‹ La Prehistoire orientaleChapitre 96 sur 308 · OMEN · texte numérisé non relu

OMEN

Fra. 65. — Le bétail sous l'Ancien Empire (Bœufs). Bas-relief du tombeau de Méra, à Saqqarah (VI° dynastie).

à la race Capra thebaica; d’autres fragments encore plus grands appar-

tiennent au mâle de Capra mambrica où Capra caucasica à cornes longues et plus contournées que chez les deux précédentes races.

Ces déterminations sont d’une importance extrême, car elles permettent de distinguer entre les animaux aborigènes de l'Égypte et ceux qui ont été

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| Fire. 66. — Le bétail sous l'Ancien Empire : Antilopes, Gazelles, Hyÿènes, Chacals. Bas-relief du tombeau de Méra, à Saqqarah (VI* dynastie).

importés d’autres pays. Nous reviendrons sur cette importante question.

Oiseaux. — Struthio camelus, espèce qui s’est retirée sur le Haut-Nil; Ciconia alba, Ardea purpurea.

Tortues. — Trionyx triunguis.

Poissons. — Chromis niloticus, Clarias anguillaris, Synodontis macrodon, S. shal. Toutes espèces nilotiques.

Mollusques fluviatiles.— Vivipara unicolor (Oliv.), Spatha Cailliaudi

(Martens), S. elongata (Letourneux), S. Letourneuxti (Bourgt).

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Fig. 67. — Scènes de pêche. Bas-relief du tombeau de Méra, à Saqqarah (VI: dynastie). Registre supérieur : 1° Méra en bateau éssiste à la pêche, un serviteur le fait boire. A l'avant de la barque un autre serviteur fend les Poissons pour les faire sécher ; 2° barque de pêcheurs relevant des nasses; 3° deux barques de pêcheurs au troubleau: au-dessous sont des Oiseaux pêcheurs. Regislre inférieur : dix-huit pêcheurs, suus les ordres d’un chef, tirent à terre la senne pleine de Poissons.

De plus, les coquilles d’œufs sont abondantes dans le sébakh de Toukh, mais il est à croire que ce sont des œufs d’Oiseaux sauvages dont

on se nourrissait alors. Quant aux œufs d’Autruche, ils semblent avoir été très abondants, j’en ai rencontré d'entiers dans les sépultures.

Les végétaux entraient bien certainement pour une large part dans l’alimentation des indigènes ; mais leurs vestiges se sont moins bien conservés que ceux des animaux et nous ne pouvons, en dehors de quelques rares données, que faire des suppositions à leur sujet, J'ai fréquemment rencontré, dans les tamisages de Toukh, des noyaux de dattes et des pépins de Lotus, et les éléments de faucilles qu’on trouve en abondance prouvent que les céréales étaient connues. Les sépultures et les kjoekkenmoeddingers ont livré un certain nombre de broyeurs en pierre dure (fig. 70) à l’aide desquels on réduisait les graines en pâte ou en farine. On sait, d’ailleurs, que les Égyptiens mangeaient le blé simplement grillé.

En tamisant le sébakh des divers koms préhistoriques, j'ai rencontré fréquemment des paquets de poils d’Antilope et de Gazelle, ce qui n’a rien de concluant quant à la domestication des animaux, car ces poils pouvaient provenir tout aussi bien de bêtes tuées à la chasse que de trou-

Fr. 68. — Le bétail dans l'Ancien Empire. Antilopes. Bas-relief du tombeau de Méra. à Saqqarah (VI: dynastie).

peaux; mais la présence dans les villages d’une énorme quantité d’excréments de Chèvres, de Gazelles et d’Antilopes montre que ces animaux étaient domestiqués et habitaient avec leurs maitres. À Zawaidah étaient de petites buttes ne renfermant pas de silex taillés en proportions notables, mais presque entièrement composées d’excréments. C’étaient donc là des parcs où les troupeaux venaient s’abriter pour la nuit.

Dans tout autre pays que la vallée du Nil, l'élevage exige des cultures, si les populations qui s’y livrent sont sédentaires, parce qu’il est nécessaire de faire des provisions de fourrages pour l’hiver; mais, en Égypte, la saison froide n’a jamais existé, il suffisait, durant l’inondation,de donner aux animaux des roseaux ou des branches d’arbres avec leur feuillée, comme cela se pratique encore de nos jours dans bien des pays de l’Orient ; donc même si les proto-Égyptiens n’avaient pas été agriculteurs, ils pouvaient être éleveurs, tout en restant sédentaires, et ils ne trouvaient pas l’espace nécessaire de terres fertiles pour être nomades.

Dans mon premier volume de Recherches sur les origines de l'Égypte (Age de'la pierre et les métaux), en 1896, j'ai émis l'opinion que les

indigènes, dès les temps les plus anciens, étaient agriculteurs, et j'appuyais mon dire sur ce que, dans les Ra enr ex et les stations préhistoriques de la Haute-Égypte, j'avais rencontré un très grand nombre de scies de silex ayant jadis servi à former la partie tranchante des faucilles, et dont les dents étaient polies par l’usage. Ces restes d'instruments de moissonneurs ne pouvaient, en effet, laisser aucun doute; mais l’année suivante, en 1897, j'étais plus hésitant à me prononcer parce que mes dernières recherches m’avaient amené à penser que ces faucilles appartenaient plutôt aux premiers temps pharaoniques ou tout au moins aux derniers temps prédynastiques qu'à la civilisation néolithique qui les aurait précédés.

Les fragments de faucilles sont très abondants dans les kjoekkenmæddingers et les stations de Kawamil, Ballas, Toukh, Zawaidah, Néga-

Fire. 69. — Construction d’une meule de Blé, d’après les fresques d'un mastaba de la nécropole de Dahchour (II[:° dynastie). Porteurs d’offrandes. Bas-relief du tombeau de Méra, à Saqqarah (VI° dynastie).

dah où se rencontrent en même temps, quoiqu’ils soient rares, des objets de cuivre. Alors je ne connaissais pas encore d'éléments de faucilles du Fayoum dont j’attribuais les stations à l’industrie néolithique.

Cette remarque m'avait été suggérée par une observation du professeur G. ScHWEINFURTH qui était venu passer quelque temps avec moi sur mon bateau alors que j’étudiais le préhistorique de la Haute-Égypte. Le Blé et l’Orge, m’assurait alors le savant botaniste, sont des plantes originaires de la Chaldée, où elles croissent encore à l’état sauvage. Ces céréales ont donc été apportées en Égypte, et nous savons que cette acclimatation date d’une époque fort reculée, puisque dansles jarres dutombeauroyal de Négadah, et dans les sépultures de Kawamil, j'ai trouvé du Blé et de l'Orge dont les grains ont été reconnus par le professeur G. ScHwein- FURTH lui-même. Mais je ne trouvais pas trace de Blé dans les kjoekkenmœddingers.

J'ai pensé alors que les premiers colons de l'Égypte ne connaissaient pas les céréales, que cette importation s’était produite au moment où, selon

ma conviction d'alors, des Asiatiques étaient venus fonder le régime pharaonique; mais depuis ce temps, mes études en Chaldée et en Élam, de même que les diverses découvertes faites en Égypte au cours de ces vingt-cinq dernières années, m'ont amené à reculer de bien des siècles l’arrivée de l'influence asiatique sur les populations de la vallée du Nil et

Fic. 70. — Broyeurs en roches dures. Kjoekkenmæddingers de la Haute-Égypte.

à me poser la grave question de l'existence d’une culture purement néolithique en Égypte. Je reviendrai, dans un chapitre spécial, sur ce problème. Qu'il sutfise pour l’instant de savoir que les gens dont nous trouvons les vestiges dans les kjoekkenmæddingers et les stations de surface étaient éleveurs, agriculteurs, connaissaient les céréales et le cuivre. Nous verrons par la suite que leur civilisation était déjà très avancée.

Les gisements de surface. — Je ne dirai que quelques mots des innombrables gisements de surface qu’on rencontre dans toute l'Égypte. Sur les bords du fleuve, depuis la cataracte de Syène, jusqu'aux côtés du delta, toutes se ressemblent et, dans la Haute-Égypte livrent aux chercheurs les mêmes instruments de pierre que les buttes de sébakh, que les assises profondes des tells renfermant les ruines des grandes villes de l’antiquité historique. Dans la Basse-Égypte on rencontre des formes quelque peu différentes, dont beaucoup rappellent les particularités de l'industrie du Fayoum, aussi ne confondrai-je pas ces stations avec celles du Seïd dans la description qui va suivre de l’outillage qu'on rencontre dans les

kjoekkenmæddingers.

Objets des kjoekkenmæddingers et des stations de surface de la Haute Égypte. — Mucléi. — Les nucléi sont d’une abondance extrême dans ces

gisements, on en rencontre en grand nombre dans toutes les localités à la surface comme dans le sébakh. Ils se présentent sous deux formes différentes. Le pied de cheval (fig. 71), composé d’un gros galet dans lequel

Fire. 71. — Nucléi en silex jaune. Kjoekkenmæddingers de Toukh. 1/2 grandeur naturelle.

on a déterminé un plan de frappe, pour n’enlever ensuite d’éclats que sur la moitié environ du périmètre, et le nucléus régulier (fig. 72), dans lequel des éclats ont été levés sur tout le pourtour du plan de frappe. Le second type semble n’être que le rebut du premier après qu’un grand nombre de lames eurent été enlevées.

On ne rencontre pas en Égypte de nucléi longs et préparés sur les côtés

Fig. 72. — Nucléi en silex. Kjoekkenmæddingers de Toukh.

comme ceux du Grand-Pressigny. Les grandes lames, dans la vallée du Nil, n’ont pas été tirées d’un nucléus, mais bien d’un grand éclat aminei à l’aide de retouches successives d’une grande habileté, Les lames a dos carré qui souvent atteignent de grandes dimensions ne proviennent pas non plus de nucléi.

Percuteurs. — Les percuteurs égyptiens, qu’on rencontre partout très

Fire. 73. — Hachettes du Musée de Guizeh. 1/3 de la grandeur naturelle.

communément, sont de simples galets plus ou moins sphériques, en silex, en grès ou en pierre dure, quelquefois d'anciens nucléi. Ils ont générale-

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Fic. 74. — Haches polies du Musée de Guizeh. Localités inconnues.

ment fait un très long usage et sont complètement couverts de traces de coups. Ces galets ronds très bien façonnés ont probablement été employés

aux temps historiques comme balles de frondes ; dans la forteresse d'El- Kab on les rencontre en très grande quantité (fig. 89).

Haches polies. — En 1896 il existait au Musée de Guizeh quelques haches de pierre polie dont on ne connaissait pas la provenance (fig. 73 et

Fi. 75. — Hachettes en silex. Toukh. 1/2 grandeur naturelle.

fig. 74) et qui, par suite, ne pouvaient être d'aucune utilité pour les études sur la préhistoire de l'Égypte. Fort heureusement j'en ai trouvé une entière (fig. 90) et quelques fragments dans le sébakh de Toukh, ce qui permet aujourd’hui de les dater toutes. Depuis ce temps il est entré au Musée du Caire une vingtaine de ces haches (1) et toutes sont étiquetées Haute-

Fic. 76, — Hachés en silex. Kjoekkenmæddingers de Zawaïdah. 1/2 grandeur naturelle.

Égypte. Ces objets, cependant siintéressants parles déductions qu’on peut tirer de leur présence dans tel ou tel gisement sont, par la faute du Service des Antiquités (1913), absolument perdus pour la science. Quand j'ai quitté la Direction de cette administration en 1897, on a tout de suite repris les vieux errements qui consistent à ne voir dans un objet que l’in-

(1) Catalogue, Stone Implements, 1913, n°: 64623 à 64639.

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térèt qu’il présente par lui-même, et à négliger complètement les conditions dans lesquelles il a été trouvé.

Fire. 77. — Hachettes dégrossies en silex. Kjoekkenmæddingers de Khattarah. 1/2 grandeur naturelle.

C’est là tout ce qu’on a bien voulu noter au sujet de ce précieux document. à 85). —Si lahachepolie est rare dans leskjoekkenmœæd-

Fic. 78. — Hachettes en silex. Kjoekkenmæddingers de Toukh. 1/2 grandeur naturelle.

dingers, par contre les hachettes sont d’une abondance extrême et elles se présententsous des formes multiples. Les unes sont elliptiques, plus oumoins

Fire. 79. — Hachettes en silex brun.Kjoekkenmæddingers de Toukh. 1/2 grandeur naturelle.

allongées, quelquefois presque discoïdales ; d'autres sont à bords droits et il en est de triangulaires Ces formes diverses passent de l’une à l’autre par

tous les intermédiaires. Mais les plus curieuses sont celles dans lesquelles le taillant, au lieu d’être fait par petits coups, est fait d’un seul coup très

Fic. 80, — Hachette en silex brun d’un côté, jaune de l'autre. Kjoekkenmæddingers de Khaltarah.1/2 grandeur naturelle.

habilement frappé et enlevant un grand éclat courbe (fig. 86 et 88). Ces haches, parfois, mais rarement, atteignent de grandes dimensions (fig. 87).

Fie. 81. — Hachette en silex jaune. Kjoekkenmœæddingers de Toukb. 1/2 grandeur naturelle.

Hoyau. — Je désigne sous ce nom de grandes haches, très plates sur une face, retaillées avec soin sur l’autre (fig. 91), plus larges au taillant qu'à la queue et dont toute la partie antérieure est polie par l’usage. Emmanchés sur un crochet de bois, ces outils jouaient. le rôle du /as moderne des fellahs et ser-

vaient, tout comme le fas, à façonner ou à creuser la terre. :

* Je n’ai jamais rencontré de ces instruments dans FrG. 82. — Hachette en si-

lex jaune clair. Toukh. , : :

1/2 grandeur naturelle. face, dans les stations contemporaines du sébakh

les kjoekkenmæddingers, mais seulement à la sur-

de Toukh, aussi je les attribue à lindustrie de cette époque si riche en faucilles, dont le hoyau est le complément agricole.

Il est à remarquer que le hoyau porte le même nom en égyptien et en babylonten, fait extrêmement important au point de vue de l’origine de l'agriculture et sur lequel nous aurons l’occasion de revenir.

Lames simples. — Ces sortes de lames, plus ou moins grandes, sont

F1c. 83. — Hachettes en silex. Kjoekkenmæddingers de Toukh. 1/2 grandeur naturelle.

d’une abondance extrême dans toutes les stations, comme dans le sébakh (fig. 93). à

Lames à dos carré. — Ces imstruments (Hg. 94), qui parfois attelgnent de grandes dimensions (près de 20 cm.), se composent d’un éclat auquel d’un côté l’on a conservé son tranchant naturel courbe et

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