des mollusques ne vivant que dans le zone des marées, prouvant, par leur présence à une profondeur de 70 mètres,qu’en ce lieu, l’ancien rivage s’est affaissé d’autant (1).

La disparition sous les eaux de ces plateaux aurait donc eu lieu tardivement, si nous en jugeons par les restes du renne qu’on drague à leur surface. Ce mouvement serait post-glaciaire, aurait eu lieu après les inondations alluviales, longtemps après le creusement des vallées dont les cartes marines accusent l’existence, érosion qui serait en partie du moins antérieure au Glaciaire (2).

Ouverture de la Manche (3). — Ce mouvement d’affaissement dont le résultat fut la séparation de l’Angleterre de la France, et l’envahissement par l’eau salée de la basse vallée (aujourd’hui sous-marine) de la Seine et de celle du delta du Rhin, se poursuit encore de nos jours. Jadis l’Escaut, la Meuse, la Tamise, le Rhin, l’Elbe, etc., se réunissaient en un grand fleuve dont l’embouchure se trouvait située entre les côtes de Norwège et celles de l'Écosse, et la Seine augmentée de la Somme, dela Bresle, de l'Eure, de l'Orne, et de toutes les petites rivières normandes allait se jeter dans l'Océan, entre la pointe occidentale de la Bretagne et celle du Land’s-end. Aujourd'hui, tous ces cours d’eau débouchent directement dans la mer et le gisement sous-marin paléolithique du Havre (4), entre autres, témoigne de l’époque à laquelle s’est produit cet enfoncement du sol.

Nous possédons un grand nombre de preuves géologiques et historiques même de ce mouvement.

Surrection et affaissement des rivages. — C’est en 1170 après J.-C. que l’isthme qui joignait la Hollande à la Frise s’est rompu, c’est au x111® siècle que le lac Flevo est devenu un lac, que le Zuiderzée s’est

(1) Iuxes Browx, The Building of the Brilish isles

(2) L’aire dans laquelle habitait, aux temps quaternaires, le bœuf musqué (Ovibos moschatus) est une preuve irréfutable de l'existence, à ces époques, d'une communication entre le Groenland et la Scandinavie, terre dont l'Islande et le Spitsberg sont les ruines (Cf. A. G. NATHORST,

le Loup polaire et le bœuf musqué dans le Grünland oriental, ds. la Géographie, IL, 1901, p. 1, sq. ).

(3) Gopwin-AUSTEN, Valley of the English Chan nel, ds. Quart. Journ Geol. Soc., Londres, VI 1850; Strand Magazine (oct. 1901), The lost land o England.

(4) Cf. Rev Ecole d'Anthrop., 1894, p. 150

ouvert, c’est en 1421 que s’est formée la mer de Biebosch. Rien n’est plus intéressant que de jeter les yeux sur la carte pu‘liée en 1899 par J.-C. Ra-

FiG. 11. — Les Lerres englouties de la Mer du Nord et de la Manche.

MAER (1), carte de la Hollande du xx siècle et de notre époque. Depuis le Moyen Age, leitracé des côtes des Pays-Bas s'est modifié du tout au tout. En France, au rr1° siècle, le littoral entre Ardres et Nordkerque était

(1) Geogr. Geschied. v. Holland, etc., Amsterdam, 1899,

72 PRÉH ISTOIRE ORIENTALE

submergé, et nous voyons encore sur cette côte des couches de tourbe

recouvertes par 6 m. 50 d’eau de mer.

__ En-Bekgïque Tes oscillations ont été nombreuses, et leurs conséquences

fort étendues. À. Ruror (1), dans une belle étude, les résume comme suit : 1° A la fin du Quaternaire, affaissement général très important, forma-

tion de la mer du Nord, séparation de la Grande-Bretagne et de l'Europe; 2° Début des temps modernes, faible soulèvement.

3° Période de calme comprenant le néolithique, les âges du bronze et du fer, les temps gallo-romains ;

4° yrre et rv° siècles, affaissement lent, permettant à la mer de reprendre une partie de ce qu’elle avait perdu au n°2;

5° Période de repos de quatre siècles ;

6° A partir de l’an 800, soulèvement lent;

7° En lan 900, tous les pays perdus au re siècle sont repris ;

8 Nouvel affaissement qui, en 1179, amène la rupture des digues, formation du Zuiderzée, détachement des îles de la Frise, la plaine marine est couverte d’eau.

9 Retrait lent des eaux, établissement des dunes du littoral.

La plaine marine de Belgique, on le sait, repose sur des couches de tourbes

surmontées de dépôts marins.

À Wimereux, sur les rivages du Pasde-Calais, on voit une forêt submergée, avec les ateliers néolithiques qu’elle renfermait, et, plus loin, vers l’ouest, entre l’estuaire de la Somme et celui de la Seine, on

peut observer, à l'embouchure de la Bresle,

des traces très nettes d’affaissement.

Sur la côte du Calvados, et dans la baie

F1G. 12. — L'ilot a’Erlanic et ses à E dolmens, dans la baie du Morbihan. du mont Saint-Michel, sont des restes sous-

marins de forêts, à Cherbourg un statère d’or gaulois a été trouvé dans des tourbières submergées.

En Bretagne (2), la rivière de Portrieux, entre autres, prolonge son lit jusqu’à 10 kilomètres en mer, par un sillon de 30 à 40 mètres de profondeur,

L’immersion de la ville d’Ys, dans la baie de Douarnenez, est un fait historique, qui a pris place vers le rve ou le ve siècle de notre ère. Ses

(1) Congrès préhist. de France, Vannes, 1906. ds. Recherches hydrographiques sur le régime des (2) Sur ces mouvements on consultera avec Côtes, 19° cahier, Paris, 1916 ; E. GADECEAU, (es

fruit: F. La Porte, Étude sur les plages de la Forêts submergées de Belle-lle-en-Mer; Bull. inst. côte sud de la Bretagne de Penmarc'h à la Loüre, océanogr., Monaco, n° 321, 15 juillet 1905.

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ruines sont aujourd'hui par 14 et 15 mètres de fond, ce qui indique un affaissement moyen d'environ 1-mètre par siècle.

A la pointe de Plogoff, des monuments mégalithiques sont aujourd’hui sous 5 ou 6 mètres d'eau, et à l'ilot d'Erlanic (4) (baie du Morbihan) un dolmen n’est visible qu'aux grandes marées basses, un autre est à moïtié submergé.

Au cap Breton plusieurs forces indépendantes les unes des autres ont contribué au creusement de la grande dépression ; certains géologues l’attribuent à des brisures de la croûte terrestre et à des effondrements, dont

F1c. 13. — La fosse de Cap Breton et la côte de Gascogne.

on retrouve, dans la topographie sous-marine des traces indéniables, et repoussent l'hypothèse d’une érosion fluviale comme agent principal (2). Cependant rien ne prouve que cette vaste fosse ne soit pas le résultat de phénomènes divers combinés ou successifs (3).

En Angleterre. de nombreuses terrasses marines renfermant une faune récente, mais plus froide que la faune locale actuelle, montrent que les

ds. da Géographie, t. XXXVII, 1922, pp. 401-411 carte, p. 403.

(3) E. Huzu, On the S'uboceanic terraces and river

(4) Cf. Docteur DE CLosMapeuc, le Cromiech d'Er-La-nic et le Golfe du Morbihan, à l'époque celtique, Âs. Matériaux, 1882-83, t. XVII, p. 409

(découverte des monuments sous-marins).

(2) Cf. Dugarenet REYT, Soc. lin. de Bordeaux, 1912; E.-A. MARTEL, la Nature, 26 oct. 1912, n° 5057; CT. CH. GOoRCEIx, de Gouf de Cap Breton,

Valleys of the Coast of western Europe, Londres, 1899, considère la fosse de Cap Breton comme une vallée de creusement par les eaux

Iles Britanniques ont subi des temps d'immersion et d’'émersion aux temps glaciaires. La submersion est d’autant plus marquée qu’on avance plus vers l’ouest; tandis qu’au nord il y a manifestement émersion. Ces mouvements sont, en Grande-Bretagne, très variables dans leur rapidité, les extrêmes annuels semblent être aujourd'hui de 0 m. 005 et de O0 m. 014. Dans de telles conditions un affaissement de 100 mètres dans la mer du Nord aurait exigé entre 20.000 et 7.000 ans; mais l'allure actuelle des mouvements ne nous permet en aucune manière de juger de la rapidité plus ou moins grande des phénomènes passés.

Si, des bords orientaux de la dépression atlantique, nous passons aux côtes américaines, nous constatons un mouvement de bascule analogue à celui de la Scandinavie, quoique inverse, le nord émergeant, tandis que le sud s’affaisse.

« Longtemps on a pensé que la mer des Sargasses qui occupe l’emplacement de l’Atlantide correspondait à des bas-fonds ; on croyait même y avoir vu des pointements rocheux. Ce n’est que vers 1860 qu’on est définitivement revenu de cette erreur.

C'est seulement en 1851-1852 que Lee exécuta, sur le Dolphin, les premiers sondages précis. Il opéra aux extrémités nord-est et sud-est de la mer des Sargasses et trouva, à son grand étonnement, une profondeur minima de 2.670 mètres et une profondeur maxima de près de 7.000 mètres (exactement 3.825 brasses anglaises — 6.999 mètres). En 1855, sur le navire français le Méléagre, le capitaine Leps relève quelques profondeurs : elles se révèlent supérieures à 3.000 mètres et plusieurs dépassent 6.000 mètres. Depuis, toutes les grandes expéditions océanographiques qui ont parcouru la mer des Sargasses, celles du Challenger, du Talisman, du prince Albert de Monaco, etc... ont procédé à des sondages nombreux et précis. Il en résulte que la profondeur moyenne de cette partie de l’océan Atlantique dépasse 4.000 mètres (L. GERMAIN). »

Dans le Labrador, on rencontre aujourd’hui des dépôts marins récents à 300 et 330 mètres d'altitude, à 149 mètres dans la baie de Fundy, à 143 mètres à Montréal, à 120 et 99 mètres au lac Champlain, à 30 mètres à Boston, à 12 et 15 mètres dans la nouvelle Angleterre.

Dans son étude sur les grottes de Menton (1), M. M. Boule passe en revue les principales observations relatives au déplacement des rivages dans la mer Méditerranée et tire de ces données d’intéressantes conclu- SIOnS :

Le fait du déplacement des rivages, pendant les dernières époques géologiques, est un phénomène général pour la Méditerranée. Les dépôts qua-

(1) M. Bouze, les Grottes de Grimaldi, Monaco, 1906, t. I, fasc. LI, p. 144 sq.

ternaires marins sont, presque partout .sensiblement horizontaux et, par suite, postérieurs aux grands mouvements tectoniques. Le Pléistocène inférieur correspond à un grand mouvement négatif de la mer. Il est nécessare d'admettre plusieurs grands mouvements négatifs au cours des dernières périodes géologiques : un mouvement positif a pris place durant le Pléistocène supérieur.

Je joindrai quelques observations de détail à ces considérations générales sur la Méditerranée.

Près de Marseille, à 2 kilomètres de la plage de Fos, sont par 4 et 7 mètres de fond des ruines romaines, d'où l'on a tiré plus de cent monnaies antérieures au règne d'Auguste, alors qu’à la Grotte du Prince, près de Menton, l’ancienne plage se trouve à 7 mètres et 6 m.32 au-dessus du niveau actuel de la mer, à Villefranche-sur-Mer, ces anciennes plages sont relevées de 8 à 10 mètres, parfois-de 25 pour le « quaternaire ancien » et de 2 à 5 mètres pour le « quaternaire récent ». Même fait s’observe en Ligurie, en Toscane, sur les côtes de l’Italie centrale et méridionale. En Sardaigne les plages émergées peuvent atteindre jusqu’à 100 mètres d'altitude.

On rencontre en Sicile l'Elephas antiquus associé à E. africanus, ce qui prouverait qu'au quaternaire moyen cette grande île communiquait avec l’Europe et avec l’Afrique, de même à Malte on trouve une espèce naine d’éléphant, ces deux iles étaient donc encore réunies, alors qu'elles étaient déjà séparées de l’Europe et de l’Afrique (1).

Enfoncement de la côte provençale. — Mais le fait le plus intéressant de la côte d'Azur, relevé par M. Boule et vérilié par les sondages que S. A.S. le prince Albert de Monaco a faitexécuter sur la côte est la présence, au pied des grottes, d’un large plateau aujourd’hui submergé, mais qui, jadis, était à l'air libre.

A partir du rivage actuel, le sol sous-marin s’abaisse jusqu’à une profondeur comprise entre 159 et 200 mètres. Au delà de la courbe bathymétrique 200 les pentes aug nentent brusquement. Il existe done un plateau légèrement incliné large de 5 à 6 kilomètres, possédant entre autres une source très abondante d’eau douce, située juste en face des cavernes, et coupé de vallées faisant suite à celles que nous voyons encore à l'air libre. Les plus importantes de ces vallées sous-marines sont celles qui correspondent à la rivière de Vintinille, la Roya, et celle qui se trouve en face de San Stephano.

Il est à remarquer que jusqu’à la profondeur de 100 mètres ces val-

(1 E. Hauc. Traité, 1920, IT, p. 1895

lées sous-marines sont à peine indiquées, cela tient probablement à ce qu’au fur et à mesure de leur enfoncement, au cours de la dernière période, ces dépressions ont été graduellement comblées par les apports des rivières. Plus loin, jusqu'à la courbe de 1.500 mètres, ces vallées sont beaucoup mieux marquées, et s’élargissent en profondeur. Au delà, elles disparaissent, parce qu’on atteint le niveau du fond normal de la Méditerranée.

Dès 1887, d’ailleurs, Issez (1) avait remarqué l’existence, au droit des

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