‹ La première invasion de la Belgique, 1792Chapitre 109 sur 135 · Ui'iiioirrs ili- l)uiiii)!irie/-. liv. V · texte numérisé non relu

Ui'iiioirrs ili- l)uiiii)!irie/-. liv. V

282 LA prf.M!Î:re invasi(»n de la helgique

les aides de camp du généralissime à écarter de lui les intrus ne visait-il pas spécialement Dumouriez. On savait le maréchal très faible, facile à endoctriner, aisé à circonvenir. C'était lui ren<lre service que de lui éviter des actes de faiblesse qu'il eût été obligé de désavouer le lendemain. Ainsi pensaient Berthier, Lameth, même Valence et Biron.

Cependant, de la même façon qu'il n'est si bon cheval qui ne bronche, il n'est geôlier si vigilant qui n'ait un instant d'oubli, et, un beau matin. Dumouriez put avoir avec Luckner l'entretien particulier qu'il recherchait. En tète à tête avec son chef, sans témoins, il lui parla avec la franchise et la vigueur qu'il savait déployer quand il voulait exercer une pression sur quelqu'un '. Il lui dit qu'il avait lieu de s'étonner qu'on traitât avec ce sans-fac;on un officier général qui avait été honoré de la confiance ])articulière du roi, et qui n'était tombé, en somme, que pour avoir voulu soutenir le prince contre les .Jacobins. Il lui mit ensuite nettement sons les yeux à quel danger il s'exposait, lui, Luckner, en se laissant mener par des jeunes gens comme Charles Lameth, Noailles, Mathieu de Montmorency, en signant, sans en prendre connaissance, et sans se les faire expliquer, les lettres que lui rédigeait Berthier; en un mot, en tolérant que d'autres exerçassent réellement un commandement dont il gardait l'entière et redoutable responsabilité.

Le maréchal, aucpiel la moindre émotion faisait verser des larmes, ne manqua pas de s'attendrir au tableau que lui traçait son lieutenant : il pleura même abondauuuont. Puis, passant brusquement de l'attendrissement à la colère, il jura que les choses allaient

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