‹ La Prehistoire orientaleChapitre 50 sur 308 · Sable grossier argileux · texte numérisé non relu

Sable grossier argileux

de

. Gravier inférieur à éléments assez volumineux

(ancien diluvium gris). Parfois des instraments chelléens, avec Elephas primigenius et Rhinoceros lichorhinus.

Ruissellement.

Eaux stagnantes ou simplement calmes.

Courant faible n’entrainant que des matières locales.

Eaux stagnantes ou calmes.

Eaux stagnantes ou calmes.

Eaux stagnantes ou calmes.

Courant faible.

Courant moyen.

Eaux stagnantes ou calmes.

Eaux stagnantes ou calmes.

Courant moyen.

Courant violent.

A. Abbeville, d’Ault du Mesnil (4) a relevé une coupe analogue à celle

M. Ladrière, qu’on vient de voir.

Ainsi, dans tout le Nord-Ouest de la France, les traces d’inondations

(4) Annales de la Soc. Géol. du Nord,t. XVII, pp. 93 à 150 et 210 à 277. Cf. M. Bouze, Une excursion dans le Quaternaire du Nord de la France. Anthrop., 1892, p. 426.

(2) Bon nombre des intervalles entre les chiffres correspondent à des phases de sécheresse; mais cerlainement pour la plupart, les limons représentent des inondations en dehors du chenal,

inondalions analogues à celles de la majeure partie de la Chaldée ou de la vallée du Nil aux hautes eaux. ri

(3) D'Aucr pu MEsnir, Note sur le terrain quaternaire des environs d'Abbeville, Rev. Ecole d'Anthrop., 1896, p. 284.

(4) Op cit.

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sont multiples, elles se manifestent soit par des dépôts d’eaux lentes ou stagnantes même, soit par des cailloutis transportés par des courants d'intensité plus ou moins grande.

Les alluvions de la base renferment les restes d’une faune voisine de celle du Pliocène supérieur. On y rencontre les trois éléphants, £. antiquus, E. primigenius, E. meridionalis, avec Rhinoceros Mercki, Hippopotamus major, Cervus Belgrandi, Bison priscus, Sus scropha, le cheval, l'ours, l’hyène, etc.

IL est à remarquer que toutes les coupes relevées par Ladrière, d'Aul du Mesnil, M. Boule, Gosselet, etc., dans cette région et en Belgique occidentale, contiennent les diverses formes de l’industrie paléolithique (sensu stricto) [Ghelléen, Acheuléen, Moustiérien], mais ne renferment pas de stations de culture archéologique (1) [Aurignacien, Solutréen, Magdalénien|, bien qu’elles s'étendent-jusqu’à la pierre polie et la eivilisation romaine.

Il ne faudrait pas généraliser la portée des événements dont l’étude des terrains du Nord-Ouest et du Nord de la France permet de retrouver les traces ; là sauf en quelques cas (n° 1, 5, 6, 10) les inondations se sont produites sans violence; mais il n’en est pas partout de même, à Saint-Acheul, entre autres, localité où les courants paraissent avoir joué un rôle beaucoup plus important qu'aux environs de Lille. Si nous étions à même de porter sur la carte les fleuves quaternaires de cette région, ainsi que les limites des crues, nous nous rendrions compte des dévastations successives causées par les eaux, de l’origine des inondations et, plus aisément, de leurs causes.

Phénomènes secondaires. — D'ailleurs à l’action des eaux en régime de crues, sont venus se joindre d’autres agents qui ont singulièrement accru la puissance destructive des inondations. Il ne faut pas juger, d’après l'attitude actuelle de nos glaciers et de nos cours d’eau, de ce qui s’est passé à l’époque quaternaire. J'ai parlé des étangs à barrages de glace dans l’Alaska ; les mêmes phénomènes se sont produits dans l'Occident de l’Europe, mais sur une échelle proportionnée à l’ampleur de la glaciation, c’est-à-dire dans des proportions beaucoup plus grandes.

A cette époque la température moyenne était de beaucoup inférieure à ce qu'elle est de nos jours et les hivers, très rigoureux, favorisaient sur tous les pays situés en dehors de la zone glaciaire des tombées de neige considérables et la prise en glace de tous les grands cours d’eau ; puis quand arrivait le dégel, il se produisait de formidables débâcles d’eau

(1) Parfois, mais très rarement, on rencontre dans le Nord des instruments de type archéolithique indécis.

charriant des glaçons ; c’est ainsi que se sont trouvés transportés des blocs que jamais les eaux seules n'auraient eu la force de mouvoir.

« L'exploitation de la carrière Meuf, à Gentilly, dit notre collègue H. Douvillé (1), a mis à découvert, il y a quelques années, sur la roche du fond, de fortes cannelures parallèles dont l'origine glaciaire semble certaine ; elles ont été photographiées par M. l'ingénieur Dollot, correspondant du Muséum; en outre, on a signalé à diverses reprises l’existence de blocs erratiques et j’ai observé moi-même dans le cailloutis du limon des blocs de granit, qui ne pouvaient guère avoir été transportés que par les glaces. »

J'ai, moi-même, constaté dans les alluvions de la Somme et dans celles de la vallée de la Bresle (1877-1880), la présence dans les alluvions et à la base des loess de blocs d’un poids considérable ; c’étaient des grès et des poudinges complètement étrangers à la région, et comme la Picardie et le site de Gentilly sont notoirement en dehors de la plus grande extension glaciaire, ce sont donc des phénomènes d’ordre secondaire qui ont produit ces transports (2).

Un géologue hollandais, Wageningen (3) a eu la bonne fortune de pouvoir étudier de grandes tranchées de chemin de fer, les coupes d’une vaste briqueterie et quelques autres travaux près de Ede, entre Utrechtet Arnheim, il a pu relever de claires successions, des sections incontestables qui ont donné la série suivante : [1] A la base des graviers fluviatiles épais, venant du Sud, qui sont puissamment ravinés par une moraine glaciaire [2] gravier de fond à éléments scandinaves et blocs erratiques, ce dépôt se continue par des sables fluviatiles limonieux, obliques, provenant de quelque lac glaciaire littoral. On arrive au-dessus [3] à un nouveau diluvium graveleux, à éléments mixtes, dans lequel les débris venant du Sud sont mélangés à des matériaux glaciaires remaniés, ce nouveau dépôt se continue par des limons [4] et finalement on atteint de nouveaux graviers fluviatiles à Ælephas primigenius [5]. L’altitude du plateau est d’environ 50 mètres et celle de la vallée de 20 mètres. = Dans toute la région les éléments glaciaires du Nord sont ainsi intercalés dans les graviers fluviatiles soit rhénans, soit meuséens, soit mélangés.

Il est probable que les terrasses de la Hollande sont en connexion

(1) C. R. As. Se. t. CLI, p. 630, 10 oct. 1910.

(2) fl est à noter qu'on a signalé, sur les côtes de Bretagne eten de nombreuxpoints, des poudingues à gros blocs éboulés et à galets roulés étrangers à la contrée dontle transport n'est guère attribuable qu'à des icebergs ou des glaces de banquises, phénomène qu'il ne faut pasconfondre avec des apports alluviaux.

(3) Mededeelingen van de Landboww-Hoogeschool, vol. XXIII, 30 p., 2 pl. et fig.; Wageningen, 1922. Essai de corrélation entre les dépôts fluviatiles du Rhin inférieur et de la Meuse, dans leurs cours en Hollande, et les phénomènes glaciaires dans les Alpes et la Scandinavie. G. F. Dorzrus, Soc. Géol. de Fr., 6 nov. 1922. Comptes rendus.

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