‹ La Première Épître de l’Apôtre Pierre CommentaireChapitre 61 sur 123 · Var. : KLP lisent ÿoyyvouwv, d’après Phil · texte numérisé non relu

Var. : KLP lisent ÿoyyvouwv, d’après Phil

Les membres de la « Fraternité », étrangers et voyageurs, ont besoin les uns des autres. La Didachè montre les abus : les prophètées, ou soi-disant tels, se faisant héberger. Méliton écrit un traité sur cette vertu. |;

Elle s'exerce eis &X fous. Chacun devait, le cas échéant, recevoir les autres, être reçu par eux. (Ce n’est donc pas un pléonasme, comme voudrait Winer, p. 568.)

ävev yoyyusuoë (Act. 6, 1; 2 Cor. 9, 7; Phil. 2, 14). On ne doit pas reprocher les bienfaits qu'on accorde, ni accompagner de plaintes les services qu’on rend. « Ne gastés point, dit Amyraut, la grâce de votre bienfait par vos murmures. » Et, selon le mot de Beck, on doit être hospitalier, non pour jouir, mais pour servir.

IV, 10. Exaotoc xadbc Eabey ydotoux, eic ExuTobs aùTd duaxOvODVTES 0e x! oixovépOL TouxI AN YAPITOS (SECD ER

Que chacun mette au service des autres le don qu'il a

reçu, comme de bons administrateurs des diverses grâces de Dieu.

Le ch. $ traitera du ministère proprement dit, charge ecclésiastique. Il s’agit ici des dons spirituels, charismes, manifestations de l'Esprit qui donnent à l’Église sa vie spontanée, surnaturelle. L’épitre les montre dans leur fonctionnement normal, et soumis à une règle qui contient ce qu’on a appelé « le torrent de feu du mysticisme », entre les rives que lui donne la sagesse et la fidélité.

Le « charisme », don de la grâce, désigne ici moins les manifestations extraordinaires de l'Esprit (descentes de l'Esprit, dans le HyrendestA tes 2, metsuiv.: 10, 44ets0iv.; ci. IP. 1,12) que les qualités et les forces reçues par chacun pour contribuer d’une manière quelconque à la vie de l'Église (1 Cor. 12; Rom. 12). L'Esprit fait apparaître ces dons, comme la sève les fruits. On ne peut s’enorgueillir : tout est reçu (Ehaéev, cf. 1 Cor. 12, 1)

1. Var. : Des Mnn. (41. 137) lisent x«bo, correction d’après 4, 13. — L remplace xafws par ev «.

Monnier. — La première epître de Pierre. 14

« selon la mesure de la foi que Dieu a départie à chacun » (Rom. 12, 13). Vertus naturelles, élevées par l'Esprit à une plus haute puissance, vertus conférées par la grâce, chaque fidèle a en luimême de quoi devenir un membre, et précisément tel membre du corps de Christ. Les dons sont divers, inégaux (xawe).

Buxxovodvres (sens actif, cf. 1,12), présenter quelque chose comme feraient des serviteurs. Il ne s’agit pas de la fonction de diacre, mais du service mutuel des chrétiens. Chacun doit consacrer aux autres ses dons. On ne peut se tenir à l'écart : que l’on s’examine, que l’on voie quel talent on a reçu afin de le faire valoir pour le bien du prochain.

ets autobus. Ces dons doivent servir à l'édification commune (x Cor. 12,77 14, 4.12). C'est la règle, poséetpartlapotre Paul pour l'appréciation des charismes. — L'Église est une mutualité d'affection, de services réciproques, un corps où tout est solidaire (1 Cor. 12, 1-30; Rom. 2, 4-8). Nul ne domine. Des dons plus variés, plus riches obligent davantage. Rien ne saurait non plus être mondanisé, distrait de sa signification, de son but. Rien ne doit être administré paresseusement, ni tourné à la gloire personnelle; mais à la seule gloire de Dieu.

&g xahot oixovépor (Mat. 24, 45 ; 25, 14; Luc 16, 1-13; 1 Tim. 4,6; 2 Tim.2,3). Nous ne sommes que des administrateurs ; cette pensée revient incessamment dans l'Évangile; mais soyons de bons administrateurs; usons de nos dons avec fidélité; ne les méprisons pas, tirons parti de tout, prêts à rendre compte.

reumins… La grâce de Dieu est le trésor infiniment varié d’où procèdent les dons de chacun. Richesse infinie que rien n’épuise, elle a des ressources pour tous les temps et pour tous les besoins.

IV, II. ei mic Audeï, wc ÀGyrx Oeoû, ei Tic diuxovet, we

Sen 5 ESS RAS NE Der | a s 2 Ni Ô / £ e) \ &6 ioydos he yopnyet © Deéc, va y Täotv dobdlnrar © Oedc NES I: ne Le LS] \ € N& \ \ / ; \ où [nooÿ Apiotoÿ, w éotiv à 066 wat Td xpaToc eic Tobc aidvas TOY aiwvov" any”.

1. Var.: Ce verset présente comme variantes un assez grand nombre de menues incorrections. — K L P donne «x au lieu de ns. — A et des Mnn. (13.

Que celui qui parle, se conforme aux révélations de Dieu; que celui qui sert, le fasse par la force que Dieu donne, afin que Dieu soit glorifié en toute chose par Jésus-Christ, à qui sont la gloire et la force aux siècles des siècles. Amen.

Toute l’activité charismatique est comprise dans ces deux mots : parler, servir, qui, venant après le verset précédant, résument sous deux chefs principaux les dons variés de la grâce (L. Burnier, p. 352).

RANCE 25 NT0, 6 2 Cor Ai Ts: HEeDe2, 35411, 4) Parler, correspond aux prophètes, aux évangélistes, aux docteurs, à tous ceux qui se levaient, pour parler, dans ce culte des premiers jours, où la parole libre a joué un rôle si considérable. Voy. Jean Réville (Les origines... p. 176, 177), à propos de ce culte élémentaire où l’on vise surtout à gagner des âmes, et de ces petites sociétés démocratiques où règne l'inspiration individuelle, groupes d'attente à l’approche de la grande révolution.

os Aéyæ', forte ellipse : on doit parler comme administrant (Ortaxovy ?) les oracles de Dieu. La règle est de ne pas parler en son propre nom (c’est, selon von Soden, tout le sens de ce passage), mais au nom de Dieu. (Lumby : les prédicateurs s’instruisent oralement des actes et des paroles de J.-C. Ils les reproduisent oralement devant l’Église. Celui qui parle n’est qu’un ambassadeur à qui la vérité est confiée). (Rom. 3, 2; 2 Tim.2, 15.)

Kéru signifie oracles, et, dans le grec biblique, révélations divines. Clément de Rome désigne ainsi l'A. T., d'accord avec Act. 7, 38 et Rom. 3,2. Dans Héb.s, 12 ce sont les révélations de Dieu en général. Dans notre texte ce sont les révélations de l’ancienne et de la nouvelle alliance. On retrouve ici la grande règle de Paul, qu’il faut suivre (6ç) l’analogie de la foi (Rom. 12, 6). Mais il y

24. 73) omettent esttv.—twy atwywy manquent dans Mnn.(11. 14.31.37 etc...), dans It. (q) Vg. (Am.) Syrp Arm. — apnv manque dans Ve. (fu. et tol.). 1. The Book of 1he secrets of Enoch 39,2 : « ce ne sont pas mes lèvres qui

vous parlent aujourd’hui, mais celles de l’Eternel qui m’a envoyé vers vous. » (éd. Charles).

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a plus : celui qui parle doit se souvenir qu’il dispense la Parole divine elle-même (Luther : être sûr que Dieu dit et fait ce que vous dites et faites. Amyraut: « qu’il tasche de faire que les hommes en reçoivent autant de fruit que s’ils entendoyent Dieu mesme parlant en ses oracles »). |

ei ris Draxovet, activités diverses ouvertes à tous ceux qui, parlant ou non, étaient capables d’agir : soin des pauvres, des malades, des étrangers, tenue des assemblées et des agapes, administrations diverses (Mat. 25,36; Rom. 12, 6-8; 2 Cor. 2, 17). Rien ne dépasse encore une organisation rudimentaire. « Servir » est le terme qui convient à ces Églises qui, vues du côté social, sont de petites sociétés de secours mutuels.

üs 8&E ioyos (Éph. 1, 19; 6, 10)... La force que Dieu donne n’est pas seulement un secours, mais la norme même. Elle oblige et dirige. Dans cette activité si simple et si féconde, le surnaturel chrétien est à l’œuvre. Celui qui sert, est organe de l'Esprit. Les renoncements sont inspirés comme les prophéties. La limite est dans l'énergie que Dieu accorde.

ñs (Winer, p. 154). — yopnysi(Sir. 1, 8. 23; 2 Cor. 9,10; Gal 3, 53 Cf. éxvycpnyia Eph. 4, 16).

Doëd£nra. Que Dieu soit glorifié par les fidèles (Jean 17, 10) et par ceux qui seront témoins de leur vie.

y räsuv, non « en tous » (de Wette), mais « en toute chose » (Huther). (Keil rétrécit le sens : tout ce qui concerne l’activité relative aux dons.)

à @cé<. La doxologie qui suit s’adresse-t-elle à Dieu ou à J.-C.? à J.-C., selon Grotius, Steiger, von Soden. À Dieu pensent Oecumenius, Érasme, Bengel, Weiss, Usteri. L’épitre semble le dire expressément (doËätnra o Oeic). — Le relatif © vient aussitôt après ‘I. X.; mais on peut rapporter un relatif à un sujet même assez éloigné (Winer, p. 149) et à:x ‘I, X., formule consacrée, n'empêche pas la liaison G255.. 6. Cf. dans l’épitre même, 5, 11, et Rom. 15,6. 7, où c’est bien à Dieu qu’on donnegloire. Dans Rom. 16,25-27 la doxologie d’allure très large doit se rapporter plutôt à Dieu, nommé dès le début. Dans Héb. 13, 21, l'attribution de la doxologie est moins claire. J.-C., vrai médiateur de la nouvelle

alliance, nous communique les dons de Dieu et nous rend possible de le servir et de le glorifier.

322x. Ces doxologies étaient une coutume juive passée dans le christianisme. Quand le nom de Dieu revient, un arrêt se fait dans le discours, et une courte formule lui donne gloire (Weizsaecker, Ap. Zeit., p. 580). On emploie soit le terme d’ebkoynrés (Rom. 1,25:2.00111, 31) soitcelui de 846% (Rom:11,36:;: 16,27: Gal. 1, 5 ; Phil. 4,20; Éph.1,3; 3,21; 2 Tim. 4, 18; cf. Héb. 13,213; 2 P. 3, 18). La formule est allongée dans 1 Tim. (r; 17) et les épitres catholiques (1 P. 4,11; 5,11; Jud. 25). Cf. dans l’Apocalypse les doxologies, l’habitude de « Hs gloire » (xr, 13; 14,7; 16,19) et le passage de la doxologie au cantique (4, EL)

h.. 70. l’article est employé devant tous les substantifs, par solennité, dans la doxologie.

12-19. Être fidèles dans les douleurs des derniers temps. — Ce groupe d’exhortations est motivé par la fin prochaine. Il faut supporter la persécution (12-14), ne souffrir que par fidélité (rs. 16), demeurer fermes, dans les approches redoutables du jugement (17-19).

C’est un résumé de ce qui a été dit sur la conduite à tenir dans les tribulations, un dernier appel où se condense ce que l’épitre a déjà recommandé çà et là sur le même sujet.

Le lien est très faible avec ce qui précède. La pensée de la fin sert d'unité. De 7 à 11 il s'agissait de travailler ; de 12 à 19, de supporter.

IV, 12. ’Ayonnroi, un EeviCeode Th év Üuiv Tupwoet ToÛs HELOAoULÔY UV YIVOLÉVN, Ge Éévou UV cuubœIVONTOS,

Mes bien aimés, vous qui passez par la fournaise de l'épreuve, n’en soyez pas surpris, comme s'il vous arrivait quelque chose d’étrange;

Sevileche (Bèze : attoniti, ut Ge in rem aliquaim novam incidunt), avec le datif (Winer, p. 196), s'étonner d’une chose. — Ne vous

laissez pas troubler par ce qui vous arrive. Ce qu'il y aurait d’étrange, ce serait que les disciples d’un maître crucifié ne souffrent point (Bonnet). Le propre du chrétien est d’aller par la croix à la gloire, et de souffrir d’abord avec Christ avant de régner avec lui.

&yarnro!, terme de tendresse, au moment de parler des souffrances. On ne touche aux blessures qu’avec cette délicatesse.

rvowset. Le terme est fort. ruséw, plus fréquent que le substantif, dans les LXX, veut dire brûler (4 Macch. 9, 17; cf. Apoc. 1, 15; topo, fournaise Apoc. 18, 9). Dans les LXX ce mot ne revient que 2 fois et s'emploie dans Am. 4, 9 à propos de la rouille, qui détruit le blé, et dans Prov. 10, 20 (cf. 30, $) pour le creuset qui purifie l’argent. Au sens spirituel, rupéw signifie soit une honte brûlante (2 Cor. r1, 29), soit la force des tentations (1 Cor. 7, 9). C’est l’image de r, 6 qui revient, retournée. Il y était question de l'épreuve qui purifie, ici c’est la purification qui éprouve. (Cf. Didachè 16,5 rupwos doxaciac, tribulation des derniers jours.) Le sens figuré ne permet pas de tirer de conclusion historique et de retrouver telle ou telle persécution. C’est l’épreuve comme par le feu (r, 6). Toute épreuve est fournaise à qui la traverse.

rés marque l'intention, la direction de la volonté vers un but (Winer, p. 378). — rerpasuéy indique que nous sommes tentés, mais dans le sens de mettre à l’épreuve, pour voir ce que nous valons, et pour nous purifier comme le creuset fait du métal.

ë pv, parmi vous, au milieu de vous (3, 15 ; 5, 1). (Brückner: qui s'attache à vous, qui vous est personnelle.)

IV, 13. &GAAG xx00 xorvwveïte Toïc rod Xp1oToù ra0raotv yaipete, Îva wa Ev Th dmoxxAUDe Tis d6Ens aùToÿ AapÂTE dyaAweEvot *.

mais réjouissez-vous d’avoir part aux souffrances de

Christ, et quand :1l paraîtra dans sa gloire vous vous réjouirez avec chants de triomphe.

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