‹ La premiére histoire en date de Jeanne d'ArcChapitre 82 sur 104 · DERNIER MOT DE CETTE HISTOIRE : JEANNE ENVOYÉE DE DIEU · texte numérisé non relu

DERNIER MOT DE CETTE HISTOIRE : JEANNE ENVOYÉE DE DIEU

07" Certitude de son salut, si elle garde sa virginité d'âme et de corps :

58" Quoi qu'il advienne, le duc d'Orléans sera délivré:

59*^ Prédiction du traité d'Arras;

60° De la soumission de Paris;

61° Gela, avant que sept ans se soient écoulés ;

62° Grande victoire que Dieu enverra aux Français;

63° Expulsion finale des Anglais;

64° Recouvrance du royaume tout entier par Charles Vil;

65° Tout cela du vivant de son roi.

Prédicti.ons de premier ordre à relever dans ce nombre de farts prodigieux.

Un pourra faire observer que ces soixante-cinq laits sont loin de présenter tous la même importance. Nous en conviendrons volontiers; mais, à notre tour, nous remarquerons qu'il est facile de trouver en ce nombre quinze faits de clairvoyance intuitive ou prophétique de premier ordre à tous égards, soit qu'on les considère en euxmêmes, soit qu'on les considère dans leur accomplissement. Absolument certains en tant que faits de clairvoyance prophétique ou intuitive précédant les événements, ils ne le sont pas moins en tant que littéralement justifiés. Tels sont les faits suivants :

i" Annonce de la défaite de Rouvray ;

2° Révélation au roi Charles VII d'un secret connu de lui seul et de Dieu ;

3° Prédictions de la levée du siège d'Orléans ;

4° De la blessure que Jeanne devait y recevoir;

6° De diverses circonstances du siège, telles que la mort du capitaine anglais Glasdale, de la levée du siège dans cinq jours, de la prise des Tourelles, etc. :

6° Du sacre de Reims ;

7° De l'époque précise ou il aurait lieu ;

8° Découverte de l'épée de Fierbois ;

9° Défaite des Anglais à Jargeau, Patay, etc. : 10^ Durée de l'héroïne, un an, guère plus; 11° Prédiction du traité d'Arras ;

12° De la rentrée de Paris en l'obéissance du roi ; détermination de l'époque ;

13*^ Retour du duc d'Orléans de sa captivité d'Angleterre ;

14° Grande victoire finale des Français, celle de Castillon ;

i:)o Expulsion des Anglais et recouvrance par Charles Vil de tout le royaume.

' Ces prédictions diverses sont d'autant plus frappantes que plusieurs n'ont été accomplies qu'après la mort de la Pucelle, au cours de sa « mission de survie ». Mais toutes l'ont été, et nous devons noter l'assurance dont Jeanne s'est toujours montrée pénétrée lorsqu'elle annonçait ces choses extraordinaires.

D'où venaient à la Bienheureuse ces lumières sur l'avenir.

Si, pour répondre à cette question, nous n'avions d'autre guide que le raisonnement, nous dirions : A coup sûr ces lumières ne lui venaient ni de sa propre intelligence, ni d'aucune intelligence purement humaine. L'avenir pour l'homme est un livre fermé. Les intelligences supéiùeures ne l'entrevoient que douteusement, par pronostics ou conjectures. Les prophètes inspirés lisent clairement et avec certitude dans ce livre, mais parce que Dieu le leur ouvre et fait briller à leurs yeux sa lumière. Au regard de la Pucelle, Dieu la faisait briller par l'entremise de ses Voix. C'est elle-même qui nous l'apprend. « Je ne sais rien, disait-elle, que cela ae vienne par révélation et commandement de Dieu. » (I, 75, 8a).

A Rouen, ses juges lui demandent : — Vous annoncez des choses à venir : par qui les savez-vous ?

Jeanne. — Je les sais par sainte Catherine et sainte Marguei'ite (I, 85).

Le juge. — Vous avez été blessée à l'assaut de la bastille du Pont . saviez-vous par avance que cela adviendrait?

Jeanne. — Oui, je le savais : sainte Catherine et sainte Marguerite me l'avaient révélé (I, 79).

Le juge. — Vous dites que Paris ouvrira ses portes à votre roi : comment le savez-vous ?

Jeanne. — Je le sais par une révélation qui m'a été faite, et je sais par cette révélation que cela arrivera avant sept ans (I, 84).

En effet, moins de sept ans après, en 1436, la capitale rentrait en l'obéissance de Charles VIL

Le juge. — Vous annoncez que Dieu enverra une grande victoire aux Français : comment le savez-vous ?

Jeanne. — Je le sais par révélation, je le sais aussi bien que je sais que vous êtes là devant moi.

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