SCENE V
Les MEMES , LÀDf ELYELYN.
LAUKENT.
Entrez , madame. . . ( à part. ) Diable ! c'est qu'elle est jolie !
LADY ELYELYN , dont le voUe est relei'c. Monsieur..,, qu'ai-jevu?
ALPHONSE
Quelle surprise !
Monsieur serait ?. .
Alphonse Duclos.
Un avocat?...
ALPHONSE
Oui c'est moi-même....
LADY EVELYN , très-agitéc.
Pardon , monsieur. Mais quand l'avoué prononça hier votre nom , il me semblait l'avoir déjà entendu citer ; et , en venant ici , je m'attendais à trouver un avocat... d'un âge....
LAURENT
Le père de monsieur... alors... je vais conduire madame....
ALPHONSE , virement.
Mon père.... C'est qu'il est occupé,..
LAURENT
C'est égal... si madame y tient...
LADY EVELYN
En effet, j'aimerais mieux Il est plus convenable... .
ALPHONSE , ai'cc chaleur.
Ah! madame , je suis loin de pouvoir remplacer mon père , je le sais , et quelque parti que vous preniez , je m'y soumettrai avec résignation mais , faut-il vous l'avouer sans détour?... admis hier au barreau, vous êtes ma première cliente.... votre cause était la première que j'aurais eue à défendre , celle qui devait commencer mon avenir, ma réputation Songez au tort que vous allez me faire , si vous me
retirez votre confiance, parce que j'ai quelques années de moins que vous ne le supposez ; c'est me décourager... c'est
m'ôter jusqu'à l'espoir Non, non, madame, de grâce,
n'ayez pas cette rigueur : qu'un mot de votre bouche me rassure , et daignez croire que je suppléerai du moins au talent
(*) LadyEvelyn, Alphonse, Laurent.
qui me manque par un zèle et un dévouement sans borne à vos intérêts.
LAURENT , à part.
Voyez-vous.... voyez-vous comme il s'échauffe.
LADY evelyn.
Monsieur.... en vérité... mon embarras.... je n'ose m'explique r.
AiaPHQJiSB.
Devant un tiers... c'est juste... Laurent , laissez-nous.
LAURENT , à demt-voix.
Moi, monsieui'.... mais, je vous ferai observer que je suis resté à la première consultation de monsieur votre père.
ALPHONSE
Laissez-nous, vousdis-je.
LAURENT à part.
Allons encore si elle était laide....
[Il entre dans le cabinet de Duclos.)