‹ La première consécration de missionaires protestants francais en 1829Chapitre 6 sur 7 · RON · texte numérisé non relu

RON

qu’une question : M’'aimes-tu ? Et il la répète trois fois pour en faire comprendre toute l’importance.

Impossible d'analyser en détaïl le sermon qui fait suite à cet exorde, déjà très étendu. J’en énumèrerai seulement les cinq parties : L’amour du Christ doit

1° Donner aux missionnaires la liberté nécessaire pour leurs travaux, en nourrissant leur âme de l’aliment qui lui convient ;

2 Les soutenir dans les études qu’ils auront encore à faire pour parvenir au but de leurs désirs ;

3° Déterminer l’étendue et le nombre de leurs travaux ;

4° Etre la source féconde de leur patience et de leur persévérance dans les épreuves qui les attendent ;

9° Enfin, leur apporter le secret des bénédictions de leur ministère, être la vie même de leur carrière apostolique.

Tout cela est développé sobrement, sans aucune emphase,. mais avec une extraordinaire richesse de pensée et d’expérience chrétienne, je dirai même une sorte de divination merveilleuse, car le prédicateur a, d'avance, l'intuition la plus juste et la plus complète de ce que seront, au sud de l'Afrique, la vie quotidienne, les difficultés, les épreuves, mais aussi les encouragements et les joies de ces missionnaires dontil a devant lui les protagonistes. A lire ces pages, qui n’ont pas vieilli, on comprend l’admiration avec laquelle mon vieux maître Pédézert aimait à décrire l’éloquence de celui qu’il appelait, avec une respectueuse tendresse, « Monsieur GrandPierre ».

Dans une assez longue péroraison, après avoir souligné l’idée que l’amour des missionnaires pour le Christ ne serait vivant dans leur cœur et fécond dans leur vie que s’il

découlait de celui que le Christ avait eu pour eux, l’orateur

s’arrête devant la responsabilité qui va désormais peser sur ces trois jeunes gens, soit comme missionnaires en général,

soit plus spécialement comme missionnaires français. Ecou-

tez ce qu’il dit sur ce dernier point

Vous êtes les premiers messagers de paix que les Eglises protestantes de ce royaume envoient auprès des païens. Glorieux privilège ! Appréciez-le à sa juste valeur. Maïs aussi, vous avez vu quel intérêt vous avez excité et quels sacrifices on a faits pour vous. C’est une preuve qu’on attend de vous beaucoup de choses. Si vous aimez bien, si vous êtes ce que vous devez être, vous donnerez une nouvelle impulsion à la cause des Missions évangéliques en France, vous provoquerez l'Eglise de Christ à jalousie, vous allez la rendre féconde en prières et en œuvres de charité, vous allez entraîner sur vos pas une armée de soldats de Jésus-Christ qui brèleront de s’enrôler avec vous sous la ban-

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