‹ La Première Épître de l’Apôtre Pierre CommentaireChapitre 31 sur 123 · DA · texte numérisé non relu

DA

1 rs 24 Ter , \ ARRGANE LP

ra Dep Hoeÿes za! à riorebwy où ph xatatoyuvôn. L'épitre écrit

320 au lieu de Bo) y, et im &v ©. au lieu de ipBdAw; elle

déplace els +0 feux et y ajoute xd75<, elle supprime rohvuredñ et ?

Rom. 9, 33 fait allusion au même passage d’Esaïe, mais en en gardant seulement le début et la fin : i30ù +i0mus &v Etov Ai0ov….

— exkextov, après axooywviatov dans K AK LP, correction tout indiquée, et avant axe. dans BC. — er'avtw supprimé par B d’après les LXX; ex autov dans N.

MonniEr. — La premiere épitre de Pierre. 7

zh 8 mioreluv èr” adr où xarmoyuvbposre, et dans l'intervalle Paul intercale quelques mots empruntés à Es. 8, 14. Ésaïe dit : 68 M0ou rpocrépuiart ouvavrosshe oÙdE de Tétpas rrwpart. Rom. 9, 33 porte, après Aloy, mpocxépuatos nat métpay sxaydahov, et ces mots vont se retrouver avec un léger changement (le nominatif au lieu de l’accusatif).

Von Soden suppose que Rom. 9 et 1 P.2 procèdent d’un texte des LXX autre que celui que nous possédons; ce qui ressort de l'examen est beaucoup plutôt la liberté avec laquelle Paul cite l’'Écriture, mêlant deux versets différents, parlant en langage biblique, plutôt qu'il ne cite. — Au reste la dépendance de 1 P.2, 6 et 8 par rapport à Rom. 9, 33 est évidente.

Es. 28, 16, parle de la sécurité que présente la Sion idéale, résidence de l'Éternel, roche éprouvée. Cette roche peut être le royaume de David ou le roi lui-même. Paul y trouve une prophétie du Messie, pierre angulaire de la théocratie nouvelle; et l’épitre, de même, y voit une consécration anticipée de l’œuvre de J.-C.

s0nu, faible équivalent de D, peut être une réminiscence d’endroits tels que Es. 46, 13, 2éduxa ({n2) ëv eus. —ëv, pour, autant que en; l’Église, véritable Israël, étendra cette promesse au monde. — axpoywwiaïo, (ñ32) ne se retrouve aïlleurs que dans la littérature chrétienne (Job. 38, 6 à ywvwioe). C’est probablement un adjectif se rapportant à Affov ; ce pourrait être un neutre « une pierre d’angle » (Ps. 143 (144) 12, Aquila). — rioreüwy, sans complément dans le texte ancien des LXX, désigne l’état de foi, de confiance dans les voies de Dieu.

où ph xatatoyuyT. Le texte hébreu porte win: N9, n'aura point hâte de fuir; les LXX ont lu wa» N5, ne sera pas confus, exprimant la confusion qui résulte des entreprises ruinées. Toute vie doit être fondée sur la pierre de l’angle; appuyés sur elle, que pourrait-on craindre? Il y a là tout ensemble une promesse et une exhortation.

ër arw (variante des LXX dans K AQ); ét, avec le datif de la personne, ‘pp artient plutôt à l’A. T., et no moins l’objet de la foi que le fondement de la confiance (Calvin : credens non

vacillabit).

cn LU one 99

IL ÜLiy oÙy » TU TOÏS TLOTEUOUOLV" GRIS TOULY Ôë, Abo Ôv aredoxiasay oi DIXOCOLLODVTES, oùtos éyevnün ic xepañhy ovins xai Alocs mpooxéuuatos xal mérox SxAvÈAOU !,

Vous donc qui croyez, vous en aurez de l'honneur; mais pour les incrédules, la pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée est devenue la pierre même de langle, une pierre d'achoppement, un rocher de scandale;

où rattache étroitement le v. 7 à la fin du v. 6.

buy désigne constamment les chrétiens (1, 4. 10. 12. 13. 20). Le sens n’est pas « à vos yeux ». C’est le sens d'Érasme qui rapproche +6 de Zyruov et qui y voit la pierre rejetée par les juifs, acceptée par les chrétiens. Hort traduit : par rapport à vous (in reference to you); rtf, aurait également le sens de prix (preciousness), et le tout voudrait dire : « c’est pour vous que cette pierre est d’un grand prix devant Dieu. » Ainsi Calvin: Christus coram Deo electus est, lapis ergo fidelibus talis est; Luther : la pierre, c’est Christ même d’où procède tout honneur; Calov : honneur donné par Dieu qui a posé la pierre.

On traduit plus généralement z6 par honneur, et on y voit une antithèse à xaraoyuvOn (2, 6), oui signifiant « pour vous » (dat. commodi). Le salut est un état glorieux où les élus seront élevés. Par la foi, ils y sont déjà; au reste, si ru n’est pas un synonyme de Æyreov, c’est bien le prix de cette pierre qui fait honneur.

rois, en qualité de. — motebouav (oi mioreboavres Héb. 4,3; 1 Jean $, 13). C’est la foi qui unit à la pierre de l’angle, et forme l’édifice. (Remarque de Winer sur la leçon Affov, p. 537 : oratio variala, 2 membres de phrase se suivant avec une construction

1. Var. : artsrovouv avec N BC, arefovsy avec À K L P, par imitation du v. 8. — }fos avec Nc À BC* Oec. préféré par Westcott et Hort, Weiss. Aoy avec N*C: K L P (Tischendorf). — Ados est une leçon mieux appuyée, plus difficile, s’éloignant de Ps. 118, 22 et de Mat. 21, 42.

Part

différente). Lorsque un texte de l'A: T. apparaît dans une phrase du N.T., il en rompt très souvent la suite.

rioroow, sans article; ils ne forment pas un corps, comme les fidèles, mais une masse indistincte. — [ncrédules, avec une nuance d’impiété et de malhonnêteté, dit la Clavis de Grimm; mieux vaut s’en tenir au sens de simple incrédulité. C’est le fait de celui qui n’a point de rise. Le N. T. emploie ce mot en l’opposant à un autre qui exprime la foi (r:o7eüw Marc 16, 16; retbopa: Act. 28,24; morte ROMm.3,3: mode 2 Tlim:2, 11). Ciavec le sens classique de méfiance, Sap. 1, 2; 10, 7. La phrase qui suit se compose de 2 parties distinctes, empruntées à 2 endroits. D'abord, textuellement au Ps. 118, 22, cité dans Mat. 21, 42; puis textuellement aussi à Rom. 9, 33 qui imite plutôt qu'il ne cite Es. 8, 14.

Les commentateurs ont trouvé une difficulté dans le fait que la pierre est appelée à la fois, dans ce court passage, à propos des incrédules, pierre d’angle (acception favorable) et pierre d’achoppement. C’est ce que von Soden explique en remarquant que la pierre présente un angle auquel on se heurte (Luc 20, 17). Hotmann construit la phrase de façon à lui faire dire que la pierre est devenue pierre d'angle pour les croyants, pierre de scandale pour les autres. Usteri dit que c’est un acte de Dieu qui a fait de la pierre une pierre d'angle, et le rejet des hommes qui en a fait une cause de chute. — Il ne faut pas chercher ici des images suivies. Sous ces métaphores on reconnaît J.-C. que l’auteur glorifie, sans faire attention à l'embarras qui se produit dans les comparaisons. L'un des termes marque la grandeur de J.-C., et l’autre le scandale que le cœur incrédule trouve dans l'Évangile. — C’est d’ailleurs ce quiest dit de Dieu même dans Es. 8, 14 « il sera un sanctuaire, mais aussi une pierre d’achoppement ». Il n’est pas besoin de penser à la pierre de Dan. 2, 34. 35. 44.

Le datif artorcüaw suppose, si l’on veut, Eyevkôr sous-entendu, ou mieux, est simplement un datif de relation (Mat. 13, 14). (Hort). Le Psaume 118est de date tardive. Fait-ilallusion à quelque incident de la reconstruction du second temple (Plumptre, Bibl. slud., p. 275 et suiv.; Hort)? Les combats dont le Psaume parle forcent à descendre plus bas, au temps de l'indépendance (Reuss,

— I], 8 — IOI

les Psaumes, p. 349); la pierre est ici « le peuple juif, rejeté et méprisé par ses dominateurs, les constructeurs de l'édifice d’une grande monarchie; mais qui, par une victoire éclatante remportée à l'aide de Jéhova, se pose comme la pierre angulaire de l'édifice du royaume de Dieu » (Reuss). — Outre 1 P.2, 7 le N. T. cite 2 fois ce texte en‘l’appliquant à J.-C.; le Seigneur en fait usage, après la parabole des vignerons infidèles (Mat. 21, 42; Marc 12, 10; Luc 20, 17), et Pierre le développe après la guérison du paralytique (Act. 4, 8-11). Jésus, véritable roi d'Israël, est cette pierre, rejetée et précieuse.

aredoxipasay indique ici le rejet après examen. On a vu J.-C. à l’œuvre, et on l’a rejeté (Luc 9, 22; 17, 25). — oixodomoüvrec, les chefs du peuple, et les païens qui ne trouvent aucune place à faire à J.-C. dans leurs institutions.

oÿros, souvent employé de la sorte dans le N. T., quand le prédicat qui précède se compose de plusieurs mots, et qu’on tient à préciser (Winer, p. 151). — xepakv ne fait pas allusion à Zach. 4, 7; simple désignation poétique de la pierre de l'angle (Hort). CrepaAniomepnévra Eph.122%4 035,23 Col: 1, 185%2,710)

Mo .……. sxavDdhou, tiré de Es.8, 14, d’après le texte de Paul (Rom. 9,33), qui traduit directement l'original affaibli par les LXX.—rpooxépuaros, c’est la pierre tombée au milieu du chemin et contre laquelle on butte (33, Jér. 13, 16). — métpa oxavddhov, c’est le rocher qui afleure et qui fait trébucher et tomber (bu). — De même, chez Paul, le Christ crucifié, salut des croyants, hridautres enscandale (r Copar,22; Gal:,s, 1r).

IL, 8. oi roooxémrousr To AGyw dnellodvtec, els à nai étélnsav.

ils se heurtent à la Parole, n’ayant pas voulu croire, et c'est à cela qu'ils ont été destinés.

1. Var : areuouyres avec NACKLP; artorouvrec avec B, témoignage isolé, 2 ? (ro)

probablement faute de copiste, inspirée par le v. 7. — etefnsav, remplacé chez

Oec. et Theoph. par une glose explicative, destinée à atténuer : etç nv rapeoxevacav

EQUTOUS TOËLV xat ETEUNoœY.

ci se rattache à &rioroëauv dont il n’est séparé que par la citation.

roosxémrououv et émeobvres ont pour complément commun +ù A5yo (se heurter à la Parole, n’y ayant point cru). Certains commentateurs rattachent r& Xéyw à émeudoëvres : on ne se heurte pas à la Parole, disent-ils, on lui désobéit. Cameron propose même de mettre une virgule après rposxorrouauv. Il est vrai que dans les écrits bibliques rpssxérrew est employé d’une façon absolue (Jean 11, 9; Rom. 14,21); mais plus souvent il est suivi de xp5< (Mat- 4,6) ou du datif (Rom. 9, 32); et ici le mouvement de la phrase est en faveur de la liaison. D'ailleurs, l’idée qu’on se heurte à la Parole est toute simple. Elle est appelée une occasion de scandale ; dans Es. 28, 13 (texte hébreu) c’est la Parole de Jéhovah; dans le N. T., c’est tantôt la Parole (Mat. 13, 21), tantôt la Parole de J.-C. (Mat. 15, 12), dont on se scandalise (Jean 6, 60 et suiv.). Dans Act. 13,44 à 49, c’est la largeur même du message évangélique qui est pour les juifs d’Antioche l’obstacle qui fait tomber.

är=10oëvres explique dans quel sens il peut.être dit qu’on se heurte à la Parole : c’est en ne croyant point. Ici encore, à travers les métaphores, il faut aller à l’idée. Le verbe exprime un acte matériel, le complément est d'ordre spirituel; mais à travers la parole on discerne la pierre, et à travers toutes deux, J.-C. — ar=10év, qui traduit dans les LXX, 19, ont rejeter, 1 se révolter, indique, avant tout, l’état d’une âme en révolte contre Dieu. C’est le peuple rebelle et contredisant dont parle Esaïe (arethoüvra vai avrthéyovra Es. 65,1, cité dans Rom. 10, 21; v. par contre iaxovety 76 ebayyekw 2 Thess. 1,8). — Ceux qui n'obéissent pas à la Parole sont, d’après le texte de l'A. T., et d’après l’usage qui en est fait ailleurs dans le N. T., les juifs incrédules, à qui les païens succèdent. L'épitre, sans allusion aux juifs ni aux païens, vise le monde incrédule et lui applique, dans leur sens général, les formules qui ont cours (Hofmann).

rai, avec le sens de car (Winer, p.408). — sic 6 ëréünoav (cf. pour cet emploi de +{0mu Act. 13, 47; Jean 15, 16; et avec eis Es. 49, 6, rglhess., 9 lim ME MP) AGE nue jetée en passant, fait allusion à un point de vue universellement accepté, qui est exactement celui de Rom. 9-11. Il ne s’agit pas d’un jugement

RE PANNE SNA er Mt ES RER ES A VEN A

rendu après coup; une volonté souveraine, d’avance, prépare certains individus en vue d’une fin (Rom. 9, 17 Pharaon; 9, 22 les vaisseaux de colère disposés en vue de la perdition). Cf. le livre de Hénoch, où, sur les tables du ciel, est écrite d’avance l’histoire des plus lointaines générations (81, 1.2; 93, 1-3), aussi bien des iniquités à venir (106, 19) que des bénédictions réservées aux justes (103, 2.3): « je connais le mystère, et je l’ai lu dans les Tables du ciel » (Charles, The Book of Enoch, p. 132 et passim). On a cherché à tourner cette déclaration rigoureuse et à restreindre cette afhrmation si énergique de l’absolue souveraineté divine. Aïnsi on a fait porter eiç © seulement sur tpooxémrouarv et non sur &rethoëvres (Weiss); on a remarqué qu'il n'y a ici qu'une courte incidente (Usteri). Il ne s’agit, dit Lumby, que d’un châtiment mérité, « personne n'est préparé en vue de la désobéissance »; Bengel : hoc poni sequitur infidelitatem; et Schott a cru pouvoir dire : « ils ont été mis dans un état intérieur qui atteigne nécessairement un certain résultat. » Fronmüller veut que +6mm désigne non les desseins éternels de Dieu mais des actes dans le temps. Von Soden se réfugie dans le doute et ne voit pas si c’est une volonté absolue de Dieu, ou conditionnelle et liée à l’incrédulité. Les auteurs catholiques y voient une simple permission de’ Dieu (Estius). Corn. a L. interprète même : destinés à croire.

Par contre, les calvinistes y ont vu, à des degrés divers, le décret de prédestination. Calvin yincline (peraeque quadrare potest). Bèze l’afhrme (Nm a se 1psis… ? ab eo videlicet qui de hâc re ipse loquens). Amyraut enveloppe de réticences une opinion analogue : « la sage et la juste dispensation de sa volonté, qui les a de toute éternité, par manière de dire, préordonnés à cette désobéissance… encore que sa prédestination n’opère rien en eux à cet égard, et qu’elle consiste toute à les abandonner à eux-mêmes... il semble en quelque façon que ce soit en suite de la préordination qu'ils se rebellent. » Jacques Cappel dira : #mprobos destinavit Deus ad poenam, non ad culpa.

Il faut reconnaître que l’épitre de Pierre est pleine de la souveraineté divine, et dominée par la pensée de Paul. Pour des esprits chez qui le déterminisme juif s’alliait à l’ardente reconnaissance

des chrétiens, la double prédestination semblait naturelle : ils adoraient le redoutable mystère.

EUvos Hyrov, Auôc a TEOITOINOLV, ÊTS e

xétous duc xakécavtos sic To Daumartov

Loetas Ééayyet-

=) a [Q] à) © Ct [QU = a

Vous êtes la race élue, la sacrificature royale, la nation sainte, le peuple que Dieu s’est acquis, afin que vous proclamiez les louanges de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière.

Dpetc + début analogue à celui du v. 7, faisant antithèse à ceux qui n'ont pas voulu croire. Ils ont perdu la dignité de peuple de Dieu; « c’est vous maintenant qui... » On remarquera l’énumération qui suit, sans particules de liaison (Winer, p. 484), sans articles; mais sans rien de vague. L'auteur énonce les caractères qui passent d'Israël aux chrétiens sortis du paganisme. Il se sert des paroles les plus solennelles de l'A. T., celles qui constituaient la charte divine du judaïsme, et par lesquelles Dieu sur le Sinaï avait conclu l'alliance avec les fils d'Israël (Batiffol). Ce sont divers passages de l’A. T. d’après les LXX. Ex. 19, $ et suiy- fournit Baoihsioy iepareuux et Ebvos ayiev, termes appliqués au peuple d'Israël, consacré à Dieu; Es. 43, 20 et suiv. donne yévoc.. Enhexrév, haëv.. dv mepienommodpuny tas aperds pou drmyeïoôat (Eph. 1, 14). Pour la 2 (oxérous… où), v. plus bas, même verset. Da l’ensemble, il peut y avoir une réminiscence de 2 Macch. 2, 17 (&x doUS.. Basthetov nat rd lepateupa nat Tèv &yixopév).

Ces textes de l'A. T. contiennent une préformation du principe chrétien du sacerdoce universel (Holtzmann, N. T. Theol. I, HR SNA

yéves (Act. 17, 28. 29 et Act. 7, 19; 13, 26) indique l’origine commune, la race; chaque membre du peuple élu est enfant de Dieu, frère de ses frères.

xhexr5r. Ustert y voit le choix hist rique, puisqu'il s’agit d’un

peuple nouveau qui vient d’être recruté d’entre les païens; mais l’acte historique suppose le décret éternel. — Exkextév rappelle le libre choix de Dieu, la mission qui en résulte.

Baotkstoy iepdreuua. Dans Ex. 19,6 où ces mots se trouvent, les LXX semblent prendre Bagiksiov comme substantif (cf. LXX 1 Rois 14, 8; Dan: 7, 22 lisant 35m au lieu de nn. De fait, l’Apocalypse dira faoikelav, ispeïe (1,63 5, 103 cf. 2 Macch. 2, 17). En ce cas facfhetov signifierait une société de rois (cf. resoéuréprov) comme isp4resvpx une société, une communauté de prêtres; mais cette acception est inusitée, et dans notre texte Pasikstov est adjectif; autrement il y aurait xx{ entre les deux mots (Vulgate, regale sacerdotium). Dans l’Exode il s’agit d’une théocratie dont les membres sont des prêtres (Usteri). Prêtres de Dieu, les fidèles de la nouvelle alliance le sont à l'égard du monde (cf. Philon., de Abrah. 19 t6vüv To MeoptAfotarov, © mor Oonet iscwcbvny xat roopntelav Aæyeïy) (Hort). Ils sont consacrés, en effet, au service de Dieu et des hommes, en écartant, cela va sans dire, toute idée de médiation. — Bacthsio ne veut pas dire que les chrétiens soient eux-mêmes des rois (comme dans Apoc. 1, 6. Cf. pour l’association des idées de prêtrise et de royauté Dan. 7, 18, 22.27), mais qu'ils appartiennent au souverain roi et participent à sa gloire. Clem. Alex. (Adumbrat.): Regale autem dixit quoniam ad regnum vocati sumus, et sumus Christi. Les Réformés traduisaient généralement par « rois et sacrificateurs » (Calvin : ut sitis et regni socii et sacerdotii participes ; Cameron : reges quia omnia subjecit, etiam vitam, etiam mortem pedibus populi sui.) Luther expliquait de la même façon : « Roi est un titre spirituel, seigneur de toutes choses, de la mort, du péché, de l’enfer; » et récemment, Bonnet : « Christ sacrificateur et roi devient un avec ses rachetés, et leur communique tout ce qu'il est. »

#ôvoc, une nation (à), s'applique rarement à Israël; ailleurs il y a Aaèç dytos (Dan. 12,7); £6vn au pluriel désigne les nations, les Gentils (Ps. 106, 5); sauf 1 P.2, 9, ni les épitres ni Apocalypse n’en font usage pour désigner le peuple juif. Luc, Jean etles Actes ne s’en servent qu'indirectement (Luc 7, 5; Jean 11, 48; Act. 10, 22) (Hort). £vos fait penser aux traits distinctifs d’un peuple, à

\ . ce k # ’ Ty Üréo aravtos avfpurwy Yévous

ses caractères ethniques. — &y{ov indique la consécration au Dieu saint. La sainteté est, au milieu du monde pécheur, ce qui caractérise de la façon la plus particulière, la plus frappante, les disciples de J.-C. (x, 2).

Aaëç (ny) désigne couramment le peuple juif, le peuple de Dieu ; dans le N. T., 6 Awéc, avec le même sens. ads els reprrofnery (Corn. a L. : id est acquisitus). n530 (Ex. 19, s) que les LXX traduisent par reptrotnoi, signifie possession personnelle. Ailleurs (Deut. 7, 6) ce mot est précédé de ay, et les LXX traduisent Aadç meproÿotos (Tite, 2,14). Aüïlleurs ils disent & puxerotnuat (1 Chron.29, 3), eis repirotnoir (Mal. 3, 17), 6v repre-

oapnv (Es. 43, 20 et suiv. c£ Act. 20, 28). Dans 1 Thess. 5> 9 ie oinais signifie acquisition, et ici c’est le: peuple que Dieu s “est acquis, pour le posséder (cf. pour l’usage de eïs, Gen. 27,8 ei raraoyeoty, I Rois 8, 53.eis xAnoovouiav) (cf. LXX Ex. 19,6: Es. 43, 21; Mal. 3, 17). sis n'indique pas le futur (Schott : un peuple qui sera acquis dans l’avenir; von Soden, de même). Batiffol traduit trop largement « un peuple d'élite » (Z. c., p. 592).

érws se rattache à tout ce qui précède et marque le but même de ces qualités.

apstäs, louanges (Hatch, Essay in Bibl. Greek, p. 40; Hort, ad loc.; Leopold Schmidt, Ethik der alten Griechen, X, p. 295-301); dans les LXX a@pery traduit 2 fois a, gloire (Hab. 3, 3; Zach. 6,

13), et 4 fois ban (Es. 42, 8-12; 43210307 both avoïErt orôux 20v0v ss ae varaiwy (addition apocryphe), et le terme d’&perahoyix (bonne leçon de Sir. 36, 19; Ps. 30(29),5 pour nn dans Symmaque) et 4psr2kéy2s (Ausone Ep. 13). Schmidt faisant l’histoire du mot __ part du sens primitif, (avantage quelconque attirant une estime particulière), et montre comment ce mot garde longtemps la double acception de qualité éminente et de prestige. Hort voit dans notre passage une survivance de cette acception. — Le sens de vertu est conservé par Sap. 4, 1; 5, 13; 8,7; mais notre texte s'inspire d’Es. 42, 12 où il s’agit de louer Dieu, et cette pensée revient constamment dans le chapitre (2,9. 12. 15). — Luther y voit l’œuvre même du salut: Das Wunderwerk das Gott euch gethan hat, et von Soden les vertus

Æch ne

— Il, 10 — 107

divines que Dieu communique à ceux qu’il régénère par sa parole.

Efxyyshnse, message qui sort spontanément du cœur et qui devient public (Act. 26, 23). La bouche le répète, la vie en rend témoignage.

aahécavres désigne Dieu, auteur de tout appel.

suérous… où. L’antithèse si fréquente dans le N. T. entre la lumière et les ténèbres s’applique ici à la vie antérieure soudain éclairée et transformée par l'Évangile (Eph. $, 8-14; Col. 1,12 et suiv.). Cf. Es. 9, 2(x), véritable origine de ce passage (ce serait Es. S0, 10 d’après von Soden); Mat. 6, 23; Luc 11,35; Jean r,5; Act. 26,18; Rom. 2, 19; 2 Cor. 4, 6; Héb.6,4; 1 Tim. 6, 16 (owrtoféyres); 1 Jean 1, 5. Partout la notion fondamentale est la même, le rayonnement des perfections et des grâces divines. — Les ténèbres indiquent que les lecteurs, jadis, étaient païens. — a2r05 avec oùs (Jacq. 1, 17; 1 Tim. 6, 16). Oxsuacréy, lumière éclatante et pure, merveilleuse comme l’œuvre de Christ, qui est le grand miracle (Mat. 21, 42). La lumière permet de voir et de comprendre l’œuvre de Dieu (Clem. Rom. 36).

II, 10. of more où Auée, vüv dE Ads Oeod, oi oùx N]

nAenpévor, vÜy 0ë éAenhévrec.

Autrefois vous n’étiez pas le peuple de Dieu; maintenant vous êtes son peuple; vous n’aviez pas obtenu misécorde; maintenant vous avez obtenu miséricorde.

C’est le mot d’Osée 2, 25 (23) (CF. Os. r, 6 à 9) sur le peuple qui est rentré en grâce. Ici, ce mot peut s'appliquer aux convertis. Ce qu'ils sont, ils le doivent à la miséricorde de Dieu (£kendévres); mais le texte ne distingue pas, et cette large fin de développement enferme Juifs et païens convertis, dans la même grâce. Brückner écarte l’idée d’une citation de Rom. 9, 25; il remarque que les termes diffèrent notablement. Le texte d’Oste parait avoir été classique et diversement reproduit. Pourtant limitation de Paul reste très probable. Rom. 9, 25-26 contient les mêmes expressions essentielles, et désigne les païens admis dans l’Église.

où haéc. Sur l’hébraïsme employant où (N5) avec un substantif, pour exprimer une idée contraire à celle de ce substantif, voir Winer, p. 444 et Buttmann, p. 353. Les noms ainsi formés ne

se présentent que dans les citations. — @:05 se sous-entend après haés. — Sans article, ils sont #n peuple plutôt que Z peuple de Dieu. — On peut citer comme parallèle Apoc. 21, 3. 4at œdvot

Auot a0ToÙ Écovrat.

mhenuévor (Os. 1, 6.8; 2, 1) a le sens du plus-que-parfait. Suit un participe aoriste. Le premier exprime un état, le second un fait (Winer, p. 322), laconversion; l’antithèse accentue l’extraordinaire et la profondeur du changement.

2,11 à 3,12, devoirs d'état. «... À la préoccupation de maintenir dans sa pureté l’idéal moral du cercle apostolique, nous devons les nombreuses prescriptions de Pierre touchant la communauté, le mariage, l’état, la position sociale ». (Fulliquet, La pensée religieuse, p. 258.)

Le caractère idéal du peuple chrétien, et les principes permanents de la vie nouvelle étant posés, voici les exhortations pratiques qui en sont la conséquence. C’est une sorte de table des commandements chrétiens (Eph. $, 22 à 6,9; Col. 3,18 à 4, 1).

11-12. Ces deux versets servent d'introduction en énonçant quelques idées essentielles à Pépitre : les chrétiens sont des voyageurs; et, l’on doit vivre dans la pureté et de façon que les hommes rendent grâces à Dieu.

IL 11. dGyamnroi, TAPAXANG DS TADOIXOUG XX THDETL- N] = + + ed e!

d'nuouc aTEy ec dar Tov saprtxdv EruumSy, aitives cToatedov- TAL KATA TS VUYNS ,

Bien aimés, je vous exhorte, comme des étrangers et des voyageurs, à vous garder des convoitises de la chair qui font la guerre à l’âme.

1. Var. : aneyeolar est appuyé pat BK Ve. Hofmann préfère areyeole appuyé par À C LP Syrutr Copt. Aeth.; mais cette leçon, moins bien établie,

n'est pas de la langue de l’épiître. — us est ajouté par Ve. etles PP. lat. après areyecÜat où après rapazahuw.

"Ayarnrot s'adresse au cœur pour attirer l’attention sur l’importance de ce qui va suivre. — Le terme d’&yérn n’est pas, comme on l’a dit, un mot du langage religieux (Vox meré ecclesiastica et biblica, dit la Clavis de Grimm), mais un mot de la langue courante du temps (Deissmann, Bibl. Studien, p. 80) auquel le Christianisme a donné une portée nouvelle. Dans l'A. T. (LXX) ayarày exprime toutes les nuances et toutes les profondeurs de l'amour divin. Dans le N. T., &yarntés désigne le Fils bien aimé du Père (Mat. 3, 17), les élus aimés de Dieu, et c’est le terme par lequel, dans les épitres johanniques, constamment, l’auteur s'adresse aux lecteurs (1 Jean 3, 2:21).

ws, parce qu'ils sont étrangers, ils doivent s'abstenir. — rapoixovs, traduit dans les LXX 73 et awin, et ne signifie pas voisin, mais celui qui séjourne comme un hôte, un étranger (Bengel, #7 aliena domo). On distingue raporxeïs et xatorxeiv, Gen. 37, I xard-

net dE [uxoé ëv +9 yn 05 Tapwxnoev 6 rarñp adreÿ (Philon, de Confus. ling., Mangey, p. 416. — Hatch, Essay in Bibl. Greek, p. 6). — « Ce les étrangers, dit Amyrault, ne font que passer au travers des pays où ils voyagent, et n’ont pas accoutumé d’en prendre les coutumes ni les mœurs. » Lire Bersier, Sermons, t. 4 : la cité du ciel, sur l'esprit de pèlerinage, p. 312 : « Apprenezmoi que la vie est un voyage, une marche en avant. Alors, je puis tout commencer, tout entreprendre, et le sentiment amer de la vanité disparaît » (Phil. 3, 20; Héb. rr, 13 Eévot xat raperÜnper). aa mapsriuevs. Étrangers et voyageurs, ces 2 termes sont frédauéonentréunts (Gen. 23/4: Ps 28(39), 13: Héb. 11, 13; Eph. 2, 19). — Ils sont étrangers au monde, à son idéal inférieur ; ils ont, pour parler comme un moderne, une toute autre « table de valeurs », un tout autre avenir; aussi l'attrait des convoitises diminue, la force de vaincre grandit.

ra sûat éruboyidv, expression classique (Platon, Phédon, 82 c

cité par Hort, cf ps, gthocogobvres dmeyovrau Tüv nara 1ù cûpa ErtOopoY arasv.

@méyeoba (1, 14; 2, 1). C’est le mot qui a l’accent : s'abstenir; et ceci indique moins le degré de victoire qui peut être remporté que le combat lui-même. Luther : « Qui me délivrera de ce

IIO COMMENTAIRE

corps de mort! Ainsi ont crié tous les saints. Quand la foi est là, viennent cent mauvaises pensées, cent combats de plus qu’auparavant. Mais tâche d’être un homme... et de dire : je ne veux pas, je ne veux pas! La vie chrétienne est une lutte ».

sapruxwv. C’est le seul endroit où l’épitre emploie ce mot dans Pacception éthique où Paul le prend habituellement ; mais ici, il s’agit surtout des sens. (Calvin généralise : non tantum crassos et cum pecudibus communes appetitus… sed omnes animae nostrae affectus). Paul désigne ainsi toutes les convoitises. Cf. Eph. 2, 3 qui est imité ici; Gal. $, 16. ëmtbupiat ris aprés; Rom. I, 24 rüv rap; 1314: 0Ga4l.5, 17. 24520013 sémobuia) rar dite 2262 xourass 2 Lim d, 310 Croacq ta PR re tien 16. aïrwes n’est pas simplement équivalent de a, mais veut dire « qui, en raison de leur nature » (Hort).

otpareovrat (Rom. 7, 23 avriotpareudmevoy rù véuw; Jacq. 4, 1 HdovGv... orpateuouévwy év rois péheotv, les convoitises résistant à une autorité qui n’est pas nommée; Gal. $, 17; Ep. Polyc. 5, 3). Ces désirs font la guerre à l’âme, sont un obstacle au salut (1, 9), éloignent de la purification qui doit être poursuivie (1, 22). C’est l'effort de Satan pour demeurer maitre. (Voir, sur ce texte, Saurin, Sermons, Paris, 183$, t. 2). Les auteurs qui comme Schott, parlent de l’âme détruite par le péché, dépassent l’intention de l’auteur (Lumby : les convoitises s’attaquent à l’âme, siège de la vie, travaillent à sa ruine ‘).

1. Voir, dans le même ordre d’idées, 2 études de H. Drummond, dans Les Lois de la nature dans le monde spirituel (trad. Sanceau, 1887) : 1° Dévénération (p. 149 et suiv.) : « La vie spirituelle est la somme totale des fonctions qui résistent au péché. L'âme abandonnée à elle-même, non gardée, non cultivée, non rachetée, doit mourir par sa propre nature (p. 155). La dégénération dans la sphère spirituelle implique d’abord la détérioration des facultés du salut, et finalement leur perte (p. 159). La transformation suit son cours... les effets peuvent se mesurer dès maintenant. Chaque jour il faut rendre des comptes. La rétribution silencieuse de notre passé nous suit jusque au tombeau » (p. 163). — 2° Mort (p. 189 et suiv.) : « la mort spirituelle est un défaut de correspondance entre l'organisme et l’environnement spirituel (p. 196). L’esprit de la chair, par sa nature même, est la mort... L’homme est de plus en plus coupable, le cœur s’engourdit dans l’anéantissement des impulsions les

Ed LR TP er LOTS PE HP 4. PE — IL, 12 — TITI

duyñs, la personnalité même, l’être spirituel qui doit être sauvé.

C'est le langage de J.-C. plus que de Paul (Mat. r1, 20).

à \ » \ u S : ” > IL, 12. Ty dvaotpowhy dudv ëv mois Efveoiy Éyovtec / « 3: a: e = e Si 2 = 22h NY, Îva y & xaTakakoüoty bUGY de xAxOMOGV, Ex TOV LES / , 3 € xA\GY Éoywy Erontetovtes doËdowory Tôv Üecv ëv AÉeX ÉTICXOTŸS .

ayant une bonne conduite au milieu des païens, afin qu’au lieu de vous calomnier en vous traitant de malfaiteurs ils voient vos bonnes œuvres, et glorifient Dieu au jour où il les visitera.

avaotpeghv (1, 15. 17. 18; 3, 1. 2. 16); c’est la conduiteque l’on tient au milieu de ses semblables.

£0vec:v, ne prouve pas que les lecteurs soient sortis du judaïsme, car le monde qui entourait les chrétiens ne pouvait être désigné autrement. On ne peut inclure les juifs incrédules parmi les £0vr, comme fait Weiss (Lehrbecriff, p. 121).

Zyovres. On attendrait £ysvr25 mais l'éloignement du verbe facilite cette tournure plus expressive (Eph. 4, 2; Col. 3, 16).

2x0, conduite bonne, et qui parait telle; conduite digne des He Deauteamordlen (lac ersz HébSrs ar0)se dans 3 16 æyaby indique la valeur intrinsèque.

y 6, non pas pendant que (Marc 2, 19); mais : en ce que

QE

plus élevées (p. 210). La paralysie de la nature morale, séparée de Dieu. est une conséquence nécessaire. Le véritable milieu de la vie morale, c’est De u. C’est ici que la conscience se réveille. C’est ici que l'amour s’enflamme. Mais loin de cette atmosphère l’âme atrophiée périt (p. 211). Elle peut avoir pour un temps « le renom de vivre », mais sa vertu même a la päleur d’une fleur qui a crû dans l’obscurité ; aucune odeur ne s’exhale de son esprit... C’est un développement arrêté... un cadavre » (p. 212).

1. Var. (assez nombreuses, sans importance) : sv tot elveotv syovtes xæknv dans NA C. (B omet syovrec) ; syovr. xax. ev +. elv. dans K L P, correction qui semble avoir pour but d’unir plus étroitement ces mots aux précédents, auxquels ils se rapportent. — erortevoytes dans N B C; exozrevoavres dans À K LP.

(Rom. 2, 11). Ce qui fait l’objet des calomnies doit devenir l’occasion même de glorifier Dieu. Usteri cherche à préciser : ë © désignerait le nom même de chrétiens, qui pouvait, à cause des écarts de la liberté chrétienne, prêter aux critiques. Huther y voit l’abstention des mauvais désirs. De Wette, la vie des chrétiens (passage parallèle, dans l’épitre même, 3, 16).

zarahakcdouw. Dans le N. T., parler mal de quelqu'un (3, 16; Ja Ar; 2" Cor. 12 20: Rom. 30) MIS @pasaencnponr xarororci, C’est l'accusation qui revient dans l’épitre. Le terme est vague. Il ne désigne en particulier aucun crime; mais un ensemble de calomnies qui rendaient les chrétiens odieux.

Is ne se mêlaient pas au culte national (4, 3). Ils rompaient avec les coutumes et les traditions (r, 18).Ils se réunissaient entre eux, non sans mystère. Leur amour fraternel semblait un pacte secret. Leur sens du divin les faisait passer pour athées; leur fermeté indomptable semblait une obstination mauvaise. Aussi des bruits absurdes se répandaient. La calomnie s’organisait, souflant la haine au cœur des multitudes capables de tout croire et de tout oser (2,15). Ces bruits constituaient un danger permanent (4, 12). On réfute difhcilement des rumeurs semblables : le plus sûr est d’y opposer des vies sans reproche, qui font impression et retournent les esprits (3, 16). Cf. Tacite, Ann. 15,44 Quos per flagitia invisos vulgus Christianos appellabat; Suétone, Nero, 16 : Afficti suppliciis Christiani, genus hominum superstitionis novae ac maleficae; Pline Ep. X. ‘

xaxoroiüv. Dans le grec classique et les apocryphes, faire tort, faire du mal à quelqu'un (Marc 3,4; 3 Jean 11); dans les LXX, même sens, en y ajoutant distinctement l’idée d’une conduite moralement mauvaise. Ici : faire le mal, être des malfaiteurs.

ëmomtesovres. Dans le grec de ce temps, érérins veut dire témoin oculaire; dans 3 Macch. 2, 21 ce mot se dit de Dieu qui voit tout. éronreiw, s'emploie avec l’accusatif (1 P.5,2); mais ici, l’absence de régime fait penser à la langue des mystères :

mie

comme ceux dont les yeux s’ouvrent devant des mystères tout d'un coup révélés. Les 1° écrivains chrétiens empruntent des

termes à cette langue (uuormptov, téherce, etc...) mais c’étaient des

lire rt

expressions courantes dans le grec alexandrin et hellénistique. (Hatch., Infl. of Greek ideas, p. 284; Lobeck, Aglaoph., p. 39 et suiv.) Il n’y a pas à suppléer rèv @séy qui se trouve dans Clém. d'Alex. Strom. 4,152 (cité par Hort). Le participe est employé d’une façon absolue.

x Tüv xaAdY Éoywy se rattache autant à DoËéowot (Huther) qu’à Eromrevoyres (Usteri). — èx indique le résultat de cette vue. — £pyx xah4, expression paulinienne.

DoËäcwot (122) allusion probable à la parole de J.-C. dans Mat. 5,16. C’est une idée courante dans la littérature juive contemporaine, ainsi que dans VA. et le N. T.; les hommes reconnaissant l’excellence des œuvres divines (Es. 49, 3; 2 Thess. 1, 10), même quand Dieu les affige (Apoc. 11, 13).

ëv ñuépa, l'absence d'article ne modifie pas le sens. — irioxorñs G7p3 nf). La visitation divine, dans l'A. T., c’est l'intervention de Dieu, après un silence apparent, pour délivrer le peuple de la sonrude (Ex æ0 er 2 22" Sap 41: Luc :1, 68470) un individu de quelque mal (1 Sam. 2,21), ou pour exercer des jugements (Ex. 32, 34; Ap. 14, 4). Ces jugements peuvent avoir pour but de châtier (Es. 23, 17) ou de mettre à l’épreuve (Job. 7, 8; Sap. 3, 7). La visitation c’est encore la lumière, le salut offert en J.-C. (Luc. 7, 16; 19, 44). — Dans notre texte, c’est l’intervention décisive de Dieu qui juge : scène grandiose qui, pour les chrétiens, coïncide avec la Parousie (Es. 10, 3; Jér. 10,15; Sap. 2, 202 T2 A LAS IO18-19: Clém. Rom, 0,3; Polyc.dans Eus. H. E.S$, 24, 5). La plupart des auteurs rejettent ce sens qui ne cadre pas avec l'attitude des païens qui glorifient Dieu. On se demande comment il serait possible, à la fois, de glorifier Dieu, et d’être condamné, et l’on voit alors dans l’ërioxort l’intervention miséricordieuse de Dieu qui veut sauver. Calvin : Scio quosdam ad extremum Christi adventum referre; sed ego aliter accipio quod scilicet Deus sancta et honesta suorum vita, tlanquam praeparatione utetur ut in vitam errantes reducat. Grotius y voyait les épreuves (temporibus duris); Reuss, le secours de Dieu, l'influence de son esprit, qui serait appelée une visitation, d’après un terme fréquent dans l'A. T. (Gen. 50, 24. 25); Lumby, le triomphe de

Monnier. — La première épitre de Pierre. 8

Christ, reçu sur le terrain même où l’opposition s’est produite, et loué par qui injuriait naguères. — C’est bien du jugement qu'il s’agit. Les condamnés glorifiant Dieu, sont, dans l’apocalyptique contemporaine, une des scènes classiques du dramer. Mais on peut se demander si dans un écrit aussi clair, aussi conséquent que l’épitre de Pierre, il n°y a pas là indication du salut obtenu avant que le Christ vienne juger le monde. — Jean Réville (Origines, p. 158, n. 1) propose un sens trop littéral : le jour de l’inspection serait celui où la vérité sur les actes des chrétiens se fera jour.

13-16. L’épitre, qui enseigne à rompre avec les traditions mauvaises et les convoitises régnantes, veut, d’autre part, consolider les liens nécessaires et sanctifier les relations normales.

Voici les sphères diverses où la fidélité chrétienne doit s’exercer. D'abord, l’État.

C'était un des points les plus délicats. On y attendait les chrétiens. Leur indépendance, leur refus de rendre un culte à lempereur les rendait fort suspects. Sohm définit d’un mot presque intraduisible la façon dont on les jugeait : « Reichsfeinde », enne-

1. « Quand les rois et les puissants verront le Messie assis sur le trône de sa gloire, dit Hénoch, ils seront terrifiés (62, s), ils le glorifieront, le béniront (6). Ils tomberont sur leur face devant lui, et l’adoreront, et mettront leur espérance en ce Fils de l’homme (9). Ils lui demanderont, ils le supplieront de faire grâce. Néanmoins le Seigneur des esprits les chassera de devant sa présence. Et leurs faces seront remplies de honte. (10) Et les anges du châtiment les saisiront pour exécuter la vengeance (11). Et les puissants et les rois imploreront les anges du châtiment... (63, 1) ils tomberont sur leurs faces devant le Seigneur des esprits, et l’adoreront, et confesseront leurs péchés devant lui. Et ils béniront et glorifieront le Seigneur des esprits, et diront : béni le Seigneur des esprits, le Seigneur des rois. Ta gloire est éternelle (3). Nous avons appris maintenant que nous devions glorifier et bénir le Seigneur des rois (4)... Nous soupirons après un peu de repos et nous ne le trouvons pas (6). Car nous n'avons pas cru devant lui, ni glorifié le nom du Seigneur des esprits (7). Et au fond de notre souffrance et de notre tribulation il ne nous sauve pas et nous ne trouvons pas de répit pour confesser que nous croyons que notre Seigneur est vrai en toutes ses œuvres et en ses jugements et en sa droiture, et que ses jugements sont sans acception de personnes (8). » C’est un suprême appel en même temps qu'un suprème hommage à la puissance de Dieu (Charles, The Book of Enoch, p. 163 et suiv.).

« — I], 13 — IIS mis de l’empire. Ce que Paul recommande (et l’épître de Pierre ne fait que le suivre) n’était pas directement destiné au public

non chrétien. Ce n’en était pas moins, par la conduite prescrite, une apologie avant la lettre.

Il, 13. noréynre mon &vbowmivn xtiser dia vbv xUptov, aire Packs de dneoéyovrt ‘,

Soumettez-vous à toute autorité humaine, à cause du Seigneur, soit au roi, comme au souverain,

droraynre, au moyen (De Wette), indique la soumission volontaire ; fréquent avec ce sensdansleN.T.(r Ps,5; Rom.13,1.5; Eph5;,21-24% 6 1-3, 5-8: ? Cor. 15,28 et dans les LXX (2 Macch. 13, 23).

Soumettez-vous : c’est le mot qui domine la phrase (13-16) et auquel correspond ws £Aeÿ0epot qui la ferme. Cette soumission n’est pas le sacrifice de l’individu à la communauté; mais la subordination et le dévouement. La société antique réclamait la soumission formelle; le christianisme en fait une règle intérieure.

rise. Non pas : toute créature humaine, comme veut De Wette, et comme l’indiquent la Peschito et la Vulgate); mais, ce qui est institué de Dieu parmi les hommes. xrieuw veut dire fonder, organiser (Sir. 16,1.12; Philon, de mundi Opific. 4, 1. 4) et se dira d'institutions. Cet emploi de xriois n’a pas d’analogue dans la Bible où il signifie constamment création; non l’acte créateur, mais l’univers créé (Judith 9, 12; Sap. 16, 24; Sir. 7, 15 et 16. yewpylav 0T> Y'hisrou Exriouévny Cf. Rom. 8, 22. Hatch, Essay in bibl. Greek, p. 5)

av0pwTivn, caractérise la nature de cet ordre, et non, comme voudrait Weiss (Lebrbegriff, p. 348), son origine. Calvin : non quod humanitüs inventa fuerit sed quod propria hominum est digesta

1. Var.: Après vroraynte KLP mettent ouv, addition évidemment inauthentique, pour rendre ce début moins abrupt. — C. Sah. Copt. Syrp. mettent avÜpwrtyn après xtiset. — Vg. (am. fu. demid.) creaturae ; Vg. (harl. tol.)ordination.

et ordinata vivendi ratio (cf. Jacq. 3, 7 avhpwrivn qÜois). — mon, sans article (toute sorte de, chaque) désigne les divers organismes sociaux naturels, voulus de Dieu. L’épitre va parler de l’État, de la maison, de la famille. — Dix sèv xüptov, Paul qui creuse davantage, ramène plus directement l’autorité du prince à la volonté de Dieu (Rom. 13, 1, point de puissance, si ce n’est de Dieu). L’épitre dit seulement : à cause du Seigneur. Pour la morale pratique cela revenait au même. L’ordre humain, imprégné de paganisme, persécuteur, était si peu respectable pour des chrétiens qu'il ne fallait pas moins que la volonté du Seigneur pour en faire comprendre la valeur, et pour en imposer le respect. — dé indique la cause essentielle (r Cor. 4, 10; Phil. 3, 7). C’est l'exemple et le précepte de J.-C. Grotius précise trop en disant propler praeceptum domini, Mat. 22, 21. — J.-C. a pratiqué une pareille soumission (Mat. 17, 27 ; 26, 52; Gal. 4, 4; poppñy doÿhou Phil. 2, 7). Ila commandé de rendre au maitre terrestre ce qui lui revient (Mat. 22, 21). Séparant les 2 pouvoirs, il a consacré dans sa sphère celui de César, s’en remettant au levain de l'Évangile du soin de tout pénétrer. — D’autres entendent par xiptov Dieu même (Vulg. : propter Deum ; Luther, Weiss). Ce serait contraire aux analogies .deul’épitre! (23:53, rs) 1etdiillents AenNeE n’emploie pas 34 suivi de Oeéy (à ‘Inooëv 2 Cor. 4, 5.11; dt Xpiorév 1 Cor. 4, 10; Phil. 3, 7). Ce qui suit résume Rom. 13, 1-6.

Baorket, titre des successeurs d'Alexandre, puis des empereurs chez les Juifs et les Grecs (Jos. Bell. Jud. $, 13, 6; Clem. Rom. 37, 3: Apoc. 17,9. 12). Il s'agissait probablement de Néron; la soumission réclamée est d’autant plus significative.

drepéyovr: (Bengel: supereminens); celui qui est le maître(Sap. 6, $s; Rom. 13, 1 éfouolaus bnepeyoioæc ; 1 Tim. 2, 2 rüv èv ürepoyñ éyrwv). Holtzmann(Einleitung, p. 494)voit dans le singulier faother l'indication qu’un seul empereur régnait; mais il s’agit d’une maxime générale dont on ne peut rien déduire de pareil.

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