‹ La première invasion de la Belgique, 1792Chapitre 13 sur 135 · I,ES ARMEES ET 1,E COMMANDEMENT EN (^IIEF · texte numérisé non relu

I,ES ARMEES ET 1,E COMMANDEMENT EN (^IIEF

assaillaient la royauto, dans les difficultés qni allaient l'acculer à la ruine. La Révolution s'avançait à grands ]>as, et, comme un orage soudain, allait couvrir do ruines notre patrie. Rochambeau, attaché })ar son passé, par conviction, par reconnaissance à la monarchie, eût pu rendre au roi des services précieux. Il faut hien constater ipie, sous ce rapport, il ne remplit pas le rôle (pril eût pu jouer, qu'il n'eut point l'inlluence à lacpielle il eût pu, il eût dû prétendre. Soit qu'il fut frappé de l'intensité du mouvement révolutionnaire, soit([u'un certain affaissement de son esprit ne lui inspirât ])lus les résolutions vigoureuses qui lui avaient été coutumières au temps de sa jeunesse, il est incontestable qu'il demeura systématiquement en dehors du gouvernement, refusant même le portefeuille de la Guerre qui lui fut offert en 1791 par M. de Montmorin ^

Tel était l'homme auquel, nous l'avons dit, Louis XVI confiait le soin de protéger notre frontière de Dunkerque à la Meuse, en attendant l'heure prochaine où il aurait à prendre une offensive... victorieuse, personne n'en doutait.

Luckner, le commandant en chef de l'armée du Rhin ; Luckner, qui a toujours été un inconnu dans notre pays, qui l'était déjà en 1792 et qui l'est bien davantage encore aujourd'hui, cent ans après sa mort, à ce point qu'aucune dos Inographies pubhées à son sujet n'a la moindre exactitude"^; Luckner était un tout autre honnne que Rochand)eau. 11 était né le 12 janvier 1722 à Chain, petite ville bavaroise de o.OOO et ([uelquos

I. Plus tard, Laiiziin nnssi onf;agca Dnmonricz à faiio entier Uochaniheau au Cunseil ilii mi. Mais l'iimimie qui n'avait pas voulu faire iiarlieiiu ministère (Je M. de Moutiuoriii n'aurait certainement pas accepté d'être le coUègue de Dumouriez.

i. ïSauf une courte notice puldiée par M. Ctiuquet, dans la Retraite de Brunsirick. et quelques mots dans une nijte de la Correspondance de Carnot liubliée par M. Etienne Gliaravay.

habitants, qui s'élève sur la rive gauche du Regen', à moitié distance environ de Pilsen et de Ratisbonne. Son père, qui était brasseur de bière et maire de sa commune, l'envoya à dix ans aux Jésuites de Passau, — Luckner était alors catholique, — mais l'enfant se montra rebelle aussi bien aux enseignements qu'à la discipUne d'une maison où la règle était cependant loin d'être sévère. C'était une nature vive, d'une étourderie extrême, d'une sauvagerie rare chez un enlant de son âge, d'une paresse dont aucun encouragement, aucun châtiment ne venaient à bout, que la vie monotone d'un établissement religieux irritait et terrorisait à la fois. On l'avait surnommé liberlhius, << (jui n'en fait qu'à sa tête », et, effectivement, il agit si bien à sa guise, qu'un beau matin, sans i)révenir personne, pas plus ses maîtres que son père, il prit la clef des champs et courut s'engagerdans le régiment bavarois de Morawit/.ki-lnfanterie, qui faisait alors la guerre contre les Turcs. On était en 1737, Luckner avait quinze ans. Dès ses débuts, le jeune Nikolaus montra beaucou}) plus d'aptitude })our sa nouvelle carrière qu'il n'en avait témoigné dans son métier d'écoHer. Deux ans après son entrée au régiment, à dix-sept ans, Luckner était déjà enseigne (FiUinrich) et obtenait, à dix-neuf ans, le grade de lieutenant. Certains de ses biographes assurent qu'il prit alors du service dans le corps franc de l'aventurier bavarois Johann-Michaël Geslira)' -', mais le point demeure douteux. Ce qui est certain, c'est qu'il entra, en 1743, aux hussards de Ferrarv-^, passa avec son régimentau service de Hollande et til, dans ce pays, la guerre de la Succession d'Autriche.

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