‹ La première invasion de la Belgique, 1792Chapitre 118 sur 135 · I. Mémoire de nuniouriez. rapport do Uillon · texte numérisé non relu

I. Mémoire de nuniouriez. rapport do Uillon

.'. Uapimrl et procis-verbil delà iiiuiiicipalilé ilOrchies. Archives hisloriques de la (juerre, Itj juillet \l'J-t.

300 LA l'HK.MlEUE INVASIoN DE LA HELGlQrE

saienl, par cette raisDii liiToii ignorait abti's jusqu'à quel point elles demeuraient inoffensives. Il advint donc que ces incursions, dont on eût ])U pour ainsi dire ne})as tenir compte, jetèrent dans les villes et les campap:nes un trouble profond. Les municipalités se firent 1 écho de ces craintes : la plupart en écrivirent il leurs députés à l'Assemblée nationale et certaines se plaignirent directement au Gouvernement. C'est ainsi, par exemple, que, dans la séance du mercredi 18 juillet, le député Gossuin rendit compte à l'Assemblée d'une lettre reçue de Douai, dans laquelle un de ses concitoyens se (( lamentait du dégarnissement de la frontière du Xord^». Quelques jours après, le conseil général du départoment du Nord adressait au ministre de Tlntéricur Champion, à l'Assemblée nationale et au général Dillon le procès-verbal d'une séance oii les craintes de l'invasion étrangère étaient signalées en termes pressants-.

D'ailleurs, ce n'était point seulement vis-à-vis de Douai et de Yalonciennes que nos ennemis tenaient nos populations en haleine par des alertes répétées : (lu coté de Lille et de Dunkerque, les incursions étaient également fréquentes. A vrai dire, ces agressions ne tii'aient pas l)eaucoup plus à conséquence qu'à Orchies, mais là encore elles n'en entravaient pas moins l'existence normale des habitants en les tracassant, les énervant, apportant un trouble permanent dans les relations sociales et commerciales. Nous avons dit déjà que les généraux placés })ar Luckner à la tète des villes comme Douai, Lille, Dunkerque, ne se faisaient ])as faute de gémir sur l'abandon dans lecpud on les laissait. Personne, sous ce rajtport,

L Monitvur du ISjuilIfl.

■,'. Airhivcs hisloiiques île l;i Oiiorre. Arnii'O ilii Nonl, jiiilli'l l7!t-2, 18 juillet.

UUMOURIKZ A 1. ARMÉK DU NoRD 301

n'aUi'igiiil la mauvaise liuiiu'ur de Lahoiirdoiinaye ', (lui. fort niéconloiit tlôjà (Tavoii- vu lo luaréclial lui eulevor les coini)aguies de grenadiers de sa garnison pour les attacher à l'armée d'opération, ne cessait do présenter au ministre ses doléances ou ses récrinunations. 11 ét-rivait le 16 juillet ii Lajard : « Les généraux en chef, loin de pourvoir à la défense de cette partie (la frontière du Noi'd), font dégai'uie des grenadiers de tous nos hataillons, et cejiendant nous faisons plus la guerre qu'à Famars... >. Puis, faisant allusion aux vovages de Lafavctte et de Luckner à Paris, soit à l'occasion du 20 juin, soit depuis la nouvelle organisation des armées, il ajoutait : « Les généraux en chef se promenant, ou voyageant pour d'antres objets que la défense des frontières, la désorganisation de l'armée et l'inexécution des lois pourront bien suivre. J'imagine que ce n'est pas l'intention du ministre de la Guerre-. » Cette lettre qu'il signait »< Bourdonnaye », trouvant sans doute le La trop aristocratique, était suivie d'une autre où il rappelait au ministre (jue, « M. Luckner ayant emnienc'' les grenadiers de ses hataillons, il étoit fort aft'aibli'. » Et quand Lajard essayait de le calmer, de le faire patienter, lui montrant l'armée de Lafayette, la nouvelle « armée du Nord », prête à remonter vers les Flandres et à venir à son aide, Labourdonnaye répondait : « L'armée du Nord ! Quelle arni(''e du Nord? 11 n'y a plus d'armée du Nord. Nous avons des garnisons de première ligne comme le camp de Maubeugc ou de Maulde, mais, nous n'avons plus d'armée depuis ce mouvement extraordinaire des deux

1. W ne faul pas confondre ces Labourdonnayp avec les; Maliéde Jjubourdonnais; c'étaient deux faniiUes distinctes etsans parenté.

2. Archives historiques di; lu Guerre. Année du .Nord, juillet 1792. Labourdonnaye ;i Lajard. Kl juillet.

'A. Archives" historiques de la Guerre. Armée du Nord, juillet IT'.iJ. Labourdonnaye à Lajard, 2:i juillet.

^^^2 i.v PHr.MiKRF-: invasion de i.a hrlgiqt'e

armées, qiio vous avez autorisé... M, Luckner a emniPiié tous les ffrenadiors de cette fi'ontière, nous sommes pillés et ravagc's sans avoir moyen de secourir les villes de Quesnoy, Tourcoing, Roubaix, etc.^ »

Le moment était donc mal choisi pour que Duniouriez pût songer à dégarnir les environs de ^'alenciennes du petit nombre de bataillons campés à Famars ; toutefois l'ordre du maréchal était formel. La 2" division devait prendre, le 20, la route de Metz; à la date du 17, qu'on venait d'atteindre, il fallait commencer les préparatifs de départ.

Mais Dumouriez partirait-il?

Sans aucun doute la prise d'Orchies créait une situation nouvelle. A la vérité, le général de La Tour, après avfiir enlevé Orchies, s'était retiré le jour même sur Tournai. Mais eûl-il montré tant de prudence s'il avait su le camp de Famars et, j)ar conséquent, Valenciennes inoccupés? Qui eût osé répondre ))ar l'affirmativ

Dumouriez, nous l'avons dit. désirait, pour beaucou[j do raisons, demeurer dans le Nord. Il n'(''tait pas hcjmme à laisser passer, sans en profiter, les raisons très plausibles et très favorables à ses convenances personnelles que lui offraient les circonstances. Toutefois, il eût j)référé que l'injonction de surseoir à son dé[)art pour Metz lui vint régidièrement de Lafayette, et c'est dans l'espoir d'obtenir ce contre-ordre qu'il lui avait rendu compte, le 15 au soir, de la prise d'Orchies"-'. Il ne lui paraissait pas possible que Lafayette, désormais chargé de la frontière du Nord, consentit à dégarnir cette frontière au

I. Archives liistoriiiiips de la Oiierie. Armép ilii Nord, jiiillot IT'.t",'. I.alioiiidiiniiay»' à d'Aliaiicourl, ,".) juillet.

■.'. Voir lii lellre de Lafayette an ministre, datée de Rimogne, 17 jiiiilel. on il riiifuriiie (|ne DiiinuiiriPz lui a rendu compte de l'affaire d"Orchies. (Archives liigtoi'i(|ues de la Guerre. .Année du Nord.) .Nous en reparlerons plus loin.

DrMOrRIF.Z A 1. ARMF.I-: DU NtMiD ."tO;^

moinont où ItMiiuMiii tcMilait coiilre elle un effort hicii sitTiiiticatif. Il avait doiu' présenté l'affaire du 1.") connue {grosse d'avertissements, de menaces, et il se proposait d'attendre la décision des généraux en chef à cet égard. Mais il était écrit que les événements viendraient nietti-(> à réprenv(» son caractère, son aptitude h prendre une décision dans l(^s circonstances criticpies, feraient éclater en lui, dès cetle époque, les qualités d'inspiration, (raudac(% (pii devaient, deux mois plus tai'd, j)oi-ter si haut sa renommée.

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