Renan, L’Antechrist, p
3. Zahn, Eïinleit., p. 21; voy. Assemani III, 2, 6 et suiv., sur Amrus et Jeschujab, qui veulent d’après 1 P. $, 13 que Pierre ait été à Babylone.
4. Voy. Zabn, Einleit., p. 20 et 21; Rubens Duval, La littérature Syriaque, 1899, p. 102 et suiv.
LIEU DE LA COMPOSITION dre 333
Fe es des églises dans la contrée de Babylone (Cureton,
Anc. Doc. 33-35), et cite l’épitre « que Simon a écrite de Rome »
| (32). La Doctrine de Simon Kepha (Cureton, Anc. Doc. 357 40) ne
parle que de l’activité de Pierre à Rome pendant vingt-cinq ans; les Actes de Mari (éd. Abbeloos, 1885; 5° ou 6“ siècle ?) racontent la fondation de l’église en Babylonie sans faire d’allusion à l’apôtre.
L'épitre a donc été écrite de Rome’. L’apôtre Pierre est venu
1. Bibliographie. — Le premier écrit de la Réforme niant la venue de Pierre à Rome est celui de Vehlen, Demonstratio contra romani papae primatus fiomentum, 1520. Cette opinion, rendue classique par Flacius Illyricus, Saumaise, etc, est complètement développée par Spanheim, De ficta profectione. Petri in urbem Romam deque non una traditionis origine, Opp., La Haye, 1703, t. 2.
On sait que l’école de Tubingue voit dans la venue de Pierre à Rome une légende qui a son origine dans les inventions des Clémentines. On consultera à ce sujet Baur, Das Christenthum der 3 ersten Jahrh., p. 86-93, 141-145; Paulus, 1866; Tübing. Z. f. Th., 1831, 4; 1836, 3. — R. A. Lipsius, Chronologie der romischen Bischofe, Kiel, 1869; Die Quellen der rômischen Petrussage, 1872; J. f. p. Th., 1876 (Petrus nicht in Rom). — Hôltzmann, art. Petrus, Bibellexicon de Schenkel. — Hausrath, N. T. Zeitgeschichle, t. 3, p. 344. — Zeller, Deutsche Rundschau, 1875, p.215.—K. Hase, Polemik, Se éd., 1891, p.150 à 162.
D'autre part, les auteurs catholiques, inégalement affirmatifs sur l’épiscopat de vingt-cinq ans, sont unanimes sur la venue même. Voy. Schmid, Petrus in Rom, Lucerne, 1879. — Langen, Geschichle der rômischen Kirche, 1881, p. 40. — Perrone, San Pietro in Roma, 1864. — Gams, D. Jahr. d. Mürtyrerlodes d. Apostel Petrus u. Paulus, 1867. — Duchesne, Les origines chrétiennes, 1888. — Herbst, über d. Aufenthalt. d. Petrus in Rom. (Tübing. Quartalschrift, 1820, 4). — Akten der rôm. Dispué. über : War Pelrus in Rom? Münster, 1872.— Schrôckh, Kirchengeschichle, t. 2, p. 155.
La démonstration solide, et l’on peut dire décisive, du séjour de Pierre à Rome se trouve chez un grand nombre de critiques contemporains. Voy. Lightfoot, S. Clement of Rome, t. 2, p. 491 et suiv. — Gebhardt et Harnack, Clem. Rom., P. P. apost., p. 12 et suiv. — A. Mac Gifert, Peters Sojourn in Rome (The American Journal of Theology, Jan. 1897. — Wieseler, Chronologie des Apost. Zeit., 1848, p. 552. — Ewald, Geschichte des Volkes Israel, t. 6, p. 616. — Sieffert, R. E., de Herzog, 2e éd., art. Petrus. — Renan, L’Ankechrist, p. 182 à 201, et Reel SSI ASS a AE OT 0e ETS REC p. 57; 1877, p.486. — J: Delitzsch, S£. w. K., 1874, p. 213. — W. Seufert, Z. f. w. Th., 1885, p. 146. — Ad. Harnack, Chronologie, p. 240 et suiv. — Th. Zahn, Einleitung, t. 2, p. 21 à 27.
dans la Ville Éternelle à la fin de sa carrière. Il n’a pas fondé l’Église de Rome, il n’en a pas été vingt-cinq ans l’évêque ; mais il y est venu aux environs de l’année 64. Il a pu envoyer de là l’épitre qui porte son nom. Il y est mort martyr. Des témoignages nombreux et anciens mettent ce fait, si on le dégage des additions légendaires, à peu près hors de doute.
Ce sont d’abord, dans l’épitre même, les mots: «à Babylone » (5, 13). Dès l’an 64 cette désignation emblématique de Rome est très possible. Elle est usuelle après l'Apocalypse. Le 4° Esdras emploie le nom de Babylone pour indiquer la puissance terrestre sous laquelle Israël est captif. On sait que les juifs avaient coutume de désigner les peuples étrangers par des noms symboliques?. Rome s’appelait Edom? ou Ninive+#; les chrétiens, Couthim.— De la façon la plus naturelle ces noms s’employaient. En Babylonie, Berliner$ rapporte que les Juifs appelaient leurs voisins Moabites et AÂmmonites. L'auteur de l’Apocalypse aime les noms mystérieux et significatifs. La grand ville historique de l'Est est naturellement l'emblème de-celle de l'Ouest : même splendeur, même puissance, mêmes débordements. Il est très probable que si l’Apocalypse emploie, comme allant de soi, le nom de Babylone, c’est qu'il était déjà usuel. Elle ne fait qu’ajouter un sens de menace et de malédiction à une désignation courante. On s’est étonné de trouver ce nom, que l’Apocalypse va employer, dans une épitre si simple, si unie de ton. On oublie que l’épitre recherche les métaphores. Les chrétiens forment une « Dispersion ». Ils sont un «sacerdoce royal ». Jésus est « la pierre vivante », Marc est appelé « mon fils », et l’église qui est à Babylone « l’Élue ». Et puis le écrivains chrétiens de ce temps, même quand ils sont le plus loin du genre et du ton des Apocalypses, n’y sont pas tout à fait