Gallia Chrisiiana, l. IX. col
En celle ville. Cauchon eut le désagrément d'être avisé par lévéque de Fossombrone, trésorier général des finances pontificales, que, à raison d'une somme de 400 florins d'or dont il était resté redevable à la cour de Uome, à litre d'annales, lors de sa translation au siège de Lisieux. et qu'il n'avait point payée, il avait encouru l'excommunication : de plus, qu'avant quoique excommunié célébré l'olïice divin, il était frappé d'irrégularité. Lenvojé du roi d'Angleterre ne s'émut pas de cette excommunication et continua à célébrer, malgré l'irrégularité qu'il encourait. Aucun document ne nous apprend qu'il ait versé au trésor pontifical les 400 florins.
C'est peul-élre pour se dérober à ces réclamations liscales et à l'humiliation qui en pouvait résulter, que révé<iue de Lisieux se rendit au Congrès d'Arras après avoir quitté Bàle. In mandement du roi d'Angleterre donné à Mantes le lli octobre 143o constate celte mission, avec des honoraires de 10 livres tournois par jour. Cauchon partit de Bâle le 23 juillet 1433. et il revinl à Rouen le 27 septembre suivant.
L'archevêque d'Vork qui devait prendre la parole au congrès d'Arras étant tombé malade, Cauchon le remplaça et dit à quelles conditions le roi d'Angleterre traiterait. Jusqu'à la fin du Congrès, l'évêque soutint le droit exclusif de Henri VI à la couronne de France et réclama le démembrement du royaume.
Lorsque Cauchon rentra à Rouen, le duc de Bedford venait de mourir (14 septembre 143li). L'année d'après (19 août 1436). l'archevêque de Rouen, Hugues d'Oi-ges, expirait à Bàlc. Celle fois-ci. non plus, ce ne fut pas le juge de la Pucelle qui fut nommé à sa place, mais Louis de Luxembourg, évêqne de Thérouanne.
En celte même année 1430, Pierre Cauchon était allé a l'aris réchauffer l'ardeur des partisans de Henri Yl et les engager à ne point ouvrir à Charles Vil les portes de la capitale. Mais ce fut en vain : les troupes de Charles y pénétrèrent, et l'évêque et les Anglais durent se rendre aux lieutenants du roi qui les renvoyèrent à Rouen « par terre et par eau ".
En 1439, nouvelle mission de l'évêque de Lisieux à la cour de Henri VI et à Calais, pour traiter de la délivrance du duc d'Orléans. Le 5 novembre 1440, cette délivrance était un fait accompli.
On dit que, en 1441, l'évêque de Lisieux fil bAlir et orner richement à ses frais la chapelle de la N'ierge qu'on voit derrière le chœur de la cathédrale. (On a donné aussi la date de 1432. Le difficile est de trouver la preuve documentaire de ces dates.) On a supposé que Cauchon avait construit cette rhapellc en repentir et en
p. CAUCIION, ÉVKQUE Dli: DEAUVAIS 401
expiation de la sentence prononcée contre Jeanne. « C'est, a-l-on dit, la tradition constante de l'église de Lisieux. » Malaisément on établira la preuve de cette tradition. L'historien du diocèse de Lisieux, M. de Formeville, dit « que cette intention d'expiation nesl prouvée par aucun titre ».
Le juge de la Pucelle mourut tragiquement. Il fut frappé soudain, en son hôtel de Saint-Gande, h Rouen, le 18 décembre 1442, pendant qu'on lui faisait la barbe. Il avait eu la sagesse, quelque temps auparavant, de faire son testament et de régler le détail de ses libéralités et fondations. Son corps fut transporté à Lisieux et inhumé avec les honneurs accoutumés. On l'ensevelit dans la chapelle de la Vierge, près de l'autel, du côté de l'évangile. La Gallia Christiana (t. XI, p. 797) dit qu'il reposait sous une pierre tombale de marbre noir. Mais cette pierre aurait été enlevée en 1705, d'après un document de la Société Imtoriquc de Lisieux, et les cendres qu'elle recouvrait, dispersées en 179-2.
il institua pour héritiers un de ses neveux, Jean Bidault, qu'il avait fait nommer chanoine de Rouen et de Lisieux, et une nièce, Jeanne Bidault, femme de Jean de Rinel qui fut longtemps secrétaire du roi Henri VI.
Dans son testament, Cauchon n'oublia aucune des villes dans lesquelles s'étaient produits les principaux incidents de sa vie.
A Reims, il fonda un obit pour le repos de son âme, (jui fut célébré chaque année le 19 décembre.
A Beauvais, il institua deux obits pour son frère Jean et pour ses parents, amis et bienfaiteurs.
A Lisieux, il fonda un quatrième vicariat pour la cathédrale, qui était dédiée à Saint-Pierre, son patron, et une grand'messe qui devait être chantée tous les jours dans la chapelle Notre-Dame.
Il y fonda aussi un obit qui devait être célébré tous les quinze jours de l'année.
A la cathédrale de Rouen et au chapitre, il légua une somme de 300 livres, dont le revenu devait être affecté à célébrer un obit le jour de l'anniversaire de sa mort.
Il laissa pareille somme de 300 livres à son église de Saint-Candele-Vieux, pour messes en l'honneur de la sainte Vierge et offices solennels pendant l'octave du Saint-Sacrement.
Mais parmi ces legs pieux, pas un seul qui ait pour objet la suppliciée de Rouen et les procédés abominables par lesquels, après l'avoir livrée aux flammes, l'évêque s'était efforcé de la perdre et de la déshonorer sans retour aux yeux des contemporains et de la postérité. Effrayante est l'habileté donl le juge de Jeanne a fait
preuve dans le procès de sa viclimc ; plus effrajanle esl encore la scélératesse tour à tour brutale et raffinée quil y a déployée.
L'influence prépondérante que Pierre Cauchon a exercée siu" des hommes de la valeur des J. iMirhelet, des J. Quiclierat. des II. Marlin : la confiance à peu près absolue qu'il a réussi à leur inspirer en sa probité, sinon de juge, du moins d'historien, pourront fournir un argument décisif contre les écrivains qui ne lui accordent qu'une habileté médiocre. Elles ne modifieront en rien l'opinion qui voiten lui le plus inique des juges. Nous craignons que ce ne soit larrél défi nitii'delhistoire.
Question subsidiaire. — L'évéque de Beauvais a-t-il été « schismatique » et « excommunié ».
En ces années où Ips populations lètent la Béntification de Jeanne d'Arc, on a maintes fois entendu des conférenciers et des prédicateurs affirmer catégoriquenTent que Pierre Cauchon était schismatique. ei qu'il aurait été frap|jé d'excommunication à Bâle. Que disent à ce sujat les documents ?
f De Pierre Cauchon « schi>;matique »
En réponse à ce preraipr point, on peut dire, ce nous semble, sans s'écarter de la vérité historique, que le juge de la Pucellp avait sur la question du pape et de T Eglise, des idées fausses, à tendance schismatique, tout comme l'Université de Paris, dont il partageait les opinions. Mais on ne peut pas dire qu'il ait été srhismatiipie de fait, même à un moment donné, comme le fut l'Ama Mnler stitdii Parisifnsis, lorsqu'elle souscrivit à la déposition du pape Eugène IV et qu'elle prit le parti de l'anti-pape Félix. Si lévèque de Beauvais n'eut garde, au cours du procès, de dissimuler ses idées peu oi-thodoxes, s'il les appliqua ouvertement et sans scrupules, cependant il ne rompit jamais avec Rome et son chef, il ne fit que paraître à Bâle, et on ne voit pas qu il se soit jamais prononcé publiquement en faveur de l'antipape contre le pape légitime.
Pour éviter toute exagération en ce sujet, il ne faut pas oublier que nous parlons du xv° siècle. Les idées doctrinales de ce temps n'étaient pas celles du temps présont. Le siècle de Pierre Cauchon et de .Teanne d'Arc est le siècle du concile de Constance et du grand schi,sme. du concile de Bâle et de celui de Ehu-ence. il n'y a qu'à parcourir 1 histoire de ces assises solennelles de la catholiiilé et des
p. CAUCHON, EVEQUE DE 13EAUVAIS 403
lutles doclriniiles (|ui s'y livrèrent, pour avoir la preuve que, même dans les questions les plus vitales, les théologiens du monde entier étîiient loin d'être d'accord. Quelque bonne volonté qu'on apportât, les solutions [troposées dissipèrent si peu les obscurités, que les doutes subsistèrent dans les siècles suivants, qu'ils provoquèrent la fameuse déclaration du clergé de France en 1682, et que la paix ne s'est établie dans les esprits qu'après les décisions récentes du concile du Vatican.
Il faut rendre cette justice à l'Université de Paris que, à ces époques ciilïiciles, fidèle aux traditions que ses plus illustres docteurs, les derson et les Pierre d'Ailly, ne cessèrent de défendre, elle ne s'écarta jamais du principe qui proclamait la nécessité absolue « de l'union et de la communion avec le Pape comme chef de l'Église et centre de l'urlité catholique ». Sa doctrine et sa conduite ont pu être défectueuses en maintes circonstances, au concile de Bàle par exenifile ; mais on n'apas pu dire qu'elle ait jamais quitté le rocher imnmable sur lequel repose la foi de la catholicilé.
De ces considérations générales passons aux pi-euves qui établissent la légitimité des précisions exposées plus haut. Elles. consistent à dire qu'on peut relever chez le juge de Jeanne des idées fausses sur la matière du pape et de l'Eglise, idées à tendances schismatique, mais aucun document ne pei-met d'ajouter qu'il a été schismatiquc de l'ait : le soutenir, même oraiorio modo, ce serait noussemble-t il, dépasser la mesure.
Quelles étaient donc les idées doctrinales de l'évéque de Beauvais sur l'Eglise et sur le pape ? Il nous fait connaître les premières dans ce passage du procès, t. I, p. 17o :
« L'Église militante, y est-il dit, c'est l'Église en tant quelle comprend le Pape, vicaire de Dieu sur la terre, les car<linaux, les prélats ecclésiastiques, le clergé et tous bons chrétiens et catholiques ; lac^uelle Eglise dûment assemblée, ne peut errer et est gouvernée du Saint-Esprit. »
Cette défiuiiion comprend deux parties, l'une concernant l'Église militante, partie exacte à la rigueiu-, car on ne peut lui reprocher que de n'avoir pas mentionné expressément les « évêques, successeui's des apôtres », et de les avoir confondus avec les « prélats ecclésiastiques » ; l'autre, transformant l'Église militante en Église enseignante, erronée par conséquent, car elle introduit dans cette Église » dûment assemblée, infaillible, gouvernée du Sainl-Esprit », le clergé inférieur et jusqu'aux bons chrétiens et bons catholiques! c'est-à-dire les simples fidèles.
Or, une pareille doctrine est en opposition formelle avec l'ensei-
gnemcnl commun des Ihéologiens. Sa tendance schismatique est inconlcslable par cela qu'elle identifie avec l'Eglise enseignante 1 Eglise enseignée, avec le pape et les évèques, pasteurs des fidèles, les simples fidèles eux-mêmes.
Les idées de lévéque de lîeauvaissur le pontife romain , «vicaire de Dieu ici-bas », ne sont pas moins étranges, il les expose et les applique principalement dans la scène de l'abjuration, lorsqu'il refuse de tenir compte de lappel de Jeanne au Pape, et qu'il s'arroge le droit de prononcer définitivement en sa causÈ qui était une des causes majeures réservées au tribunal du Chef (/!e l'Eglise. « L'Église, dit le prélat, c'est nous, les évèques, aussi bjen que le Pape. Nous sommes juges aussi bien que lui — de toute cause veutil dire, même majeure, même après l'appel à Home —chacun dans notre diocèse. »
Et ce n'est pas tout. Pierre (lauchon ne se contente pas de s'égaler au vicaire de Jésus-Christ ; il étend et prèle son infaillibilité aux simples clercs et la'i'ques, assesseurs au procès. « Ce n'est pas seulement à nous, évêque, qu'il faut vous soumettre déclare-t-il à l'accusée, il faut encore que vous teniez pour vrai ce que les clercs et gens en ce connaissants — simples laïques, tels que les licenciés en droit civil — ont déterminé de vos dits et faits. » {Procès, t. 1, p. 455-456.)
C'est sur celte doctrine, à tendance ouvertement schismatique. puisqu'elle nie en fait et en droit l'autorité suprême et les privilèges du chef de l'Eglise, que lévéque de Beauvais s'est fondé pour livrer Jeanne d'Arc au bûcher.
Nous avons dit que, si les tendances schismatiques du juge de la Pucelle étaient indéniables, il serait inexact et injuste d'ajouter qu'il a été de fait schismatique. même passagèrement, comme le furent les docteurs qui prirent part à la déposition d'Eugène IV et à la nomination de l'antipape Félix, comme le fut l'Université de Paris par l'approbation qu'elle y donna. Rappelons brièvement les faits.
Au nombre des députés envoyés au concile de Bàlc par l'Université de Paris, l'on comptait trois des assesseurs du procès de Rouen, maîtres Reaupère, Thomas de Courcelles. Nicolas Loiseleur. Le choix de l'Université ne se porta pas sur lévéque de Beauvais.
Les deux actes par lesquels les pères de Râle prirent une attitude ouvertement schismatique, se produisirent en 1433 et 1439. A ces dates-là, Pierre Cauchon ne se trouvait pas à Râle et n'était point délégué au concile.
p. CAUGHON, ÉVÈQUE UE UEAUVAIS 405
Le 13 juillet 1433, douzième session, les pères citaient par décret Eugène IV à leur barre, le menaçant de le « déclai-er contumace et incorrigible, de le suspendre et de le déposer ». (Hergeni-oether, Histoire de l'Eglise, t. IV, p. 603.)
A cette date, l'évêque de Beauvais n'avait point encore paru à Bàlc.
Le 25 juin 1439, trente-quatrième session, les pères de Bàle appliquant la doctrine de la supériorité des conciles généraux sur le pape. » déposaient de toutes dignités et rejetaient Eugène IV, comme rebelle aux ordres de l'Eglise universelle ».
Pas plus ;i cette date qu'à l'autre, le juge de Jeanne n'était présent au concile et n'avait qualité pour y prendre part. Il ne put être de ce fait-là, schismatique. A Lisieux ou à Rouen se prononça-t-il quand même, et fit-il acte de soumission à l'antipape Félix, comme le fit 1 Tnivcrsilé? Aucun document n'en témoigne II y aurait donc inexactitude et injustice à le ranger parmi les prélats rebelles au pape légitime.
Reste à savoir si son passage à Râle ne lui fournit pas l'occasion lie poser quelque acte entaché de schisme, en même temps qu'il encourait l'excommunication.
■2" L'ccéque de Beauvais a-t-il été « excommunié »
Tranchons d'un mot la question.
Non, le passage de l'ancien évéque de Beauvais à Ràlc ne fut pour lui l'occasion d'aucun acte formellement schismatique.
Seulement on lui rappela qu'il avait encouru l'excommunication. Mais ce n'était pas à l'occasion du concile. C'était pour n'avoir pa^ versé au trésor pontifical une somme de 400 florins d'or dont il lui était redevable à titre d'annales à l'occasion de sa translation au siège de Eisieux.
Mais à quel litre et à quelle date précise Pierre Cauchon parutil au concile de Râle ?
Il y fut envoyé en 1434 par le roi Henri \T d'Angleterre pour y représenter les intérêts anglais. Les lettres de délégation sont du 10 juillet 1434 (Rymer, t. V, pars I^ p. 12, 13.)
A Bàle, le prélat s'y trouva en même temps qu'André, évèqne de Fossoinbrone, qui était chargé de l'aire rentrer les sommes dues au trésor pontifical. Comme d'importants délais avaient été accordés à Pierre «lauchon et que, ces délais écoulés, il ne s'inquiétait pas de s'acquitter, l'évêque de Fossombrone lui signifia que, par son refus de payer ce qu'il devait à la cour de Rome, il avait encouru
rexconimunication : de plus, que s'étant permis quoique excommunié, <ie célébrer l'office divin, il avait encouru lirrégularité. Dans le cas où il ne se mellrait pas en règle, on ferail publier l'excommunication aux portes de la cathédrale, et 1 on interdirait aux fidèles toutes relations avec lui jusqu'à ce qu'il eût donné pleine satisfaction (20 décembre 1434).
Ces menaces furent-elles mises à exécution, nous ne saurions le dire, tous documents faisant défaut ; pas plus que nous ne pouvons présumer les résolutions auxquelles s'arrêta lévêque en fHce de cette mise en demeiu-e. Ce qui parait hors de doute, c'est que, rentré à Lisieux , Pierre Cauchon ne changea rien à ses habitudes ecclésiastiques et ne discontinua pas de remplir ses fonctions épiscopales. Il resta, d'ailleurs, peu de temps au concile. Au cours de l'année 1435. Henri VI déléguait « son ami et féal conseiller lévêque de Lisieux, pour entendre, en la matière de paix générale, à la convention qui devait avoir lieu en la ville d'Arras ». [Biblioth. naiionale, ms. fr. 20. 884, fol. 33.)
Par égard pour sort caractère d'évêque, nous ne supposerons pas que Pierre Cauchon soit demeuré sourd aux réclamations de lévêque de F.)ssombr()ne. et ait opiniâtrement refusé de s'acquitter envers le trésor pontifical. S'il ne paya par les 400 florins d'or, nous aimons mieux l'expliquer par une entente amiable avec le représentant du Saint-Siège, ou par la situation nouvelle que créa un décret des pères de BAle à propos des annates, eu cette année 1435. Cette dernière explication, proposée que nous sachions poia* la première fois, olîre 1 avantage d'atténuer, sinon de dcgnger entièrement, la responsabilité du personnage. Car Pierre Cauchon était encore à Bâie lorsque les pères du concile portèrent leur décret, et il put émettre, vis-à-vis du Trésorier du Pape, la prétention d'en bénéficier.
L'envoyé de l'Angleterre ne partit pour Arras que le 23 juillet 1435. et c'est le 9 juin que les Pères du concile tinrent la session (la 21*^] d;ins laquelle ils jugèrent à propos d'abolir les annates; ils le firent par le décret suivant :
« Le saint concile de BâIe, représentant de l'Eglise universelle, ordonne au nom du Saint-Esprit que, en ce qui concerne la cour de R»»me. on n'exigera aucune rétribution, ni devant, ni après, à raison du sceau, des annates, etc., sous quelque prétexte que ce soit. Les obligritions, promesses, censures et mandats, et tout ce qui se fera au préjudice de ce décret, n'auront aucune force et seront censés nuls (Labbe, Concil., t. XII, p. 552.)
Remarquons — la chose en vaut la peine — que ce décret a été