‹ La Première Épître de l’Apôtre Pierre CommentaireChapitre 19 sur 123 · I. 8. ëy oùx idévrec dyanûrte, eis dv APT LM bpOvTEC · texte numérisé non relu

I. 8. ëy oùx idévrec dyanûrte, eis dv APT LM bpOvTEC

muoretovres à dyaAläode yapä àvexhatw xai Tedo- 1 I ÉxouévN ’,

Vous l’aimez sans l'avoir vu, vous croyez en lui quoique ne le voyant pas encore, et vous tressaillez d’une joie ineffable et glorieuse,

ob. un. Blass estime qu'il n’y a pas à attribuer un sens différent à ces deux négations (Blass, Gramm., p. $o). Usteri fait remarquer avec raison que ox iDévres énonce un simple fait, tandis que mn épüvres etc. fait connaître l’état subjectif des lecteurs. Le participe avec u% exprime une condition propre à celui qui parle.

Il y a sur ce verset comme un reflet des dernières scènes du quatrième évangile. Le dialogue entre Jésus et Pierre (m’aimestu? Jean 21, 15 et suiv.) se retrouve dans la tendresse de cet œyarère; et le mot de Jésus à Thomas (bienheureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru, Jean 20, 29), dans l'éloge de la foi. Sont-ce des souvenirs personnels? Celui qui jadis n’aimait pas comme il fallait aimer, loue maintenant, avec une nuance de repentir et d’humiliation, ceux qui n'ayant pas connu le Maître,

1. Var. : 1üovres, solidement appuyé par NX BC, Mnn.(o), Vg. Syrutr Arm. Aeth. est remplacé par adores dans AK L P, Copt. Clem. Theoph. Oec. — Au lieu de rusrevovres, certains Mss. de la Vulg. lisent ristevere : am (creditis) demid (credatis). — K AC? KL P Polyc. Theoph. Oec. ont æyalta00e(Tisch.), BC* Or., ayakktare (Westcott et Hort). Hort n'hésite pas à préférer l’actif (doubtless Ehe right form ; The first epistle, p.45, 46)cuoïique plus rare (Luc. 1, 47; Apoc. 19, 7) et moins appuyé.

laiment pourtant comme il veut être aimé. En tous cas rien ne doit faire supposer une interpolation ou une fiction. Les textes johanniques ne sont pas imités. C’étaient des questions agitées dans la primitive Église et telles que les posait l'amour enthousiaste des premiers jours : aimer Jésus sans l'avoir connu, croire sans voir. C’est la transition entre l'attachement du disciple et la foi du croyant. Si l’épitre manque de formules précises, originales, elle prend sa revanche dans le domaine de l’amour chrétien. Certains auteurs catholiques appliquent ce texte à la Transsubstantiation. (Turrian., Tract. 2 de Eucharistia 16 : non videtis Christum, creditis iamen eum esse realiter praesentem).

œyaräre indique le lien de cœur, la relation actuelle des croyants avec le Christ vivant. Ils ne l’ont pas connu, mais ils savent quel amour il leur a témoigné (Jean 4, 9 et suiv.). Ils lui sont unis par la foi (y X. 5, 14), — ets dv, se rattache à rioretourec. On dit bien épävy etc, faire attention à; mais 5p@vres veut dire ici voyant. — risreÿer etc, par contre, est la tournure usuelle pour exprimer

la foi en Dieu, en Christ. L'accent est ici sur miorebovrec, et ph Sevres est une antithèse introduite.

or est relié par Wiesinger à ph ép&vrec, par Hofmann à rtoreiovtes; mais le membre de phrase tout entier est soudé par la construction un peu gauche, et dort vise les deux participes (Hort). — go, en ce moment. Jadis on voyait le Seigneur; au dernier moment il sera révélé à tous; quant à présent (äpr:) on l’aime sans le voir (1 Cor. 13, 12; 1 Jean 3, 2). La foi a son objet, non dans le monde des sens, mais dans l’invisible. C’est son domaine, et le chrétien vit de cette communion incessante avec l’au delà.

&yaXäoche, selon Hort se rattache indirectement à sis 6v où ëv est contenu. Ainsi on ne perd pas de vue l’objet de la foi au présent. Huther, Wiesinger, surpris qu'un auteur qui attend un tel avenir parle de la joie au présent, donnent à &yxXkäc0: le sens du futur ; de très bonne heure, c’est ainsi que l’on a compris : le fragment de l’Itala de Munich traduit gaudebitis; Augustin : exuliabitis. Mais comme nous l'avons vu, l'avenir est proche; les arrhes de l'héritage sont spirituelles, intérieures. La foi est une possession anticipée et certaine des biens attendus.

avexhakirw, qui ne se peut exprimer; mot rare (Ign. ad. Eph. 19, 3). C’est le trop-plein de la vie intérieure qui ne trouve plus de paroles, et déborde en adoration silencieuse. Il n’y a pas de mots pour traduire certaines expériences des choses divines (Rom. 8, 26). E

yapa exprime l’idée de joie dans ce qu’elle a de plus général. — Si l’auteur n’a pas, autant que Paul, le sentiment d’être uni au Christ Esprit, et d’être « assis avec lui dans les lieux célestes » (Eph. 2, 6), s’il ne se voit pas attaché à lui comme le sarment au cep (Jean 15), il accentue cependant d’une façon particulière la joie intérieure, fruit de la foi, preuve du don de Dieu. L

dedoErouivn (Ps. 87 (86), 3 ; Sir. 24, 12: 25, $; 48,6; 3 Macch. 6,18); Sc£älw est très fréquent dans les LXX, les apocryphes et le N. T. La gloire de Dieu (122), c’est sa manifestation sans paroles (Ex. 16, 7). Nous n’y sommes pas étrangers : l'Esprit qui pénètre nos âmes leur communique une anticipation de l'éclat à venir (4, 14; B. Weiss, N. T. Theol., 51, c); il transforme tout. Ainsi s'explique le paradoxe de la joie dans la persécution (Hort). Usteri veut que 3:d0Ëxouévr désigne la joie couronnée dans l’accomplissement final; mais il s’agit bien de la joie actuelle et glorieuse de la foi (herrlich). Elle est vraiment céleste; tout élément trouble, impur, en est exclu. Le sens de Hofmann (la foi élevée au degré supérieur) est insufhsant.

[, 9. xopubémevor tb TéAoc Ts Tiotewc UUGY cwTnpiav duyov

remportant le prix de votre foi, le salut des âmes.

Le v.9 n'est pas une simple explication de ce qui précède; mais énonce une pensée nouvelle, l'assurance finale du salut, qui donne à la joie toute sa réalité (Hort.); - — xepifémever se dira dans le N. T. d’un bien qu’on recouvre, d’un gain que l’on fait, d’une

1. Var. : Westcott et Hort, Weiss suppriment vuwy d’après B appuyé par Mnn. Clem. Aug. contre N A CKLP Mnn.(9) Ve. Syrsch, etc. (Tischendorf).

Pres 47 récompense que l’on remporte (2 Cor. $, 10; Eph. 6, 8; Col. 3, 2).

réhos, la fin ? Habituellement ce mot a dans le N. T. le sens de fin, de clôture de tout ce qu’on peut prévoir(r Cor. 15,24; Apoc. 21,6; 1 P.4, 7 la fin de toute chose est proche). Dans ce cas nous aurions ici un équivalent de xAnocvousiv curnptas (Héb. 1, 4,) aussi Usteri donne-t-il sans hésiter à xom£éuever le sens du futur Corn. a L': Salutem consummatam per gloriam consequemini post mortem). Ewald fait de même. Il suppose quele v. 8 est une parenthèse et que xout£émevor indique ce qui arrivera à l’apparition de J.-C. Mais ce participe fait bien suite à ceux du v. 8, qui sont au présent et indiquent un fait actuel. Winer, il est vrai, rappelle le sens des participes présents, dont l’action n’est pas datée, et qui peuvent s'appliquer à l'avenir (de Wette : destinés à remporter); mais il s’agit bien du présent; réhos ne veut pas dire la fin des choses; mais le but de la foi (Castalion : #d quo spectat et tendit fides). On a vu dans quelle mesure le salut peut être actuel et le v. 10, parlant des prophètes qui s’en sont occupés, va dire expressément comment, en J.-C., cette grâce s’est approchée de nous. F. Bonifas remarque que le salut « consiste avant tout dans le pardon des péchés que les prophètes mettaient au premier rang des bienfaits messianiques » (Unité de l'enseignement apostolique, p. 63). La foi l’obtient : la Parousie ne fait que le consacrer; son plein épanouissement est une conséquence plus encore qu'une récompense.

guyov, l'âme, l'être spirituel qui ne périt pas et qui est destiné à la vie éternelle. L’épitre parle constamment ainsi (1, 22; 2, 11. 25 ; 4, 19). Ce sens se trouvait dans le langage religieux du temps, surtout dans le judaïsme hellénistique. — Les LXX emploient ce mot pour traduire la plupart de ceux qui désignent l'individu humain (Hatch, Essay in Biblical Greek, p. 101); ordinairement wD3, mais aussi win (Lévit. 17, 9), nn (Job 38, 39), 22 (2 Rois 6, 11), m1 (Gen. 41, 8), même nm (Ez. 24, 25). L'épitre ne connaît pas les catégories plus exigeantes de la psychologie de Paul; elle suit l’usage des Évangiles (MESSE MEN10,"20 :

Mér8,35s; Luc2r; 19): C4

48 COMMENTAIRE I, 10. mp fe ocwrnpixs ééelhmnony nai éénpatvnanv roophTat oi rep} Ths els UGS YApUTOS TEOPNTEUTAVTES ;,

Ce salut a été l’objet des recherches et des profondes méditations des prophètes qui ont annoncé la grâce qui vous était destinée,

reet fs, formule rattachant étroitement ce qui suit à ce qui précède. Cette langue sans souplesse, mais exacte, évite toute ambiguïté. Elle cherche à coordonner les idées; tout au moins elle les juxtapose clairement.

swrnpixs est nommé pour la troisième fois; c’est la pensée qui domine le développement. Ici, le salut est considéré surtout au point de vue de l’œuvre que J.-C. a accomplie pour le réaliser.

rpooÿra, sans article : il s’agit des prophètes en général, non de quelques-uns en particulier. — L'auteur parle d’eux d’une façon inattendue. C’est qu'il cherche surtout chez eux ce qui l’intéresse, l'attente du Sauveur (Mat. 13, 17; Luc 10, 24. Luther a dit de même : « Dieu a envoyé les prophètes aux juifs pour rendre témoignage au Christ à venir »). Et puis, il les voit à travers l’apocalyptique contemporaine. On tenait pour prophètes les auteurs supposés de ces écrits (Mat. 24, 15 AaviA ro mpogrou; Jud. 14 rocorevoey Evwy; 4 Esdr. 1, 1 Liber Exrae prophetae; Barn. 12 v XXE eovhrn; V. Schürer, t. 3, p. 181 à 273). Et dans l’Église primitive aussi, il y avait des prophètes : ils cultivaient tout ensemble l'inspiration profonde et les prédictions, les calculs, la ghématrie (Weizsaecker, d. Apost. Zeit., 1892, p. 43 et suiv., 563 et suiv. Sur les rapports entre la prophétie chrétienne et l’apocalyptique, v. Bousset, Apokalypse, passim). L’Apocalypse de Jean, résumant une époque, est le livre classique de la prophétie chrétienne. On sait quelle place elle fait aux calculs, à l’attente passionnée. Tout naturellement, l’épitre de Pierre attribue aux prophètes les procédés de Daniel et d’'Hénoch (cf. les 70 semaines

1. Var. : sFnpasvnoav est appuyé par N A B* (Tischendorf, Westcott et Hort.); sénpeuvnoav par B* CK (Lachmann); s£epeuvnoxv par LP Mnn. (B. Weiss). — nuas dans K et des Mnn.

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