AVANT-PROPOS : VIT
promenade des Aurignaciens en Égypte, en Syrie; des hommes du Masd'Azil en Pologne, des Solutréens au Cap de Bonne-Espérance, des Magdaléniens au Chili. Et que dirais-je encore ? Ce serait à croire qu'aux temps de la fonte des glaces scandinaves, il existait déjà une agence Cook.
Mais, ce n’est pas là tout. Sont venues alors les études sur les glaciers, travaux très remarquables d’ailleurs, chacun dans sa sphère, dans son district spécial ; et, là aussi, nous voyons les auteurs rapporter à leurs conclusions de valeur locale tout ce qui s’est passé sur la croûte terrestre dans ce genre. Étudiant les elfets, plutôt que les causes, les glaciéristes ne se sont pas rendu compte que ces effets devaient être obligatoirement très variés suivant les régions, parce que les causes en ont été multiples.
Tout le monde est tombé d’accord sur l’existence, à la fin du tertiaire et au commencement de notre époque, d’une période d'intensité des condensations atmosphériques et l’on discutait péniblement de son étendue et de sa durée, quand, vraisemblablement pour faire du nouveau (pensée qui n’est pas toujours bonne), de forts savants géologues sont venus bouleverser les divisions, arbitraires, il est vrai, dont on faisait usage pour s’entendre et les remplacèrent par d’autres non moins arbitraires, mais qui ont le grand tort d’embrouiller des études déjà bien assez compliquées par elles-mêmes.
Il n’est pas un seul géologue qui ne sache que toutes nos classifications chronologiques relatives aux phénomènes de formation de la croûte terrestre sont arbitraires, depuis le précambrien jusqu'aux dépôts actuels ; que ces classifications n’ont d’autre raison d’être que le besoin que nous avons de ranger la succession des phénomènes dans notre esprit et la meilleure preuve en est que cette nomenclature géologique, fort simple, et très acceptable aux temps de Lyell et dé d’Orbigny, est aujourd’hui devenue bien plus compliquée, et qu’elle le sera demain plus encore. Quoi qu'on fasse, cette nomenclature sera toujours artificielle, tant au point de vue sédimentaire qu’à celui de la vie sur le globe, parce qu’elle repose sur des termes qui ne peuvent pas exprimer la continuité des phénomènes, le passage de l’un à l’autre,
Peu nous importe donc qu’on range les dernières perturbations glaciaires dans le pliocène ou dans le pléistocène, le tout est de posséder des termes qui permettent de préciser les observations et d’en tirer les conséquences qu’elles comportent. Il faut que ces termes soient universellement acceptés.
J'ai vu aussi, dans les derniers ouvrages, que la question des origines naturelles de l’homme est une inépuisable source d’hypothèses et rien de plus. Les passions, sur ce sujet, se manifestent en sens divers avec tant de violence, que bien des gens finissent par en devenir aveugles.