‹ La Première Épître de l’Apôtre Pierre CommentaireChapitre 46 sur 123 · Divina potentia qua Christus victor a morte emersit · texte numérisé non relu

Divina potentia qua Christus victor a morte emersit

donner la vie (6,63), et éysioeuw dont le sens est plus étroit, ressusciter, au sens propre. La vie est le principe, la résurrection l’effet. On remarquera la formule moins expressive de 1 Tim. 6, 13 plus voisin des LXX (cf. avec le sens de ranimer Barn. 6 +è radios élu... era yéhautt, Cwomoeïtar. Herm., Sim. 9, 16, 2).

Cwomounbets rvsiuart indiquera donc que le Seigneur, après sa mort sanglante a repris vie ‘, étant esprit. Et voici comment J. T. Beck. (ad. loc. ; Christliche Glaubenslebre, p. 516 et suiv.), se représente, d’après les données bibliques, le mystère de la mort de J.-C., et de son retour à la vie ? : r° D'abord, c’est la mort volontairement acceptée : à ce moment, la guyé devenant inconsciente est abandonnée du rvsüpa (Mat. 27, 50; Luc. 23, 46). 2° Mais alors, le rveüua la ressaisit par sa puissance vivifiante, et la Cworoënais se produit; le Christ vivant, mais non ressuscité, peut agir parmi les morts. 3° Résurrection corporelle.

IIT, 19. y @ nai vois v œuAaxÿ mveumaoiv mopeubeic ExnpuËev?,

Etant esprit, il est allé prècher aux esprits qui étaient en prison,

« Voilà un texte étrange, dit Luther, une parole obscure, plus qu'aucune autre dans le N. T. Je ne sais pas encore ce que Saint Pierre veut dire. Ilsemble au premier abord que Christ ait prèché aux esprits, aux âmes autrefois incrédules, quand Noé bâtissait l'arche)

1. Autres interprétations : conservé en vie, cf. Ex. 1,17. 18.22; Job 36,6 (Bellarmin [de Christo 4, 13]. Pott, Steiger, Güder [ouv. cit., p. 40]); recouvrant toute sa force (Bengel), et dans ce cas rvsiuarr désigne l'esprit de Christ abattu dans les douleurs de la Passion; cf. Jean, 13, 21).

2. Bengel donnait une explication analogue, et il ajoutait : hanc vivificationem necessario celeriter subsecuta est excitatio corporis ex morie, et resurrectio e sepulcro.

3. Var. : C Mnn. (8. 25) Vg. (harl. tol.) Athan. Aug. Rufin ajoutent xataxexetouevous après ev œvkaxn, ce que Bède confirme par la variante étrange : qui in carne conclusi erant. — Au lieu de rvevuaar, 137, Bède ont rvevuatt.

Er pe 173

Ce sens, que Luther n’osait accepter, est assez bien établi aujourd’hui *.

& & se rapporte à rveuar. qui précède immédiatement, et désigne l’état dans lequel J.-C. a exercé l’activité dont il va être parlé (Bengel : in quo spiritu). On ne peut entendre &v dans le sens instrumental, « par le moyen de» (2), et y voir l'indication d’une action à distance (Calvin)? ; repeubeie, indiquant un déplacement effectif, s’y oppose.

1. Onsait combien, depuis l’origine, les interprètes ont été divisés. On peut les classer essentiellement en 2 catégories :

10 Les uns veulent que le texte parle simplement d’une prédication du Christ préexistant, par Noé, à ses contemporains. Cette interprétation a été proposée d’abord avec beaucoup d’hésitation par Augustin (Ad. Evod. Ep. 164, 15 Considera tamen ne forte lotum illud... omnino ad inferos non pertineaf). Adoptée sans difficulté par les théologiens catholiques, elle est devenue l’explication quasi officielle de l’exégèse luthérienne et calviniste. De nombreux contemporains (Hofmann, Bovon, etc...) la conservent encore. — Les Sociniens l’entendaient de la prédication de l'Évangile aux hommes spirituellement morts (Slichting).

2° Les autres pensent que l’épitre parle d’une activité de J.-C. dans le séjour des morts. Ces auteurs se subdivisent à leur tour : a) les uns croient qu’il s’agit d’une prédication de J.-C. à des morts en vue de leur salut. C’est l'opinion de la grande majorité des exégètes et de beaucoup de dogmaticiens contemporains (entre autres Dorner, Weiss, Bonifas, Babut); b) d’autres croient qu'il s’agit d’un déploiement de la puissance de J.-C. dans le séjour des morts, mais sans conversion. Des catholiques y retrouvent la libération de certaines âmes du Purgatoire, en rapport avec la sortie des Limbes (Quesnel) ; des Luthériens, le triomphe sur l'Enfer (Zahn); c) d’autres supposent qu’il est question d’un ministère accompli par J.-C. auprès d’esprits rebelles (Baur).

Il aurait fallu mentionner d’abord l'hypothèse d’après laquelle tout ce passage serait incertain, interpolé. Voy. notamment J. Cramer (Exegetica et critica II. Het glossemalisch karakter van 1 P. 3, 19-21; 4, 6, 1891). Cette supposition n’est confirmée par aucun témoignage extérieur, le texte étant bien établi, et par aucune nécessité interne, le style ayant partout la même précision un peu méticuleuse. Voy. en partic. la ressemblance de 4, 6 et de 3, 18. — En effet, on dirait bien des notes introduites dans le texte; mais par l’auteur même, et en vue de sa thèse.

2. Von Soden remarque que iv & ne peut s'appliquer qu’à rvevuast, à cause de la correspondance évidente avec toîs rveduast; et Kühl dit : c’est un homme pareil aux hommes, qui sur la terre leur prêche l'Évangile ; c’est comme esprit qu’il doit aller vers les esprits (Cf. Weiss, Bibl. Theol., S 48 d).

xx, aussi. Il s’agit donc bien d’une activité nouvelle de J.-C., se rattachant à l’œuvre rédemptrice. C’est un nouveau domaine qui s'ouvre. Rien ne trahit une activité antérieure du Christ préexistant. Le v. 19 venant après ce qui a été dit au v. 18, raconte une autre phase de la même œuvre, et non pas des faits d’un autre temps. Qu’on ne perde pas de vue que nous avons affaire à un écrivain très soigneux, qui met une suite exacte entre ses propositions.

ropeubeis ?, part. aor. indiquant l’acte qui a précédé la prédication (Winer, p. 566; cf. Marc 16, 15, ropeudévres unpi%are). C'est dans l’A. T., le mot par excellence pour dire qu’on se transporte d'un lieu dans un autre, traduisant Nÿ, p5n, etc. Plus loin, à propos de l’Ascension (3, 22), le même mot indique certainement un déplacement positif. Pour prêcher aux esprits, J.-C. va vers eux.

ëv guhaxn. Ces esprits sont enfermés en un certain lieu, en vue du jugement à venir. Ce lieu est une prison, car ce sont des coupables. Mais rien n’est dit de souffrances qu'ils peuvent endurer, d’un châtiment provisoire ou définitif.

Hénoch déjà montrait ces lieux profonds où « les esprits des âmes des morts sont assemblés... jusqu’au jour de leur jugements » (22,3.4; cf. 10,5). D’une manière plus voisine encore de notre texte, le 4° Esdras parle de réceptacles (promptuaria), où sont gardées les âmes+. L’Apocalypse parle de la prison provisoire de Satan (Apoc. 20,7 ëx +%s guhaxÿe) appelée simplement lPabime (20, 3 Pose).

Augustin y voit les ténèbres de l’incrédulité, qui enveloppaient les contemporains de Noé. Le dogme catholique y voit le Limbe

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