‹ La premiére histoire en date de Jeanne d'ArcChapitre 46 sur 104 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Acteetordonnancc desditsjuges du vendredi dix-huictiesme juin 145G par lesquels les parties sont citées à Rouen par devant lesdits juges pour conclure au dit procez le septiesme juillet 1456.

Et maistre Simon Chapitault, promoteur en cette cause, comme pareillement Guillaume Prévosteau, procureur des parens de la Pucelle, donnent leurs moyens de droit pour conclure audit procez : lesquels moyens sont pour la plus part extr-aits des griefs et demandes de la Pucelle registrez cy devant au quatriesme chapitre que le lecteur verra, et n'est besoin de les représenter encore une fois^

1. Les deux mémoiros juridiques reiuplissent trente-deux pages du t. 111 de J. Quicherat.

CHAPIÏHE VIll

Production de six traitez ou opuscules latins' : le premier desquels est de maistre Jean Gerson, chancelier de l'Université de Paris, estant lors à Lyon, d'autant que les Anglois tenoient Paris ; lequel traité il composa le quatorziesme may (1429) vigile de la Pentecoste, auquel jour il receut la nouvelle de la levée du siège d'Orléans, et que les Anglois avoient esté chassez. Cet opuscule est imprimé avec ies œuvres de Gerson qui mourut la mesme année, le douziesme juillet.

Le second a esté composé par messire Heliasde Bordeilles, évesque de Périgord, et depuis archevesque de Toui's et cardinal.

Le troiziesme ne porte point de nom ; seulement sur la fin d'iceluy ces trois lettres M. E. N souscrites.

Le quatriesme est de frère Jean Bréhal, docteur en théologie et inquisiteur de la foy au royaume de France, de l'ordre des Dominicains, lequel par après comme juge assista à la revision du procez.

1. Nous avons dil, t. I, p. 201, en parlant du procès de réhabilitation, qu'E. Riclier n'avait eu entre les mains que deux manuscrits du dit procès, celui de Notre-Dame qu'on voit à la Bibliothèque nationale, et un autre « de la bibliothèque de M. Du Lis, conseiller du Roy et avocat-général en la cour des Aides » .Le manuscrit de Notre-Dame ne contenant d'autre mémoire que celui de Gerson, c'est dans le manuscrit de Charles Du Lis que notre auteur a trouvé les sis traités qu'il énumère.

I']n admettant avec J. Quicherat que le mémoire à la lîn duquel on lit souscrites ces trois capitales: M. E. N. (pour L), soit de Martin, évèque du Mans (Martinus Episcopus Cenomanensis), trois mémoires, ceux de Thomas Basin, évèque de Lisieux, de Jean Bochard. évèque d'Avranches, de Jean do Montigny, docteur en décrets, auraient été inconnus de Richer et omis dans le manuscrit de Charles Du Lis.

Ces trois mémoires sont joints en elFet aux ciuq cités plus haut et à la Récollection de Jean Bréhal dans le manuscrit du procès de réhabilitation, .^970, fonds français, que possède la Bibliothèque nationale. Voir J. Quicherat, t. IH. p. 2'J8 et suiv., et t. V, p. 432 et suiv.

PnOCÈS DE REVISION ET RÉHABILITATION 287

Le cinquiesme est de maistre Guillaume Bouille, aussi docteur en théologie et Doyen de l'église de Noyon, lequel a pareillement assisté comme conseiller à la revision du procez.

Le sixiesme est de maistre Robert Gybole (Ciboule), chancelier de l'Université de Paris, docteur en théologie.

Tous lesdits traitez, que j'ai bien exactement lus et en ay fait des extraits pour servir à cette histoire, montrent la nullité des sentences de l'évesque de Beauvais, et que faulsement et à tort il a prononcé que la Pucelle avoit feint et supposé des révélations, qu'elle séduisoit les peuples, qu'elle estoit présomptueuse et téméraire, croyoit de léger, estoit superstitieuse, devineresse, blasphémoit contre Dieu et ses saints et les saints sacremens, qu'elle mesprisoit la loy divine et les constitutions de l'Eglise, estoit séditieuse et cruelle, avoit apostate (apostasie), estoit schismatique, refusant de se sousinettre à l'Eglise et au Pape, et avoit erré en diverses façons contre la foy, qu'elle estoit opiniastre et obstinea, excommuniée, hérétique et relapse.

Car ce n'est point hérésie de dire que l'on aye des révélations, lesquelles on doibt prouver et examiner par les effets et la bonne et sainte vie de ceux qui maintiennent avoir telles révélations, ainsi que nous avons montré au premier livre.

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