Var. : Après xvpuov Syrsch Aeth. ajoute +0 Deov
EE 2) Te 85
mais la Parole du Seigneur demeure éternellement et c'est cette Parole qui vous a été annoncée par l'Évangile.
xvptov, Dieu; le Dieu des promesses et des délivrances. — péver, op? qui est dans le texte hébreu, est plus énergique.
roëre n'est pas attribut, comme si l’auteur voulait dire : c’est une déclaration de ce genre, une promesse comme celle-ci (De Wette); mais sujet. Et voici le-sens : c’est bien la Parole du Seigneur qui nous a été annoncée; cette parole n’est pas autre que celle qui nous a été prêchée dans l’ancienne alliance (Gerhard, Weiss).
à bux ne désigne évidemment ni la citation qui vient d’être faite, ni la promesse de délivrance que contient le passage d’Esaïe ; c'est, d’une façon absolue, la Parole même de Dieu; la Parole exprimée (Héb. 6, 5 Oecÿ biua; Philon. Leg. Alleo. 3, 61 +ù pèv Yap atôpa cHpBohoy roù Adyou 7ù DE bia pépos abroù). Peut-être, de lui-même, l’auteur aurait-il employé le terme de Aéyos (v. 23); la citation amenait bñux. Peut-être aussi dit-il avec intention x4yce, là où il s’agit de la puissance créatrice, divine, de la parole, et Bñux quand il pense à la prédication extérieure (Act. 10, 36 +èv hyoy Ov dTégrethey..… 37 T-yevSuevoy Éua).
cbxyyshus0év, la Parole vous est parvenue sous la forme de l'Évangile en qui toute Parole de Dieu se concentre, où la Parole est arrivée à sa plénitude de vérité et de vie. Il n’y a qu’une Parole de Dieu dans l'A. T. et le N. T. Les 2 alliances sont une par le contenu spirituel. Elles ont même auteur, même esprit. — L’auteur ne veut BA dire qu’Esaïe ait eu conscience d'annoncer l’Évangile; mais « la bonne nouvelle du salut » est parvenue aux lecteurs (1, — ets pas (1 Thess. 2,9). La prédication est
arrivée à eux, leur a été adressée, les a atteints.
1-10. Le sacerdoce universel. L'Église, édifice spirituel, où se réalisent la communion des croyants et le service de Dieu. Ce nouveau développement sort naturellement de ce que l’épitre vient de dire de la sainteté et de l’amour. Les régénérés forment un peuple nouveau; ils sont les pierres vivantes d’un temple.
De là viennent de hautes prérogatives et une mission unique. — Hofmann veut que la période commence non ici, mais au v. 23 du chapitre précédent; le v. 1 énumérerait des péchés contre la pureté, non contre l'amour. — Calvin dit d’une façon trop générale : denique hoc contendit ut novam vitam sequantur novi mores. |
II, 1. &mobémevor où nüoav xaxiay xai Tüévra d6koy ai
€ / / \ f 5 I ÜTOxEIOLY XL ofévous La TATUC XATAAQALXE *,
Ayant donc renoncé à toute méchanceté et à toute fraude, à l'hypocrisie, à l'envie et à toute médisance,
cv, marque le commencement d’un développement qui se déduit du précédent. Régénérés par la parole du Dieu vivant, les fidèles rejettent tout ce qui divise, et forment un tout solidaire.
amcépever, participe précédant le verbe principal dont il énonce la condition préalable. Il s’agit de se dépouiller de certains défauts comme de vêtements qu’on Ôte (Rom. 13, 12 arc0wpeba... ëvèvoupela. dmébeohs... arexduoduevos..…. évduotumever Col. 3, $ et suiv.; Jacq. 1, 21 accentue moins l’image et ne parle que de la purification de l’âme).
rûs, répété 3 fois devant des substantifs de genre et de nombre différents, accentue la profondeur du renouvellement intérieur. « Nos ennemis les plus redoutables, dit à ce propos Luther, sont dans notre cœur, dans notre chair et notre sang. Ils veillent, dorment et vivent avec nous, comme un méchant hôte que l’on a invité et dont on ne peut se défaire.» — Les péchés énumérés sont des péchés contre l'amour; leur disparition manifeste la régénération intérieure. Aug : malitia malo delectatur alieno, invidentia bono cruciatur alieno, dolus duplicat cor, adulatio duplicat linguam, detracfio vulnerat famam.
1. Var. : Westcott et Hort, Weiss préfèrent vroxproiv à vroxpiours, d’après B Vg. Syrutr, Copt. Arm. Oec. Theoph. Le pluriel mieux appuyé par les Mss. (NACKLP), a contre lui B et les versions. — B a sovow au lieu de o0ovous. — au lieu de rasxs, N* et Copt. ont racay (xaralahtav).
— Il, 2 — 87
xariav, qui dans le grec classique signifie plutôt l’opposé d’apers, lefait d’être mauvais (v. 2 Macc. 4, 4; Act. 8, 22), veut dire, dans le N. T., méchanceté (associé à ruxpix, vus Eph. 4, 315 à ghévos, Tite 3,3; à sf, Jacq. 1,21), intention de nuire, joie de lavoir fait. « Toute méchanceté », à cause des formes qu’elle prend et de la profondeur qu’élle peut avoir. Ruse, fausseté, jalousies forment une série, ouverte par le même zxvra. Les 2 premiers termes rappellent les fraudes par lesquelles on fait tort, les semblants par lesquels on impose (1, 22 &vuroxouros, pensée constante dans les discours de J.-C.); et le troisième, la jalousie qui cherche à nuire (le pluriel tenant lieu de rà). Enfin, à part, les médisances (Rom. 1, 30; 2 Cor. 12, 20; Jacq. 4, 11), fléau des petites églises, obstacle à toute vie commune. — Ces expressions sont fortes. La morale chrétienne primitive, qui suppose une vie intérieure très élevée, une conduite très pure, vise constamment des péchés d’une gravité inattendue. Elle héritait des moralistes juifs qui ne nuancent guère. Elle avait le spectacle du monde ancien et des vices qu'il fallait fuir. Elle procédait par antithèses vigoureuses. Elle n’est vraiment elle-même que lorsqu'elle tire les conséquences positives de l’œuvre rédemptrice de J.-C.
On rapprochera ce verset (ainsi que 1 P. 3,21) de Jacq. r, 21 (> aroépevos rücav buraplay rai meptossiay xanias). [l y a lè-une rencontre d'expressions très caractéristique. L'originalité est en tout cas du côté de Jacques (cf. Zach. 3, 3 et suiv.).
IL, 2. Ge oriyévynta Boon, To Aoytxov &dohov YAAX émironoure, iva èv adt@ adEn0re els cwrnoiav |,
comime des enfants nouvellement nés, désirez avec ardeur le lait spirituel et pur, afin de croître par son moyen, pour le salut,
Voici maintenant les principes de la croissance spirituelle : aprryévyatæ, mot rare (vsoyvée). C’est l’allégorie de la régénéra-
le
1. War. : xar ado%oy dans Mnn. (3. 32. 43 etc...) Ve. (am. tol.) Syrutr. — exc suwrnptav est omis par L Oec.
tion (Reuss). Ils sont nés de nouveau (x, 23), donc ils ont en euxmêmes la vie qui se développe nécessairement; ils sont nés récemment, donc ils ont à grandir. (Bèze : ne sibi persuadeant esse veteranos.) Ce langage peut désigner des églises encore très Jeunes et sans expérience. On appelait ainsi chez les juifs, les prosélytes qui viennent de naître à la véritable vie. Mais, en réalité, l’auteur dépeint les phases successives de la vie chrétienne, la croissance après la naissance. Ce qui suit, le sacerdoce royal, l'édifice fait de pierres vivantes, ne convient qu’à des chrétiens majeurs. — Ce passage relève moins de Paul que des paroles de Jésus. Paul ne recommande pas les dispositions de lenfant ignorant et faible. II oppose la foi de l’enfant à la foi formée, le lait à la viande (x Cor. 3, 2 cf. Héb. s, 12); on retrouve au v. 2 l’accent de tendresse de Jésus parlant des sata (Mat. 18, 3). Das sind abermal verblimie Wort, dit Luther. — Gpéon, nourrissons, désigne chez les juifs les enfants de 2 ou 3 ans au plus (Winer, Realwôrterbuch, art. Kinder). On dit plutôt vérisr au figuré; mais l’image du lait amène un changement des termes habituels. Augustin, Conf. 7, 18 verbum caro factum est ut infantiae nostrae lactesceret sapientia tua per quam creasti omnia. èrircdoure — l’impératif aoriste est plus pressant — désir très vif et qui se renouvelle à la façon d’un instinct vital (Beck), faisant antithèse aux mauvais désirs (ärtboyfu). Dans 2 Cor. $, 2 le même mot exprime l'aspiration vers le ciel; dans Jacq. 4, 5, de vives tendances.
yxha, d’après le v. 3, c’est le Seigneur lui-même, dont on goûte la douceur et qui est le principe de toute nourriture de l’âme (Clem. Alex., Paedag. 1, $ et 6). Le laït n’est pas ici l’aliment élémentaire, mais l’aliment complet.
hoywév n'est employé ni dans les LXX ni dans les apocryphes ; il ne se trouve que dans Rom. 12, 1. Il y a le sens de raisonnable, qui était courant (Philon, De profug. 13,1 rà hey à EUVXY), mais qui ne semble pas convenir ici : il faudrait paraphraser : le lait véritable, celui dont il est juste et raisonnable de faire usage. — Serait-ce une allusion à la Parole qui régénère (Cremer)? C’est le sens luthérien classique : le lait c’est la Parole même. (Calvin : ipsum sermonem tanquam lac mundum et spirituale) ;
Frs IT, 2 à 89 Bengel : Zac verbi; Weïss (Lebrbegriff, p. 87) parlera du lait qui
vient du Logos. Mais hoywés ne peut être pris comme équivalent de 505 Aëyou (cf. Jacq. 1, 21 Eupuroy Aéyov). Le texte de Jacques est certainement présent à l’esprit de l’auteur, qui néanmoins reste indépendant. — Serait-ce un équivalent de rveuyarixés ? Clément d'Alexandrie (Paedag. 2, 2,19) dit ioydg 3È vo5 Aéyou rè rveiuo, Ôs aux oxpxés. Mais le vrai sens est celui d'Érasme : lac non corporis sed animae (Test. des XIT Patr., Lévi 3 èouny ebud{as hoytutv xA AvValuax Toy Tpocpopav), et c'est à cela que reviennent-de nombreuses interprétations : Luther, geisthich; Grotius, vonrés; Schott, Leistig..
Des auteurs catholiques y voient l’Eucharistie (Estius, Corn. a L.); la Bible de Carrières parle du lait spirituel et tout pur de la Parole de Dieu et de la sainte eucharistie.
ädohcv, un lait pur, non falsifié (2, 22; 2 Cor. 4,2; cf. Deissmann, Neue Bibelstudien, p. 84); ceci désigne moins un enseignement pur de toute altération, que la grâce parfaite et sainte qui assure la croissance spirituelle. Les péchés qui viennent d’être énumérés sont contre la droiture autant que contre l’amour, et aussi contraires que possible à l'enfance du cœur.
a)2n0mte (Eph, 2, 21; 4, 15), au moyen et au passif avec le sens de grandir (Buttmann, p. 54). — eis owrnpiay (Jacq. 1,271), le salut accompli dans l’avenir, l’œuvre de Dieu achevée dans l’homme, après les luttes et les épreuves, dans la vie éternelle. sis, le salut n’est pas seulement un but vers lequel on tend, mais une stature à laquelle on s'élève, un état intérieur qui se réalise de jour en jour plus complètement.
Il, 3. ei éyetouode dr yonotèc à Küouoc
si vous avez goûté combien le Seigneur est bon.
et, tournure paulinienne (Rom. 8, 9; 2 Thess. 1,6; cf. Ps. 39,
4), indique non un doute, mais la condition à remplir. Il n’y a de
1. Var.: Tischendorf, Westcott et Hort préfèrent et avec NŸAB Syrsch; exe dans N°CKLP (13 si5x%cp) Copt. Syrr. Vg. (si lamen).
croissance qu’en lui. Par là les lecteurs sont invités à s’examiner. (Gerhard : non est dubitantis sed supponentis quod factum sit.) Suit une citation libre du Ps. 33 (34), 9 ysbsaofe xat ldere Gt yprorèc à pros, dont nat ièers a été omis, ne cadrant pas avec l’image employée. Le Seigneur, dans le Psaume, c’est Dieu; ici, c’est TC G 2
iyeüoachs (Luc 9,27) continue l’image du lait, Jésus-Christ lui-même étant l'aliment de l’âme. Il s’agit de croire du cœur : c’est l’expérience intime (Héb. 6, 4). « Ceux-là, dit Luther, le goûtent mieux, qui sont dans l’angoisse de la mort ou que la conscience presse. La faim est un bon cuisinier. »
vencrés, bon, excellent, traduit 2% dans les LXX. Se dit, dans le Psaume, de Dieu qui protège. Ici, comme ailleurs dans le N. T°. (Mat. 11,29 mon joug est doux; Eph. 2, 7; Tite 3, 4), c’est la bonté parfaite du Seigneur, prêt à pardonner, à aider (Luc 6, 35). On remarquera le rôle attribué à l’expérience chrétienne, qui est le grand secret, le suprême argument. La vie est à elle-même son propre témoin; elle se fortifie par sa vertu, elle s’accroit incessamment. Rien de légal : amour implanté dans le cœur transforme tout. Les prédicateurs, remarque Usteri, érigent en loi l’Église, le culte, tout ce qu’on appelle les devoirs religieux : il faudrait en faire sentir la douceur.
IL 4. moûc dv mooccoyéuevor, Aioy Côvra, dr avbow- \ > Q / N\ = 5 4 rwv Hèv drodedoxuaouévor, maoù Où (eg éxAextév, Evruov *, Approchez-vous de lui : il est la pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu.
L'image change brusquement. Les écrivains juifs ne craignent pas les disparates. C’est maintenant la pierre, le fondement sur lequel les croyants sont placés. Jusqu’au v. 10, cette comparaison sera développée par des citations et des traits qui mettent en lumière leur dignité incomparable. La même image se retrouve