NN \\ NN
\ \N NS ù
Drm
F1G. 26. — Silex de Thèbes. Vallée des Rois. 2/3 de la grandeur naturelle.
Récolte Henri ne Morcax. Instrument remarquable par l’échancrure qu'il présente à droile en vue d'amincir la pointe. Par sa facture et par sa patine (désertique rouge brun), cet objet appartient au Paléolithique, :
bien que, dans cette industrie, une pareille forme soit insolite.
tion de ces beaux vases qu'ils déposaient dans leurs sépultures. Là j'ai revrouvé les ateliers paléolithiques avec les types habituels d’ins-
truments acheuléens et moustiériens ; coups de poing, disques, pointes et longs éclats.
« Afin de poursuivre mes observations, transportant mon camp près des kjækkenmæddings d'Adimièh que je désirais explorer de nouveau, je me rapprochais en même temps d'une autre partie de la chaine Lybique que je voulais visiter et, le 24 décembre, je reprenais la route que J'avais suivie l’année précédente à travers le premier plateau du désert. Au milieu des longues ‘ondulations de ce sol bouleversé par les oueds, on s'élève insensiblement d’une soixantaine de mètres pour atteindre les premiers
QN no ue
\ / \\ AN \ Fall |
F1G. 27. — El-Khargich (Oasis). Pétrosilex (à gauche); Akaba-Abou-Suraï, Pétrosilex (à droite). Collection J. ne Morean, au Musée de Saint-Germain. 2/3 de la grandeur naturelle.
contreforts de la grande chaîne. Chemin faisant on traverse le lit d'un immense fleuve tari, large de plusieurs kilomètres ; là se voient très clairsemés quelques instruments de facture paléolithique. Ce fleuve tient lieu de grande route pour les caravanes qui se rendent d’Esnèh à l’oasis de Kourkour, et de là au Darfour par Doungoun; c’est le chemin suivi par Poncet en 1698 et le Père Krump en 1701.
« Dès que l’on s'engage au milieu des ramifications de la montagne, on se trouve de nouveau en présence d'outils et d’éclats de silex; à mesure que l’on s’élève, ils deviennent plus nombreux. C’est vers la cote 180 et 200
au-dessus du Nil que ces instruments paléolithiques ont leurs ateliers; c’est là, en effet, que commencent sur ce point les affleurements des couches de silex. Je les ai suivies jusqu'à 240 mètres au-dessus de la vallée, ramassant des pièces typiques du quaternaire (fig. 27-30), au milieu de nombreux éclats provenant de leur fabrication. Ces ateliers sont très nombreux, ou, pour mieux dire, ils constituent un ensemble continu suivant les contreforts accidentés de la grande chaine. De récentes observations montrent qu’ils s’étendent depuis Abydos, au nord, jusqu’en face d'Adimièbh, au sud, sur les routes menant aux oasis et jusque dans ces oasis mêmes.
« À partir d’Adimièh, les calcaires à silex s’éloignent de plus en plus de la vallée, pour faire place, à Koum-el-Ahmar, aux bancs de grès dans lesquels sont creusés les hypogées ; aussi n’ai-je pas remarqué dans toute
Fre. 28, — Racloirs de type moustiérien. Esnèh et Sébayéh. 2/3 de la grandeur naturelle.
cette région la moindre trace de l’industrie paléolithique, les matières premières qui lui sont nécessaires faisant défaut: mais les vestiges de la période énéohthique demeurent partout nombreux. Je reviendrai par la. suite sur cette question. Le 25 janvier, je traversai le Nil en face de Silwah, transportant mon champ d'étude et ma caravane sur le côté oriental de la vallée. Pendant que j’inspectais le terrain près de Gébel-Silsilèh, je ramassai dans le désert, entre la voie ferrée d’Assouan et les terres de cultures, au nord de la nécropole archaïque explorée par M. G. Legrain, une petite pointe en diorite, dont la taille affectait la forme paléolithique. On ne voit dans cette région que fort peu d’instruments en pierre; ceux que l’on trouve sont de petites pointes en cornaline ou en agate, minuscules outils d’une taille très soignée. Ces pièces sont probablement de l’âge de la nécropole qui renfermait de la céramique rouge à bords noirs et des sépultures archaïques de la seconde période.
« De Silwah à Sirag je ne relevai aucune trace de paléolithique, le silex naturel manquant partout. Près de cette dernière localité, je ramassai cependant une pointe en pétrosiléx de forme acheuléenne, roulée au fond d'un ravin. Malgré mes nombreuses recherches et celles de mes hommes, dans le lit des oueds et sur les montagnes voisines, cette pièce est la seule que j'aie rencontrée sur ce point. De Sirag je me transportai à Mohamid, un peu au nord d'El-Kab. Cette localité a été visitée pendant l’hiver de 1868-1869 par M. A. Arcelin, qui le premier y a observé des traces de l’âge de la pierre. Le professeur Sayce avait signalé du quaternaire dans ce voisinage, et je désirais me rendre compte de la nature de ces gise-
U 7) 7 up 1 NN LISE Re e «4 1 he ‘ WU, y )
SE & NZ 0) D Un
Fi, 29, — Racloirs de type moustiérien. Khanimeh (désert). 2/3 de la grandeur naturelle.
ments. Dans le ravin à l’est de Mohamid, après avoir passé les sources salées, on pénètre dans un vaste cirque, bordé de hautes montagnes de grès qui renferment des sépultures historiques. Sur les sommets il n’y a pas la moindre trace de silex; mais dans les oueds et sur les bas plateaux ies galets roulés sont abondants et les instruments paléolithiques nombreux et d'ailleurs de médiocre facture. Ge sont les types habituels : haches, pointes, disques et couteaux; mais à Mohamid je n’ai pas rencontré les ateliers. Les affleurements de calcaires à silex doivent être très loin, vers l’est, à la tête des rivières sèches dont le lit est semé à la fois de silex et de calcaires roulés. C’est donc beaucoup plus haut qu’il faut aller si on veut compléter l'étude. »
Cet exposé détaillé et très consciencieux d’une exploration méthodique d’une partie des immenses gisements de la Haute-Égypte correspond en tous points aux résultats de mes observations de 1896 et 1897 dans les stations paléolithiques de Thèbes, de Toukh, d’Abydos, ete., et montre de la façon la plus claire les conditions dans lesquelles se rencontrent en Égypte les premiere vestiges de l’homme.
Afin de compléter ces données, j'estime utile de donner ici le rapport
sommaire que me remettait en 1896 M. G. LeGrain, inspecteur du Service
des Antiquités, sur une tournée d'inspection que je l'avais chargé de faire aux oasis, lui recommandant de noter avec soin toutes les traces de l’âge de pierre qu’il rencontrerait sur sa route.