T. —— NATURE ET BUT DE L'ÉPÎTRE
L'épitre de Pierre n’est pas à proprement parler une lettre, apportant un message défini à un cercle donné de lecteurs. Les sujets sont variés, les destinataires nombreux et dispersés. C’est une épitre, une circulaire envoyée à des églises en vue de leurs besoins communs. C’est une épître catholique, au contenu le plus général. Dédiée à un groupe d’églises, en réalité elle s’adresse à la chrétienté même. Aussi Luther a-t-il pu dire : « cette épitre est un des plus nobles livres du N. T. C’est le vrai et pur évangile. Elle fait ce que font saint Paul et tous les évangélistes; elle enseigne la véritable foi, comment Christ nous est donné, lui qui ôête nos péchés et nous sauve ï. »
De fait, c’étaitun genre littéraire, un usage juif bien établi, que de composer des lettres édifiantes ayant l'allure de véritables missives. On en trouvera de pareilles au II livre des Macchabées ?.
2. 2 Macch. 1,1-9 et 1,10 à 2, 18.— Dans la 2e se rencontrent des expressions que l’épître de Pierre rappelle. Au début (1, 11) des actions de grâces : edyaptaropev aût®, (1, 17) evhoyntos uv 0 eds, (1, 24) xtiotns… ypnotO, (1, 25) rotous tobs natépas éxkextobs nai àyidous adtobs, (1, 28) v Érepnpavia, (2, 4) xAnpovcuiav, (2, 17) 6 dè Üeos 6 ausas tôv ravra Aaôv aûtoÿ xai arodobs rhv xAnpovouiav aÿtoÿ row, rai T0 Pacihetoy xal TÔ iespareutua xai Tov &ytaouv. — L'épître de Baruch surtout, formant la dernière partie de lApocalypse du même nom, rappelle par endroits l’épître de Pierre. Voici les principales analogies, dansla traduction anglaise de Charles. C’est d’abord le but même de l'écrit,
Elles ne sont pas sans analogies d'expressions avec l’épitre de Pierre. De même l’épître dite de Baruch présente des analogies curieuses et dénote un fonds commun d’idées et d’expressions. Deissmann place à Alexandrie l’origine de ce genre. C’est plutôt une production spontanée du judaïsme, venant de l’habitude que les communautés avaient de correspondre.
Ces petits écrits peuvent comporter après l’adresse et les effusions du début, des exhortations générales, des recommandations particulières, et la salutation finale. On sait comment l’apôtre Paul à transformé ce genre un peu amorphe, en lui donnant un contenu, une physionomie incomparables. Paul écrit tantôt de véritables lettres à des particuliers, (comme Philém.), et à des églises (comme 1 et 2 Cor., Gal., Phil.) et tañtôt des épitres (comme Rom. Eph. Col.). La 1'° de Jean est à peine une épitre, c’est un témoignage écrit; l’épitre aux Hébreux, un traité auquel une finale est adaptée; l’épitre de Jacques, la 1'° de Pierre sont le type même de la « lettre édifiante » adressée à un cercle très large. C’est ce qui leur a donné, à la deuxième surtout, un attrait extrême pour la piété populaire. | |
Le but de l’épiître est la rapaxiau, c’est-à-dire essentiellement l'édification. Elle avertit, console, fortifie. Là-dessus les critiques, en général, sont d’accord : De Wette y voit une « parénèse ».
(77, 2) write to our brethren in Babylon an epistle of doctrine thal you mayest confirm them (1 P.5,12); la salutation (78, 2) mercy and peace (x P. 1, 2); les louanges de l’amour de Dieu, qui nous a aimés d’ancienneté (78,°3 I bear in mind the love of him who created us (1 P. 1,3); l'amour des tribus entre elles (78,4) bound by one chain (x P. 1, 23); le réconfort (78, 5) fhat ye may be comforted (1 P.5,12); la communauté des souffrances (78, s) regarding the evil that bas befallen your brethren (1 P.5,9); l'espérance éternelle: (78, 6; 85, 5 ye will receive eternal hope (1 P.5, 4); le mystère des derniers temps (81, 4) He made known to me the mystery of the times and the advent of the hours (1 P. 1, 10-12); l'attestation, par l’épitre, de choses antérieurement connues (85, 6) I have written thus... I may àtlest those very things (x P.$, 12); l’esprit de liberté (85,7) we are in the spirit and the power of our liberty (x P. 2, 16); le temps court(85, 10) the advent of the times is very short (1 P. 1, 6). —Sur les épîtres, chez les Juifs et en dehors, voy. Overbeck, Uber die Anfünge der patristichen Literatur, Hist. Zeitschr., 1882, p. 429; Hercher, De formd epistolari; Bernays, Lucian und die Kyniker, Berlin, 1879; Croiset, Histoire de la littérature grecque, t. 5, 1899.