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FiG. 44. — Nucléus et lames en silex du Grand-Pressignÿy.
l'éclat simple ne pouvait trancher ni le bois, ni l'os, ni l’ivoire
mile corne.
L'éclat simple a été en usage dès les temps les plus anciens, on le rencontre en grande abondance avec les instruments chelléens et acheuléens, industries que bien certainement il a précédées soit par emploi des éclats naturels, soit qu’on l’obtint par l'action du feu ou par éclatement produit par percussion.
Mais la fragilité du tranchant de ces lames limitant leur usage, on eut besoin d'outils plus résistants, alors vint à l’esprit la pensée d’accroitre la force de l'outil en supprimant à l’aide de retouches habilement disposées
toute la partie trop mince du tranchant qui devint moins aigu, moins régulier, mais permettait d'entamer des matières plus dures soit en les grattant, soit en faisant jouer à l’outil le rôle de scie. C’est ainsi que sont dans bien des cas conçus les éolithes dont les contours irréguliers fournissaient fréquemment dans le même outil, pointe, tranchant et racloir.
De toutes les matières, nous l’avons vu, c’est le silex qui se prétait le mieux à ces adaptations à l’usage ; mais le quartz, le grès, les quartzites pouvaient remplacer le silex dans les pays où cette roche faisait défaut, et fournissaient des outils qui, bien qu’étant beaucoup plus grossiers, se prétaient encore à bon nombre de travaux; c’est ainsi que dans les gisements des coups de poing rudimentaires de l’Europe, de l'Amérique du Nord, des Indes, et de tous les pays dans lesquels le silex n’existe pas à l’état naturel, on trouve de grands éclats, parfois quelque peu retouchés qui, sans nul doute, ont été employés comme outils.
La hache amygdaloide. — Mais le rognon naturel et l'éclat ne suffisaient pas aux besoins, il fallait, pour des travaux plus rudes que ceux dont les éolithes étaient capables, des instruments plus résistants ; dès lors, par grands éclats on façonna un outil amygdaloïde offrant une pointe et deux côtés plus ou moins tranchants, ce fut le coup de poing qui, dans certains cas (chelléen) ne semble avoir travaillé que par sa pointe, les irrégularités de ses bords ne se prêtant guère à l’usage.
G. pe MorriLrer et bien des préhistoriens partageant son opinion, pensent que le coup de poing n’était pas emmanché et que l’ouvrier s’en servait directement, non sans avoir garni son talon d’une protection analogue à celle dont nous avons parlé au sujet des simples éclats; cependant, nous ne sommes pas certains que de ces outils n’ont pas été parfois emmanchés (1). Leur emploi direct à la main limitait leur usage à de petits travaux, alors que muni d’un manche il devenait non seulement un instrument capable d’une action plus étendue, mais aussi une arme redoutable. .
Certains coups de poing sont taillés avec soin au talon, d’autres conservent encore dans cette partie la gangue du rognon de silex dans lequel ils ont été fabriqués. Assurément dans ces derniers la pointe jouait Le rôle le plus important ; mais dans ceux dont les côtés et le talon sont retouchés avec autant de soin que la pointe, il est possible que toutes les parties fussent destinées au travail.
Pendant longtemps on a pensé que les éclats de pierre retaillés sur une seule face (type du Moustier) appartenaient à la dernière phase de l’industrie caractérisée par le coup de poing. Aujourd’hui de nombreuses décou-
(4) E. Carrarcmac (les Grottes de Grimaldi, haches amygdaloïdes de petites dimensions t. II, fasc. 2, p. 242) est d'avis que tout instru- l'étaient sûrement. ment de silex pouvait être emmanché et que les
vertes sont venues prouver que ce type d'instruments est de toutes les époques paléolithiques (sensu striclo), qu'on le rencontre aussi bien avec
NS