‹ La Prehistoire orientaleChapitre 98 sur 308 · II · texte numérisé non relu

II

Pointes. — Si l'on ne savait qu’il existe un énorme hiatus entre les industries paléolithiques de l'Egypte et celles qui nous occupent en ce mo-

F16.96. — Couteau en jaspe sanguin (à gauche). Hoou. Couteau en silex (à droite). Toukb. 1/2 grandeur naturelle.

ment, on serait tenté d’attribuer à des survivances la présence dans les kjækkenmæddingers de pointes offrant tous les caractères de la technique

F16. 97. — Couteaux en silex jaune. Kjoekkenmœæddingers de Toukh. 1/2 grandeur naturelle.

acheuléenne, et d’autres qu’en toute autre circonstance on attribuerait à l’industrie moustiérienne, Mais il ne peut y avoir le moindre doute à cet

égard, car ce n’est pas seulement dans les gisements de surface qu’on rencontre ces instruments, c’est dans les kjækkenmæddingers, mélangés avec les objets dont il vient d’être parlé. On ne peut pas supposer que ce mélange est dù à des superpositions fortuites, tout d’abord parce que les pointes du sébakh ne portent pas la patine désertique, ensuite parce

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Fic. 98. — Ébauche de couteau en silex. Sébakh d'Adamiyèh. Récoltes Hewrt DE MorGan. 2/3 de la grandeur naturelle.

qu'elles se trouvent communément non seulement à Toukh, mais à Zawaidah et dans les autres restes de villages de la même époque. Donc, à des époques très éloignées l’une de l’autre, les mêmes besoins, probablement, ont fait concevoir les mêmes instruments, chez des hommes n'ayant pu avoir entre eux aucun contact.

Pilons.— Ces instruments (fig. 117) ont été d'usage à toutes les épo-

ques. On les trouve aussi bien dans les restes des villages préhistoriques, que dans les ruines de basse époque et de nos jours encore ils sont em-

F1c. 99. — Racloirs en silex. Toukh (à droite et à gauche) et Zawaïdah (au centre). 1/2 grandeur naturelle.

ployés par les fellahs pour piler le sel. Au Sinaï, les ouvriers s’en servaient pour écraser les grès tendres renfermant les turquoises. Moulins à bras. — L'usage d’écraser le grain entre deux pierres date

Fig. 100. — Racloirs en silex. Toukh et Zawaïdah. 1/2 grandeur naturelle.

en Égypte comme en Élam et en Chaldée des temps les plus reculés, et en Nubie il a persisté jusqu’à notre époque. Les meules à main sont très abon-

pur dit

dants dans les stations préhistoriques de surface, comme dans les kjœækkenmœddingers.

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Fie. 101. — Silex jaune, gangue blanche. Kom-el-Akhmar. Récoltes Hexrr pe MorGan. Hauteur 160 mm. ; largeur : 64 mm. ; épaisseur : 12 mm. Grand racloir double, remarquable par sa taille.

Bijoux. — Dans les kjœkkenmæddingers j'ai rencontré de nombreuses

Fre. 102. — Racloirs échancrés en silex. Kjoekkenmæddingers de Toukb. 1/2 grandeur naturelle.

coquilles marines et fluviales percées, ainsi que des perles de calcaire blanc et de terre cuite (fig. 116).

OIRE ORIENTALE

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Massawiyeh et Kom-el Akhmar. 2/3 de la grandeur naturelle.

F1G. 103. — Silex jaune.

2 grandeur nalurelle.

Fie. 104. — Lames et scies en silex. Kattarah et Toukh. 1,

Fic. 106. — Scies en silex jaune. Kjoekkenmæddingers de Toukb. 1/2 grandeur naturelle

Le tés 64 st

Poinçons en os. — Parmi les nombreux os d’animaux qu’on rencontre

dans les kjækkenmæddingers, il en est qui ont été utilisés comme burins (Hg. 119).

Peignes. — Dans le sébakh des kjæœkkenmæddingers de Toukh et de

F1c. 106. — Poinçons en silex. Kjoekkenmoæœddingers de Toukh. 1/2 grandeur naturelle.

Zawaïdah j'ai trouvé deux peignes en os (fig. 120), analogues à ceux qu’on rencontre dans les sépultures.

Pour en terminer avec les instruments et objets divers qu’on rencontre

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Fie. 107.

1, Faucille en bois armée de silex, d'après W.-M. Flindérs Petrie, Zlahum, Cahun and Gurob, pl. LE, fig. 27. — 2, Coupe montrant le mode d'encastrement du silex et le ciment de bitume. — 3, Signe hiéroglyphique d'après une fresque de Meïloum (ITI° dynastie). Le manche est peint en vert et

les dents sont b'anchâtres. — 4 à 8, Eléments de faucille. — 9, Silex montrant encore le ciment de bitume et les traces laissées par le bois du manche.

dans le sébakh des villages primitifs, je dois ajouter que j'ai trouvé dans les divers kjœkkenmæddingers et, plus spécialement, à Toukh d'assez nombreux fragments de cuivre et, dans cette localité, une petite pince de

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F1G. 108. — Lames de scies en silex. Toukh et Katlarah. 1/2 grandeur naturelle.

métal (1). Ces industries sont donc énéolithiques, et non pas néolithiques.

Céramique. — Quant aux débris de poterie, ils sont fort abondants dans le sébakh de ces villages archaïques. On y voit des fragments de vases grossiers, ornés à la pointe, des tessons de céramique rouge à bords

F16. 109. — Scies en silex jaune. Toukh et Tell-el-Yahoudi. 1/2 grandeur naturelle.

noirs, quelquefois des exemplaires entiers (fig. 121), et des fragments de vases peints en rouge sur fond jaune clair ou rose, ainsi que des fusaïoles peintes (fig. 122) ou faites d’un tesson de vase taillé en disque et percé.

(1) Cf, Recherches, L I, 1896, p. 200, fig. 534.

Nous aurons l’occasion de revenir sur cette céramique à propos des sépultures. Plaques de schiste. — A noter aussi quelques fragments de plaques de schiste, objets dont il sera également question plus loin.

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