‹ La Première Épître de l’Apôtre Pierre CommentaireChapitre 64 sur 123 · L’Antechrist, p. VIN et 1x · texte numérisé non relu

L’Antechrist, p. VIN et 1x

MoxniEr. — La première épitre de Pierre.

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J'adresse maintenant mes exhortations aux anciens qui sont parmi vous, moi, un ancien comme eux, un témoin des souffrances du Christ, et qui prendrai part avec eux à ia gloire qui va être manifestée.

jy commence un nouveau développement qui est sans lien avec le précédent. rpecévtéoous, anciens, sans article, ce qui est conforme à l’usage de l’épitre.

ëv op, parmi vous, dans telle ou telle église. Il y avait donc dans ces communautés non pas un, mais plusieurs anciens qui les dirigeaient. Jean Réville (Les origines, p. 76) remarque que les anciens ne sont pas nécessairement des hommes âgés, mais considérables, notables. Ils forment une sorte de compagnie à qui le pastorat est confié. -— C'est une charge fixe, permanente. Les charismes ont, à côté d’eux, pour l'édification, leur libre épanouissement. Idéalement, les chefs de la communauté chrétienne se rattachent aux anciens que la tradition d'Israël montrait (Ex. 18, 13) choisis par Moïse. On se représentait qu’il était à propos d’avoir à la tête de chaque Église « un groupe de sages vieillards qui doivent avoir beaucoup d’expérience » (Luther). En fait, ils rappellent les anciens des Synagogues, et les directeurs que se donnaient ces innombrables associations du temps, thiases, éranes, confréries plus ou moins religieuses. Mais ces presbytres ont un rôle autrement complexe. Le christianisme transforme les institutions qu’il adopte. Même quand il copie, il transfigure. Les presbytres diffèrent des anciens autant que l’Église de la Synagogue. Ce sont des pasteurs. Leur rôle est de paître le troupeau (roavazes, 2). Ils tiennent la place de J.-C., l’éoyirotunv (S, 4), et doivent faire pour les brebis ce que le Maitre aurait fait lui-même. Si l’épitre

1. Var. : KLP‘Cop. Syrp omettent ouv (contre N A B). — K KL P ont tou avant ey vutv, AB l’omettent. — P et de nombreux Mnn. (1. 18. 19. 20. 32 etc...) omettent o avant suurpes®. — À Arm, mettent dons avant aroxaÀ.

tait allusion aux soins temporels qu’ils ont à prendre, on voit assez que ce n'est pas l’essentiel de leur charge.

GuvrpEGbUTEpOS , apposition à un pronom sous-entendu, et supposé par la terminaison du verbe (Héb. 4,3. Cf. Buttmann, p. 132). C’est par modestie, dit Corn. a L., que Pierre ne s'appelle pas Pontife. Et il ajoute que tous les papes ont suivi cet exemple dans leurs lettres et bulles. C’est l'explication usuelle des exégètes catholiques *. Harnack se demande si ce titre, ouvrpeséüresss, ne désigne pas un simple ancien, à la vérité homme d’importance, ayant le droit de parler ferme (Chronologie, p. 455). Passant au mot suivant, mxotis, il demande quelle apparence il y a que Pierre ait osé s'appeler témoin des souffrances de Christ, alors que la Passion ne rappelle que son reniement.

Ce titre de papris signifie bien témoin, au sens propre, et le N. T. ne fait pas de difficulté de l’appliquer à Pierre. — Voy. Luc 24, 48; Jean 15, 27; Act. 1,8,etle langage habituel de Pierre dans Jes#AGtes 1, 21.225 2,23;3, 15). Pierre parle sarisembarras de la mort du Seigneur. Il reproche aux juifs de l'avoir renié (Act. 3, 14 fovsxc0e). Il parle de la trahison de Judas (7, 16-20). Il avait vu le Christ lié, maltraité, crucifié : ces souvenirs qui rappelaient sa honte, rappelaient aussi son repentir et sa nouvelle investiture. — Si 0756 ne signifiait pas autre chose que « celui qui répète un message », cette appellation ne conférerait à l’auteur aucune qualité propre. Tout chrétien devait être en ce sens un témoin de J.-C. — Quant au titre de co-ancien pris par un apôtre, cf. 2 et 3 Jean; Act. 15, 2.4 où apôtres et anciens forment une sorte de collège commun. Cf. Eusèbe H. E. II, 39 où les apôtres sont appelés Ro23657c00t (Ewald : comme anciens de l’Église mère).

1. L’archevêque d’York leur répondait au congrès de Norwich, en octobre 1895 : « Il n’a apparemment aucune conscience du poste si important qui lui eût été confié; et l’explication de cette difficulté par les théologiens catholiques romains est en vérité remarquable. Ils disent que l’apôtre était trop modeste pour revendiquer ses droits. C’eût été, certes, une coupable modestie, si, occupant un poste pareil et possédant de tels pouvoirs, il ne les avait pas fait connaître au milieu des luttes et des souffrances que l’Église avait alors à supporter. »

rxbnuäwv. Selon von Soden, il s’agit des souffrances qui atteignent les chrétiens : le témoin dit ce qu’il a souffert luimême. En ce temps-là, c'était la vocation d’un ancien d’être martyr (Apoc. 2, 13; 17,6). —Il s’agit, en réalité, des souffrances du Christ; le témoin dit ce qu’il a vu, et c’est ce témoignage authentique qui, dans la tradition apostolique, donnait à l’apôtre un caractère unique (Act. 1, 22).

Ici, d’ailleurs, ce n’est pas le ton d’un presbytre, même autorisé; mais une parole franchement apostolique. Les expressions sont fortes, les avertissements viennent de haut.

ë nat xervwvos, avec le génitif (voy. Winer, p. 188). amoxxhirtecha, infinitif présent. Il s’agit d’un état définitif qui DéEns (Bengel : stimulus bonorum pastorum), participant, au même titre que les anciens à qui il s'adresse, à la gloire à venir. Ainsi l'assimilation fraternelle est complète : même dignité, même message, même avenir.

V,2. romavate %0 v div moluviov roù Oeoû, a &vay-

xa0T0S GANX Exouclwc, UnÔè aioyooxepd@e GAÂX Toobu- OS", Paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, non

par contrainte, mais volontairement, non par intérêt, mais de bon cœur,

rouuävare (formation postérieure en x des verbes en au, ao

Act. 11, 28; Lob. ad Phryn, p. 25; Buttmann, p. 41). « L’art des

1. Var. : Pa rotuavere. — Des Mnn. (2. 30. 73. 80 ont Xptotov au lieu de Oeov. — ertoxomouvtes après avayxastws dans AKLP It. (q.) Vg. (providentes) Syrp Copt. Arm. Aeth. Syrsch (pascile et curam habete). Cette addition est repoussée par Tischendorf, Westcott et Hort, Weiss, d’après NB. Après sxoustws, Tischendorf et Weïss ajoutent 4214 Ocov d’après N AP, It. (q.) Vg. Copt. Syrr Arm. Aeth.; Westcott et Hort suppriment ces mots, avec BKL,

comme ayant le caractère d’une addition postérieure. — A L Mnn. remplacent Unde par un.

Pa a Pre

arts, dit saint Grégoire, la science des sciences, la conduite des âmes (Lib. Pastor. 1). — « L'Éternel est mon berger! » C’est une notion essentielle de la piété d'Israël, et c’est une des figures que J.-C. à employées avec prédilection de lui-même (Marc 6, 34; 14, 27; Luc 12, 32; Jean 10; cf. Mat. 2, 6). Cet emblème désigne la fonction essentielle des conducteurs de l'Église, et une tradition très ancienne voulait que le Christ ressuscité ait confié à Pierre le troupeau même de l'Église, les agneaux et les brebis (Jean 21). — Il n’y a pas de charisme spécial du pastorat, parce qu’il les réclame tous; il est la synthèse des activités diverses que l'Esprit donne à chacun pour l’édification; et en effet, sauf le charisme de glossolalie, qui n’est recommandé nulle part, et de prophétie dont le caractère personnel est évident, tous les autres dons sont nécessaires, caractéristiques d’un ministère complet, et dans Act. 20, et 2 Tim.2, Paul paraphrase et applique aux pasteurs, d’une façon éminente, ce que dans 1 Cor. 12, 31 il dit à tous : « recherchez les dons les plus excellents. » Autant le N. T. est étranger à toute idée d’ordination ritualiste, autant il fait du ministère, par les dons qu'il suppose, la succession continuelle du Christ auprès des âmes. La distinction très intéressante du charisme qui édifie et de la fonction qui administre a dû être souvent vraie aux premiers jours. Dans une certaine mesure elle ne cessera jamais de l’être ; mais elle n’est conforme ni à la théorie ni à la pratique du ministère primitifr.

= àv dpi se rattache naturellement à rofuvto.

roiuviey, notion de l'A. T. pour désigner le peuple de Dieu ESP Pré n 20y/-cirJean roet 21).

ëy opiy. (Luther : qui vous est confié). Il appartient à Dieu, mais vous en avez la charge. C’est le sens le plus probable. (Aïnsi Bengel : vobis pro vesträ parte commissum ; Huther : qui est sous votre garde, d’après l'expression ëv uv: sivx:). D’autres entendent

1. Jean Réville (Les origines, p. 177) mêle d’une façon caractéristique ces deux notions : « l’œuvre de salut, qui est de tous, s'impose aux notables, préparer les décisions de l’assemblée, soutenir les défaillants, empêcher les désertions, prendre à cœur les intérêts spirituels de tous. » Mais il voit trop exclusivement dans le Ministère primitif l'administration de l'Église.

votre domaine (Schott, Fronmüller) ou seulèment votre pays (Grotius);, Kühl explique : inter vos; Érasme et Calvin interprètent assez différemment : quantum in vobis est.

uh, pour défendre, non seulement avec les verbes, mais avec les mots qui font partie du commandement donné (Winer, p. 144; Buttmann veut que lorsqu'il y a où. ax, l’accent soit sur ce qui suit aAA4, et lorsqu'il y a w%.. ax x, également sur les deux membres de phrase (p. 352).

avarasros, « ceci s’entend, dit Corn. a L., des brebis qui sont conduites par l’amour… il en est d’autres dont le caractère est tel qu'il faut les mener par la peur... tels sont les hérétiques. » — Ces petites Églises secouées par l'orage ne pouvaient exister que par l’amour. La persécution excluait le formalisme. Comment supposer un ministère accepté avec contrainte ? Ici se retrouve l'observation faite plus haut sur ces préceptes donnés sous forme antithétique, mettant en regard le mal et le bien, l’ombre et la lumière, pour mieux faire ressortir la perfection demandée. — Peut-être aussi avons-nous ici une réminiscence d’Ez. 34, sur les mauvais pasteurs dont les défauts se ramènent à deux, qui sont de ne pas faire leur office et de dévorer le troupeau (34, 3). — II n'y a pas de tentation plus grande pour'les pasteurs des âmes que de se lasser des âmes. On prie sans ferveur, on prêche sans enthousiasme, on subit son ministère comme un fardeau qui reste sacré, mais qui pèse.

£novoiws (Héb. 10,26), Holtzmann (Bibellexicon) croit reconnaître dans ces recommandations une époque postérieure. Mais cette’ antithèse, même était courante. (Philém#r4<% Fr Cor.

sers gains déshonnêtes. (C£:1 Tim.6,.5; Tite r, 7.11. Didachè : &erdoyupor.) Paul trouvait ce défaut de les pseudoapôtres ‘2 Corinthe. Le Seigneur l'avait signalé chez les pharisiens. Si Paul donne lui-même l'exemple d’une délicatesse raffinée sur ce point, c'est qu'il juge nécessaire de réagir contre une tendance toujours prête à se manifester.

recbÿuws, de bon cœur, sans calculer, avec cette spontanéité franche qui se porte nn des sacrifices.

V7 Ve à J: TX ee pe / À) \ / » 3- UNO DS XATAXUDIEUOVTES TOY xANpwY AÂX TUTO YLVÉLEVOL To TOLUVIOU

non en dominant sur ceux qui vous sont confiés, mais en devenant les modèles du troupeau.

xararvptzüortes. — 4at4 renforce l’idée: c’est l’esprit de domination chez les pasteurs. Il faut de l’autorité : la pente est glissante d’en trop prendre. Naïvement les premiers disciples laissaient paraître en eux cette tendance. (Mat. 20, 25; Marc 10, 42). Jésus les reprend. Çà et là des avertissements semblables reviennent dans le N. T.:.

xhfect. Pour les interprètes catholiques, ce sont les clercs, le clergé, Corn. a L dira : clerici qui proprié sunt clerus; et Menochius, ordo clericorum; Weïzsaecker (4p. Zeit, p. 640) y voit les charges; c'est presque le sens catholique; mais « dominer sur les charges » ne donne qu’une mauvaise interprétation. Holtzmann dira : les parts d’'Église confiées à chacun (Eïnleitung, p. 524). Mais l’épitre n'offre aucune trace de circonscriptions ecclésiastiques. Hofmann propose une interprétation analogue, mais bizarre : les parts essentielles qui leur appartiennent. — On entend généralement :: les Églises confiées à ces anciens, la part de l'héritage du Seigneur qui leur est confiées. Le mot peut, sans rien de clérical, servir de figure au champ spirituel que les anciens cultivent. Dans Deut. 10, 9 Dieu est appelé le xAñess de Lévi, et on parlera en termes analogues des personnes (Act. 17, 4, rposexAnewOnozv 5& Ilaÿrw). Chez les Pères apparaît, dès Irénée, le sens de charge ecclésias-

tique (Adv. haer. 1,27, 1; 3, 3,3; Hippolyte Hueres. 9, 12. Cf.

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