‹ La première invasion de la Belgique, 1792Chapitre 124 sur 135 · Voir 1p .l/oiii/fi/rdii ','0 juillet · texte numérisé non relu

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'.'. GeUP dtMuission élail alIciKliie liii'n uvaiillc IX jiiilli'l 'clic fiil nfticlcllc If ■.':{!. A la flale «lu Vî, Lajard t'Ciivant à Luckiicr lui ilisait : « .le croirais avilir liien servi la cluisc |iiildii|iic, xi. m-mil ilf iiiiill>'r /<■ winisti^rf... » (Archives hisloritiiies de la (iuerre. Ariiice du Nnril. \~W. C.aliicr de Corres|»indance du ministre Lajard à Luckner. 1',' juillet. Voir la note suivante.)

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avàit-il DU non pourvu ;i sou ri'uiplacoiueut? Duuiourioz pouvait l'ignorer. Déjà, au moment de la démission de Narbonne, le Ministère de la Guerre était ainsi demeuré plusieurs jours sans titulaire ni intérimaire : le fait pouvait se renouveler. Toutefois, il y a lieu de croire que Dumouriez mettait sciemment à profit le doute qui pouvait s'élever à cet endroit, dans son esprit, pour colorer d'un semblant de réf^^ularité l'incorrection de sa démarche. En principe, c'était à Lafavette, son général d'armée, qu'il devait rendre compte et demander des ordres. Si la gravité et l'imprévu des circonstances nécessitaient qu'il correspondit d'une façon directe avec le Gouvernement central, c'était au ministre de la Guerre que devaient aller ses dépèches.

Mais... s'il n'y avait pas de ministre de la Guerre?

Évidemment, dans ce cas, la logique exigeait, concédait qu'il s'adressât directement au roi et à l'Assemblée nationale, et la supposition de la non-existence d'un ministre de la Guerre était ainsi al)solument nécessaire pour rendre plausible cette irrégularité. La phrase de Dumouriez : Comme f ignore s'il y a un ministre de la Guerre, pouvait donc être })ien réellement l'expression de la vérité, puisque le bruit de la démission du ministre courait partout et (qu'effectivement Lajard devait être remplacé par d'Abancourt, cinq jours après ' : elle n'était peut-être ([u'une précaution habile; en tout cas, elle demeurait une prémisse nécessaire et adroite à un acte postérieur d'une

1. I^ijard, coniiiiR nous l'avons dit dans la note précédente, était considéré comme démissionnaire depuis le 18 au moins : la lettre suivante que lui adressait, le l!<, le ministre de la Justice, en fait iictti'ineiit foi : « Je vous transmets, mon cher collègue, une lettre (jui a l'ti' écrite au roi par M. Dumouriez et les itiéces f]ui y sont jointes. C'est demain malin que Sa Nlajesté nomme aux Ministères' de l'Ultérieur, de la Guerre et de la Marine... » (Archives historiques de la (ruei're. Armée du Nord, 19 juillet. Billet tout entier de la main (lu ministre.)

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apparento iiicori-octioii ', elle régularisait uno irrégularité, sanctionnait uno illégalité. En aucun cas, elle ne pouvait passer pour une forfanterie.

Cependant, une fois entré dans cette voie, Duniouriez était forcé d'y demeurer, tout au moins il n'y avait pas de raison pour qu'il n'y persévérât })oint, et la prise de Bavay était même un motif pour l'y maintenir. A la date du 18, il écrivit donc en même temps qu'à Lafavette une seconde lettre au roi et à l'Assemblée nationale, pour appuyer davantage sur la situation compromise qui était la sienne, pour attirer l'attention sur la nécessité d'avoir, dans le Nord, un général ayant ses coudées franches et l'indépendance de ses actes.

C'était, en somme, le hut de ses désirs, l'objectif vers lequel il tendait : sa lettre au roi l'indiquait d'ailleurs nettement.

Dmnouriez, pendant son court Ministère, avait, dit-on, séduit Louis XVI et même Marie-Antoinette par ses allures cavalières sans rudesse, par son entraînante franchise; lui-même aftirme le fait dans ses Mémoires - et plus d'un historien l'a cru sur parole. Il y a sans doute beaucoup d'exagération dans cette appréciation, et il est vraisemblable, au contraire, que

1. Ces promièies di-p^ches .Ivaient i-lé porlées ii Paris paiM. deLaumur. lipiitenant-coloncl, aide de camp de Diiiiiouriez. Loritriiial du sauf-conduit el laissez-jiasser qui lui fut di'livn» par son î,'i''iiérai exisie encore au Minisli'rc: il esl loul entier lii' la main de I)um<inriez el |ioi-teen martre un petit cachet de cire loupe avec la légende : " Vivre lilire ou mnui'ir. » Voici d'ailleurs cet ordre in c.rlenxo : — » Armée du Nord. — Il esl ordonné à M. de l.;iumur, lieutenant-colonel, mon aide de camp, de partii' pniir l'aris, iiiiur iioricr au Roi et à l'Assemblée nalii^nalc des dépêches inijifutanlcs sur les mouvements des ennemis et de me rapporter les réponses et onlii's en conséquence. Je icquiei's tous les corps administratifs et municipaux de lui donner toute protection el si'cours. J'enjoins aux officiers militaires de lui donner ronvertni'e des jjortes à (|uel(]ue houi-e que ce soi! el aux maîtres de postes de lui donner juiur sa voiture el son courrier trois chevaux. M. de Laumur sera payé' sur li>s fonds extraoï'diiiaires de l'armt'e ou sur les ordres du ministre de la (Juerre, suivant la taxe réjtlee. .Vu camp de Maiilde, le 10 juillet \','.)1. y de la liherti' : Le commandant par intérinj de l'année du Nord. Lieutenanl-f;i''néral Diimouri,-:. «

'2. Il le fait à diverses reprises, notamment en racontant sa dernière enti'evue avec Louis XVI en quittant le Ministère (Voir t. II).

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