LA PREMIÉRi
SOUS la république!... Et voilà pourquoi vous conspirez sous l’Empire !
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Oh 1 il faut le dire avec Chateaubriand : « Les partis « sont implacables, plus implacables que les individus, « parce qu’ils réunissent en eux plus de passions et « qu’ils sont moins responsables. »
Il faut le dire aussi avec M. de Lamartine : « On
• peut attendre un acte de désintéressement sublime
• d’un homme vertueux, jamais d’un parti en masse, a Les actes héroïques viennent du cœur, et les partis « n’ont pas de cœurj ils n’ont que des intérêts et des « ambitions. Un corps, c’est l’égoïsme immortel! »
Ainsi, vous voilà, vous, les hommes delà Doctrine, à peine échappés de la tempête que vous aviez soulevée; vous voilà, aujourd’hui comme en 1849, qui vous mettez encore à provoquer de nouveaux orages au sein de ce pays que vous aviez poussé à l’abîme, qui s’efforcait et s’efforce d’en remonter à grand’peine les parois, et qui, pour toute vengeance cependant, vous avait couverts, comme il vous couvre encore, vous ses conducteurs inhabiles, de son silence et de son oubli. Sans vergogne aucune, oublieux ou dédaigneux des questions d’intérêts, de principes et de personnes qui vous séparent des légitimistes , vous les appeliez à être vos complices dans votre œuvre de sape et de mine recommencée contre les gouvernements
que, dans sa pleine et entière liberté , la France s’est donnés.
Mais lelégitimisme, le vrai légitimisme, celui qui est formé des royalistes d’obser\ance religieuse et de foi dynastique, est, il faut le dire, un parti de loyauté, de conscience, de traditions, de désintéressement, d’autorité, de gouvernement, de fidélité, de courage, d’honneur, de sens moral. Il ne veut pas, il ne sait pas, pour se relever de sa ruine, ni dissimuler, ni passer à une teinture en détrempe , ni traîner dans les fanges de l’hypocrisie et du mensonge d’ambitions coalisées son drapeau , son principe , sa foi. Il n’est pas de ceux qui croient qu’un parti qui se respecte, puisse honorablement jouer le r^le de marchepied pour des turbulences avides, et servir d’appoint à une coalition de toutes les passions mauvaises, de toutes les idées fausses, de toutes les opinions extrêmes, de toutes les ambitions sans aveu-, car il sait, lui, ou du moins il croit savoir, si vous ne le savez pas (ainsi que votre maître l’avouait en 1849), qu’il ne se débat point, comme la société de votre Milieu révolutionnaire, au sein d’un chaos où « rien n’est bien, rien n’est mal, O rien n’est faux , rien n’est vrai , rien n’est chimé- « rique, rien n’est possible, rien n’est salutaire, rien
a n’est funeste. »
Chaque fois que vous vous agitez autour de, lui, l’accablant de vos protestations, de vos pipiqesgçs^^vîù. de vos retours, de vos rapprochements prewblflS' ’ dans une idée commune, pour un but communf^liiü^"'
une voix intérieure qui lui répète le mot célèbre de
Charles !"■ d’Anplelcrrc montant à l’échafaud de Withe-Hall : liememher ! . . . Et il se souvient !
11 se souvient que ses rois sont séparés des vôtres par un échafaud, par une usurpation, par une citadelle; par ces trois crimes de famille qui ont nom Louis XVI , Charles X, duchesse de Berry.
11 SC souvient que vous, les faux Pierre l’Ermite du pèlerinage de 1858, auprès des représentants du principe de la double usurpation de 1 S'SO, sur la souveraineté qui vient de Dieu et sur la souveraineté qui vient du peuple; vous, les parodistes sans croyances du mot fameux : Madame, votre fils est mon Roi ! vous avez flétri, le 27 janvier 184 }, comme manifestations coupables, son pèlerinage à Belgrave-square auprès du dernier héritier des soixante rois de son principe de la légitimité de droit divin.
Aussi , tandis que le jMJuvoir contre lequel la Doctrine conspire aujourd’hui, et qui appuyé à son tour sur son principe de la souveraineté populaire, ne s’étonne ni ne s’émeut des pérégrinations et des provocations en lesquelles l’Orléanisme témoigne de ses regrets pour les morts qui éclaircissent, à coups pressés, les rangs de sa dynastie, l’un des écrivains les plus honorés du légitiinisme vient-il de répondre au journal doctrinaire qui glorifiait la duchesse d’Orléans d’être morte en faisant son devoir :
« Ainsi, s’est écrié M. U. de Lourdoueix, dans la Ra- 0 zetle de France , ainsi c’était faire son devoir que d’é- « lever ses enfants dans l’esprit d’usurpation, de les « maintenir en état de révolte contre leur pays qui avait • détruit, en 1 848, ce prétendu droit fondé en 1 830 sur
■ le vote de 219 députés censitaires, sans droits eux- « mêmes, sans aucun mandat de la nation ! C’était un « devoir pour une princesse de perpétuer la rébellion K et la division au sein d’une famille dans laquelle un « mariage l’avait introduite, sans autre excuse dans a son obstination qu’un testament impie et insensé « qu’elle-mêine avait déchiré , quand elle vint à la
chambre des Députés demander la régence que ce « testament lui avait formellement interdit d’exera cerl... »
Le légitimisme se souvient surtout, — et pour ceci encore tout rapprochement est plus impossible vraiment, car pour la foi sincère, les transactions admissibles parfois sur les personnes, ne dégénèrent jamais en concessions sur les principes; — le légitimisme se souvient que, séparé des orléanistes par des antipathies de personnes, il l’est par une divej^ence absolue de principes plus encore. Pour le maîti-c de la Doctrine, en effet, « La légitimité est évidemment un droit « fondé sur l’ancienneté , sur la durée. La priorité « dans le temps est invoquée comme la source du « droit, comme la preuve de la légitimité du pouvoir... — « 11 est impossible, dit ailleurs M. Guizot, dans son • Histoire de la civilisation en Europe; il est impossi- « ble de ne pas reconnaître que la force a souillé le a berceau de tous les pouvoirs du monde, quelles « qu’aient été leur nature et leur forme. »
!Von, Monsieur, non! pour la raison 'légitimiste, ce n’est point à l’ancienneté que la légitimité prend sa source ; c’est dans le droit divin ; et le droit divin prend la sienne dans Pbypethèse d'une révélation surhu-
maine. Or, pour les légitimistes, la révélation n’est point la force : la révélation est la sanction divine qui constitue le droit. Vous-même, Monsieur, vous en convenez. Ke déclarez-vous pas plus loin que le fait seul de la négation de la force pour origine, de la part de tous les pouvoirs, prouve que l’idée de la force n’est pas le fondement de la légitimité politique, laquelle repose sur une tout autre base ? et, selon vous, cette base serait la légitimité de la raison, de la justice, du droit.
L’heure viendra où nous vous dirons ; C’est fort bien! mais où est la démonstration et la sanction de cette légitimité de droit, de raison et de Justice? En toute vérité, vous n'en savez pas le premier mot.
C’est pour toutes ces causes, et pour quelques autres d’une moindre portée^ que le manifeste des Pitt et Cobourg de 1849 n’eut pas de succès. Le légitimisme refusa la main que, dans leur manifeste, les modernes Brunswick de l’intérieur lui tendaient en signe d’alliance contre la république. ]N 'étant pas aveuglé par ces ambitions folles de prise de possession immédiate, dont on a dit qu’elles croient vrai tout ce qu’elles désirent, il comprenait, à la marche des choses et à la signification non équivoque de l’élection du Dix décEMBar., que le vote populaire avait été une revanche des deux invasions de l’étranger, une protestation contre les hontes récentes de La paix à tout prix. Il pressentait de reste que si la république, minée par les intrigues du monarchisme, devait tomber un jour, elle tomberait, dynastie pour dynastie, non plus au proût de celles que le peuple avait, par trois révolutions,
AUX DOCTRINAIRKS.
chassées de son sein, mais pour le compte de la dynastie à la chute de laquelle il n’avait pas mis la main ; dont le chef, selon M. fiuizot, disait sans cesse : Qui a « été élu comme moi par quatre millions d’hommes? « Qui est comme moi le représentant du peuple? » et que, seules, les baïonnettes de l’étranger étaient venues renverser dans les trames de la trahison , et dans les humiliations de la conquête.
Oui, Chateaubriand! oui, Lamartine ! idoles et jouets tour à tour des partis, abreuvés d’absinthe ou enfumés d’encens, couronnés d’épines ou chargés de lauriers; oui, vous avez dit vrai : oui, les partis sont implacables; oui, les partis n’ont pas de cœur; oui, ils n’ont que des intérêts et des ambitions; oui, ils sont l’égoïsme immortel.
Les rois comme tes peuples, qu’ils perdent également par leurs révoltes ou par leurs flatteries, sont leur propriété, leur chose ; ils en sont les maîtres, non les sujets; ils ne les servent pas, ils s’en servent.
— Que fais-tu, adolescent que nous saluons roi? lu pleures, agenouillé devant le corps de ta mère, à peine refroidi dans son sépulcre scellé d’hier? Allons, de- • bout ! sèche ton deuil, arrange tes sourires. Voici ve- , nir à toi les Satisfaits du règne de ton aïeul, les escompteurs de la régence de ta mère, tous les déconfits de la révolution dans laquelle a disparu le trône qu’ils